Economie et pouvoir financier

L’EURO N’EST PAS EN FAILLITE, BIEN AU CONTRAIRE: IL FAIT EXACTEMENT CE POURQUOI IL A ÉTÉ CRÉÉ


Dans la même rubrique:
< >

Samedi 1 Septembre 2018 - 01:06 ‘Science économique’ – Imposture diabolique

Dimanche 12 Août 2018 - 08:00 Dette mondiale : où en est-on ?



Greg Palast
Dimanche 1 Juillet 2012

L’EURO N’EST PAS EN FAILLITE, BIEN AU CONTRAIRE: IL FAIT EXACTEMENT CE POURQUOI IL A ÉTÉ CRÉÉ
L’euro est un immense succès – Je ne déconnne pas !
[Greg Palast - The Guardian - Mardi 26 Juin 2012 - Traduction: Gregor Seither - IES News Service]
L’idée que l’euro a «échoué» est d’une naïveté dangereuse. L’euro a réussi à faire exactement ce que son géniteur – et les 1% de riches qui l’ont adopté – avaient prévu qu’il fasse et ce pour quoi ils l’avaient conçu.
Ce géniteur est l’ancien détenteur de la chaire d’économie à l’Université de Chicago, l’économiste renommé Robert Mundell. L’architecte du concept d’une “économie de l’offre” est désormais professeur à l’Université de Columbia, mais j’avais fait sa connaissance par le biais de mon ancien professeur à l’université de Chicago, Milton Friedman. Je l’avais rencontré bien avant que les travaux de recherche de Mundell sur les monnaies et les taux de change aient posé les bases économiques et théoriques de l’union monétaire européenne ainsi que de la monnaie commune européenne.
A l’époque, Mundell était très occupé avec l’aménagement de la salle de bains de sa résidence secondaire en Europe. Le professeur Mundell, qui était détenteur à la fois d’un prix Nobel et d’une ancienne villa en Toscane, m’avait expliqué, furieux:  “Ils ne m’autorisent même pas à installer des toilettes. Ils ont des règlements qui m’interdisent d’installer des toilettes dans cette pièce ! Est-ce que vous pouvez imaginer une chose pareille ? “
De fait, je ne pouvais pas. Mais il est vrai que je ne possède pas de villa italienne, je ne peux donc pas imaginer la frustration d’avoir à subir des règlements administratifs régissant l’emplacement des sanitaires.
Mais Mundell, un homme énergique d’origine canadienne et étatsunienne, n’était pas homme à se laisser mettre des bâtons dans les roues par l’administration. Il était bien décidé à contre-attaquer en inventant une arme qui balayerait les règles gouvernementales et la réglementation du travail. (Encore plus que l’administration tatillonne, il détestait les plombiers syndiqués qui lui avaient facturé des sommes folles pour déplacer sa cuvette de chiottes.)
Il est bien trop difficile de virer des ouvriers, en Europe. Ils ont des droits, là-bas” se plaignait-il. Sa réponse à cette situation: l’Euro.
Pour Mundell, le vrai visage de l’Euro ne se révèlerait qu’en période de crise. C’est là que la monnaie unique ferait vraiment son travail. Le fait d’éliminer le contrôle d’un gouvernement sur la monnaie permettrait d’éviter que des vilains petits élus fassent appel à des méthodes monétaires et budgétaires d’inspiration keynésienne pour sortir un pays de la récession.
L’Euro permettra de mettre la politique monétaire hors de la portée des politiciens», m’avait-il expliqué. “[Et] privé des leviers de la politique fiscale, la seule façon pour un pays de conserver des emplois sera de de devenir compétitif en allégeant les règles et contraintes qui pèsent sur les entreprises et les affaires.
Pour Mundell, ces contraintes qu’il fallait éliminer sont les lois du travail, les règlementations environnementales et, bien sûr, les impôts et charges sociales. Tout cela serait balayé comme fétus de paille par l’Euro. Il ne serait pas permis à la démocratie d’interférer avec le marché capitaliste – ou avec la plomberie.
Comme l’explique un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman, la création de la zone euro a violé une règle économique de base, connue sous le nom de “zone monétaire optimale”. Or cette règle économique de base avait été conçue par Bob Mundell.
Mais cela ne dérange pas Mundell. Pour lui, le but de l’Euro n’était pas de faire de l’Europe une unité économique puissante et unifiée. Pour Mundell, l’objectif de l’Euro était de poursuivre le travail entrepris par Reagan et Thatcher.
Ronald Reagan n’aurait jamais été élu président sans l’influence de Mundell,” a écrit Jude Wanniski dans le “Wall Street Journal”. L’économie de l’offre, développée et propagée par Mundell était devenu le modèle théorique des la pensée économique Reaganienne, les “Reaganomics” – ou comme l’avait expliqué George Bush l’Ancien, “l’économie vaudou”,basée sur la croyance magique dans le libre-marché comme étant la panacée. Une croyance quasi-religieuse qui avait également inspiré les politiques de Margaret Thatcher.
Lors de notre rencontre, Mundell m’avait expliqué que, en fait, l’Euro est simplement la poursuite du concept des “Reaganomics”:
“La discipline monétaire oblige les politiques à se plier la discipline budgétaire, sans exception”
Et lorsque des crises surviennent, les nations économiquement désarmées n’ont pas d’autre alternative que d’éradiquer la plus grande partie de leur réglementations et législations gouvernementales, de privatiser massivement les services publics et industries d’Etat, de réduire les impôts et de balancer à la poubelle le modèle social européen et son État-providence.  (Note du traducteur: où, comme l’avait si clairement expliqué le n°2 du MEDEF, Denis Kessler, grand ami de DSK,  dans un article de la revue Challenges d’Octobre 2007 : “Il s’agit de défaire méthodiquement le programme du CNR. Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de l’éliminer.”)
C’est de cette manière que nous assistons au spectacle d’un Premier ministre (non-élu) Mario Monti qui exige une “réforme” du droit du travail en Italie afin de rendre plus facile pour des employeurs comme Mundell le licenciement des plombiers toscans mentionnés ci-dessus. Mario Draghi, le directeur (non élu) de la Banque centrale européenne, appelle à des “réformes structurelles” – un euphémisme pour désigner des plans de licenciements massifs et des mesures sociales au détriment des travailleurs. Ils se basent sur une théorie nébuleuse qui voudrait que cette “dévaluation interne” de chaque nation permettra de rendre tout le monde plus compétitifs.
Monti et Draghi n’ont jamais été capables de nous expliquer de manière crédible par quel manière, si tous les pays du continent déprécient leur main-d’œuvre, chacun pourra acquérir un avantage concurrentiel. 
Heureusement, ils n’ont pas besoin d’expliquer leurs politiques pour que celles-ci soient mises en oeuvre. Il leur suffit de laisser les marchés s’attaquer aux obligations de chaque pays. En conséquence, l’union monétaire n’est rien d’autre que la poursuite de la lutte des classes par d’autres moyens.
La crise en Europe et les flammes de la Grèce baignent l’économie dans la lumière chaleureuse de ce que roi-philosophe de l’économie de l’offre, Joseph Schumpeter, a appelé la “destruction créatrice“. L’acolyte de Schumpeter et thuriféraire du libre échange, Thomas Friedman s’est rendu à Athènes pour s’incliner devant le “sanctuaire improvisé”, c’est à dire la banque incendiée où trois personnes ont trouvé la mort après que des manifestants anarchistes y aient jeté un engin incendiaire. Friedman a profité de l’occasion pour prêcher une homélie sur la mondialisation et dénoncer “l’irresponsabilité” grecque.
Les flammes, le feu, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux… tout cela allait engendrer, selon Friedman, une “régénération” de la Grèce et, au bout du compte, de toute la zone Euro. Et par la même occasion, les Mundell et tous les autres propriétaires de villas pourraient enfin installer leur cuvettes de chiottes où bon leur semble.
Aujourd’hui, alors que tout le monde parle de “l’échec” de l’Euro, il est grand temps que comprendre que le bébé de Mundell, a en fait été un succès éclatant, probablement bien au-delà rêves les plus fous de son créateur.
http://www.gregpalast.com/
Autres textes de Greg Palast sur Libertes-Internets :
https://libertesinternets.wordpress.com/category/observatoire-de-lempire/greg-palast/


