Lobbying et conséquences

L'ORÉAL, POUR MAQUILLER L’APARTHEID ISRAELIEN

La campagne palestinienne Boycott, Désinvestissement, Sanctions appelle au boycott de l’Oréal


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En cette période de fêtes, le Comité National Palestinien BDS* en appelle aux consciences des citoyens du monde et demande à ceux-ci de boycotter tous les produits du géant français des cosmétiques L’Oréal**, en raison de sa profonde et intensive implication dans les relations d’affaires avec Israël. Ceci en dépit de la poursuite et de l’amplification de la colonisation, et en dépit des politiques d’apartheid menées à l’encontre du peuple palestinien.


Par BDS Movement


Mercredi 24 Décembre 2008

L'ORÉAL, POUR MAQUILLER L’APARTHEID ISRAELIEN
Les « œuvres » de l’Oréal en Israël datent du milieu des années 90, et sont en partie motivées par des considérations politiques. Depuis lors, L’Oréal Israël, la filiale du groupe en Israël, exploite une usine située dans la ville israélienne de Migdal Ha’emek, en basse Galilée.

La colonie de Migdal Ha’emek a été établie en 1952 sur des terres appartenant au village palestinien, ethniquement nettoyé, de Al Mujaydil. Village dont les habitants originels se voient toujours niés le droit au retour dans leurs maisons. Comme presque toutes les colonies juives construites en lieux et places des villages palestiniens de Galilée, dans l’Etat d’Israël, Migdal Ha’emek pratique la discrimination envers les citoyens palestiniens d’Israël, leur déniant le droit d’acheter, louer ou simplement vivre dans cette ville, sous le prétexte qu’ils sont « Non-Juifs ».

L’Oréal Israël fabrique une ligne de produits utilisant des minéraux de la Mer Morte, baptisée « Natural Sea Beauty », qui est exportée vers 22 pays. Il faut noter qu’un tiers des rives occidentales de la Mer Morte se situe en Cisjordanie occupée par Israël. Alors que l’ensemble des rivages et des ressources de la Mer Morte sont systématiquement interdits aux Palestiniens par l’occupation militaire israélienne et les pratiques d’apartheid, Israël exploite la Mer Morte pour le tourisme international, l’extraction minière, et pour soigner son image.

Les activités de l’Oréal en Israël ne se limitent pas, cependant, à L’Oréal Israël. Pendant que les universitaires et étudiants palestiniens, dans les territoires occupés et en Israël, sont systématiquement empêchés, de par les checkpoints de l’occupation et bien d’autres mesures répressives, de poursuivre leurs activités et leurs recherches normalement, L’Oréal récompensa en juillet 2008 d’un prix de 100 000 dollars, pour "l’ensemble de sa carrière ", un scientifique de l’Israël Weizmann Institute of Science.

L’Institut Weizmann, depuis sa fondation, a été un centre majeur de recherches secrètes, de développement du nucléaire, des armes chimiques et biologiques, au service de l’armée israélienne avec laquelle elle entretint des liens très étroits. Il s’agit donc de l’une, parmi beaucoup d’autres, de ces institutions académiques en Israël qui sont complices des violations de la loi internationale et des droits humains des Palestiniens. Et qui sont visées par l’appel au boycott académique du PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israël).

Le président de L’Oréal Israël est Gad Propper, par ailleurs président fondateur de la Chambre de Commerce Israël-U.E., également très investi dans la promotion du commerce entre Israël et l’Australie et la Nouvelle-Zélande. La France a reconnu le rôle important joué par les activités israéliennes de L’Oréal dans le développement global du groupe, en honorant au début de ce mois Propper de la distinction civile la plus importante du pays, la Légion d’Honneur. "Cette distinction reconnaît la contribution de Propper à la success story" du groupe L’Oréal, ainsi que le rapporte le Jerusalem Post.

