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L'Arabie saoudite, royaume à bout de souffle


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Mardi 20 Janvier 2015

L'Arabie saoudite, royaume à bout de souffle
Par Armin Arefi (revue de presse : Assawra – 19/1/15)*
La gérontocratie saoudienne vacille. Le roi Abdallah d'Arabie saoudite, âgé de 90 ans, a été hospitalisé le 31 décembre en raison d'une pneumonie. La dégradation de son état de santé déjà chancelant - le souverain a subi de nombreuses opérations au cours des dernières années - a même nécessité la mise en place d'un tube pour l'aider à respirer. Et a, inévitablement, relancé le débat explosif sur sa succession, à l'heure où l'Arabie saoudite est directement menacée par la montée en puissance de l'organisation État islamique (EI). Officiellement, c'est le prince héritier Salmane Ben Abdel Aziz, demi-frère du monarque, âgé lui-même de 77 ans, qui est appelé à lui succéder.
"Le système de succession en Arabie saoudite est adelphique, contrairement à l'Europe où il demeure patrilinéaire", souligne Nabil Mouline (1), grand spécialiste de l'Arabie saoudite au CNRS et à Stanford. À la différence des monarchies "classiques", où le trône se transmet verticalement de père en fils, le règne saoudien passe de frère en frère d'une même génération, à la mort de chacun d'entre eux, selon un ordre préétabli. Lorsque le dernier membre d'une fratrie décède, le relais est alors passé à la génération suivante. "Chaque transition générationnelle donne lieu à des guerres fratricides acharnées où c'est le prince le plus fort qui l'emporte", souligne Nabil Mouline.
À sa mort en 1953, Abdelaziz al-Saoud, premier roi de l'Arabie saoudite moderne, laisse derrière lui une trentaine d'épouses avec lesquelles il a eu une cinquantaine de fils. Cinq d'entre eux - Saoud, Fayçal, Khaled, Fahd et Abdallah - lui succéderont sur le trône jusqu'à aujourd'hui. Pour que les autres frères ne se sentent pas lésés, la famille Saoud a mis en place un système de répartition horizontale du pouvoir. "Le roi n'est pas un monarque absolu", pointe Nabil Mouline. "Chaque prince s'approprie un fief et essaie de thésauriser un maximum de ressources afin de conquérir le plus de pouvoir possible."
Pour peser au sein de la famille royale, les plus grands princes se réunissent autour de factions regroupant des personnalités influentes du royaume : oulémas (religieux), bureaucrates, hommes d'affaires et intellectuels. Actuellement, les deux plus grandes sont la faction du roi Abdallah - le roi, ses fils, des demi-frères et leurs clients - et celle dite des "Soudayri" : sept frères germains (ils ont la même mère, NDLR) réunis autour du prince Salmane. Par ministères interposés, les deux groupes se livrent une lutte sans merci. "Le plus grand terrain de cette rivalité demeure l'étranger, où chaque faction joue sa propre diplomatie pour mieux la réinvestir sur le plan interne", explique Nabil Mouline.
Or, la multiplication des centres de décision brouille considérablement la diplomatie du pays. La crise syrienne en est le parfait exemple. Officiellement engagée auprès de l'opposition modérée à Bachar el-Assad, l'Arabie saoudite finance aussi certains groupes djihadistes parmi les plus radicaux en raison de la volonté de certains princes à voir le Front al-Nosra (al-Qaida en Syrie) et l'EI obtenir la tête du président syrien. Une politique incendiaire qui se retourne aujourd'hui contre la pétromonarchie, première cible de l'organisation État islamique. Le 5 janvier, un attentat suicide attribué à l'EI a d'ailleurs coûté la vie à trois gardes-frontières saoudiens, dont un haut gradé, à proximité de l'Irak, où est implantée l'organisation.
Du point de vue régional, l'Arabie saoudite, royaume wahhabite (version ultra-rigoriste de l'islam sunnite), demeure en perte de vitesse dans sa "guerre froide" contre l'Iran chiite. En Irak, en Syrie, au Yémen ou encore à Bahreïn, Riyad voit les chiites - pourtant ultra-minoritaires (10 %) dans le monde musulman - gagner en influence dans la région, au détriment des sunnites. "La nature même du pouvoir saoudien empêche le pays de jouer pleinement son rôle régional que lui confèrent pourtant sa taille et ses ressources", pointe Nabil Mouline. Or, la menace résonne jusqu'au coeur de la pétromonarchie saoudienne, régulièrement secouée par des manifestations de sa minorité chiite, présente en grand nombre dans sa province pétrolière du Hasa (est du pays).
Principale source de revenus de l'Arabie saoudite, le pétrole constitue pourtant aujourd'hui son talon d'Achille. Jusqu'ici, l'alliance pétrole contre protection entre Washington et Riyad, scellée en 1945 par le pacte de Quincy, garantissait la sécurité du royaume. Or, cette entente est remise en cause par les formidables réserves de gaz de schiste désormais exploitées aux États-Unis. L'entrée sur le marché du pétrole américain explique d'ailleurs en partie la chute vertigineuse des cours du brut, qui coûte très cher au royaume : Riyad prévoit un déficit budgétaire de 38,6 milliards de dollars pour l'année 2015.
Si les formidables réserves saoudiennes en liquidités (environ 800 milliards de dollars) accordent indéniablement un sursis à la monarchie, une crise prolongée menacerait, à terme, le pacte rente pétrolière contre paix sociale entretenu avec sa population. Car, contrairement au Qatar et aux Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite est un pays fortement peuplé (21,3 millions de Saoudiens), jeune (47 % de la population a moins de 25 ans) et lourdement frappé par le chômage (25 % de chômeurs). Une bombe sociale à retardement que la gérontocratie saoudienne ne peut se permettre d'ignorer.
Dans ce contexte explosif, la monarchie Saoud n'a pas le droit de rater sa succession. "Pour faire face aux défis régionaux comme internes, l'Arabie saoudite doit absolument se métamorphoser en adoptant un système politique monocéphale autour d'une personnalité nouvelle forte de la famille royale", insiste le spécialiste Nabil Mouline. Une obligation pour le royaume, compte tenu de l'âge avancé des deux princes héritiers - Salmane, 77 ans, et Moqren, 69 ans -, et surtout de la lutte déjà acharnée que se livre en coulisse la pléiade de petits-fils de la troisième génération Saoud. Dans le cas contraire, la gérontocratie pourrait signer son arrêt de mort.
Photo: Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite
*Source: http://assawra.blogspot.fr/2015/01/larabie-saoudite-royaume-bout-de-souffle.html
(1) Nabil Mouline, auteur de Histoire de l'Arabie saoudite (éditions Flammarion).
http://www.france-irak-actualite.com/2015/01/l-arabie-saoudite-royaume-a-bout-de-souffle.html


