Histoire et repères

L'Empire Ottoman, entre Mythes et Réalités


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Saladeen
Jeudi 8 Mars 2012

Démystification du mythe colonialiste ottoman

L'Empire Ottoman, entre Mythes et Réalités
L'âge d'or d'un Pouvoir Unifié. Entre réalité et mythe

Les appréciations des historiens sur les résultats guerriers des janissaires sous Suleyman sont fort contradictoires.Très vantées par la plupart (Mantran, Maalouf ou Thevenot), elles sont considérées par d'autres comme n'ayant produit que des résultats très funestes (Monroe), certains historiens de l'époque comme l'illustre Sadeedin (16è siècle) historien ottoman est le seul qui apporte une vision juste et précise de la période ottomane, période charnière s'étendant de Mehmet aux premières décisions de Suleyman, son livre (Couronnes de chroniques) semble intéressant, pour apporter une conclusion à la problématique d'un pouvoir unifié. Si l'on veut se rendre un compte exact de l'influence réciproque des janissaires sur les peuples de l'empire à l'époque de Suleyman, il faut avoir présent à la pensée l'état des civilisations respectives des peuples qui se trouvaient en présence. Nous savons que les arabes n'existaient plus dans le contexte politique du Levant et que Grenade venait de tomber,l es peuples juifs subissaient l'intolérance et la cruauté barbare de l'europe, et les hommes des balkans l'autoritarisme inquiétant des magyars. Nous avons précédemment affirmé, que les janissaires se conduisirent parfois en de véritables despotes, ces effets nuisibles étant bien mis en évidence dans le précédent carnet, recherchons maintenant les résultats utiles :Au point du vue du pouvoir unifié, les janissaires eurent pour conséquences sous Suleyman, d'ébranler fortement les régimes décadents des arabes. Non seulement les descendants des Abbasides et les Mamelouks perdirent beaucoup de terres mais les petits états seigneuriaux des berbères d'Afrique du nord et d'Arabie (Hashémite de La Mecque), furent soumis par la guerre à l'autorité du Sultan de Topkapi. La diminution du pouvoir des arabes engendrée par les guerres des janissaires s'observa rapidement au Caire, en Arabie, ou même à Bagdad .Si nous voulions suivre les évènements dans leurs conséquences lointaines, nous montrerions facilement que la constitution politique si solide de Suleyman, eut ses racines dans les conditions particulières engendrées par les guerres des janissaires menées contre les derniers vestiges de la splendeur des arabes.

 Ces grandes luttes de Suleyman et des janissaires eurent également une influence considérable sur le commerce. L'équipement, l'approvisionnement, les transports des immenses armées que Suleyman déversa pendant une décennie sur les balkans et l'irak, produisirent un mouvement commercial et maritime considérable qui raffermirent la richesse et ainsi l'influence du pouvoir unifié. La frénésie de la guerre semble être un élément grandissant dans la protection des territoires conquis et la production industrielle de l'empire. Ce commerce avec Topkapi fut même une des principales causes de la puissance de Venise et il ne fit que s'accroitre jusqu'au jour de la découverte de routes maritimes nouvelles (Colomb ou Gama).