En 1994, L’Oréal acheta 30 % des parts de la compagnie de Propper, Interbeauty, à partir de laquelle fut créée L’Oréal Israël. Depuis, Israël est devenu le siège commercial de L’Oréal pour l’ensemble du Moyen-Orient.


LES MOTIVATIONS POLITIQUES DES INVESTISSEMENTS DE L’OREAL EN ISRAEL

En 1995, L’Oréal accepta de payer 1,4 million de dollars au gouvernement étatsunien pour s’acquitter de l’accusation de coopération avec la Ligue Arabe porteuse d’un appel officiel au boycott d’Israël. Le groupe était accusé d’avoir fourni, dans les années 80, des informations relatives aux liens de ses filiales étatsuniennes avec Israël, au désormais inactif Bureau du Boycott de la Ligue Arabe. Le groupe nia que cela ait contrevenu aux lois étatsuniennes conçues afin de prévenir toute coopération des firmes nord-américaines avec l’Appel arabe officiel au boycott d’Israël. Et lança alors une campagne pour apaiser les critiques sionistes en chantant sur tous les toits son désir d’investir en Israël.

A la suite de cet arrangement, l’actuel Président de L’Oréal, Lindsay Owen-Jones, s’excusa des agissements du groupe, dans une lettre au lobby pro-israélien Anti Defamation League (ADL), basé aux Etats-Unis.

Selon l’ADL, Owen-Jones remercia le lobby pro-israélien "pour son soutien aux affaires de L’Oréal et à ses activités au service de la communauté en Israël", et assura l’ADL que "sa vision du long terme était un encouragement pour L’Oréal et les autres entreprises déjà présentes en Israël, pour développer encore davantage leurs investissements".

L’une des marques les plus connues de L’Oréal, The Body Shop, s’enorgueillit de certaines valeurs : "Nous avons toujours défendu la cause des plus fragiles et des défavorisés, et nous poursuivons notre campagne pour la défense de la justice sociale et des droits humains." Cependant, la maison mère, guidée par des motivations politiques et la recherche du profit, par son implication profonde dans l’apartheid israélien, fait preuve d’un dédain flagrant envers les droits humains des Palestiniens et dessert les causes de justice et de paix.

On ne doit pas continuer le business as usual avec un Etat qui a non seulement pratiqué l’apartheid et le colonialisme envers les populations autochtones depuis des décennies, mais qui aussi, aujourd’hui, commet de graves et continuels crimes de guerres décrits comme un "prélude au génocide" par Richard Falk, un éminent professeur de droit international à Princeton, et rapporteur spécial de l’ONU pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés.

Au vu de tout ceci, il apparaît que les investissements considérables de L’Oréal en Israël relèvent, pour le moins, de la complicité d’atteintes graves aux droits humains. Cela doit bien cesser un jour.


* Le Comité National Palestinien BDS comprend : Council of National and Islamic Forces in Palestine; General Union of Palestinian Workers; Palestinian General Federation of Trade Unions; Palestinian Non-Governmental Organizations' Network (PNGO); Federation of Independent Trade Unions; Union of Arab Community Based Associations (ITTIJAH); Union of Palestinian Charitable Organizations; Global Palestine Right of Return Coalition; Occupied Palestine and Golan Heights Advocacy Initiative (OPGAI); General Union of Palestinian Women; Palestinian Farmers Union (PFU); Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign (STW); Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI); National Committee to Commemorate the Nakba; Civic Coalition for the Defense of Palestinian Rights in Jerusalem (CCDPRJ); Coalition for Jerusalem; and Palestinian Economic Monitor.

** Marques appartenant au groupe L’Oréal, tel qu’indiqué sur le site du groupe : L’Oréal Israël (distribué en Australie), L’Oréal Paris, Garnier, Maybelline New York, Softsheen, Carson, CCB Paris.

