RELIGIONS ET CROYANCES

L'ECOLE FRANCAISE DE LA PENSEE MUSULMANE


« La philosophie est Amour de la sagesse mais la vraie sagesse est Dieu. L'Amour de Dieu est donc la vraie philosophie ».

C’est par ce syllogisme de Jean Damascène que je souhaite commencer cet écrit qui est un éloge à la réflexion dans le but de rechercher, dans une perspective islamique, la « Face de Dieu ».


Adel TAAMALLI
Mercredi 7 Août 2013

L'ECOLE FRANCAISE DE LA PENSEE MUSULMANE
Souvent, dans le Coran, Dieu nous interpelle, nous les croyants, comme faisant partie des gens doués de raison, de sagesse, de ceux qui réfléchissent et qui par ce processus intellectuel, ne doutent point de Son existence dont ils savent capter les signes tangibles présents dans le monde.

Or, aujourd’hui, dans ce monde moderne dans lequel nous évoluons sans rien à y comprendre avec les liens qu’il peut avoir avec les temps anciens , désormais révolus à jamais mais dont il est difficile, pour le monde musulman d’aujourd’hui, de s’en détacher sans nostalgie, nous sommes de plus en plus amenés à utiliser notre réflexion. Abreuvés que nous sommes, dès notre plus tendre enfance, de la connaissance alphabétique, de l’idée qu’il faille réfléchir par soi-même, de ce que les médias veulent bien nous raconter du monde, nous ne pouvons faire autrement, en réunissant tout un tas d’informations hétéroclites venant de galaxies intellectuelles et culturelles fort variées, que de les assembler selon l’expérience psychologique personnelle, d’abord influencée par la construction du propre être de chacun, forcément en lien avec des trajectoires de vies différenciés (le destin), et ensuite identifiée à des références morales supérieures, en général la religion (ici, l’islam).

De surcroît, nous sommes dans un temps où la mondialisation est un fait accompli, et dont il est fort à parier que ses effets de masse, tous centrés autour d’un rétrécissement inédit du monde qui ira toujours plus en avant, se conjugueront pour ne plus laisser la place libre à des catégories de pensée et d’action qui proviennent, dans leur essence même, de l’idée du monde que l’on se faisait dans les temps anciens.

Aussi, guidés par notre soif de foi, notre envie d’exister dans le monde et de l’influencer, sans dogmatisme, selon des idées qui nous paraissent aboutir au bien commun, il est opportun de questionner ce monde si complexe, en le catégorisant, certes, mais dans une perspective avant tout islamique, tout en traitant la question centrale qui hante notre esprit conciliateur, l’islam, notre religion, celle que nous croyons parfaite et parachevée pour nous par Dieu, par l’intermédiaire du dernier de Ses messagers, le prophète Mohammed .
C’est pourquoi cet écrit, qui a commencé par la citation d’un polémiste fameux contre l’islam pour montrer à quel point l’on peut se servir de tout ce qui procède de la connaissance ou de la réflexion, quel qu’en soit l’auteur et d’où qu’il vienne, est mis à la portée de tous, afin d’impulser de l’action positive à la réflexion islamique contemporaine pour exister dans ce monde.

Enfin, sans faire de digression indigeste pour ce texte, il importe de se rappeler comment, aujourd’hui, la supériorité actuelle matérielle du monde occidental tient avant tout à la suprématie qu’il a acquise sur le plan des idées, de la connaissance, bref de la philosophie, matrice première de toute autre science depuis des temps immémoriaux…

Comment donc, et pourquoi, participer de l’éclosion d’une pensée islamique moderne ? Peut-elle être à notre portée ? Comment peut-elle se déployer ?

Sans prétention aucune et en admettant que d’autres voies peuvent exister pour ce faire, voici un petit guide de réflexion pour quelqu’un qui souhaiterait être de ceux qu’on qualifierait plus tard, selon l’impact qu’ils auraient eu sur la Pensée, de membres de l’Ecole française de la pensée musulmane.


1. L’importance de la langue française et de l’écrit :

La non maîtrise de la langue arabe, parce que le Coran a été récité dans celle-ci et qu’aujourd’hui encore, dans toutes les mosquées du monde, les psalmodies de la Parole divine ne se font que dans cet idiome, impliquerait, selon certains, la non-éligibilité à raisonner sur l’islam, même en tant que musulman. Or, nous sommes une flopée, ici en France, à ne maîtriser ni l’arabe ni certains des fondements de ceux utilisés par les oulémas pour émettre des avis juridiques . Pourtant, pour certains d’entre nous, la maîtrise de la langue française nous sert à formuler des questions, à argumenter ou à défendre des positions, et ce, sur tout un tas de sujets. Et parfois avec talent. C’est pourquoi je recommande à tous ceux qui, se sachant capables de le faire, et tout en ayant pour visée de se rapprocher de Dieu et d’œuvrer pour le bien de la communauté, de se servir de la langue qu’ils maitrisent le mieux pour réfléchir sur leur religion et la place qu’elle est à même d’occuper dans le monde. D’autant que la langue de Molière offre un cadre avantageux pour toute production littéraire : elle est en effet l’une de celles qui possède la richesse sémantique la plus forte, ayant la capacité de devenir l’accessoire privilégié pour ceux qui souhaitent adopter le ton de la nuance, faire leur la voie du Juste milieu comme Dieu le recommande dans le Coran , bref, user des tours et détours permis par le français pour rendre de la manière la plus fidèle possible toute pensée complexe qui, peut-être, avant d’être de l’ordre de l’exprimé, doit d’abord être extirpée des méandres de l’ineffable, même en religion.

Le fait de savoir raisonner en français ne doit pas être le seul objet qui animerait quelque penseur que ce soit sur l’islam. Il faut aussi tenir l’écrit pour ce qu’il est, à savoir le support qui reste le meilleur pour fixer définitivement une pensée. Mais pas seulement. Il permet aussi de structurer celle-ci, forcément multiforme lorsqu’elle farfouille, brouillonnant et faite d’idées éparses, dans le cerveau humain. Si Dieu a appris à l’homme à nommer les choses , n’est ce pas donc pour savoir les assembler dans des phrases afin de communiquer avec les autres ? Et l’écrit, dans un vaste mouvement d’ensemble, mobilisant potentiellement des gens de différents points de l’espace et provenant de plusieurs générations ou époques, n’est-il pas la forme la plus efficiente aidant l’homme à se perfectionner sans cesse en matière intellectuelle et spirituelle ? Et quant aux musulmans français, n’est-ce pas là l’occasion de participer à cette effervescence pour, à la fois, en puiser le meilleur, mais aussi apporter leur pierre à l’édifice ?


2. Quelles sources utiliser ?


Avant de poursuivre, il importe de clarifier un point. Celui du rôle des sources islamiques classiques. Le fait de raisonner sur l’islam, pour les musulmans français, ce n’est pas tant de s’appuyer obligatoirement sur les sources telles que celles usitées dans le fiqh , même si leurs connaissances partielles (sur leurs aspects généraux) restent incontestablement un élément essentiel. Ils en seraient d’ailleurs incapables sur le plan de l’efficacité, au contraire d’un savant lambda issu de l’Université d’Al Azhar . Et ce n’est pas leur rôle que de devenir des oulémas de remplacement en langue française.

Car la qualité première d’un penseur musulman francophone pourrait provenir de la faculté qu’un homme (ou une femme) formé(e) aux sciences de la pensée européenne pourrait tirer de la Raison.

Non pas pour adhérer pleinement à toute assertion, mettons de tout philosophe, allant à l’encontre des fondements de notre religion. Raisonner sur l’islam pour un penseur musulman français, ce n’est pas tenter d’en détruire les fondements à la base de la spiritualité, de la foi et de la pratique de notre religion. Cependant, qui peut nier que la connaissance du concept de l’absurde d’un Albert Camus, par ailleurs athée et pourfendeur notoire des religions dans l’absence de réponse satisfaisante qu’elles peuvent apporter aux questionnements existentialistes de l’homme, s’il est compris dans ce que l’auteur a visé dans la mise au jour de cette idée, peut aider soit à la combattre par écrit ou bien à en assimiler des notions pour les utiliser dans un cadre émergeant d’une pensée islamique rationnelle ayant pour but le bien commun ?

En revanche, il ne peut être possible, pour ce même penseur musulman francophone, de nier toute légitimité à quelque écrit que ce soit, sans l’avoir lu et compris en lui les travers qu’il souhaite combattre. Ainsi de la citation de Jean Damascène utilisée, ci-dessus, en ouverture de cet écrit, bien qu’il ne cessa de polémiquer contre l’islam. Ou toujours sur l’absurde de Camus : si pour nous autres musulmans, l’homme est amené à vivre harmonieusement dans le monde qu’il ne traversera que comme un voyageur dans une contrée qu’il ne fait que visiter, nous serions alors en contradiction avec le sentiment mitigé de l’absurde au sens camusien du terme, qui est l’état né d’une antinomie profonde entre l’homme et le monde, définitivement étranger l’un à l’autre car le premier ne saurait comprendre les fondements du second. Mais, de manière spontanée, on pourrait rétorquer au contraire que, Dieu sachant ce que l’homme ne sait pas, l’homme vit une sorte d’absurde en ce monde, voulue par Dieu, en ce sens qu’il n’en connaîtra jamais les fondements physiques réels connus du Seul Créateur, bien qu’il arrive à expliquer et à en exploiter les phénomènes (gravité, force centrifuge, la matière constituée d’atomes, nucléaire…)…


3. Quelle méthode de réflexion adopter ?


Un penseur musulman français, sachant se servir avec brio de la langue qu’il a le plus apprise au long de sa vie par la permission de Dieu, ayant pris conscience de l’importance de l’écrit pour véhiculer des idées, mais aussi de la connaissance de celles d’auteurs, classiques ou non, et musulmans ou pas, doit alors commencer sa réflexion. Mais quel genre de réflexion ? Doit-il mettre au jour une théorie, un système de pensée, un paradigme tel que les Ibn Khaldoun, Hegel, Marx, Weber ou Huttington ?

Je ne le pense pas. Non pas parce qu’une philosophie ne serait pas utile à la pensée.
Prenons le cas du Choc des civilisations d’Huttington qui est le titre d’un ouvrage ayant tenté, avec plus ou moins de succès selon le public qui le découvrit, de construire un nouveau paradigme des relations internationales devant remplacer celui de la Guerre froide, devenu logiquement inopérant avec la chute de l’URSS en 1991. Pour nous, musulmans, en y pensant rapidement, cela peut être la matérialisation occidentale et contemporaine de la division classique du monde en dar al Islam et en dar al Harb, sauf que cette dernière partie est à son tour divisée en plusieurs ensembles représentés par des civilisations. Mais cela peut surtout nous amener à (re)penser le dar al harb. Ce concept, doit-il toujours rester opérant dans la catégorisation du monde des musulmans ? Vaste débat, qui suscite de nombreuses réflexions qui n’ont pas leur place ici…

Cependant, de la même façon qu’un penseur musulman français ne peut prendre la place d’un ouléma car il n’en a pas les compétences, il ne peut non plus théoriser le monde. Car sa complexité même, sa mondialisation de plus en plus prégnante, à telle point que tout se sait d’une rapidité phénoménale, le métissage de la planète qui n’ira qu’en s’accélérant à mesure que les voyages progresseront encore plus vite qu’au XXème siècle, période de révolution abyssale des transports, le fait qu’il existe toute une myriade de sujets à traiter impliquent un empirisme de fait. S’emparer d’un sujet, se l’accaparer et le traiter afin d’en dégager une pensée authentiquement musulmane française vaut mieux que toutes les théories du monde, surtout lorsque celles-ci peuvent à leur tour enfermer l’esprit libre dans un carcan doctrinaire l’empêchant de mettre tout en question afin d’apporter les réponses les plus complètes possibles.