Mais l'un des meilleurs moyen d'apprécier l'action unificatrice ou nuisible exercée par les janissaires de Suleyman sur les peuples, est d'examiner l'état de ces derniers avant, pendant et après la prise de Constantinople. Lorsqu'on on étudie avec soin l'histoire des turcs dans les différentes contrées visitées par eux, on reconnaît bien que leurs invasions présentent des caractères très différents suivant qu'ils eurent l'intention d'occuper définitivement les pays envahis ou de n'y faire que quelques incursions rapides, ainsi l'un des principaux éléments qui régulent l'expansion reste le climat et non la jouissance dévastatrice, nous le verrons plus tard lors de la prise de Vienne, que le climat peut parfois bouleverser les notions géostratégiques d'une région définitivement. Avant la prise de Constantinople dans le premier cas, leur politique invariable est de se concilier avec les habitants, les janissaires respectent,la religion et les lois du vaincu en ne leur imposant qu'un faible tribut. Les tribus d'Anatolie ou même des proximités de Byzance sont tout a fait heureux de connaître un nouveau rapport de force prendre le dessus, peu a peu sur l'impitoyable Empereur de Byzance, impitoyable sur le plan particulièrement des impôts. Dans le second cas, c'est à dire quand les turcs par le climat n'ont pas l'intention de se fixer dans cette région, leur méthode est toute différente. Ils considèrent le pays occupé comme une proie dont il faut rapidement tirer tout le parti possible. C'est ainsi qu'ils opèrent en Russie à Moscou ou même en Bulgarie. Mais leurs invasions après la prise de Constantinople jusqu'à Suleyman présentent l'emploi successifs de deux méthodes. Trop peu nombreux au début pour lutter contre les magyars des balkans, maitres alors de l'Adriatique et d'une partie de l'Europe orientale, ils se bornent à des invasion éphémères et ces invasions sont toujours dévastatrices. Ils envahissent une province, s'emparent de ce qu'ils peuvent emporter et disparaissent rapidement. Mais le jour enfin ou ils sont solidement établis, ils renoncent à leurs pilages et font jouir le pays de tous les bienfaits de la civilisation et exercent une influence progressive considérable. Une horde de simples vikings ou vandales se seraient écroules ou auraient disparus,mais la civilisation au contraire permet une fortification temporelle du pouvoir unifié par delà les incursions militaires.



Mantran, de son point de vue, tente de briser les mythes fondateurs de la perception des historiens européens, celui de dire que les ottomans étaient une puissance colonialiste! Beaucoup d'historiens du 19 ème siècle, pensent que les Turcs ont eu certainement leur époque de grandeur, qu'ils étendirent considérablement l'influence de l'Islam. Mais que leur puissance fut toujours exclusivement militaire et non unificatrice, selon Thenevot, apte à fonder une grande monarchie, ils se montrèrent toujours impuissant à créer une civilisation, leur suprême effort fut d'essayer de profiter de celle qu'ils avaient sous la main. Sciences, arts, industrie, commerce, ils reprirent les grandes lignes fondatrices du pouvoir des arabes! Cette perception, tout à fait péjorative, reste le
stéréotype majeur des historiens européens et Mantran tente de montrer que les turcs, au contraire, avait réussi au delà de la guerre à bâtir une vie sociale et culturelle tout à fait spécifique et tout à fait complexe à dissocier totalement des arabes. Les turcs n'étaient pas une force colonialiste mais une aubaine pour le monde arabe selon Maalouf. Alors que la reconquista suivait son cours, alors que les arabes avaient atteint un point de faiblesse extrême, l'apparition des ottomans devaient être perçu comme un cadeau de la providence.

Il ne faudrait pas tirer cependant conclusion de ce qui précède que l'ensemble du pouvoir unifié soit exemplaire et que la guerre n'a eu aucun impact sur l'unification du moyen orient. Même si ce point de vue extrêmement simpliste sur l'empire ottoman a ici ,clairement, une idée manipulatrice. Car lorsque l'empire,
ottoman s'écroula, ce sont bien les «colons» français, britanniques et italiens qui s'emparèrent des différentes régions et réalisèrent une vieille technique colonialiste (diviser pour mieux régner avec le démantèlement de l'empire par les accords de sykes picot), cette pensée de dire que l'empire ottoman ne fonctionnait que selon des principes militaires, ne sert qu'a conforter les idées colonialistes et les arabes dans la grave erreur qu'ils ont commise en s'alliant aux britanniques (Lawrence d'arabie) et en participant indirectement à la possible destruction de l'uniformité du moyen orient.