Dimanche 1 Juillet 2012


Commentaires

1.Posté par Abou Simbel le 01/07/2012 18:59 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Les cautions solidaires successives de la France vis à vis de l'Europe finiront par avoir raison de la France.
Les planches à billets des états-unis elles aussi "successives" ruinent la chine et les pays émergent qui par ricochet ruineront l'Europe.

2.Posté par vecteur le 02/07/2012 11:46 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

"La monnaie papier est une tromperie. Elle est utilisée comme un moyen de nous dépouiller de nos biens. La monnaie continue de chuter...
Le système bancaire est un crime et les banquiers sont des criminels. Le système actuel est présenté comme le seul possible mais il n'est pas seulement viable, il est injuste et il détruit l'économie.

Ce que nous essayons aujourd'hui, c'est de rendre l'argent aux banques en gardant l'or et l'argent pour le peuple. Les gens auront ainsi accès aux vraies richesses"

Combattons Riba

info france dinar dirham:
http://www.youtube.com/channel/UCiJtubwnfalb0spyK8B8JaQ

info source (anglais):
http://www.islamicmint.com
http://www.muamalahcouncil.com

pour acheter:
http://www.nubex.com.my (malaisie)
http://wakalanusantara.com/index.php?lang=en (indonésie)
http://www.dinarexchange.co.uk (angleterre)

pour créer un reseau, suivre cet exemple
http://www.dinardirham.org/ (anglais)

pour une conception monétaire francaise envoyer un email
france.dinar.dirham@gmail.com
http://www.islamicmint.com/setup/index.html

Nouveau commentaire :

Economie et pouvoir financier | Histoire | Philosophie politique | Religions et croyances


Publicité

Brèves



Commentaires