Pour de plus amples détails sur les marques distribuées par le groupe qui, jadis, finançait la Cagoule – organisation terroriste d’extrême-droite, fasciste et antisémite des années 30, on se référera à la page Wikipédia le concernant :

Le Traducteur :
"l'heure de l'mettre"
radio campus lille 106,6
en direct sur www.campuslille.com
hdmcampus@yahoo.fr

Source : Boycott, Divestment and Sanctions
Traduction : HDM Campus
http://ism-france.org/

 
 
 


Mercredi 24 Décembre 2008


Commentaires

1.Posté par lotfi le 24/12/2008 18:22 | Alerter
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Rien de surprenant pour la boite en France ayant la réputation la plus raciste (une amie travaillant pour le groupe me l'a confirmé).

2.Posté par Amar le 24/12/2008 20:12 | Alerter
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Il se sont rouler par Madoff pour plusieurs milliards de $les betencourt Mdr

3.Posté par omar Changeons. le 20/07/2010 20:05 | Alerter
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Antisémitisme et anti-maçonnisme
Histoire secrète de L’Oréal
par Thierry Meyssan*

Le géant de la cosmétique, L’Oréal, vient d’annoncer la restructuration de son capital. Ainsi disparaît le holding de contrôle créé par Eugène Schueller pendant la Seconde Guerre mondiale. Le fondateur du groupe était aussi l’un des grands financiers du complot de la Cagoule et du nazisme français. A la Libération, la société et ses filiales étrangères servirent de refuge aux criminels en fuite. Aujourd’hui, l’héritière du groupe, Liliane Bettencourt, est devenue la femme la plus riche de France. L’histoire du groupe éclaire la face cachée de la politique française contemporaine.

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3 mars 2004

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Paris (France)

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L’Oréal

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Groupes fascistes et paramilitaires


À la mémoire de Marx Dormoy, Victor Basch, Jean Zay, Georges Mandel et Jean Moulin

C’est par un bref communiqué, diffusé le 3 février 2004 dans la nuit, que le géant de la cosmétique L’Oréal a annoncé la restructuration de son capital [1]. La famille Bettencourt et le groupe Nestlé, qui détenaient ensemble la majorité de L’Oréal par l’intermédiaire du holding de contrôle Gasparal, la posséderont désormais directement. Ce tour de passe-passe étant accompagné d’un engagement de conservation de titres, les Bettencourt bénéficieront d’un abattement de 50 % de la valeur taxable à l’impôt sur la fortune (ISF). Ils ne seront pas tenus de payer de frais pour cette transaction grâce aux nouvelles dispositions introduites à leur intention dans la « loi pour l’initiative économique » du 1er août 2003 [2].

L’Oréal est aujourd’hui évalué à 43,6 milliards d’euros. Les Bettencourt détiennent 11,99 milliards ; Nestlé 11,5 milliards ; les 20,11 milliards restants flottants en Bourse. La fortune personnelle de Lilliane Bettencourt, héritière du fondateur de L’Oréal, était estimée en 2002 à 17,2 milliards d’euros. Ce qui en fait la personne la plus riche de France.

Une entreprise qui veut se payer la République
L’Oréal a été créé, en 1907, par un petit entrepreneur, Eugène Schueller. Il absorbe Monsavon, en 1928, puis les peintures Valentine, les shampoings Dop, le magazine Votre Beauté. Dérivant lentement à la droite la plus extrême, Schueller se fait connaître par ses théories économiques sur le « salaire proportionnel ». Dans une société libérée du capitalisme libéral et des syndicats, les ouvriers toucheraient un triple salaire : un salaire d’activité, un salaire familial calculé en fonction de leur nombre d’enfants, et un salaire de productivité.