Mais nous devons nous écarter de cette subjectivité pour un point de vue plus objectif. L'état du pouvoir unifié sous Suleyman a été parfaitement étudié par Mantran, c'est à Istambul d'après Mantran qu'il faut aller, pour contempler le vrai orient. Sous Suleyman d'après lui, avant d'entreprendre des conquêtes, les janissaires envoyaient toujours des ambassadeurs chargés de propositions, de conciliation, l'habilité politique que déployèrent les janissaires de Suleyman, fut à la hauteur des talents guerriers qu'ils surent bientôt acquérir avec plus de vigueur et de discipline. Encore une fois le contexte était propice à l'émergence de l'Empire. Dès les premiers combats des janissaires sous Mehmet ou Suleyman, ils se trouvèrent en présence de populations que des maitres divers tyrannisaient sans pitié depuis des siècles (les peuples balkaniques ou d'Afrique du nord, les juifs d'Andalousie),et qui ne pouvaient donc qu'accueillir avec joie des conquérants qui leur rendraient la vie moins dure. La conduite de Suleyman à tenir était donc clairement indiquée et les janissaires surent sacrifier aux intérêts politiques, toute idée de conversion violente. Loin de chercher à imposer leur foi, leurs usages et leurs coutumes, les janissaires sous Suleyman déclarèrent partout vouloir respecter la croyance des peuples soumis en échange de paix (un peu comme la politique des arabes du califat Ommeiyade de Damas au 7ème siècle) qu'ils leur assuraient, ils ne leur imposaient qu'un tribut très faible et toujours inférieur aux impôts que levaient sur eux les anciens maitres.

La conduite musulmane de Suleyman nous montre aussi, avec quelle douceur les conquérants turcs traitaient les vaincus et contraste singulièrement avec les procédés des croisés. La conduite des janissaires,après, ne fut pas moins bienveillante. Ils proposèrent aux habitants des balkans, une liberté religieuse complète, une justice impartiale pour tous et l'inviolabilité des propriétés terrestres.

Les Turcs exactement comme les Arabes respectèrent si religieusement les conventions acceptés et se rendirent si agréables aux populations soumises autrefois aux vexations des agents chrétiens de l'empereur de Constantinople, que tous les balkans adoptèrent avec empressement leur religion et leur langue. C'est là nous le répétons, un de ces résultats qu'on n'obtient jamais par la force. Aucun des peuples qui avaient dominé les balkans avant les turcs ne l'avait obtenu. Les conquêtes de Suleyman présentent un caractère particulier qui les distingue de toutes celles accomplies par des conquérants violents. D'autres peuples, par exemple, tels que les barbares qui envahirent le monde romain, ou même les mongols qui envahirent le monde arabe ou les croisés de Jérusalem, ont pu fonder de grands empires par la guerre, mais ils n'ont jamais fondé de civilisation, ou de pouvoir unifié, et leur plus haut effort,a été de profiter péniblement de celle que possèdait leurs vaincus. Les turcs comme les arabes ou même les romains, ont crée très rapidement une civilisation nouvelle fort différente de celles qui les avaient précédée, cette civilisation a ainsi participé d'une manière prépondérante dans l'unification du pouvoir de Topkapi et ont amené une foule de peuples à adopter avec cette civilisation nouvelle, leur religion et leur langue. Au contact des Turcs, des nations aussi antiques que le royaume des magyar ou celle de byzance, ont adopté leurs croyances, leurs coutumes, leurs mœurs, leur architecture même. Bien des peuples depuis cette époque ont dominé les régions occupés par les turcs, mais l'influence de l'Islam est resté immuable exactement comme l'influence des arabes laissé en Inde ou en Egypte qui est resté tout aussi immuable. La langue, la religion occupe donc une place bien plus importante que la guerre dans un pouvoir unifié.

L'esquisse qui précède, nous montre que dès le début de leurs conquêtes, les turcs, bien différents en cela des peuples conquérants, comme les byzantins, les croisés et les romains respectèrent toutes les œuvres crées avant eux et ne songèrent qu'a utiliser la civilisation déjà existante et à la faire progresser. Très ignorants d'abords ils surpassent bientôt leurs maitres. La tactique militaire, l'emploi des machines de siège des arabes leurs étaient inconnus, mais ils apprennent vite ce qu'ils ignoraient et ce montre plus habiles que leurs adversaires. Ainsi la civilisation a un impact beaucoup plus grand dans l'unification et la force d'un pouvoir unifié que la guerre qui n'est qu'un seul attribut de cette force. Les arts et les sciences étaient chez eux dans l'enfance mais les nombreuses écoles que Suleyman fonde, leurs permettent d'égaler puis de dépasser les peuples qui les avaient précédés. Leurs connaissances en architecture étaient nulles: ils emploient les arabes comme architectes mais en modifiant graduellement les monuments au gré de leurs sentiments artistiques, au point de se dégager de plus en plus de toute influence étrangère et d'arriver à s'y soustraire définitivement, comme nous l'avons vu dans l'architecture de Sinan.