Se servant de ces théories comme autant de forces de frappe de la pensée, un penseur musulman français en deviendrait plus puissant car tout, vraiment tout !, peut être sujet à discussion afin de renouveler la rationalité musulmane. De la place de l’astronomie dans le calcul du temps et la fixation du calendrier islamique à la relation que nous pouvons tirer entre ramadan et économie. En passant par la mise au jour d’une pensée musulmane sur la mondialisation, phénomène roi de tous les autres de ces dernières décennies. Ou bien de la réflexion à conduire sur le capitalisme, le libéralisme ou la démocratie. Sans oublier les sempiternelles questions de la place de la femme ou des châtiments corporels et les sujets polémiques comme la shoah et le sionisme, le terrorisme islamiste et le voile, le halal et l’alcool, et la position que devrait avoir un musulman face à eux. Tout cela doit être traité avec raison afin de renouveler la pensée musulmane contemporaine.

Mais attention ! Pas n’importe quelle raison. Celle-ci est forcément limitée à trois principes de base (en dehors de l’utilisation du français) pour honorer la qualification de penseur musulman français.
Ce sont :
• L’adhésion à la foi musulmane (ou le dogme) qui est de croire, selon un des hadiths les plus célèbres, en Dieu, en Ses anges, en Ses livres, en Ses messagers, au Jour du Jugement dernier, en le destin, qu’il soit bon ou mauvais
• L’acceptation de l’existence d’une pratique rituelle religieuse obligatoire, que l’on ne peut remettre en question (les 5 piliers de l’islam)
• La volonté, par le développement d’une pensée, de se rapprocher de Dieu tout en œuvrant pour le bien commun, de la communauté musulmane (la oumma), comme de tous les hommes et les femmes de ce monde, quelque soit leur religion

La dernière partie du dernier principe est essentiel. Œuvrer pour le bien commun de tous les hommes et les femmes de ce monde.
C’est qu’en effet, à l’heure de la mondialisation qui a accru l’interdépendance entre les peuples comme jamais auparavant, tout en donnant naissance à ce que des intellectuels ont nommé le « Village global », il n’est plus possible, si l’on cherche l’efficacité intellectuelle, de créer une pensée sectorielle ou « catégorisante », ne prenant pas en compte le tout mais seulement les intérêts d’une partie de la population mondiale ou les questionnements de telle ou telle science . Ainsi, toute proposition issue d’une réflexion cherchera à établir le mieux pour tous. Par exemple, si l’on décidait de réfléchir sur le tourisme en Tunisie, historiquement de masse, il faudrait alors prendre en compte, dans le raisonnement visant à se rapprocher de Dieu, et sans remettre en cause l’adhésion à la foi musulmane ni l’acceptation d’une pratique rituelle obligatoire, toutes les données du problème, qui seraient :

• Le fait que la Tunisie est un pays presque totalement musulman et un Etat musulman
• Le fait que ce même pays a besoin de la manne du tourisme pour continuer son développement et hausser son niveau de vie
• Le fait que le pays a réussi à attirer en masse les touristes occidentaux en donnant l’occasion à ces derniers de continuer leur mode de vie, à prix hyper-compétitifs, mais dans le cadre dépaysant des bords de plages de rêves et sous le soleil méditerranéen de la côte tunisienne
• Le fait que des aspects de ce mode de vie (alcool, sexualité et libertinage) peuvent entrer en contradiction avec ce que peut en dire l’Islam et influencer les pratiques culturelles et sociales des « autochtones »
• Le fait que la dernière Révolution et l’arrivée au pouvoir des islamistes a impacté négativement sur le niveau des entrées de visiteurs internationaux dans le pays
• Le fait que, pour ce qui nous concerne, la visite massive du pays par des Français peut permettre une compréhension mutuelle plus harmonieuse, ici, sur le territoire hexagonal, entre « Français blancs » et « Français beurs »
• Le fait que ce tourisme de masse a permis de doper l’économie du tourisme en France, avec le développement toujours grandissant d’agences de voyage (avant la crise de 2008)
• Le fait que le tourisme de masse n’est pas un tourisme durable et qu’il implique l’exploitation de ressources non renouvelables (pétrole, eau) tout en influant négativement sur l’environnement (contribution à la hausse des émissions de gaz à effet de serre)
• Le fait que ce phénomène économique a toujours scindé en deux territoires inégaux la Tunisie : la côte privilégiée et l’hinterland délaissé, ce qui est l’une des raisons profondes de la Révolution de 2011


Il y a donc une multitude de paramètres à prendre en compte, relevant à la fois de différents pans de la connaissance (les disciplines scientifiques qu’il faudrait relier entre elles) et de groupements d’intérêts divers interpénétrés (les habitants du pays, les touristes, les emplois créés ici et là par ces flux…). La pensée sur ce sujet devrait donc idéalement concilier tous ceux-ci dans un raisonnement logique. Ce qui n’est pas une mince affaire mais qui reste à la portée de tout penseur musulman français soucieux de renouveler la pensée islamique.

Par cet écrit, j’appelle donc de mes vœux tout penseur musulman français potentiel, ou qu’il soit, à se manifester et à contribuer au progrès de la pensée islamique.

J’appelle de mes vœux tout autre personne de bonne volonté, musulman ou non, francophone ou pas, à concourir de même à l’ouverture de ponts intellectuels entre les divers rives culturels.

Pour que le raisonnement islamique contemporain tente sa chance dans le façonnage du monde actuel et futur…

Seul Dieu reste le Savant suprême

Adel TAAMALLI (32 ans, ancien étudiant en histoire, aujourd’hui travaillant dans l’organisation de voyages touristiques de groupes pour un tour-opérateur à Aix en Provence)
Le 06/07/2013



Mercredi 7 Août 2013


Commentaires

1.Posté par Anon le 07/08/2013 03:17 | Alerter
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Pourquoi tenter de moderniser l'Islam alors que l'Islam est déjà la religion la plus moderne qui sois ?

Ce n'est pas d'une nouvelle doctrine pseudo modernico-laïc dont le monde a besoin, mais simplement et très logiquement de leaders pieux, bien éclairé et non corrompus. Le reste suivra.

2.Posté par Mohamed Salem le 08/08/2013 05:37 | Alerter
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La question d'Anon est pertinente, mais profonde est la défaite intellectuelle.
Le fait d'être français ne m'oblige pas à porter un appareillage conceptuel totalement étranger à l'islam et diamétralement opposé à sa pensée. Musulman je le suis d'abord et avant tout. L'islam est ma seule et unique identité, le sens de ma vie et ma raison d'être. Or l'islam n'est pas révélé pour se modeler au gré de la réalité corrompue, mais pour la modeler à sa façon. Quoi qu'il en soit, Dieu parachèvera Sa lumière, n'en déplaise aux esprits fascinés par l'illusion moderniste.

3.Posté par Adel TAAMALLI le 13/08/2013 00:50 | Alerter
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Salam à tous.

Je souhaite avant tout remercier Alterinfo d'avoir accepté de publier mon texte.

Par ailleurs, après après avoir répondu aux deux réactions que deux lecteurs ont pris le temps de rédiger et de publier, ce dont je les en remercie, j'ajouterai des compléments permettant de mieux comprendre le texte, ce me semble.

Cordialement
Adel TAAMALLI

4.Posté par Adel TAAMALLI le 13/08/2013 01:39 | Alerter
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Salam,

Anon et Mohamed Salem, je vous remercie vivement de votre réponse.

Je vais y répondre à mon tour.

Anon, je ne doute pas de la nécessité que nos leaders doivent être pieux pour qu'il y ait une amélioration de ce monde.

Cependant, chaque leader que la Terre a porté, porte et portera, s'inscrit d'abord dans le moule qui l'a formé, par la permission de Dieu. Autrement dit, pour le monde arabe par exemple, un Yasser Arafat est le Yasser Arafat que l'on a connu, c'est à dire résistant jusqu'à la mort à l'idée que la souveraineté israélienne sur Al Qods soit sanctionnée par un quelconque traité international, grâce à cet état de fait. Ce qui' l'a guidé dans cette décision, l'a rendue évidente à ses yeux et a rendu cette éventualité infaisable tant qu'il était vivant, et pour l'instant toujours après sa mort, c'est ce qu'il a toujours considéré, de son vivant : qu'al Qods est le 3ème Lieu Saint de l'islam, dont la pénétration n'est accordée qu'à des personnes musulmanes, et qui doit donc, à fortiori, n'être dirigé que par un Etat musulman. Bref, c'est la formation qu'il a reçue, selon le contexte qu'il a connu sa vie durant, qui l'a mené à prendre cette décision, sans doute salutaire sur le long terme pour les peuples musulmans en général.

Or, pour l'éclosion d'un nouveau type de leaders capables de tirer l'Islam vers le haut, quoi de mieux que la connaissance ? La connaissance n'est ni islamique, ni occidentale ? elle est plutôt universelle, elle appartient à tous, quelque soit la civilisation qu'il l'aurait mise au jour. Ainsi des sciences occidentales de ces 3 à 4 derniers siècles. En revanche, la recherche de la connaissance est proprement (mais pas uniqement) islamique. Le prophète (pbsl), n'aurait il pas dit de la dénicher où qu'elle soit, même si pour cela il fallait aller jusqu'en Chine ?

Enfin, pour finir, Anon, vous dites que l'Islam est déjà la religion la plus moderne qui soit. Certes. Elle est la dernière apparue sur Terre, ou plutôt, le parachèvement de la religion voulue par Dieu pour nous. Cependant, la fin de la prophétie marquée par l'avènement de Muhammad (pbsl) ne marque pas la fin de l'Histoire. Loin de là ! Au contraire, par la permission de Dieu, il y a eu, depuis plus de quatorze siècles, une évolution historique fascinante, et ce, dans tous les coins de la Terre. Ne pas chercher à comprendre cette évolution, partout, et pas simplement dans le monde musulman, est une erreur, selon moi, car cela marquerait pour nous un rapprochement vers Dieu que de le faire. En effet, si la science est la révélation par la recherche de la connaissance à peine cachée par Dieu avant qu'on la découvre, c'est-à-dire de la Vérité, en ce sens que c'est elle que Dieu a choisie pour cadre de nos vies (la Gravité par exemple, ou le nucléaire, ou la physique quantique, ou l'Histoire de l'Univers...), se pourrait-il qu'il en soit autrement ? Or, la philosophie, cadre intellectuelle de la pensée qui a posé les jalons des découvertes scientifiques de portée universelle que l'Occident a établies, en théorisant la raison et l'expérience, la logique et la démonstration, ne doit-elle donc pas être intégrée dans le moule de la pensée musulmane contemporaine afin, en plus d'assimiler les avancées de ses derniers siècles sur le plan de la connaissance hors de l'Islam, d'islamiser les conséquences philosophiques et métaphysiques de ces connaissances dans une compréhension musulmane du monde, pour ensuite poser le cadre des futures découvertes que pourrait faire le monde musulman dans un futur plus ou moins lointain ? N'est ce pas la mission des musulmans pieux que de se lancer dans cette entreprise ?



