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L'Iran maîtrise le savoir nucléaire, peut-on le nier?


Le Conseiller du haut représentant européen pour la politique étrangère s'est rendu à l'évidence : l'Iran maîtrise la technologie nucléaire et la coopération énergétique et nucléaire avec ce pays est désormais une nécessité pour l'Europe.


Lundi 8 Décembre 2008

Image: voltairenet.org
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Harry Cooper interviewé par les journalistes iraniens

MehrNews-

Devant les journalistes iraniens à Bruxelles, Harry Cooper a joué la franchise. ''L'Europe aimerait entretenir de meilleures relations avec l'Iran. Les Iraniens sont des gens cultivés et intelligents et ce fait, on peut s'en assurer rien qu'en regardant le visage de nos invités. Vous, les iraniens, vous jouez un rôle de premier plan au Moyen-Orient et le Moyen-Orient est dans notre voisinage. Vous etes une nation ancienne, forte d'une histoire et culture ancienne avec un long antécédent en matière du commerce et des transactions. Nous aussi sommes intéressés par le commerce et il existe de nombreuses opportunités qui pourront nous enrichir mutuellement. L'énergie constitue un autre domaine ou nos intérêts se croisent. L'Europe peut représenter un grand marché pour le gaz naturel iranien. Je crois personnellement qu'il va dans notre intérêt a nous et dans vos intérêts que nous ne soyons pas totalement dépendants du gaz des russes. Cela étant dit, il reste encore beaucoup de choses à faire pour que toutes les potentialités existantes soient épuisées et que nos liens atteignent leur degré maximal. En effet plusieurs obstacles s'y opposent dont et avant tout le dossier nucléaire.

Inversant les rôles, Cooper a interrogé ensuite les journalistes iraniens en leur demandant ce que ''l'Iran envisageait de faire avec les 600 kilogrammes de matières radioactives enrichies''. La question a suscité une autre question, celle formulée par les journalistes iraniens : M. Cooper, si l'Iran, ainsi que vous le confirmez est un pays doté d'une brillante civilisation, pourquoi opposez-vous à ce qu'il poursuive ses activités nucléaires pacifiques sous la supervision de l'AIEA, alors même qu'Israël est détenteur de la bombe atomique?

''Au sujet d'Israël, je dois dire que l'Europe souhaite la dénucléarisation totale du Moyen Orient et si possible du monde. Un Moyen-Orient avec l'arme nucléaire serait a coup sur l'une des régions les plus dangereuses de la planète et à chaque fois, que je dis le Moyen-Orient, j'entends aussi Israël. Cependant, notre problème avec le programme nucléaire de l'Iran est qu'il est ambigu.

M Cooper a salue en société iranienne, une société ''libre'' et ''indépendante'' et a estimé que la présence de bons journalistes, actifs et déterminés en apportait la preuve pour revenir ensuite sur le programme nucléaire iranien. ''Comme l'a signale M Solanna à Téhéran, nous n'avons aucun problème avec le programme nucléaire à vocation civile de l'Iran. Nous reconnaissons les droits nucléaires de l'Iran selon le TNP et nous tenons mêmes disposes à lui apporter notre aide. D'ailleurs les considérations d'ordre écologique nous conduisent à exhorter l'usage pacifique de l'énergie fissile et nous sommes même sures que les Iraniens pourront construire des centrales nucléaires sures et sans danger pour l'environnement. Pour vous dire la vérité, nous croyons pas que l'Iran soit en phase de construire la bombe atomique. Nous avons plutôt tendance à nous pencher en faveur du diagnostique formule par l'AIEA qui a confirmé la non dérive du programme nucléaire iranien.''

Cooper a évoqué par la suite la question de la construction des centrales atomiques :" Pour ériger une centrale nucléaire il est nécessaire de disposer d'une quantité non négligeable d'uranium enrichie et de la technologie nécessaire à sa transformation en combustible. Chaque réacteur a besoin d'un cocktail compose d4uranium et de plusieurs autres matières pour son fonctionnement, le procédé de la transformation de cet uranium enrichi au combustible est presque aussi subtile que l4enrichissement lui-même. Et puis vient l'étape de la conception du réacteur et toutes les précautions qu'elle exige pour ne pas nuire à l'environnement. Il s'agit d'une technologie de très haute performance qu'aucun pays en Europe n'est à même de maîtriser seul. De nombreux pays européens achètent les pièces nécessaires aux Etats-Unis et en importent la technologie.

Par conséquent, le savoir nucléaire ne peut être maîtrise sans collaboration de plusieurs pays ensemble. Nous serons heureux de pourvoir apporter notre assistance en la matière a l'Iran, seulement nous devons au préalable être surs de la nature pacifique de ses activités. Nos soupçons sont fondes sur deux raisons : s'il est vrai que l'AIEA n'a découvert aucune dérive dans le programme nucléaire iranien, il est aussi vrai qu'il persiste des questions auxquelles l'Iran n'a toujours pas répondues. Vient en second lieu un dispositif destine a mesurer les effet de la pression sur le fer, dispositif que les iraniens se sont procures sans être en mesure de fournir de justifications valables. Je n'ai ni photos ni aucune sorte de témoignages pour prouver ces dires et pourtant il y a des ambiguïtés qui méritent d'être éclaircies. Si l'Iran se dote de la bombe atomique, les autres états de la région vont le poursuivre et alors la toute la région basculera dans une course cauchemardesque, ce qui au lieu de renforcer la sécurité, la réduira''

Interroge par l'un des journalistes iranien sur le refus de l'Europe de finaliser le document conclu en 2005 avec l'Iran, document qui portait sur quatre axes d'entente, Cooper a prétendu : '' Ce document a été signe non pas en 2005 mais en 2004 et il exigeait que l'Iran suspende son enrichissement. Mais avant d'aboutir à un quelconque résultat, les iraniens ont repris leur activités d'enrichissement a Ispahan. A l'époque nous aurions pu révoquer unilatéralement l'accord mais nous avons opte par son maintient. Mais l'Iran a à nouveau décide de relancer l'activités de ses installations à Natanz. A vrai dire, un regard rétrospectif nous révèle les failles des deux cotes. Il revient à l'Iran et à l'Europe de faire en sorte qu'une solution durable soit retrouve à ce problème. Et cette solution ne peut pas se trouve sans l'implication des américains. Il est impératif que les américains changent la nature de leurs relations avec l'Iran. Ce changement ne peut que vous bénéficier. Il était important que nous convainquions les Américains de rallier à l'Europe et ceci est une occasion unique pour les deux parties''.

Au terme de l'entretien M. Cooper a affirme : '' Les iraniens ont fait preuve de beaucoup de maîtrise ne matière nucléaire, ils sont montré qu'ils étaient capables d'enrichir l'uranium et de se le procurer eux- même si à l'avenir, les fournisseurs refusaient de leur fournir le combustible. Le moment nous semble donc fort opportun pour que l'Iran révise son programme nucléaire, pour qu'il regagne la table des négociations. En effet tout le problème est la : si l'Iran refuse de conclure un accord, cela signifiera davantage de sanctions voire même une action militaire contre lui. Ne croyez pas que je veuille formuler des menaces mais ce sont la des réalités qui nous inquiètent alors que nous aspirons à établir des relations constructives avec l'Iran. Nous restons attaches a une solution négociées mais cette solution la demande de la flexibilité des deux cotes''.


Lundi 8 Décembre 2008


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