Mais d'une manière générale, nous voyons qu'un micro empire sans culture, sans science, sans mœurs et sans fondements culturels n'est que néant et éphémère. En effet quand nous voyons des micro empires qui n'ont eu aucune cohérence culturelle, aucune mission civilisatrice à amener, nous avons vu qu'il ont été rapidement éliminé par la fureur et l'ulcération des peuples conquis, les croises de Jérusalem, les mongols de Gengis Khan prenant un savant plaisir à détruire (samarcande, boukhara et bagdad), ou encore les vandales de Hilderic et Genseric, rapidement éliminé par les forces byzantines. Il faut donc une culture, une civilisation qui est bien le cœur d'un pouvoir unifié pour étendre l'influence et ainsi l'emprise d'un pouvoir unifié. Et la guerre ne semble au fil de nos nouvelles découvertes qu'une fatalité liée à la souveraineté du pouvoir unifié.

 Ces mêmes historiens que sont par exemple Monroe, donnent aussi une importance capitale à la victoire ou plutôt à la résistance des Viennois contre les Ottomans.,ces historiens supposent naturellement que sans cette résistance, les Turcs et les janissaires de Suleyman, eussent continués leurs invasions et envahi l'Europe!,
Monroe se demande aussi avec effroi ce qu'il serait advenu des peuples chrétiens sous la bannière de Suleyman, Monroe va même comparer cette résistance à la victoire imaginaire de Charles Martel sur les Arabes à Poitiers. C'était le sort du monde qui venait de se décider, écrit à propos de cette bataille Henri Martin dans son histoire de France populaire. Cette phrase pourrait être aussi utilisée dans cette résistance des Viennois. Nous voyons ainsi que le rapport de force dans le pouvoir unifié est lié parfois à des victoires militaires décisives qui ouvrent la voie à un bouleversement du monde et des rapports de forces. Si les viennois eussent été vaincu, la terre de l'europe eut été à Mohamed (aws) le Prophète de l'Islam ajoute Monroe. "et alors l'avenir de l'Europe eut été perdu".

On peut répondre tout d'abord à ce qui précède,qu'alors même que les Turcs eussent triomphé, les destinées des deux pouvoirs unifiés n'eussent été modifiées aucunement. Vainqueur les janissaires et les bachis-bouzouks (mercenaires ottomans),eussent pillés quelques villes de plus, comme nous le disions pour le Caire, puis se seraient retirés suivant leurs habitudes pour mettre leur butin à l'abri et auraient peut être recommencé les années suivantes leurs pillages jusqu'ils eussent rencontré une résistance plus forte que celle des viennois.
Supposons cependant que les viennois n'eussent jamais réussi à repousser les troupes de Suleyman? Supposons encore qu'au lieu d'un climat froid et pluvieux, qui ne pouvait exercer aucun attrait sur le pouvoir de Topkapi, les ottomans eussent rencontré dans le nord de l'Europe, le même climat qu'à Istambul et eussent cherché à s'y établir d'une manière définitive?. Pour savoir ce qu'eut été le sort du nord de l'Europe, il faut apprécier le sort de l'Afrique du nord. Or sous les turcs, Alger ou Tunis, jouissait d'une civilisation brillante alors que le reste de l'Europe était plongé dans une grossière barbarie. Il est évident qu'au point de la civilisation turque, arabo-musulmane, de l'époque,l es populations chrétiennes n'auraient qu'a gagner à se ranger sous le joug du pouvoir unifié de Topkapi et la religion du Prophète Mohamed (aws). Adouci dans leurs mœurs, les peuples d'occident eussent sans doute
évité les guerres de religion, la guerre de trente ans, l'inquisition, la premiere guerre mondiale, en un mot,toutes ces calamités qui ont ensanglanté l'europe pendant des siècles et que les turcs n'ont jamais connues.