Cordialement

Adel TAAMALLI

5.Posté par Adel TAAMALLI le 13/08/2013 01:40 | Alerter
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Salam,

J'en viens à ce que vous avez dit, Mohamed Salem. Vous pensez qu'être français ne vous oblige pas "à porter un appareillage conceptuel totalement étranger à l'islam et diamétralement opposé à sa pensée". Je vous renvoie, pour répondre, à ce que je dis plus haut, à savoir que la connaissance doit être cherchée, selon notre prophète (pbsl), jusqu'en Chine s'il le faut. Le fait que vous évoquiez le caractère de modelage du monde que l'islam possède est fort intéressant. Il est vrai qu'historiquement, pour l'instant, cela a été incontestablement le cas. En revanche, je ne sais s'il a été révélé pour cela prioritairement, plutôt que pour insister sur l'aspect cardinal de son crédo, c'est-à-dire l'unicité de Dieu, le monothéisme pur, l'Idée la plus haute qui soit dans l'Histoire. Je pencherai volontiers plus pour la deuxième partie de la proposition plutôt que de dire que l'islam donnerait des réponses à toute problématique humaine, sans que par ailleurs, on ait à découvrir et théoriser le monde par nos propres moyens qui ne peuvent être déployées que par notre seule raison, attribut donné à nous par Dieu.

Je ne doute pas du fait que Dieu parachèvera Sa lumière. Ni de Sa Souveraineté supérieure, unique et absolue sur la gouvernance du monde. En revanche, sans me perdre dans une prétendue illusion moderniste, je suis sûr d'un fait : Dieu a voulu que l'Occident soit le porteur historique de la connaissance scientifique ces derniers siècles, ce qui l'a amené à dominer quasiment le monde en son entier pendant très longtemps. Et les deux seules questions qui vaillent, il me semble, pour nous musulmans, une fois la certitude de la foi et de la nécessité de la pratique ancrée dans notre esprit, c'est le comment et le pourquoi de cet état de fait.

Cordialement

Adel TAAMALLI

6.Posté par Adel TAAMALLI le 13/08/2013 01:44 | Alerter
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Salam,

J'aimerais apporter des précisions quant à la composition de cet texte. En effet, on, ne peut proposer des notes de fin de page pour les textes publiés sur le site. Or, ce texte en contenait, qui en complétait la compréhension. Je vous les livre donc :

Ligne 3 : "c'est par ce syllogisme de Jean Damascène..." : Jean Damascène est un polémiste chrétien qui s’est efforcé d’écrire contre l’islam au VIIIème siècle. Un syllogisme est une technique argumentaire logique que l’on fait remonter à Aristote et qui est un raisonnement à deux propositions (les prémisses) conduisant à une conclusion. Ici, les prémisses sont que la philosophie est amour de la sagesse tandis que la vraie sagesse est Dieu. Il est donc logique d’en conclure que la vraie philosophie est l’amour de Dieu.

Lignes 5 à 11 : "Souvent, dans le Coran, Dieu nous interpelle, nous les croyants, comme faisant partie des gens doués de raison, de sagesse, de ceux qui réfléchissent et qui par ce processus intellectuel, ne doutent point de Son existence dont ils savent capter les signes tangibles présents dans le monde."
Une des citations du Coran allant dans ce sens : « En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l'alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d'intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Dieu et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : "Notre Seigneur ! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde nous du châtiment du feu ». (Coran, 3 : 190-191).

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7.Posté par Adel TAAMALLI le 13/08/2013 01:48 | Alerter
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Ligne 12 à 16 sur la difficulté de comprendre les liens entre les Temps anciens et le monde moderne, j’invite tout lecteur curieux à tenter de prendre connaissance de l’œuvre de René Guénon, qui, franchement, selon nos standards d’accès au savoir actuel, reste difficile d’accès, pour ne pas dire obscur, alors même que l’auteur veut ressusciter dans un monde moderne qu’il voit en crise ("La crise du monde moderne"), la vision du monde ésotérique et métaphysiques des Anciens.

Dans le chapitre 1, fin du premier paragraphe où il est question de la voie du Juste milieu comman,dée par Dieu, citation du Coran : « Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu » (Coran, 2 : 143).

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8.Posté par Adel TAAMALLI le 13/08/2013 01:52 | Alerter
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Chapitre 1, milieu du second paragraphe, où la question est posée de savoir si Dieu a appris à l'homme de nommer toute chose pour qu'il puisse les assembler dans des phrases pour communiquer. Citation du Coran : « Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux Anges et dit: "Informez- Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques!" (dans votre prétention que vous êtes plus méritants
qu’Adam).» ? (Coran, 2 : 31).

Chapitre 3, paragraphe 3, mentionner le concept de Choc des Civilisations d'Huntington. Il a peut-être servi, avec d’autres éléments, de base scientifique à la doctrine de la politique étrangère des Etats-Unis pendant le mandat de Georges Bush fils, notamment dans la présentation du concept de « Grand Moyen-Orient », allant du Maroc au Pakistan…


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9.Posté par Adel TAAMALLI le 13/08/2013 01:56 | Alerter
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Chapitre 3, fin du paragraphe 3 où est abordée la conception du monde que s'est historiquement l'Islam. Voir l’article de Wikipedia sur la division du monde en Islam qui, quoique succinct, offre des explications satisfaisantes de ces deux termes (dar al islam et dar al harb) et les quelques réflexions et doctrines diplomatiques qui ont pu être pensées à partir de ces concept. http://fr.wikipedia.org/wiki/Division_du_monde_dans_l%27islam

Chapitre 3, paragraphe 6, qui aborde le fait qu'à l'heure de la mondialisation, il importe de lier le résultats de plusieurs sciences pour rendre efficace une pensée musulmane contemporaine. A cet égard, la pensée complexe d’un Edgar Morin, chantre de la « transdisciplinarité », pourrait aider à fournir une méthode de réflexion, bien que par ailleurs, cet auteur considère le monothéisme comme étant « le fléau de l’humanité », ce qui n’a aucune valeur, ici, dans le développement d’une philosophie islamique moderne.

Cordialement

Adel TAAMALLI

10.Posté par ghuraba le 13/08/2013 13:56 | Alerter
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ça a déjà commencé avec que dit vraiment le coran de abou nahla al ajami. si il y a d'autres références en français je suis preneuse !

quand on lit fazlur rahman on comprend qu'aucune philosophie purement islamique tirée du quran n'a été élaborée et pourquoi.
pour sa part il dégage non seulement les thèmes clés du quran mais aussi pointe les dérives au niveau religieux et difficultés au niveau politique et social auxquelles ont été confrontés les penseurs de l'islam dès les début de cette religion et qui peuvent expliquer pourquoi ce travail n'a pas encore été effectué. pourquoi il y a eu divorce entre raison et foi. pourquoi la philosophie a si mauvaise réputation auprès des ouléma orthodoxes.

une des choses qui nous aiderait énormément à mon sens ce serait d'entreprendre un double mouvement de traduction et d'édition de tout ce qui est en arabe et anglais vers le français et tout ce qui est en français et anglais vers l'arabe.
pourquoi l'anglais ? parce que c'est la langue universelle de communication et qu'elle permet d'avoir accès aux ouvrages des penseurs de langue arabe, persane et urdu.

avec ça inchallah on devrait bien arriver à sortir la tête de sous l'eau !!!

11.Posté par Adel TAAMALLI le 15/08/2013 03:22 | Alerter
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Merci ghuraba pour votre réponse

C'est avec intérêt que je prends note des références que vous avez bien voulues partager. Je lirai donc prochainement ces oeuvres et je ne manquerai pas de vous dire ce que j'en pense.

Je suis d'accord avec vous sur le travail de traduction à faire. Il est essentiel, en effet, notamment pour l'anglais qui est vraiment la langue universelle de communication inter-civilisationnelle aujourd'hui.

Merci pour votre contribution.

Cordialement

Adel TAAMALLI

12.Posté par ghuraba le 18/08/2013 08:07 | Alerter
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je trouve ça dommage (et admirable en ce qui le concerne) qu'avec tous les musulman/es qui font des études supérieures en france on doive attendre un pierre tévanian pour lire sur l'obsession française du voile, la mécanique raciste des médias et politiciens, l'islamophobie institutionnalisée etc...

comme la sociologie, la philosophie aussi est un sport de combat.

en langue française en dehors de tariq ramadan, qui est suisse et pas français, et dont je trouve personnellement qu'il ne va pas assez loin, qui, tout en étant croyant, a les outils conceptuels, la maîtrise de la langue et la culture nécessaires pour expliquer qui nous sommes d'où nous venons, ouvrir des perspectives nouvelles à la pensée musulmane ?

si on est toujours objet et pas sujet du discours qui nous fait exister non seulement aux yeux des autres mais surtout à nos propres yeux on ne peut pas réellement se connaître.

non ?

salam

13.Posté par Omar Mazri le 18/08/2013 16:10 | Alerter
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Sobhane Allah !

Les limites idéologiques sont clairement affichés lorsque vous introduisez votre texte par une citation dont la portée la symbolique dépasse la simple polémique. Les racines idéologiques de l'Islamophobie et de l'orientalisme détracteur de l'Islam sont l'oeuvre de Saint Jean de Damas.

Jean Damascène de son vrai nom Yahia Mansour Ibn Sarjoun Al-Taghlibi est un arabe lettré d'une famillelettrée qui a servi les Ommeyades comme premier ministre avant de consacrer sa vie à la détraction de l'Islam qu'il considère comme une hérésie, une doctrine satanique.Dans son livre "Source de la connaissance (Recueil de statistiques des dissidences doctrinales dans le Christianisme)" il compare le Coran à la Bible et trouve que le Coran est non seulement une mauvaise imitation de la Bible, mais des énoncés hérétiques. Jean Damascène était non seulement opposant à l'Islam, mais opposant aux iconoclastes chrétiens qui refusent la vénération des icônes. On lui attribue des falsifications de documents contre l’empereur Léon III qui l'a fait disgracié auprès de la cour du Calife Abd al-Malik qui a failli lui trancher la main pour faux et usage de faux.

J'ai du mal à comprendre la justesse et la pertinence de l'auteur qui veut introduire la raison dans la pensée musulmane comme si les Arabes n'ont fait que déraisonner depuis toujours.

J'ai du mal à comprendre la problématique du tourisme en Tunisie dans l'essor ou la modernisation de la pensée musulmane. La Tunisie est confrontée à l'exigence de refondation de son économie. Avec ou sans l'Islam la compétition internationale en matière touristique laisse la Tunisie dans des perspectives qui ne dépendent davantage de l'offre internationale, de la mode et des ressources de l'Occident que du seul effort tunisien. Les tunisiens avant Bourguiba et Benali ont bien vécu d'autres ressources que celles du tourisme. La pensée moderne doit être imaginative et ne pas prendre le conjoncturel comme donnée universel incontournable.