Le 6 février 1934, en réaction à un retentissant scandale politico-financier, les ligues d’anciens combattants de la Grande guerre manifestent devant la Chambre des députés à Paris pour obtenir la démission du gouvernement Daladier. Sous l’impulsion des fascistes, le rassemblement tourne à l’insurrection et tente de renverser la République au profit du colonel de La Rocque qui refuse le rôle qu’on veut lui faire jouer.
Divers autres échauffourées surviennent dans les semaines suivantes, y compris une tentative de lynchage de Léon Blum en marge de l’enterrement d’un historien monarchiste, de sorte que, le 18 juin, le gouvernement prononce la dissolution des ligues. Immédiatement, un groupe de militants fascistes, pour la plupart issus de la XVIIe section des Camelots du roi, rompt avec le philosophe monarchiste Charles Maurras et décide de passer à la clandestinité. Ils constituent l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN). Il y a là autour d’Eugène Deloncle, Aristide Corre, Jean Filliol, Jacques Corrèze, bientôt rejoints par Gabriel Jeantet, François Méténier et le docteur Henri Martin.
Le colonel de La Rocque met en garde les anciens adhérents des ligues contre une infiltration de leur mouvement par des « groupes de trahison », c’est-à-dire par des fascistes agissant pour le compte de l’étranger, l’Italie et l’Allemagne en l’occurrence [3]. Quoi qu’il en soit, l’OSARN se structure rapidement en groupes locaux et en système hiérarchisé extrêmement cloisonné, de sorte qu’en dehors des chefs, les membres de l’organisation ignorent tout de son ampleur, de ses objectifs réels, des moyens et soutiens dont elle dispose. Certaines cellules du complot, dont les Chevaliers du glaive, dirigés à Nice par Joseph Darnant et François Durand de Grossouvre, adoptent un rituel et un costume inspirés du Klu Klux Klan états-unien, ce qui vaudra à l’OSARN d’être désigné par les monarchistes sous le sobriquet de « La Cagoule » [4].

Ami intime d’Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à disposition du complot. Plusieurs réunions de l’équipe dirigeante se tiennent dans son bureau au siège de L’Oréal.
Un groupe de jeunes gens, résidant à l’internat des pères maristes (104, rue de Vaugirard à Paris), fréquente les chefs du complot et se joint à certaines de leurs actions sans pour autant adhérer formellement à l’OSARN. Il s’agit de Pierre Guillain de Bénouville, Claude Roy, André Bettencourt et François Mitterrand.
Robert Mitterrand, frère de François, épouse la nièce d’Eugène Deloncle.

Échecs et divisions sur fond d’antisémitisme
En un an et demi, l’OSARN formalise ses relations avec le gouvernement de Benito Mussolini en Italie, puis avec celui d’Adolf Hitler en Allemagne. Pour leur compte, il achemine des armes à Francisco Franco en Espagne et élimine des réfugiés politiques en France. En échange, il obtient un appui financier et logistique considérable. L’organisation tente un coup d’État dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937, qui échoue. Au lendemain et dans les semaines qui suivent, le complot est mis à jour. Des perquisitions permettent de découvrir des caches d’armes réparties sur tout le territoire. Ce sont au total des centaines de fusils-mitrailleurs, des milliers de fusils et d’uniformes, des dizaines de milliers de grenades, des centaines de milliers de munitions, tous importés d’Italie et d’Allemagne, qui sont découverts.
Le président du Conseil, Édouard Daladier, freine l’enquête lorsqu’il apparaît que l’OSARN a développé ses réseaux parmi les officiers supérieurs et jusqu’à l’état-major. En effet, il ne paraît pas possible de décapiter l’armée française alors que la menace de guerre se précise. Il a tort, puisque la Guerre mondiale est effectivement déclarée et que la France capitule.