Pour soutenir comme le fait l'historien Monroe, que sous les turcs l'avenir de l'europe et du monde eut été perdu, parce que «l'activité qui pousse les hommes vers le progrès n'était pas dans le génie musulman», il faut pousser à des limites bien extrêmes l'oubli de l'histoire de la civilisation ottomane. Quand on considère la prospérité brillante que firent régner les turcs dans des pays plongés parfois avant eux dans la barbarie (l'Afrique du nord et les balkans), on peut certainement renverser entièrement la proposition de Monroe au profit de Mantran et dire que l'activité qui entraine les hommes vers le progrès n'a jamais été poussée chez aucun autre peuple que chez les musulmans.

Ainsi en analysant la résistance viennoise avec précision, nous remarquons cette fois ci l'effet bénéfique que peut avoir une guerre si elle apporte une mission « civilisatrice » et culturelle, la résistance farouche des viennois a conduit en réalité à leurs propres pertes, se privant d'un essor intellectuel et culturel exceptionnel. Nous voyons aussi qu'au delà du droit de fédération de l'empire ottoman, le droit de dominer par la guerre n'existe réellement pas dans un pouvoir unifié. La domination est celle de la culture et de la langue et la guerre seule, permet par contre le bouleversement de situations périlleuses et la sauvegarde,simplement, du patrimoine culturelle et territoriale léguée par la quête expansionniste obligatoire. L'augmentation des conflits par l'apport culturel et humain des janissaires se déroulaient aux frontières de l'empire dans des zones sous tensions, ou des ennemis divers tentaient d'y faire pousser les raisins de la discorde. La seule manière de se défendre dans ce cas étaient l'initiation de campagnes militaires éclairs. Avec l'autorité d'un homme qui leur étaient très supérieur, Suleyman, les janissaires remportaient d'éclatantes victoires. Le jour où l'autorité d'un homme disparaît, où l'autorité s'éparpille, le temps de la décadence commence, nous pouvons l''affirmer, car malgré l'apport de la culture, l'autoritarisme est primordial pour préserver l'intégrité du pouvoir unifié, et une troupe d'élite. Beaucoup d'empires se sont écroulés par le disparition de grands hommes.(Napoleon)


Nous pourrions approfondir la notion d'un pouvoir unifié dans le contexte historique dans lequel il se trouve, car l'empire Ottoman avait une religion l'Islam qu'englobait la grande surface du territoire
moyen oriental et africain, cette religion a grandement facilité l'unification et l'introduction des droits politiques de Suleyman, mais il y a alors un contexte plus complexe. En effet, l'empire ottoman présente l'unification la plus facile, en accord pratiquement avec son territoire (l'islam), à part quelques tensions avec les arabes, mais comment un pouvoir peut il unifié des territoires qui lui sont totalement étrangers par la religion et la langue? La guerre est elle alors nécessaire? Au contraire, dans une situation pareille, l'archétype politique des arabes nous démontrent le contraire.
Les Arabes se retrouvèrent, lorsqu'ils partirent à la conquête du monde depuis l'Arabie, face à deux civilisations antiques, l'Inde et l'Egypte, qui représentaient à l'époque les débris de la civilisation pharaonique puis des lagides. Les arabes avaient en face deux 'monstres politiques, historiques et culturels. C'est alors que les arabes durent redoubler d'effort non pour égaler militairement ces états, mais pour les dépasser intellectuellement! La tolérance des arabes et cette science encore méconnue de certain, fut alors une cause de la rapidité d'expansion. La science des arabes fut l'une des principales raisons de la facilité avec laquelle fut acceptée partout leur religion. Le fait est surtout frappant pour l'Egypte, en égalant par la science les égyptiens, les arabes renversèrent et réussissent à convertir



