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L'Egypte : l'aggravation sur les fronts de la lutte pour la démocratie


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Andreï Fedyachine
Dimanche 28 Juillet 2013

L'Egypte : l'aggravation sur les fronts de la lutte pour la démocratie

 

L’attitude de la communauté mondiale aux nouveaux pouvoirs de l'Egypte et à l'armée peut changer après les désordres massifs qui se sont passés au Caire et dans d'autres villes du pays dans la nuit au 27 juillet. Dans les collisions dans la capitale égyptienne entre les partisans et les adversaires du président renversé Mohamed Morsi, d'après les données officielles, ont péri près de 80 personnes. Le mouvement islamiste Frères musulmans communique que le nombre des victimes a déjà atteint 200. Il y a des milliers de blessés.

L'Egypte n’a connu de carnage aussi grand ni pendant la révolution de 2011, ni au début de juillet de cette année, lorsque le président Mohamed Morsi était renversé. Les médecins du Caire affirment que la plupart des gens étaient blessés ou tués par les coups de feu à la poitrine et à la tête. Cela signifie qu’il s’agissait d’un tir ajusté.

Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a exprimé son inquiétude au sujet de la montée de la violence en Egypte. Il a déclaré que « La violence ne peut pas être l'alternative de la solution politique » et a appelé tous les leaders du Pays des pyramides à « prendre en compte les intérêts du pays plus que les leurs ». Les chefs de l'Union Européenne ont exprimé des appels pareils. Le secrétaire d'État américain John Kerry s'est produit avec une déclaration spéciale au sujet des événements en Egypte.

Même le vice-président de l'Egypte Mohamed El-Baradei était obligé de critiquer les actions du pouvoir. L’ancien directeur général de l'AIEA a dit que les mesures prises à l’encontre des manifestants étaient excessives. La violence des pouvoirs peut amener aux conséquences imprévisibles et changer les humeurs des gens en faveur des Frères musulmans, trouve El-Baradei.

Les Frères musulmans ont pu en moins d’une année ruiner la confiance envers eux. Au moins, c’est ce qui s'est passé en Egypte. Mais les conséquences de cela se feront sentir dans tout le monde arabe. Ils avaient une possibilité de montrer que l'Islam politique était un pas en avant. Que l'Islam politique était capable de cumuler en lui-même la religion et la démocratie. Mais ils n’ont pas pu le faire.

Le nouveau pouvoir égyptien, pendant la période de transition, n’a aucun intérêt à mener la guerre sur plusieurs fronts à la fois, y compris international. Samedi, le 27 juillet, sur le Sinaï, l'armée a ouvert encore un front antiterroriste – une large opération antiterroriste de deux jours contre les extrémistes islamistes a commencé là. Vers la fin de la journée, le 28 juillet, 10 terroristes étaient liquidés et plus de 20 étaient captivés

Le pays s'est trouvé maintenant brisé et il n’est plus question de l’unité nationale, croit le président de l'Institut russe du Proche-Orient Eugeny Satanovsky. Il estime qu'il faut attendre l'interdiction complète à l'activité des partis radicaux, puisque dans le cas contraire, le nouveau pouvoir ne se tiendra pas le coup pendant longtemps.

On se demande si les militaires et leurs alliés garderont le pouvoir ou non. Dans les conditions de l'activité politique des islamistes légitime, les militaires ne pourront pas le faire, c’est sûr.

L’Egypte risque de ne pas supporter encore un front avec la poursuite du jihad universel. Les erreurs de la nouvelle direction y conduisent justement le pays. La scission peut concerner même l'armée égyptienne. Parmi les soldats, les officiers, il y a un nombre important des partisans des « Frères-musulmans ».

Samedi, au Caire, a eu lieu la séance du Conseil de la défense nationale du pays avec la participation du président intérimaire Adli Mansour et du premier vice-premier ministre, le ministre de la Défense

Abdel Fattah al-Sissi, ainsi que des chefs du Ministère de l’Intérieur, de la reconnaissance militaire et générale. Ils ont examiné les actions ultérieures en ce qui concerne les manifestants réunis devant la mosquée Rabaa al-Adawiya et l'université du Caire. Le chef du Ministère de l’Intérieur Mohamed Ibrahim a déclaré de nouveau la nécessité de nettoyer les places de tous les manifestants, mais a promis que cela serait fait par des moyens légaux.



Dimanche 28 Juillet 2013


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