« La communauté française » Association secrète de spoliation des biens juifs et maçonniques. Parmi les responsables : Jacques Correze et Jean Filliol. Si une partie des « cagoulards », hostiles à la domination étrangère, rejoint de Gaulle, la plupart d’entre eux se félicite de la victoire du fascisme et s’engage dans la Collaboration. En septembre 1940, Eugène Deloncle et Eugène Schueller créent le Mouvement social révolutionnaire (dont l’acronyme MSR se prononce « aime et sert ») avec le soutien de l’ambassadeur du Reich, Otto Abetz, et l’approbation personnelle du chef de la Gestapo, Reinhardt Heydrich. Les réunions de la direction du MSR se tiennent au siège de L’Oréal (14, rue Royale à Paris).
Le programme de l’organisation indique « Nous voulons construire la nouvelle Europe en coopération avec l’Allemagne nationale-socialiste et tous les autres nations européennes libérés comme elles du capitalisme libéral, du judaïsme, du bolchévisme et de la franc-maçonnerie (…) régénérer racialement la France et les Français (…) donner aux juifs qui seront conservés en France un statut sévère les empêchant de polluer notre race (…) créer une économie socialiste (…) qui assure une juste distribution des produits en faisant augmenter les salaires en même temps que la production ».
Première application de ce programme, Deloncle organise le plasticage de sept synagogues parisiennes, dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941.
Subsidiairement, une organisation dans l’organisation est créée avec l’aide du SS Theo Dannecker, représentant Adolf Eichmann : la Communauté française dont le but est de « libérer complètement (la France) de ces ferments de corruption que sont les juifs et les Francs-maçons ». C’est ce groupe secret qui organise la spoliation des juifs souvent au profit personnel de ses membres. Parmi eux, on relève Jacques Corrèze déjà cité et Jean Filliol, le tueur de la « Cagoule ».


« Guillemot et Delamotte », éditeur à Paris Adolf Hitler et Eugène Schueller figurent côte à côte dans son catalogue. Quant au jeune André Bettencourt, il devient le patron français de la PropagandaStaffel. Il est placé sous la triple tutelle du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, de la Wehrmacht et de la Gestapo. Il a la haute main sur toutes les publications françaises, qu’elles soient collaborationnistes ou nazies. Il dirige lui-même La Terre française, une publication explicitement nazie destinée aux familles rurales, qui préconise la rééducation des intellectuels décadents par le retour forcé à « la terre qui ne ment pas ». Il y emploie l’agronome René Dumont. Par ailleurs, Bettencourt offre régulièrement les colonnes de ses journaux à Schueller.

La solution Bettencourt
Le 15 février 1941, à la demande de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Le patron de L’Oréal, Eugène Schueller, devient la personnalité économique de référence. Son livre, La Révolution de l’économie, se classe dans les ouvrage de référence du fascisme français.
Le 15 juin 1941, dans son discours au congrès de l’organisation au Palais de la Mutualité, il appelle à « une révolution préliminaire à la fois d’épuration et de redressement » qui ne peut « être que sanglante. Elle consistera tout simplement à fusiller vite cinquante ou cent grands personnages ».
Le 22 juin 1941, le Reich attaque l’Union soviétique. Deloncle et Schueller décident de créer la Légion des volontaires français (LVF) pour combattre le bolchévisme sur le front de l’Est et de la placer sous l’autorité de Jacques Corrèze. Tous ses membres prêtent serment d’allégeance au führer.
Ils tentent de s’appuyer sur cette puissante formation armée pour éliminer leur adversaire politique Pierre Laval et leur allié et néanmoins rival Marcel Déat. Le 27 août 1941, à l’occasion d’une cérémonie de départ d’un contingent de la LVF sur le front russe, ils organisent un double attentat au cours duquel Laval et Déat sont blessés.


« La Terre Française » Publication nazie française
dirigée par André Bettencourt
(voir l’agrandissement :
document associé à cet article) Le 20 décembre 1941, André Bettencourt, qui n’ignore rien des débats en cours à Berlin, écrit dans l’éditorial de Noël de La Terre française : « Un jour, trente ans plus tard, les juifs s’imagineront pourtant gagner la partie. Ils avaient réussi à mettre la main sur Jésus et l’avaient crucifié. En se frottant les mains, ils s’étaient écriés : « que son sang retombe sur nous et nos enfants ». Vous savez d’ailleurs de quelle manière il est retombé et retombe encore. Il faut que s’accomplissent les prescriptions du livre éternel ».
En effet, quelques jours plus tard la Conférence de Wansee décide la « solution finale » : des millions de personnes vont être exterminées dans le plus grand secret.