J'ai du mal à comprendre comment la langue française pourrait se passer de la langue arabe pour comprendre le Coran. Allah dit que le Coran a été révélé en langue arabe. Cela semble une tautologie, un exercice de style et pourtant le lissan arabi signifiant à la fois langue arabe et langue parfaitement maîtrisée, langue de rectiutude, évidence de la parole montre que les mots arabes et les énoncés arabes qui sont le canevas des idées structurées et structurantes sont le passage obligé pour comprendre le Coran et lire la réalité.

Pour cela il faut avoir la probité intellectuelle et l'humilité religieuse de fixer l'objet de son étude : nous sommes appelés à penser à travers le Coran et non à penser le Coran. Vous posez justement la question du choix de la référence et vous donnez la réponse sans vous y arrêter : les premières Ayat de la sourate al Baqara (la génisse). Le crédo de la foi : nous croyons en Dieu, Ses Livres, Ses Anges, Ses Messagers, Son Jugement dernier part le Ghyayb. Saint Jean de Damas bien avant Saint Thomas a réfuté le Coran en s'accrochant aux traditions juives qui affirment que Moise a reçu la Thora en présence de sa communauté qui est ainsi une communauté de témoignage.

Toute la raison occidentale est fondée sur ce postulat ou ce syllogisme fallacieux : les hommes sont les témoins qui contestent ou affirment la vérité de Dieu et l'existence des Prophètes. Dieu devient ainsi objet de connaissance et l'homme la norme qui certifie la vérité, sa vérité sur dieu et sa parole. Le Coran est, après l'affirmation de la Vérité, la réfutation la plus logique et la plus ferme sur la prétention judéo-chrétienne mensongère à connaitre Dieu, Sa Parole et à en être les dépositaires.

La langue française, l'école française et la pensée française sont des hauts lieux de la culture et de la philosophie, mais ils ne peuvent accéder à la vérité contenue dans le Coran, car il leur manque les deux clés : la langue arabe et la foi. Les orientalistes maîtrisent la langue arabe et la pensée logique mieux que les Arabes arabisants, mais leur traduction du Coran est lamentable car ils n'ont pas l'âme musulmane. Leur effort intellectuel ne leur a pas donné accès à la foi, car ils n'ont pas eu accès au Coran en quête de foi, mais en quête de raison, d'intellectualisme.

Je ne vais pas développer le sujet, mais vous devez être très prudent et très humble. Notre Prophète (saws) et ceux qui l'ont soutenu a été décrit par Allah comme oumiy et oumiyine Analphabète(s) ou illétrés(s) signifiant que leur référence unique est le Coran. l'Arabe, à l'époque du Prophète parlait parfaitement la langue arabe et comprenait parfaitement le sens du Coran. Ils n'avaient besoin ni de philosophie, ni de linguistique ni de sémantique : ils repensaient le monde à travers le Coran. Le Coran intériorisé comme foi et comme système de pensée et de comportement a permis aux bédouins hors du temps et de l'espace d'imprimer au temps et à l'espace la raison mohammadienne qui libérait, civilisait et intégrait les connaissances et les techniques mondiales puis les développait pour une autre fin.

C'est cette démarche globale qui est attendue des élites musulmanes. La civilisation occidentale et notre aliénation à son système idéologique nous présente notre propre pensée comme indissociable de sa pensée sur laquelle nous devons impérativement nous aliéner, car elle la vérité, le témoignage sur la vérité, la totalité de l'universel. C'est ce que prétendait Jean Damascène.

14.Posté par Adel TAAMALLI le 19/08/2013 00:26 | Alerter
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Salam ghuraba

Je suis d'accord. Il nous faut des penseurs musulmans, qui, par leur sensibilité, apporte la touche de leur religion ou de leur civilisation, à la pensée en général.

C'est pour cela même que j'ai décidé d'écrire ce texte-ci. Si quelques vocations salvatrices pour notre communauté pouvaient en naître, j'en serai le plus heureux des hommes.

Merci pour vos réactions.

Cordialement

Adel TAAMALLI


15.Posté par Adel TAAMALLI le 19/08/2013 01:43 | Alerter
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Salam Omar

Tout d'abord, je tiens à vous remercier sincèrement et respectueusement du temps que vous avez bien voulu consacrer à la lecture de l'article, et à la rédaction de votre commentaire. Celui-ci, riche en indications, amène à ce qui j'y réponde point par point, ce qui risque de paraître quelque peu long, d'où le fait que ma réponse se fera en plusieurs messages. Mais il est essentiel, à votre réaction, que j'apporte quelques éclaircissements à ma pensée.


16.Posté par Adel TAAMALLI le 19/08/2013 01:44 | Alerter
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Premièrement, vous dites que le fait que j'utilise la citation de Jean Damascène, polémiste contre l'islam, annihile la portée éventuelle de ce texte. Or, et c'est là l'un des propos principaux de ce texte, il est de mon avis que la connaissance doit se chercher quelqu'en soit la provenance. Ainsi, j'attends plus une réaction sur le fond plutôt qu'une critique de la source. Ce qui importe donc, c'est l'avis que vous pourriez avoir sur la citation attribuée à ce personnage historique. Y souscrivez-vous ? Pensez-vous que la vraie sagesse, pour nous Ses adorateurs, est de se rapprocher de Dieu ? Le fait d'utiliser ces paroles en ouverture du texte, n'est-ce pas là le meilleur moyen, justement, de prouver quie nous devons utiliser toute science existante, pourvu qu'elle ne se retourne pas contre nous-mêmes ?

Deuxièmement, vous dites, je cite, "avoir du mal à comprendre la justesse et la pertinence de l'auteur qui veut introduire la raison dans la pensée musulmane comme si les Arabes n'ont fait que déraisonner depuis toujours". Regardez en arrière. Les siècles qui ont passé. Le fait qu'Al Ghazali a gagné contre Averroes. L'Islam a en effet décidé, à un moment de son Histoire, d'arrêter de raisonner pour se consacrer à la simple application de la religion. Ainsi de la décision ottomane de ne pas laisser être introduite l'imprimerie, selon un décret de 1515 punissant de mort quiconque utilisant une presse, empêchant ainsi à jamais la connaisance de circuler et d'apporter une stimulation nécessaire au progrès de la connaissance, comme ce fut le cas au même moment en Europe occidentale. Qui peut nier que le monde musulman a connu une longue stagnation, à partir du Moyen-Age, et que ce refus en est l'une des causes ? Et que ce long déclin lui a été fatale lorsqu'il s'est agi d'affronter les puissances européennes au moment où celles-ci ont cherché à dominer le monde ?

Troisèmement, vous dites ne pas saisir le lien entre tourisme en Tunisie et la modernisation de la pensée musulmane. C'est que la pensée musulmane doit saisir tout sujet potentiel afin de l'imprimer de sa vision, pourvu que celle-ci soit faite dans le triple dessein de fortifier la foi, de protéger la pratique et de se rapprocher de Dieu tout en oeuvrant pour la communauté en son ensemble. Il est vrai que la chose nommée "tourisme en Tunisie" possède un caractère conjoncturel. Sauf que, quelqu'étant que cela soit, à partir du moment où il est, il mérite que l'on s'y arrête pour d'abord comprendre par le comment pourquoi il est est selon ce qu'en a voulu Dieu, pour ensuite penser cet étant et l'évolution de celui-ci selon la perspective islamique. Ainsi, même si la conjoncture n'est pas la structure, elle mérite qu'on s'y arrête du fait même qu'elle existe.


17.Posté par Adel TAAMALLI le 19/08/2013 01:45 | Alerter
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Quatrièmement, vous pensez que je dis que, selon moi, la langue française doive se passer de la langue arabe pour comprendre le Coran. Ce n'est pas tout à fait mon propos. Le Coran a bien été révélé en arabe à un prophète arabe, par Dieu. Je n'ai aucun doute sur ce fait. Cependant, l'Histoire a continué et évolué, pendant laquelle, entre autres, des langues ont disparu pour en voir d'autres naître et se développer. Pendant ce temps, Dieu a continuer de guider à lui ou d'égarer chaque individu de ce monde en son entier, quelqu'en soit la langue. Aujourd'hui, nous sommes un certain nombre à être guidé vers lui en français, ne serait-ce que la lecture de traductions en Français (ou en d'autres langues d'alleurs). Bien évidemment, la lecture du Coran en arabe, ainsi que sa méditation grâce à lecture en cette langue, ne peut qu'améliorer le fait de se rapprocher de Dieu si l'on en a l'intention. Pourtant, Dieu a décidé, dans Son infini sagesse, qu'il y aurait, sur cette terre, beaucoup de musulmans qui ne maîtriseront en rien, ou si peu, l'arabe. Qu'elle ne serait pas leur langue maternelle. Alors qu'il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir maîtriser une deuxième langue aussi parfaitement que la première, soit par des dispositions personnelles limitées, ou faute de temps du fait d'obligations quotidiennes prenantes, comment ceux-ci peuvent fournir leur aide à leur religion, ainsi qu'à eux-mêmes, si ce n'est par le développement de leur être en leur langue maternelle, ici en français ? Développer une pensée peut se faire en toute langue, vous en conviendrez. Ne serait-ce pas possible aussi pour une pensée musulmane ? Par exemple, un des noms d'Allah, Al Qayoum, ne peut être donné en français que par une suite de mots ("Celui qui n'a besoin de personne alors que tout le reste existant dans l'Univers a besoin de Lui"), car il n'existe pas en cette langue. Mais cela n'en limite pour autant pas ce que l'on peut en dire, en français, dans une perspective islamique. Au contraire ! Cela enrichit la pensée, qui est dirigée par la langue pratiquée, selon la structure unique qui est la sienne, pour la mettre au jour. Ici, la traduction française utilisée possède une profondeur de pensée indéniable sur la création, que l'on peut d'ailleurs confronter à ce que l'on sait aujourd'hui de l'Univers grâce à l'astrophysique, pour justement donner notre avis de musulman sur cet univers, et nous rendre compte, en français, à quel point l'Univers en son entier est dépendant de Dieu, tandis que Lui n'a besoin de personne. Nous pouvons donc, par une traduction d'un mot, lire la réalité universelle, et en faire le compte rendu, en français.

Cinquièmement, vous délégitimez la raison occidentale selon le postulat sur lequel il s'est fondé. Ce que vous dites a l'air hautement intéressant. Pouvez-vous m'en dire plus afin que je puisse révéler ma pensée sur le sujet ?