les égyptiens à l'Islam. Les perses, les grecs et les romains qui la dominèrent n'avaient jamais réussi à renverser l'antique civilisation pharaonique et à y substituer la leur ! Les arabes le firent et nous voyons que la guerre qu'ont livré les grecs ou les romains contre les pharaons ou les lagides a été infructueuse pour renverser cette civilisation. Les arabes,seuls a l'avoir fait,le firent par la science et la culture.Ces mêmes arabes, par cette supériorité artistique, industrielle et scientifique qui explique facilement la protection que les rois indiens, chinois ou tibetains leurs accordèrent. Les moines français, eux mêmes, admiraient leurs esprits sagace. Cette science a donc permis de réaliser dans le monde de l'époque, pour les Arabes, un véritable coup d'état politico-culturel en Egypte ou en Chine. Et c'est la culture qui a pris le dessus sur la guerre dans le pouvoir unifié des arabes. Les romains firent de même, en Gaule,la mission culturelle pris rapidement le dessus sur la guerre (gergovie,alesia), le pouvoir unifié de Rome,assura sa longévité par une plénitude scientifique, politique et urbaine, qui avait sorti les européens de leurs conditions
pratiquement troglodytes .


Nous voyons donc que les micros empires sans culture n'ont aucun équilibre, aucune force unificatrice. Leurs forces résidents dans la guerre, quand une défaite survient, quand l'irrésistible conquête s'arrête, l'empire s'écroule définitivement. La faiblesse d'un micro empire dit guerrier est d'avoir abusé de la guerre sans offrir aucune culture en retour, est d'avoir la guerre comme seule force, seule connaissance, seule imposition..
Un micro empire qui se bâtit que sur la guerre n'est donc qu'une pauvre horde de pillards, qui tôt ou tard finira sa course dans les méandres de l'histoire. Un micro empire seulement guerrier, ne parvient donc jamais à bâtir un pouvoir unifié, c'est la culture qui unifie un pouvoir unifié et qui le maintient dans le temps, c'est la victoire guerrière, absolutisme primordial, qui permet de renforcer la légitimité hégémonique d'un micro empire devenu empire.
Ce qui nous prouve que la force de l'empire ottoman et de son pouvoir unifié réside dans la culture plus que la guerre, reste cette défaite à Lépante en 1576 contre la sainte ligue Vénitienne. Un empire guerrier se serait effondré fatalement. Alors qu'un empire qui est avant tout socio culturel parvient à rebondir, ce qui était le cas. Ainsi, la force d'un pouvoir unifié réside dans la civilisation, civilisation des loisirs ou civilisation socio-culturelle, la guerre paraît attenuée dans ce genre de problématique.
Ainsi s'achève notre problématique, résumons en quelques mots et par un poème. Au point de vue de la civilisation bien peu de peuples ont dépassé les Turcs et l'on n'en citerait pas un qui ait réalisé des progrès si grand dans un temps si court. L'influence culturelle est plus importante, nous le voyons que la guerre, la guerre culturelle est soit l'égale de la guerre ou supérieur dans un pouvoir unifié. Cette phrase de Leon de Medicis (Hassan al wazzan) reste édifiante: Entré dans l'empire balkanique par la même voie que le Christianisme, l'Islamisme parviendra peu à peu, les croates ou serbes ne s'en doutent pas, à se substituer en lieu et place de la doctrine du Vatican. Cette question est de la plus haute importance. Si la religion de Mohamed (aws) s'étendait de l'atlas marocain au Danube, elle pourrait menacer le christianisme. Cette phrase n'est pas sans nous rappeler, la même description d'un autre homme, Richard cœur de lion: Si la religion de Mohamed (aws) prôné par les abbasides ou Saladin,parvient à s'étendre du gualdaquivir à l'océan pacifique (chine), le christianisme peut définitivement disparaitre». La guerre des missionnaires est ouverte. Au point de vue religieux, ils ont fondé un des plus grand califat qui ait régné sur le monde, une de celles dont l'influence est encore vivante aujourd'hui à sarajevo, à alger ou encore à kazan en russie. Au point de vue intellectuel et moral, ils ont pratiquement civilisé l'europe en lui ouvrant les portes d'istambul et de la science. Aucune ne présente d'exemple plus frappant de l'influence des facteurs qui président à la naissance d'un pouvoir unifié, à sa grandeur et à sa décadence.
 Cette phrase de Patrik Balfour témoigne de l'importance de la culture :
Certes Suleyman était un homme de l'épée comme son père Selim, mais il était avant tout un homme de la plume, un grand législateur....et c'est donc la législation qui permet à un empire de connaître son apogée,et donc la culture politique et civique.... 

