Proche et Moyen-Orient

L’Irak annonce que 17 civils ont été assassinés par un combattant chiite à Falloujah


Dans la même rubrique:
< >

Lundi 13 Août 2018 - 08:06 Les racines de la crise monétaire en Turquie


Selon les enquêteurs fédéraux, un combattant chiite a abattu des civils qui tentaient de fuir la ville contrôlée par l’État islamique dans la province d’Anbar


Suadad al-Salhy
Samedi 18 Juin 2016

Les milices chiites soutiennent l’avancée vers Falloujah (AFP)
Les milices chiites soutiennent l’avancée vers Falloujah (AFP)
Un combattant chiite a abattu dix-sept civils qui fuyaient la ville de Falloujah contrôlée par l’État islamique, selon les autorités irakiennes à Bagdad.

Une commission d’enquête fédérale formée par le Premier ministre Haïder al-Abadi a déclaré que les civils ont été tués illégalement dans le quartier d’al-Sijar plus tôt ce mois-ci. Un milicien chiite a été arrêté et accusé de terrorisme.

Salama al-Khafaji, un membre de la commission fédérale, a indiqué à Middle East Eye que les dix-sept morts faisaient partie d’un groupe de vingt personnes qui tentaient d’atteindre un point de passage à al-Sijar.

« Un combattant des Hachd [terme arabe désignant les milices à majorité chiite qui combattent à proximité de Falloujah] leur a barré la route et leur a tiré dessus. Il les a pris par surprise et dix-sept d’entre eux ont été abattus. Les autres se sont enfuis et ont survécu. »

Des responsables ont indiqué à MEE que de nombreux combattants chiites ont été arrêtés et qu’au moins un d’entre eux a été accusé d’infractions liées au terrorisme suite au massacre d’al-Sijar. Le nom de la milice à laquelle ils appartiennent n’a pas été divulgué.

Des responsables fédéraux et locaux ont affirmé qu’il n’y avait aucune preuve d’abus systématiques contre des civils et que l’attaque à al-Sijar était un cas isolé.

« Tous les rapports et les témoignages de survivants indiquent que le tueur était seul et que son acte résultait d’un comportement individuel », a déclaré Khafaji.

Les membres de la commission ont précisé qu’ils examinaient séparément d’autres rapports résultant d’enquêtes locales dirigées par le maire de Falloujah, selon lesquelles 49 civils ont été tués et plusieurs centaines de personnes sont portées disparues après avoir fui Falloujah.

L’enquête locale n’a pas permis de déterminer le sort de ces personnes, ni de savoir clairement « si ces personnes sont vivantes ou mortes ».

Hikmat Sulaiman, conseiller politique du gouverneur d’Anbar, a indiqué qu’il s’agissait d’un cas distinct de l’enquête sur le massacre d’al-Sijar.

« Nous avons des témoins qui affirment que ces gens ont été tués et que les corps n’ont pas été restitués à leur famille. Selon certaines informations, des gens ont été torturés [...] tandis que certains témoins ont indiqué avoir vu des gens être brûlés. »

Quatre soldats qui « ont été témoins d’actes répréhensibles commis par des combattants chiites mais n’ont pas réagi » ont été arrêtés la semaine dernière, a précisé un haut responsable irakien proche des enquêtes. Ce dernier n’a pas communiqué de plus amples détails.

Sulaiman, Khafaji et plusieurs autres responsables ont indiqué que l’enquête fédérale interrogerait à nouveau tous les témoins et les commandants militaires pour déterminer le sort de chaque personne répertoriée dans le rapport des enquêteurs locaux.

Falloujah, située sur les rives de l’Euphrate, à 50 km à l’ouest de Bagdad, a été la première ville irakienne à tomber entre les mains de l’État islamique, en décembre 2013. Les forces de sécurité irakiennes ont lancé le mois dernier des opérations visant à reprendre la ville, soutenues par les factions chiites et la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

Plus de 43 000 personnes ont fui la ville, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Des hommes âgés de 15 à 50 ans ont été séparés de leur famille et emmenés dans des centres de détention afin qu’ils soient soumis à des contrôles de sécurité, qui durent généralement une semaine voire plus.

Les habitants déplacés ont rapporté que des dizaines de personnes ont été torturées en détention avant d’être libérées.

« Daech s’est mélangé avec ceux qui ont fui. Certains insistent toujours pour qu’ils soient protégés ; il est donc difficile de traiter ces personnes avec délicatesse », a expliqué à MEE sous couvert d’anonymat un haut commandant de la police fédérale impliqué dans les combats à Falloujah.

« Parfois, nous n’avons pas d’autre choix, a ajouté le commandant. Nous n’avons pas commis de meurtres illégaux, mais nous avons bel et bien battu et insulté moralement certains sympathisants récalcitrants. »

Le colonel Mohammed al-Biadhani, porte-parole de l’opération irakienne, a indiqué à MEE que plus de 1 080 membres suspectés de l’État islamique avaient été placés en détention au cours des trois dernières semaines et que 6 000 personnes étaient encore « sous surveillance ».

Le nombre de personnes déplacées devrait augmenter de manière significative au cours des prochains jours, alors que les troupes irakiennes avancent vers le centre de la ville.

« Je comprends pourquoi ils [les forces de sécurité irakiennes] ont emmené nos hommes, mais on nous a dit qu’ils seraient torturés, brûlés et même tués », a affirmé à MEE Oum Ahmed, une jeune femme qui a fui les combats à Falloujah la semaine dernière et qui s’est installée dans le camp d’Amiriyat al-Falloujah.

« On nous a également dit qu’ils allaient bien et qu’ils reviendraient bientôt tant qu’ils n’ont aucun lien avec l’État islamique. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.





Samedi 18 Juin 2016


Nouveau commentaire :

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES


Publicité

Brèves



Commentaires