Sixièmement, vous affirmez que la langue et la culture françaises, malgré leurs hauts faits, n'accèderont jamais à la vérité contenue dans le Coran. Car ils leur manquent la foi et la langue arabe. Je vous pose une question. Pensez-vous que la vérité est contenue dans le Coran seul ? La connaissance du monde tel qu'il est selon ce qu'en a voulu Dieu, n'est-ce pas là aussi s'approcher de la vérité ? A la fin de votre intervention, vous semblez dire, si j'ai bien compris, qu'une aliénation de notre pensée musulmane est inévitable si nous la rendons indissociable de la pensée occidentale, selon la la voie que suivrait tout penseur musulman qui se servirait de ce qui a été établi par la philosophie occidentale. Je ne le crois pas, pour deux raisons :

Premièrement, une "mission historique" a été donnée par Dieu à l'Occident, celui d'unifier physiquement le monde, ce qui n'a pu aller sans une diffusion de sa pensée tandis qu'il s'imprégner de la pensée des autres civilisations. Dieu régentant le monde, nous devons comprendre le mécanisme ayant mené à cette domination inédite, afin justement de nous relever intellectuellement et spirituellement

Deuxièmement, même découverte par d'autres, la connaissance en tant que tel reste valable. Nul besoin de l'attacher à une civilisation et de la délégitimer ainsi. Au contraire, il faut la comprendre, soit pour la combattre, soit pour l'intégrer dans notre propre pensée du monde. C'est ansi que j'ai pris l'exemple du concept de l'absurde de Jean Camus. Il s'agit de le "soumettre", avec raison et sans le dédaigner du fait de son origine à notre pensée, musulmane, ici en langue française. Le "Je pense donc je suis" de Descartes, la philosophie kantienne, l'Idée et l'Esprit d'Hégel, et plein d'autres, sont des monuments de la pensée, en ce sens qu'ils sont la fixation, à un moment donné, de la relation de l'homme au monde. Se les approprier dans une perspective islamique nous permettra de fixer notre relation au monde, mais surtout à Dieu si l'on veut se rapprocher de lui. Si je réfléchis au "Je pense donc je suis", est-ce vrai en soi ? Dans le rapprochement à Dieu que je recherche, cela me sert-il de savoir que je suis parce que je pense ? Ou bien est-ce là plutôt dangereux de penser cela, car je peux être conduit à rendre indépendante la pensée, dans son être même, face au fait que je suis de la volonté de Dieu ? Ou bien le "je pense donc je suis" peut-il être considéré comme vrai, dans le sens où c'est parce que je pense que je sais que je suis créé par Dieu ? etc.

J'espère avoir apporté les eclaircissements de ma pensée face à vos questions et critiques. J'espère vous relire rapidement afin de continuer à échanger ensemble.

Cordialement
Adel TAAMALLI

18.Posté par ghuraba le 19/08/2013 07:10 | Alerter
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"Notre Prophète (saws) et ceux qui l'ont soutenu a été décrit par Allah comme oumiy et oumiyine Analphabète(s) ou illétrés(s) signifiant que leur référence unique est le Coran."

selon d'autres interprétations et en référence à ce verset 2 et 3 sourate 62 le prophète saw n'était pas illettré mais non initié aux écritures saintes, ce n'est pas tout à fait la même chose. et même si il y a un attachement sentimental à l'analphabétisme supposé du prophète saw qui renforce le caractère miraculeux de la révélation il est logique de penser qu'il en est sorti durant les 23 années de révélation alors même qu'il encourageait l'apprentissage de la lecture et du quran chez les compagnons.

2.C’est Lui qui a envoyé à des gens sans Livre (les Arabes)(2) un Messager des leurs qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ils étaient auparavant dans un égarement évident,


"l'Arabe, à l'époque du Prophète parlait parfaitement la langue arabe et comprenait parfaitement le sens du Coran. Ils n'avaient besoin ni de philosophie, ni de linguistique ni de sémantique : ils repensaient le monde à travers le Coran. "

ce n'est pas parce qu'on parle une langue que l'on comprend le sens d'un texte ou d'une parole surtout si elle émane du Créateur de l'univers et s'adresse aux coeurs et aux intelligences : les exemples sont légions mais je ne citerai que sourate 2 verset 26 et sourate 74 verset 31.


26 Certes, Allah ne se gêne point de citer en exemple n'importe quoi : un moustique ou quoi que ce soit au-dessus; quant aux croyants, ils savent bien qu'il s'agit de la vérité venant de la part de leur Seigneur; quant aux infidèles, ils se demandent "Qu'a voulu dire Allah par un tel exemple? ". Par cela, nombreux sont ceux qu'Il égare et nombreux sont ceux qu'Il guide; mais Il n'égare par cela que les pervers,

31. Nous n’avons assigné comme gardiens du Feu que des Anges. Cependant, Nous n’en avons fixé le nombre que pour éprouver les mécréants, et aussi afin que ceux à qui le Livre a été apporté soient convaincus, et que croisse la foi de ceux qui croient, et que ceux à qui le Livre a été apporté et les croyants n’aient point de doute; et pour que ceux qui ont au cœur quelque maladie ainsi que les mécréants disent: «Qu’a donc voulu Allah par cette parabole?» C’est ainsi qu’Allah égare qui Il veut et guide qui Il veut. Nul ne connaît les armées de ton Seigneur, à part Lui. Et ce n’est là qu’un rappel pour les humains.

les contemporains de la révélation avaient pour certains accès au prophète saw, la maîtrise de la langue arabe, connaissance de certaines circonstances de révélation et de leur propre société mais c'est avec le déroulement de l'histoire et la progression de la science que nous avons accès à la compréhension de certains versets dont le sens leur échappait.
résultat : personne, même arabophone, ne peut se targuer d'avoir une entière compréhension du texte sacré.

il ne peut être épuisé et c'est précisément pour ça que tout ce qui peut nous aider et nourrir nos intellects et notre foi doit être employé sans limites ni préjugés. c'est aussi pour ça qu'on doit se garder de fermer les portes de l'interprétation ou du raisonnement. comme le dit khaled abou al fadl le texte n'existe que par la rencontre avec et l'interprétation par le lecteur. il est fécondé, enrichi et maintenu en vie par l'intelligence et la foi de celui qui le lit et essaie de le saisir. lecteur qui en retour de ses efforts et a l'issue de cette union ressort lui aussi enrichi et régénéré.

la langue arabe n'a pas été choisie au hasard vues ses particularités mais ce n'est qu'une langue. on n'a pas à la sacraliser. elle a été choisie pour faciliter la compréhension du message par ceux auxquels il était destiné. sourate 41 verset 44

« Si Nous en avions fait un Coran en une langue autre que l’arabe, ils auraient dit : « Pourquoi ses versets n’ont-ils pas été exposés clairement ? Quoi ? Un [Coran] non-arabe et [un Messager] arabe ? » Dis : « pour ceux qui croient, il est une guidée et une guérison ». » (Coran 41 : 44)

"Le Coran intériorisé comme foi et comme système de pensée et de comportement a permis aux bédouins hors du temps et de l'espace d'imprimer au temps et à l'espace la raison mohammadienne qui libérait, civilisait et intégrait les connaissances et les techniques mondiales puis les développait pour une autre fin."

les bédouins n'étaient pas des extraterrestres, des anges ou des pages vierges et ils ont autant été transformés par l'islam qu'ils ont imposé leur marque sur l'islam.

raisonner et appréhender le texte dans la langue dans laquelle nous pensons, rêvons, aimons etc... nous permet justement de nous distancier du "romantisme" ou "folklore" arabe pour mieux évaluer l'héritage des générations précédentes et valider ce qui est utile, juste et bon et invalider le reste. pour moi le but à rechercher est la satisfaction d'Allah, pas l'allégeance à une nation, culture, langue.

en complément

http://mestraductions.unblog.fr/2011/09/09/larabite-et-la-langue-arabe-dans-le-coran/

et

http://www.youtube.com/watch?v=oMLl4dxNuHI

salam

19.Posté par Omar Mazri le 20/08/2013 00:06 | Alerter
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@ Adel TAAMALLI

Je vous ai compris, parfaitement compris. J’ai apprécié votre talent d’écriture et vos préoccupations légitimes. Je pense que vous avez parfaitement compris où j’ai situé le curseur.
Musulman, je suis appelé à penser le monde et à manipuler les concepts et les catégories par le Coran qui est la Guidance, la Lumière, l’Evidence, et le Critère de ma foi et de mon système de représentation du monde. L’imperfection, le caractère ondoyant et changeant, et la finitude de la parole ou de la raison humaine ne peuvent devenir la norme, la référence ou la méthode d’entendement de la Parole d’Allah (swt). Les opinions et la raison ne peuvent cerner l’Absolu et l’Immuable. Ceci est ma foi.
Rien ne m’interdit de débattre sur les philosophes, grecs, les historiens romains ou les poètes français ni de mobiliser mon intelligence et ma sensibilité à comprendre et à partager les connaissances et les émotions qu’apportent la science et l’art produits par mes semblables quelle que soit leur religion, leur langue et leur nationalité. Ceci est ma logique.
Ma foi et ma logique n’arrivent cependant pas à comprendre pourquoi devrais-je approuver, réfuter, ou commenter la citation d’un homme qui a consacré son existence à dénigrer le Coran et le Prophète (saws) qui sont ma vérité et mon amour. Je ne vous demande pas de ne pas l’aimer et je ne vous blâme pas de le citer. J’ai exprimé mon étonnement, sur le plan de la foi et de la logique, que Jean le Damascène soit la porte d’entrée pour un sujet aussi sensible que la foi et la raison musulmane alors que Yahya Ibn Mansour a affirmé que notre Prophète (saws) est déraisonnable, que le Coran est une série d’inepties, et que Jésus est le fils de Dieu. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse trouver intérêt philosophique ou qu’on puisse faire une liaison symbolique alors que le Coran qui construit ma foi et ma logique énonce sans équivoque :
{Certains disent : " Ar Rahman s'est donné un fils ! " Vous avancez là une chose abominable, pour laquelle peu s'en faut que les cieux ne se fendent, que la terre ne s'entrouvre et que les montagnes ne s'écroulent !} Marie 88 à 90
J’aurais peut-être dû ne pas m’arrêter sur votre citation et ne pas vous interpeller par le devoir de bon conseil que nous ordonne le Coran. Maintenant que je me suis permis de faire des remarques sur votre travail que d’ailleurs j’encourage à parfaire et à élargir sur d’autres sujets, je vous demande de chercher pourquoi je n’ai pas traduit Ar Rahman et d’étudier les présupposés idéologiques et religieux qui ont présidé à ses traductions par les Orientalistes. Il ne s’agit ni d’une énigme ni d’une provocation, mais de la mise à l’épreuve de la langue et de la rationalité dans leur traitement du Coran. Vos serez édifiés sur le plan de la foi et de la logique.
Ceci dit je ne peux commenter la citation d’un homme, aussi brillant soit-il, qui a désigné les musulmans de Sarazins. Le problème n’est pas dans l’appellation de Sarazin ou de martien des compagnons du Prophète, mais dans la confusion d’un homme qui maîtrise la langue latine et grecque et qui non seulement distingue Ismaël et Isaac les deux fils d’Abraham, mais qui confond leurs mères Hajer et Sarah. Ainsi pour lui les Musulmans sont les Sarraceni (Sarrazin): les fils de Sarah. Il n’y a pas de problème de filiation à ce niveau de la foi et de la logique, mais un problème de césure là où devrait être continuité et la mêmeté du Message divin.

Je ne fais pas le procès d'un homme d'Eglise du VII s, j'interpelle votre courage d'écrire pour qu'il soit plus vigilant sachant que moi-même je ne suis pas à l'abri d'un dérapage.

20.Posté par Omar Mazri le 20/08/2013 00:16 | Alerter
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Le tourisme est secondaire dans le débat comme l’imprimerie. Hier comme aujourd’hui, lorsqu’une civilisation perd ses références et ses normes et se trouve dans l’incompétence à produire sa pensée autonome, à innover sa modernité et à produire les outils de son développement, peu lui importe les choses produites par les autres, elle en a perdu l’usage civilisationnelle. Importer les pièces mécaniques, ou importer les touristes, ou importer les concepts ne produit pas de la pensée.