Poème de Suleyman le magnifique ; Les gens considèrent la richesse, le pouvoir et la victoire militaire, comme le plus grand des destins.
Mais dans ce monde, un moment de santé, un moment d'écriture, est le meilleur des états.
 Que les gens appellent souveraineté, est une lutte temporelle et une guerre constante,
Mais la Vénération de Dieu, la culture est le plus haut des trônes, le plus joyeux de tous les états...
Ce poème est éloquent de l'essence d'un pouvoir unifié. Plus nous étudions l'empire Ottoman et les pouvoirs unifié, particulièrement arabe et romain, en général, plus nous commençons à apprendre que la force d'un pouvoir unifié, ne se puise pas dans l'épée, mais bien dans les faits culturels, la tolérance et la religion.

Nous pourrions conclure sur cette description. L'histoire montre, cependant clairement, que la légende des musulmans et plus particulièrement des turcs fanatiques (Monroe) balayant le monde par la pointe de l'épée aux peuples conquis est un des mythes les plus fantastiquement absurde qui ait jamais été rapportés par les historiens.
L'essor des kayi et de l'Islam constitue peut être l'évènement le plus étonnant de l'humanité. Surgissant d'une terre et d'un peuple négligé (anatolie), l'Islam et les turcs comme les Arabes, se sont répandus en trois siècles à travers toute la terre, ébranlant de grands empires, renversant des religions établies de longue date, reforgeant les âmes des peuples et construisant un monde totalement nouveau, un monde islamique. Plus nous examinons ce développement du pouvoir unifié de près, plus il nous semble extraordinaire. Les autres religions unificatrices ont fait leur chemin lentement en luttant péniblement et ont finalement triomphé grâce à l'aide de monarques puissants convertis à leur nouvelle foi. Le christianisme avait son Constantin, le bouddhisme sont Asoka et le zoroastrisme son Cyrus, roi Achemenide, prêtant à chacun au culte de son choix la force d'une autorité séculière. De plus, une majorité de ces religions se sont imposées parfois par la haine de l'autre et ont connues des périodes obscures de violences et de racisme profond que les turcs n'ont jamais connus (Commerce triangulaire, inquisition, extrémisme, bouddhiste ou hindouiste). Ce n'est pas le cas de l'Islam et des turcs. Emergeant d'une terre déserte et peu habitée d'Anatolie par une race nomade qui ne s'était jamais fait remarquer auparavant dans les annales de l'humanité, les Turcs ont lancé dans leurs grandes aventures, faiblement soutenu par les hommes et allant à l'encontre de forces matérielles terribles (byzance, le vatican ou encore les espagnols ou les portugais), et pourtant l'Islam et les Turcs ont triomphé avec une facilité apparente et deux à quatre générations ont vu le Fier Croissant, porté en triomphe des balkans à l'himalaya, du désert d'asie centrale aux déserts d'afrique de l'est...C'est bien la force culturelle qui mesure la réussite d'un pouvoir unifié et l'empire arabe et ottoman, par leurs forces culturelles extraordinaires, qui aujourd'hui fait vibrer plus d'1 milliards d'hommes, peuvent au moins être l'égale ou même supérieur à de grands empires comme Athènes ou Rome qui ont eu une influence tout aussi considérable. L'Islam et les ottomans ont bien substitué l'homme au moine, apporté l'espoir à l'esclave, la fraternité à la méditerranée et dévoilé la quintessence de la nature humaine. Et au delà de cette description, la culture et la tolérance reste supérieur à la guerre. Le résultat qu'ont obtenu les turcs est un résultat qu'on ne peut jamais obtenir par la force..C'est la force culturelle et religieuse qui régulé le pouvoir unifié et lui confère sa réussite. Le mythe de l'empire ottoman colonisant l'Algérie et le moyen orient est une propagande colonialiste visant à dissoudre l'uniformité des Califats musulmans. Au contraire, l'empire ottoman a été une source de protection fantastique pour les musulmans. Lorsque la révolution "néo croisé" de lawrence d'arabie sectarisa le monde musulman par la mise en place de minorités ethniques comme les Alaouites en Syrie, les Maronites au Liban, les Wahhabites en Arabie et la secte franc maçonnique des Alevis (Ataturk), c'est alors que les musulmans se firent dramatiquement piéger. L'empire Ottoman a été une source de protection et a eu peut être l'une des plus grande influence scientifique sur l'Europe. Si Mehmet n'avait pas autorisé les Européens à visiter les bibliothèques d' Istambul en 1458, peut être que les européens n'auraient jamais connu de "Renaissance" ou plutôt de Naissance intellectuelle. Sans le génie maritime de nombreux arabes mais aussi de turc comme Piri reis, les navigateurs européens n'auraient pu naviguer à 2 milles de leur cotes. Sans le génie architecturale de Sinan, les européens n'auraient pas pu construire leurs églises monumentales dans le monde.....Sans les pirates ottomans d'Alger mené par les frères Barberousse en méditerranée, peut être que les maghrébins auraient été déjà colonisé au 16ème siècle par les espagnols et les français. Bref, on ne peut renier la bienfaisance d'un empire qui a respecté les préceptes de la "Charria" et a montré à la face du monde que ce code de loi a permis de faire naitre des empires glorieux et immensément productif....