À l’issue des affrontements internes à la mouvance nazie française, c’est en définitive Deloncle qui tombe en disgrâce. Eugène Schueller se précipe alors, le 18 mars 1942, à l’ambassade du Reich pour se désolidariser de son ami. L’entretien est dûment consigné dans les archives allemandes.

L’OSS s’en mèle
La bataille de Stalingrad inverse le cours des événements. Désormais le Reich n’est plus invincible. André Bettencourt se rapproche de son ami François Mitterrand qui exerce diverses fonctions à Vichy où il partage son bureau avec Jean Ousset, le responsable du mouvement de jeunesse de la Légion française des combattants de Joseph Darnand. Ils seraient alors entrés en résistance au sein d’un Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD) dont l’activité a été officiellement reconnue quarante ans plus tard par l’administration Mitterrand, mais sur laquelle les historiens s’interrogent toujours.
Fin 1942, André Bettencourt est envoyé par Eugène Schueller « aryaniser » la société Nestlé en Suisse, dont le patron de L’Oréal est devenu l’un des actionnaires principaux. Il profite de ses déplacements pour rencontrer Allen Dulles et Max Schoop des services secrets états-uniens (OSS). En 1944, ils lui donnent 2,5 millions de francs de l’époque pour financer leur réseau. On ignore tout, encore aujourd’hui, de l’usage de cette somme.

Eugène Deloncle est assassiné. Mais les crimes des cagoulards ne prennent pas fin pour autant, pas même avec le débarquement allié en Normandie. Le 10 juin 1944, Jean Filliol conduit la division SS Das Reich à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) où elle massacre 644 habitants dans des conditions particulièrement horribles.

Parce qu’ils le valaient bien...
À la Libération, les cagoulards de Londres sauvent les cagoulards de Vichy. Grâce au témoignage d’André Bettencourt et de François Mitterrand, Eugène Schueller est relaxé au motif qu’il aurait aussi été résistant. L’Oréal devient le refuge des vieux amis. François Mitterand est engagé comme directeur du magazine Votre Beauté. André Bettencourt rejoint la direction du groupe. Avec l’aide de l’Opus Dei, une confrérie catholique franquiste, Henri Deloncle (frère d’Eugène) développe L’Oréal-Espagne où il emploie Jean Filliol. Quant à Jacques Corrèze, il devient patron de l’Oréal-États-Unis. En 1950, André Bettencourt épouse Liliane, la fille unique d’Eugène Schueller.


André Bettencourt Rue Saint-Dominique, le bureau d’André Bettencourt lorsqu’il dirigait la PropagandaStaffel, devient une résidence de l’Opus Dei. Tandis que Robert Mitterrand s’installe rue Dufrenoy dans l’immeuble qui abritera le siège de l’Opus en France. Cette œuvre est politiquement dirigée par Jean Ousset.

André Bettencourt a poursuivi une brillante carrière. Journaliste, il a créé en 1945 le Journal agricole, pour les anciens lecteurs de La Terre française. Sa carrière politique l’a conduit plusieurs fois au Parlement et au Gouvernement. Il a ainsi pu renouer avec ses activités passées en devenant secrétaire d’État à l’Information (1954-55), poste créé par son ami François Mitterrand, en 1948, et où ils auront tous deux forgé la presse française contemporaine. Les deux hommes sont inséparables, au point qu’en 1986 lorsque Mitterrand devenu socialiste et président de la République doit cohabiter avec une Assemblée de droite, il hésite à choisir André Bettencourt comme Premier ministre. Mais craignant le retour des fantômes du passé, il s’abstient. Cependant, ce passé reste présent.

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