La Malaisie est un grand pays touristique, sa position géostratégique est plus sensible dans le dispositif de l’Empire contre la Chine et contre l’éveil musulman que la Tunisie, l’Algérie ou l’Egypte, et pourtant elle est une destination touristique des plus recherchées. Il faut sans doute chercher ailleurs les origines de notre crise et les moyens de son règlement.
Abou Hamad Al Ghazali comme Ibn Khaldoun sont venus trop tard. Le monde musulman était déjà sclérosé, moribond. Il ne s’agit pas de la pensée fulgurante d’un homme, mais de la pensée ingénieuse et assidue d’une société qui marche vers son devenir. La pensée occidentale conquérante et la pensée orientale agonisante nous ont laissé des idoles pour cultiver notre tendance à l’apologie d’un passé glorieux, mais révolu. Le Coran et la Sunna de notre Prophète sont notre Lumière, notre Guidance, notre voie, notre éthique, notre esthétique, notre parole. Ils construisent le canevas de nos idées, de nos émotions et l’élan de notre devenir. Les Bani Israël n’ont pas été blâmés pour n’avoir pas utilisé leur raison, ils ont été blâmés pour leur controverse, leur savoir inutile et leur manie à ruser avec la Thora pour l’interpréter selon leur vision étroite et opportuniste du monde.

Vous me dites : « il nous faut utiliser toute science existante ». Le Coran ne nous demande pas d’utiliser toute science existante. L’Occident matérialiste peut prétendre à la totalité, mais le Coran a fixé les normes d’usage et le caractère relatif des choses. Nous sommes tenus à réaliser nos possibilités et à mobiliser nos possibilités dans les limites de notre éthique. L’aboutissement et le processus de l’Histoire dépasse nos moyens limités.

La pensée occidentale qui a emprise sur nos territoires et nos consciences nous imposent sa règle : dépasser nos moyens et épuiser nos ressources pour la satisfaction de ses besoins. La pensée occidentale va plus loin, elle nous demande de réformer nos écoles selon les siennes et de réformer la mosquée selon son église et d’interpréter le Coran selon les méthodes linguistiques mises en place pour la langue latine.

Je suis de ceux qui pensent qu’Allah (swt) a mis en hibernation le monde musulman pour multiples raisons dont le châtiment pour leur comportement. Il a préservé le monde de la pensée rétrograde des musulmans qui n’allaient plus rien apporter à l’humanité. Il a préservé les musulmans de l’évangélisation. C’est un débat périlleux, une opinion, il faut oser les envisager avec sérénité dans le cadre de la loi divine de l’alternance.
Derrière le débat sur la pensée musulmane il y une lutte idéologique contre l’Islam à laquelle concourent les meilleurs experts de l’Occident, car il s’agit d’une lutte de devenir, le devenir de la civilisation occidentale et l’éveil de la civilisation musulmane qui attend le retour au Coran. Nous sommes les produits de cette lutte, des produits mal finis, en ébauche ou en rebuts. Il nous faut du courage, de l’autocritique, des efforts pour redevenir autonomes et reconstruire notre devenir.

En tous les cas je vous encourage à aller de l’avant et à ne pas faire cas de mes remarques si vous les considérez désobligeantes ou impertinentes. Vous avez envie de convaincre, d’argumenter et de produire des idées. C’est déjà une grande victoire. Le jour où les musulmans se remettront à débattre sans se jeter d’anathème ils auront gagné contre le mutisme et l’inertie et ils s’inscriront de nouveau dans ce que la civilisation musulmane a donné à l’Occident : débattre pour produire de la science, de l’ingénierie technique et technologique. L’Occident a tourné le dos aux finalités et s’est focalisé sur les moyens. L’Orient s’est consacré à la fatalité.

21.Posté par Omar Mazri le 20/08/2013 02:11 | Alerter
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@ ghuraba

Salam et Toba lil ghurab !

J'ai suivi vos liens et je suis tombé sur des articles de grand facture tout particulièrement

L’arabité et la langue arabe dans le Coran d'Ibrahim Alloush

La Palestine, l’arabité et l’islam politique de Mounir Shafiq

admirablement traduits par Souad Khaldi.

Les thèmes illustrent parfaitement la problématique du débat ci-présent.

En ce qui concerne Oummiy et Oumiyyine, Hakime et Hikma j'espère trouver un moment et vous répondre plus en détails. Sachez que ce qui m’intéresse fondamentalement n'est pas la traduction elle-même, ce n'est ni mon métier ni ma compétence, mais le sens des Ayat du Coran sur lequel est construit la traduction ainsi que les supposés et les conséquences idéologiques et spirituelles de l'interprétation et de sa traduction. Il ne s'agit pas de la traduction ou de l'interprétation d'un livre, mais de la parole d'Allah (swt). Il n'est pas donné à un homme aussi illustre soit-il qui peut interpréter le dessin d'Allah à moins qu'il ne lise et n'explique le Coran que par le Coran, par le Prophète (saws) et par les compagnons que le Prophète a désigné comme les savants de la Oumma. Le Coran est la Parole d'Allah, Il la rend intelligible à ceux qu'Il a choisi. Abou Bakr, Omar, Ali, Ibn Abbas et tant d'autres ont formé après le Coran et la Sunna le socle de la pensée musulmane qui est simple, puissante et efficace comme le démontre l'histoire.

Le raffinement intellectuel qui a suivi est le produit de l'élan initial, lorsque cet élan a disparu, l'intellect et les appareils de la connaissance ont produit du bavardage, de l'intellectualisme, des millions de questions et de réponses de Fiqh qui ont étouffé la pensée originelle.

Bien à vous et merci pour le lien que je ne manquerais pas de divulguer inchaallah.

Ajr makboul inchaallah.

22.Posté par ghuraba le 20/08/2013 07:08 | Alerter
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salam

salam

jazakallah. justement, dans le documentaire de la bbc jim khalili pose la question et tente de répondre au pourquoi et comment de cette perte d'élan.

j'ai lu plusieurs hypothèses de différents auteurs décrivant le comment et avançant des explications quant à la raison de la décadence de notre civilisation qui s'est quand même produite sur les tous les plans : intellectuel, scientifique, technique, militaire, culturel, politique et religieux. c'est quand même impressionnant ! comme dit zorba le grec "have you seen a more splendiferous crash ?"

certains avancent la corruption des dirigeants politiques, d'autres la pétrification de l'orthodoxie sous la férule des ulémas, d'autres la déviance de l'islam populaire infiltré par les soufis, d'autres la bombe à retardement des hadiths, d'autres la sophistication et excroissance du fiqh et de la rhétorique aux dépens de la théologie et de la philosophie, d'autres l'expansion incontrôlée du territoire sous administration musulmane, d'autres l'absence d'autorité en religion etc... bref, l'enquête suit son cours lol

ceci dit j'attends de mettre la main sur des ouvrages de gamal al bannah ce qui n'est pas facile. si quelqu'un a un filon, je suis preneuse.

salam

23.Posté par Omar Mazri le 20/08/2013 13:18 | Alerter
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@ Ghuraba

les Egyptiens Gamal al bannah et Kamel Alwani et l'irakien Kubeissi ont du courage de tenter de faire le ménage. Il est difficile de se libérer des deux écoles dominantes :

celle de l'Occident qui nous impose sa méthodologie et qui a sapé intelligemment Djamel Eddine Al Afghani en l'amenant à polémiquer au lieu de penser des solutions ainsi que Mohamed Abdou et les modernistes qui croyaient qu'en important l'école et les choses de l'Occident ils allaient imiter la Renaissance européenne. Fiasco total. Il faut lire les écrits des élites franco musulmanes qui occultent le Coran et qui partent des supposés culturels et idéologiques de l'école française pour repenser l'Islam et le monde arabe pour comprendre l'impasse.

Celle de l'Orient qui fait de la compilation et de l'entassement au point qu'il est presque impossible de produire de la pensée efficace.

Oui nos problèmes sont complexes : politique tyrannique, savants bavards et société insouciante qui ont livré le monde musulmans comme une proie égarée et sans repères à des prédateurs efficaces et impitoyables. Allah (swt) nous a donné la globalité de la démarche : changement ontologique et psychosocial, mais nous ne parvenons pas à lire et à comprendre, car nous lisons très peu et lorsque nous lisons nous le faisons par le prisme réducteur ou déformant de la pensée occidentale ou de la pensée musulmane sclérosée.

Je suis convaincu, selon les enseignements coranique sur le Tamkine Dine Allah et sur le rapport des Prophètes (saws) à la réalité que la solution à chercher et à trouver est globale et dynamique. La pensée joue certainement un rôle, mais il y a aussi l'affect, le pathos, l'éthique, les désirs, les synergies entre le politique, le religieux et le social.

En tous les cas je vous félicite pour vos travaux et j'espère voir nos coreligionnaires briser le mutisme et dire sans risque le fond de leur pensée et voir des essais du genre de Adel TAAMALLI devenir une tradition dans notre réalité faite uniquement du tragique des coup d’état et des agressions impériales et sionistes.

24.Posté par amar le 20/08/2013 17:47 | Alerter
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La nouvelle pensée islamique a pour objectif le développement des agence de voyages?

Est-ce que ce "penseur" francophone ne serait pas tout simplement devenu sourd à l'Islam.

C'est une erreur de foi et donc de savoir que de croire que le monde d'aujourd'hui est éloigné du monde d'hier.

Les occidentaux ont remplacé la foi par la technique et on a vu le résultat (pour ceux qui peuvent voir). Facile de parler de connaissance universelle alors que même cette affirmation repose sur un paradigme erroné (le paradigme précède et oriente la conclusion).

La seconde guerre mondiale, on nous a enseigné qu'il y avait le nazisme (national socialisme) on nous a dit qu'il n'y avait pas de continuité républicaine durant cette période (genre ruptures de l'espace temps, les gentils républicains ont été zombïsé en méchants pétainistes). Toutes ces explications qui relèvent de la sorcellerie et de la magie pour ne pas reconnaître que la barbarie universaliste c'est une fois de plus illustré(esclavage, colonisation, extermination, ...). Bien sûr, ce sont les mêmes adeptes de la magie et de l'idolâtrie jusqu'au boutisme qui enseignent au monde qui ose se libérer, leurs leçons de l'Histoire.

Le problème c'est que beaucoup de musulmans ne comprennent ni le monde qui les entourent ni l'Islam donc comment pourrait-il voir en l'Islam une réponse directe aux maux de ce monde. Il n'y a rien à inventer au contraire.

Il y a une propension chez les musulmans occidentalisés à vouloir très rapidement condamner ce qu'il ne comprennent pas (l'Islam originel) pour se réinventer une islamité qui soit en conformité avec la vision matérialiste qui leur a été inculquée sous le rapport de force actuelle.

La priorité du musulman francophone ce n'est pas de réformer l'Islam mais de se réformer lui-même car atteint de doutes et de troubles conséquences de mélange de croyances parasites.

PS: pour avoir visiter plusieurs fois la Tunisie, et avoir vu le ravage de la soumission à l'occident, je ne comprends pas que l'on puissent se dire musulman même francophone et s'alarmer de la chute du tourisme. Le problème de la Tunisie actuelle ce n'est pas la Tunisie, c'est l'ensemble des états arabes qui ne s'inquiètent que de la subsistance de leur chef. Si les évènements en Libye n'avait pas été volontairement sabotés alors peut-être que la Tunisie serait aussi en bien meilleure posture.