D'une façon générale, l'empire Ottoman subit une stigmatisation hideuse de la part de l'histoire falsifiée, pour contraindre les turcs et les arabes à renier une partie glorieuse de leur histoire et inconsciemment, le fameux "génocide arménien", a permis à la croisade de Lawrence d'Arabie de fomenter son complot contre le moyen orient (Accord de Sykes Picot). Un peu comme la "Shoah" qui a permis l'installation forcée d'un état juif en Palestine. Ce qui montre que le caractère malsain et mensonger de ce génocide...et de même la volonté sournoise de la part de l'occident de complexer les musulmans et d'occulter ainsi une partie de leur superbe histoire.Les Wahhabites participent aussi d'une manière étrange à la disparition de l'Histoire Musulmane, en interdisant par exemple d'étudier l'archéologie ou l'histoire en général .Nous ne sommes pas face à un complot mais simplement face à un ennemi naturel "l'occident" qui fait tout ce qui en son possible pour stigmatiser et saboter l'histoire du tiers monde....à des fins néo-colonialistes et idéologiques.....


Jeudi 8 Mars 2012


Commentaires

1.Posté par MAN OTTOMAN le 08/03/2012 14:52 | Alerter
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tien tien
ou sont les post haineux de 30 lignes sur un article de 3 phrases
de certain posteur dalter info ???

VOUS AVEZ RAISON.....
FERMEZ LA BOUCHE !!!!!!!
vous vous reconaitrez

2.Posté par Memo le 08/03/2012 22:37 (depuis mobile) | Alerter
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Voilà un genre article sur les ottomans qu on devrais voir plus souvent

ça fait plaisir car j'ai toujours dénoncer la coopération des arabes avec Laurence...je pense qu'il sont a l'origine des événement sans le vouloir...c'est triste

3.Posté par Emir Abdelkader le 12/03/2012 15:31 (depuis mobile) | Alerter
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Article interessant , et merci d'avoir preciser Ottoman ( et non turc ) , car le califat etait surement composer beaucoup plus d'arabes que de turcs ....

4.Posté par khan le 15/03/2012 00:30 | Alerter
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asalamalék um

Rappelons aussi que tout les sultan ottoman sont désandant d'Osman ghazi, 1er sultant et fondateur de l'empire très religieux, qui lui même était fiancé à la fille d'un sheikh soufi "edebeli * je croit il s'apeller comme ça et qui désander de la lignée de la famille du prophet Muhammad, sallalahu aleyhi wa salam

donc naturellement chaque sultant était " syed " de la famille du sceaux des prophets, sayidina Muhammad el Mustapha (l'élu) :)
pas éttonant... macha'allah

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