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L'Amérique recule-t-elle ou resserre-t-elle les rangs?


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Dmitri Kossyrev
Jeudi 17 Avril 2014

L'Amérique recule-t-elle ou resserre-t-elle les rangs?
Que se passe-t-il avec l'Amérique et sa diplomatie: assiste-t-on à une retraite stratégique et si oui, pour combien de temps? Si les Etats-Unis repartaient à l'offensive, comment le feraient-ils: en solitaire, avec leurs alliés traditionnels ou dans d'autres formats? Quel serait alors le rôle des "puissances montantes", notamment de la Chine?
Le quotidien Renmin Ribao a justement organisé un débat sino-américain à ce sujet - en quatre parties et sans émotions particulières.
Faire porter le fardeau à ses alliés
Les Chinois suivent la confrontation entre la Russie et l'Occident autour de l'Ukraine comme une épreuve sportive. D'ailleurs, pourquoi devraient-ils s'inquiéter? Les relations russo-chinoises se renforcent, notamment sur le plan économique, et Moscou n'a pas besoin d'un soutien supplémentaire de Pékin sur la scène internationale à l'heure actuelle.
Du coup, la Chine observe la crise ukrainienne avec un regard froid et s'y essaie.
Plus exactement – comment fonctionne le mécanisme de diplomatie et de propagande américaine ou européenne? Quelle est sa force et sa faiblesse?
Le débat organisé par Renmin Ribao était une idée très sérieuse. Avant tout parce que les participants américains n’ont pas tenté de s'enliser dans des combats idéologiques. Et personne n'a essayé de faire participer des experts douteux affichant des sympathies flagrantes pour la Chine: le côté américain était représenté, entre autres, par Joseph Nye, auteur du récent livre L'avenir du pouvoir, et des spécialistes de son rang. Du côté chinois sont notamment intervenus le commentateur Ding Gang et le vice-président de l'Institut des relations internationales contemporaines Yuan Peng.
Tous perçoivent la réaction des Etats-Unis à la crise ukrainienne comme un témoignage de la retenue américaine, de même que dans les crises antérieures autour de la Syrie et de la Libye. Mais le débat portait sur un autre sujet.
Notamment sur le fait que la puissance dure américaine n'est pas en déclin mais qu’elle se repose. Et c'est pourquoi Washington "sous-traite" en faisant porter une partie du fardeau à ses alliés. Mais il ne fait pas l'ombre d'un doute qu'il s'agit bel et bien d’un fardeau américain, dans la mesure où des tâches américaines sont en jeu. Les USA sont les plus forts du monde pour transformer leurs objectifs stratégiques en objectifs communs, c'est-à-dire réalisés avec l'aide de leurs alliés.
Les Etats-Unis battent-ils en retraite? Non, ils ont simplement compris qu'ils étaient encore la plus grande puissance du monde mais plus "toute-puissante", et c'est pourquoi ils développent des techniques d'ingérence sélective en mettant souvent en avant leurs "protégés".

A quelle époque vivons-nous?
Nombre d'idées intéressantes ont été également exprimées à ce sujet. Le "camp" chinois était évidemment intéressé de savoir quel rôle était réservé à Pékin dans le monde d’aujourd’hui.
Il s'avère que les USA ne sont pas les seuls à changer : toutes les grandes puissances traversent des transformations structurelles et elles cherchent toutes à déterminer quel est leur "espace stratégique" dans le monde. Il est important que dans ce processus soit créé un système mondial qui aurait une place pour tous. Ce n'est pas la même chose que de briser et d'anéantir ce système.
Sachant que chaque puissance construit le sien en partant de ses propres avantages - ou ce qu'elle considère comme tels. Par exemple, les Etats-Unis sont peut-être en "retraite stratégique" mais ils avancent dans d'autres domaines comme internet - c'est-à-dire dans le secteur informatique.
Et c'est cette offensive qui (pour revenir à l'actualité ukrainienne notamment) suscite des émotions extrêmes. C'est justement le but.
Le fait est précisément qu'à l'étape actuelle du conflit, personne ne cherche vraiment à prouver quoi que ce soit aux dirigeants russes ou aux autres. Et le comportement des Etats-Unis dans cette histoire ukrainienne n'est effectivement pas très actif. Mais le discours est très clair: il vise à énerver. C'est pourquoi la réaction de la majeure partie du public russe est la stupéfaction, le dégoût, voire la rancune: comment peuvent-ils voir des faits évidents et décrire exactement le contraire sans sourciller?
En effet, c'est quelque chose de relativement nouveau: essayer d'atteindre directement les émotions des gens par cette guerre des ondes. Il ne faut pas céder aux émotions. Il faut faire comme les Chinois et leurs interlocuteurs américains dans la discussion du Renmin Ribao. Aucune barrière entre les "camps" américain et chinois, aucun camp du tout, aucun "nous" ou "vous". Uniquement des appréciations vérifiées, impartiales et acceptées par tous les interlocuteurs.
L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction Ria Novosti


Jeudi 17 Avril 2014


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