25.Posté par Adel TAAMALLI le 25/08/2013 00:58 | Alerter
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Salam Ghuraba, Omar Mazri et Omar,

Je vous remercie de rendre ce texte vivant par vos réactions riches et profondes. C'est avec plaisir que je répondrai à chacun d'entre vous.

Je commence par Ghuraba.

Salam Ghuraba

Merci pour vos compléments et la pertinence de vos réactions et citations du Coran.

Le supposé analphabétisme du prophète (pbsl) est un débat passionnant mais qu'il est difficile de trancher. Cependant, je souscrit à votre de assertion lorsque vous dites qu'il "est logique de penser qu'il en est sorti (l'analphabétisme) durant les 23 années de révélation alors même qu'il encourageait l'apprentissage de la lecture et du quran chez les compagnons". Pouvez-vous, en revanche, nous citer les auteurs ayant interprété le verset que vous citez dans le sens d'une non initiation du propète (pbsl) aux Saintes Ecritures ?

Je suis également d'accord avec vous quand vous jugez que la maîtrise d'une langue (ici, l'arabe) ne signifie pas que l'on comprenne le sens du texte. Averroes parlait, par exemple, des versets dont le sens était éotérique, du fait que le sens caché de ces versets en question ne pouvait être saisi du commun du peuple et qu'il était préférable de le laisser opter pour le sens apparent de ceux-ci. Autrement dit, l'effort d'interprétation implique forcément une sorte de traduction du verset, même en arabe, car il s'agit, dans un commentaire du verset, de l'expliciter selon la compréhesion même du sujet qui entreprend ce travail. Ce fait-là même autorise un travail sur le Coran dans une autre langue que l'arabe, même si il implique aussi de se tenir au courant des controverses et polémiques existant dans la science de la traduction, pour ne pas tomber dans le panneau d'une transition erronée entre arabe coranique et "langue vulgaire".

Je suis une nouvelle fois d'accord avec vous sur le fait que c'est avec l'histoire que l'on arrive à comprendre le sens de certains versets. Ainsi du concordisme et de la révélation d'une concordance entre certains versets et les découvertes de nombreuses sciences contemporaines (voir Maurice Bucaille).

Comme vous le dites si bien, les portes de l'interprétation et du raisonnement ne doivent pas êtres fermées. Et bien sûr, les Arabes du VIIème siècle ont imprimé leurs marques à l'islam comme cette religion les a indéniablement transformés, leur permetant de faire leur entrée dans l'Histoire générale des nations.

En revanche, le débat est vaste et peut être rude dans les allégeances que l'on peut avoir. Vous dites préférer l'allégeance à Allah à celle à une culture, tradition ou nation. Certes. Vous avez raison. Cependant, la culture, la tradition ou la nation dans lesquelles Dieu nous a placées, est-ce un hasard ? Ne doit-on pas tout de même comprendre la raison de cet état de fait ? Et construire notre identité musulmane, et partant, notre action dans ce monde, en intégrant notre sphère culturelle qui, vu qu'elle est la sanction de Dieu pour chacun d'entre nous, a son mot a dire dans toute pensée musulmane sincère et juste, si l'on recherche effectivement le rapprochement d'avec Dieu ? J'aimerais connaître votre avis là-dessus.

Cordialement
Adel TAAMALLI

26.Posté par Adel TAAMALLI le 25/08/2013 01:29 | Alerter
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Salam Omar Mazri,

Je vous remercie pour vos compliments. Il me vont sincèrement droit au coeur. Je tiens à vous retourner le compliment, notamment sur votre propre talent d'écriture et sur votre volonté d'encouragements au débat apaisé sur ces questions hautement sensibles vu le contexte actuel. Je ne trouve pas vos remarques désobligeantes ou impertinentes. Au contraire ! Je les trouve enrichissantes et profondes, d'où ma volonté de vous répondre, sincèrement, point par point.

Premièrement, vous faites la distinction entre votre foi et votre logique. Dans la première, vous y mettez votre volonté de penser le monde à travers le Coran, car l'homme ne saurait cerner l'Absolu et l'Immuable, C'est justement ce que j'invite tout penseur musulman à faire. Seulement, et c'est là que le bât blesse depuis les premiers siècles de l'Islam, le Coran ne dit pas tout. Ou plus justement, s'il dit tout, s'il est total, c'est dans la potentialité indéchiffrable lorsqu'il énonce sa reconnaissance de la raison humaine, laquelle peut et doit se déployer pour rechercher les signes de l'existence de Dieu dans le création. Or, la philosophie occidentale n'est-elle pas partie de la création ? Aussi, en débattre, selon votre logique, ne serait-il pas un acte de foi, plutôt qu'un simple acte de logique, si l'on a, par ce travail, le but de se rapprocher de Dieu ?

Deuxièmement, votre logique vous interdit de débattre d'une citation de Jean Damascène. Vous rappelez, fort justement, les écrits néfastes pour l'islam qu'il a rédigés. Sur ce fait, pourtant, je ne pense pas comme vous. Je m'explique : la citation de Jean Damscène, nous le savons vous comme moi, implique le Dieu chrétien, c'est-à-dire une Trinité à laquelle nous ne croyons absolument pas. Mais remplacer le Dieu chrétien par le Dieu islamique, c'est-à-dire l'Unique, et vous avez là une phrase qui correspond d'avec ce que nous pensons de juste en tant que musulman. Aussi, ce n'est pas parce que Jean Damascène était un ennemi de l'islam qu'il faille s'interdire de débattre de l'une de ses citations. Pour deux raisons essentiellement : s'approprier de la connaissance du monde, et ne pas laisser le monopole de la sagesse à d'autres, à l'exclusion des personnes affiliées à l'islam. Plus globalement, lorsque vous raisonnez sur les voies qui vous mènent à vous élever contre Jean Damscène, vous acceptez de débattre du personnage, ici en réfutant ses propos. Une fois cela fait, ce qui reste indispensable d'ailleurs pour atteindre la vérité de ce personnage historique, vus devriez avoir le courage, en remplaçant le Dieu chrétien par le Dieu de l'islam, c'est-à-dire l'Unique, de juger de ses citations et d'y voir ou non la concordance que vous pourriez y trouver avec votre foi. Ce principe est d'ailleurs valable pour tout écrit de penseurs non-musulmans pourvu q'ils aient manié le "concept" de Dieu (le mot concept est entre guillemet car notre Créateur ne saurait être limité à une chose abstraite, alors qu'Il intervient sans cesse dans nos présents).

En ce qui concerne la traduction d'Ar-Rahman, j'avoue que je suis incapable de formuler une réponse faisant honneur à la logique et au niveau de votre question, tout simplement parce que je suis sans connaissance dans le domaine de la traduction. Mais je reste friand de votre leçon sur la question.

Cordialement
Adel TAAMALLI

27.Posté par Adel TAAMALLI le 25/08/2013 01:51 | Alerter
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Salam Omar Mazri,

Je continue à vous répondre, point par point.

Vous considérez le tourisme et l'imprimerie comme secondaires, parce que la civilisation a perdu la compétence d'une pensée autonome. Ce à quoi j'invite tout penseur musulman potentiel est le contraire de la sclérose d'une pensée qui serait "désautonomisée". S'approprier le tourisme comme sujet, n'est-il pas justement autonomiser la pensée musulmane sur ce fait historique au lieu que de laisser ce domaine à d'autre penseurs d'autres obédiences ? Le tourisme étant pour la Tunisie un secteur économique incommensurablement important (il représente 6 à 7 % du PIB, 10 % des emplois, tout en ayant un effet d'entraînement important sur les autres secteurs de l'économie tels que les btransports, les communications ou l'industrie), et ce pays étant par ailleurs un Etat musulman, ce sujet n'est pas du tout secondaire. Plus globalement, cette activité économique qui est la première au monde, mérite que l'on s'y arrête pour produire, justement, de la pensée autonome musulmane. Importer des touristes ne produit pas en soi de la pensée (encore que la rencontre de personnes de bords culturels différents, même sur un plan inégalitaire, a forcément des conséquences multiples inéffaçables sur le plus ou moins long terme dans le domaine sociétal). Mais raisonner sur cette importation, au contraire, nous donne l'occasion de développer notre propre pensée musulmane, et surtout, de tirer les conclusions nécessaires à ce fait accompli. En d'autres termes, il importe d'adopter une position islamique face au fait que le tourisme balnéaire en terres musulmanes implique des actes faits par des musulmans ou non contraires à l'éthique musulmane (alcool, libertinage, prostitution...), tout en considérant que l'activité économique de ce secteur est essentiel au développement du pays...

28.Posté par Adel TAAMALLI le 25/08/2013 01:51 | Alerter
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...Doit-on réfléchir à une transition vers un meilleur développement, plus respectueux des valeurs ? Si l'on coupe l'arrivée massive de touristes, peut-on éviter la catastrophe sur les plans économiques et sociales que cela induirait obligatoirement sur le peuple tunisien ? Doit-on donc créer des concepts islamiques propres à rendre compte de ces états de fait en contradiction avec l'éthique islamique ? Ces états de fait influencés par l'existence de ce tourisme essentiel à l'économie tunisienne, peuvent-ils être transitoires ou seront-ils irrémédiablement permanents, tant les conséquences sur le mode de vie proprement tunisien seront lourds de conséquences durables ?

Qu'en pensez-vous ?

Cordialement
Adel TAAMALLI

29.Posté par ghuraba le 25/08/2013 05:53 | Alerter
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salam

je tombe ce matin sur cet article de rachid benzine qui vient à point nommé et que je partage avec vous.

http://oumma.com/Lire-le-Coran-autrement-partie1

salam

30.Posté par ghuraba le 25/08/2013 07:37 | Alerter
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salam

par rapport à la question de savoir si le prophète saw pouvait lire et écrire on a bien sûr d'un côté tous ceux qui l'ont accusé d'imposture et tiennent à la thèse du prophète saw auteur du quran et de l'autre les tenants de son illettrisme érigé en dogme parce que selon eux nécessaire à la validité du caractère miraculeux du quran.

fazlur rahman rappelle que le quran revendique son arabité et qu'il apparait certain que son caractère miraculeux tient à son style linguistique et la supériorité de son expression.

il replace les arabes devant leur responsabilité pour avoir cru à tort que la révélation faite en langue arabe était un privilège. selon lui, si ils l'ont bien pris comme un livre de guidance destiné à tous qui peut être traduit dans d'autres langues ils n'ont pas suffisamment exploré tous la richesse liguistique et donc sémantique qu'il recèle .
et il conclut qu'il est indispensable que des musulmans non arabes soient à même de maîtriser le langage du quran afin de pouvoir le faire.

personnellement que le prophète saw aie pu lire et écrire ou qu'il l'aie appris par la suite ou jamais ne retire rien à ma foi, au respect que j'ai de sa personne et au caractère miraculeux de la révélation ou à la beauté du quran. mais c'est vrai que l'allergie à la lecture, à l'effort intellectuel, à la rationnalité et à la culture de nos congénères ne peut que se trouver confortée par l'idée que les musulmans se font de leur modèle et guide !

et dans un autre ouvrage qui traite spécifiquement de l'éducation et de l'enseignement dans l'islam le même auteur de pointer qu'avec le temps et à cause de l'empreinte de la structure traditionnelle des sociétés arabes on en est arrivé à des aberrations du type suivisme aveugle des prédecesseurs, absence totale d'esprit critique appliqué aux informations en général (sources, mode de transmission et contenu), mémorisation dissociée de l'apprentissage de la langue ou du sens du texte etc... en pensant bien faire.

quand je dis que la maîtrise d'une langue ne suffit pas je veux dire que quand il s'agit de saisir la pensée d'un autre il y a forcément une perte et plus elle est complexe et plus la difficulté est accrue. la preuve, lol, je ne parlais même pas de sens caché ou de lecture ésotérique : un mot en arabe peut avoir 20 sens différents ! est ce que n'importe quel français peut faire une explication de texte de camus ou bourdieu ? un anglais de shakespeare ? et là l'auteur n'est qu'un humain !

amina wadud dit que le nerf de la guerre en matière de compréhension du quran est la grammaire. et plusieurs savants insistent aussi sur la nécessité de ne pas lire les versets séparément parce que le quran s'explique par lui même.