Mardi 20 Janvier 2015


Commentaires

1.Posté par kitty le 20/01/2015 11:35 | Alerter
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La famille Saoud à bout de souffle plutôt...oh il restera toujours du sable en Arabie comme on dit

2.Posté par Issa le 20/01/2015 16:18 | Alerter
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Il est intéressant de noter le parallélisme entre l'eschatologie Islamique et l'histoire contemporaine.

En effet, tous les observateurs sont unanimes, le décès du monarque actuelle laissera place à une guerre fratricide sans précédent qui va déstabiliser le pays, et toute la péninsule arabique.

L'Etat Islamique, création de la CIA et des américains va en profiter pour semer le désordre et surtout faire main basse sur les richesses du pays. permettant ainsi au pays sioniste de régner en maître, avec l'Irak déstabilisée, la Syrie, l'Egypte. Il ne restera que l'Iran, mais pour combien de temps?

Il est dit que l'Iman Medhi ( SWT ) va instaurer le califat ( le véritable ), depuis la station d'Abraham ( SWT ), pendant une grande période de trouble et de guerre tribal fratricide.

Nous sommes à ce point de rupture, avec la grande fragilité de la santé du roi actuelle, la guerre de pouvoir qui se mène en coulisse, tout semble correspondre.

Mais l'avènement du Médhi ( SWT ) doit aussi être l'avènement du mal absolu, le dajjal, et le retour du fils de Marie ( SWT ).

A suivre...

3.Posté par issa76 le 20/01/2015 17:31 (depuis mobile) | Alerter
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Issa je ne comprends pas votre message précédent. L Arabie Saoudite était elle reelle ment un frein à l entité sioniste..?

4.Posté par Saber le 20/01/2015 18:19 | Alerter
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La vérité sur ce royaume vaut son pesant d'or.

5.Posté par Issa le 20/01/2015 18:27 | Alerter
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En réponse :

Je souhaite simplement faire le parallèle entre la situation géopolitique actuelle, et celle qui se dessine dans un avenir très proche, et l'eschatologie Islamique, c'est tout. J'invite chacun à méditer dessus.


Je n'ai jamais dit que l'Arabie Saoudite était un rempart au sionisme. Tout le monde sait que les Saoud maintiennent leur pouvoir grâce à l'alliance signée par le roi faycal avec les américains au début des années 70, afin de créer le pétro dollar et de mettre un terme définitif aux accords de bretton woods. ( A cause du coup de pression exercé par le Général De Gaulle )

6.Posté par Djamel le 20/01/2015 22:22 | Alerter
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Voilà une vidéo intéressante

7.Posté par Issa le 21/01/2015 07:19 | Alerter
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A Salam alaikum wa ramatulah wa barakatuh aux lecteurs.

Barakalahu firkoum Djamel. C'est exactement sur ce point que j'invite les curieux à méditer mon frère!

8.Posté par Depositaire le 21/01/2015 12:07 | Alerter
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Et on rappellera que l'idéologie wahhabite n'est pas "une vision ultra rigoriste de l'Islam", ce n'est pas de l'Islam du tout ! Ce n'est qu'une hérésie nauséabonde, violente, obscurantiste et délétère de l'Islam. Sa création ne vise qu'une chose, détruire l'Islam de l'intérieur pour y installer à la place cette hérésie.

Ne confondons pas une doctrine qui se voudrait rigoriste, ou même, ultra rigoriste, mais malgré tout une simple vision excessive d'une religion, avec ce qui n'est qu'une hérésie et une anomalie profonde. On peut même qualifier le wahhabisme comme de "l'anti Islam". Nous sommes très loin d'une simple vision un peu particulière de cette religion.

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