ça fait rêver quand le juriste khaled abou al fadl dans la conférence des livres met vraiment en lumière le fait que le quran est un miracle : d'un seul livre les 50000 ouvrages de sa bibliothèque personnelle sont issues ! derrière chacun d'entre eux un homme, un savant, souvent persécuté d'ailleurs, qui s'est efforcé de comprendre le quran et en éclairer le sens. d'un seul livre un peuple s'est élevé et une civilisation est née. encore faut il le lire. et le comprendre !

n'oublions pas non plus que l'exemplaire que nous avons n'est pas classé dans l'ordre de révélation des sourates. ça change tout de le lire dans l'ordre chronologique ! on voit que le quran s'inscrit dans un processus historique et qu'il accompagne et suit dans leur quotidien les musulmans d'une époque donnée tout en accomplissant le tour de force d'être encore pertinent pour nous aujourd'hui.

et là sans faire exprès je lève le lièvre du débat du quran créé ou incréé et de la prédestination.

:)

salam

31.Posté par personnel le 25/08/2013 12:31 | Alerter
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Salame,

Juste une remarque sur le destin, mektoub, prédestination....la vidéo suivante précise bien certaines choses:

http://youtu.be/44go1BdHcxs

32.Posté par ALIF le 25/08/2013 15:40 | Alerter
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Salame;
Juste une remarque l'islam aient aux pratiquants ce que l'habillement aient à celui qui est nu ;
l'histoire ne ce n'est pas faite toute seul à vrai dire.
Dire que l'Occident laïc a accompli des merveilles c'est se tromper car le vrai savoir a été accompli par l'islam l'Occident à commis un hold-up dans "Dar al islam" sur leurs navires encerclant le lieu de savoir et après avoir organisé la destruction de grand phare de la mer qui protège les savoirs islamiques l'Occident des croisades a accompli son rêve des millénaires ils'ont dits "choisissez !
Ou vos enfants ou bien vos livres de bibliothèque islamique.
Fin d'histoire!.
Vous ne trouverez jamais une trace sur cette histoire
Bien sur après 12 siècles de méditation et décodage et redecodage dans des monastères occidentaux on a le fruit mûr de la renaissance avec des pseudos savant éclairer de monde moderne

33.Posté par Adel TAAMALLI le 26/08/2013 04:10 | Alerter
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Salam Omar Mazri,

Je continue de vous répondre.

Il est fort possible qu'Al Ghazali et Ibn Khaldoun soient arrivés trop tard, vu les conséquences historiques qui ont vu la longue stagnation du monde musulman face à la fougue expansionniste de l'Europe. Mais, dire cela, c'est oublier les causes de cet état de fait. En d'autres termes, parmi toutes les voies du possible qui s'offraient au monde musulman, une seule s'est mise en place, en fonction à la fois de l'action des hommes (analysés par l'histoire comme science humaine) et du maktoub global (ou mondial), résultat du dessein de Dieu (théodicée). Lorsque vous proposez comme explication du déroulement de l'histoire globale que DIeu "a mis en hibernation le monde musulman pour multiples raisons dont le châtiment pour leur comportement. Il a préservé le monde de la pensée rétrograde des musulmans qui n’allaient plus rien apporter à l’humanité. Il a préservé les musulmans de l’évangélisation", vous faites là de la théodicée. D'autres l'ont fait avant nous, et ce, de tous les bords civilisationnels.
...


34.Posté par Adel TAAMALLI le 26/08/2013 04:11 | Alerter
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...J'ai pour projet de travailler sur une périodisation "divine" de l'Histoire. En effet, étant entendu que Dieu régente le monde dans ses moindres détails depuis la Création, et ce, jusqu'à la fin des temps, et qu'en l'état actuel de nos connaissances, nous pouvons clairement, par une vision rétrospective sur le passé, suivre le déroulement de notre histoire ayant conduit à l'état du monde actuel, dont nous devons, autant que faire se peut, capter la réalité essentielle, il est possible de remplacer la périodisation classique de l'Histoire (Préhistoire, Antiquité, Moyen-Age, Temps Modernes, Epoque Contemporaine), qui obéit à un prisme européocentré et à une problématique essentiellement occidentale, par une mise en étape de l'Histoire faisant prévaloir et apparaître le dessein de Dieu. La difficulté de l'entreprise doit nous inculquer de la modestie et de la sagesse dans ce travail ardu. C'est pourquoi j'accueille avec joie votre pensée sur la question, voulant d'emblée la confronter à la mienne. Je vous donne rendez-vous à mon texte à venir sur le sujet pour en débattre...

Vous confrontez la pensée occidentale d'avec le Coran sur l'utilisation de toute science existante, en fixant notamment le but de la seconde à se conformer à l'éthique musulmane, limitant les possibilités de ce travail d'assimilation scientifique, tandis que la première a pour dessein la totalité. C'est exactement ce que je dis quand je limite l'utilisation de la raison aux trois principes fondamentaux (la foi, la pratique, le but de se rapprocher de Dieu tout en ayant pour visée le bien commun). Cela étant, l'utilisation de toute science, dans mon propos, s'entend par le fait que toute élaboration de connaissance apparue dans l'histoire doit être traitée par le prisme musulman, avant, soit de l'exclure, ou de l'intégrer à une pensée islamique, soit de la délégitimer, ou de s'en servir comme un piédestal menant à la Vérité tel qu'elle a été créée par Dieu mais qu'il nous reste à découvrir.

Cordialement
Adel TAAMALLI

35.Posté par Adel TAAMALLI le 26/08/2013 04:40 | Alerter
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Salam Amar,

J'en viens à votre commentaire que je vous remercie d'avoir rédigé et publié. La réponse se fera en deux parties, du fait de la longueur de celle-ci.

Je vous rassure. Je ne suis pas sourd à l'islam. J'atteste qu'il n'y a qu'un seul Dieu, et c'est Allah, et que Muhammad (pbsl) est Son dernier Messager.

Lorsque vous vous interrogez sur le fait de savoir que la nouvelle pensée islamique a pour objectif le développement des agences de voyages, je ne peux répondre qu'en vous disant que ce n'est absolument pas le propos du texte.

Le fait est simple. Le tourisme en Tunisie, est un fait économique indéniable, sur laquelle il est besoin qu'une analyse musulmane se fasse, notamment parce qu'il s'agit d'un secteur important pour le pays. Je vous renvoie à la réponse ci-dessus que j'ai faite à Omar Mazri, sur le sujet.

Vous dites carrément que c'est une erreur de foi que de dire que le monde d'aujourd'hui est éloigné de celui d'hier. Ne sommes nous pas pourtant dans une époque inédite entre toutes, celle de la mondialisation qui voit et verra de plus en plus se rapprocher, irrémédiablement, toutes les civilisations entre elles, et ce, malgré les guerres qui éclateront tout aussi irrémédiablement ?
Les Anciens savaient capter les choses essentielles de la vie sans besoin de savoir et de pédantisme, ce dont, aujourd'hui, notre esprit étant pollué par les conséquences incommensurables de la technique, nous sommes devenus incapables.
Les pays musulmans, presque tous colonisés hier par l'Occident conquérant, de ce fait-là même, ont quitté définitivement les sphères culturelles anciennes, qu'ils ne connaîtront plus jamais. Pour vous en rendre compte, je vous invite à prendre connaissance de l'appendice de Mohamed Arkoun, que l'on retrouve en toute fin de son ouvrage, intitulé "Humanisme et Islam : Combats et propositions", dans laquelle il nous livre une anecdote édifiante sur la fin du cadre de référence culturelle kabyle qui l'a vu grandir.


36.Posté par Adel TAAMALLI le 26/08/2013 04:40 | Alerter
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Je ne suis pas de ceux qui sanctifient les idées provenant d'Occident, civilisation qui n'est pas au-dessus des autres, sur le plan du mal qui a été perpétré sur Terre. Loin de là ! Elle est peut-être celle dont les actions ont conduit à la mort du plus grand nombre de personnes. Mais cela est macabre que de se lancer dans une telle comptabilisation, car ceux qui sont présents ne sont pas responsables de leurs passés.

De mon point de vue, l'éthique musulmane est certainement la meilleure de toutes les éthiques pour guérir les maux de cette planète. Encore faut-il s'entendre sur ce que l'on inclut dans cette éthique, ce qui ne fera que susciter des débats sans fin, avec jets d'anathèmes les uns sur les autres. Pourtant, le débat doit avoir lieu, incontestablement.

Enfin, de deux choses l'une : soit, l'existence d'un musulman francophone n'est qu'une mise à l'épreuve de Dieu pour voir quels sont ses adeptes qui lui resteront le plus fidèle possible dans un milieu parasitaire, ou bien Dieu a voulu que l'existence de cet être soit effective afin d'imprimer une nouvelle impulsion à l'Histoire de la pensée, à l'Histoire tout court. Je penche pour la seconde des propositions, car, considérant qu'il n'y a pas de hasard, je ne peux croire que je ne doive pas faire cas du milieu qui m'environne si je veux me rapprocher de Dieu. Je pense que si je suis là, en tant qu'être musulman francophone, c'est pour servir de pont entre les bords culturels. Bref, que nos buts, à nous penseurs musulmans francophones, c'est de faire de l' "occidentalisme", comme il y a eu un orientalisme, un courant de pensée devant se faire exclusivement par le prisme islamique. Nous sommes en Occident pour le connaître, avec respect, et participer de l'éclosion d'une science que nous les musulmans, nous sommes capables de produire, car en tant que musulmans nous avons la distance nécessaire de l'analyse, puisque nous sommes étrangers à l'évolution de la pensée occidentale classique, alors qu'en tant que francophone, nous avons accès à cette même pensée.

Cordialement
Adel TAAMALLI

37.Posté par Saber le 28/08/2013 21:10 | Alerter
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L'astre de l'Orient, bonne écoute.

38.Posté par Adel TAAMALLI le 07/09/2013 20:47 | Alerter
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Bonjour à tous.

Vous avez pris le temps de laisser vos commentaires sur ce texte-ci.

J'ai rédigé deux autres textes, l'un sur l'amour islamique (http://www.alterinfo.net/HYMNE-A-L-AMOUR-ISLAMIQUE_a94568.html), et l'autre sur la musique et l'islam (http://www.alterinfo.net/La-musique-sa-portee-et-l-islam_a94570.html). J'aimerais savoir ce que vous en pensez.

Cordialement
Adel TAAMALLI

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