International

L'Amérique appelle à une extension de la mission de l'AIEA en Syrie



Samedi 28 Juin 2008

L'art de la diplomatie consiste, dit-on, à ruser avec les principes pour les trahir sans avoir l'air d'y toucher. C'est en tout cas ainsi que les autorités de Washington la voient et la pratiquent : à peine partie de Damas pour son siège à Vienne, la délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique, AIEA, a reçu un appel aux allures de "directive", venu droit de l'Amérique lequel appel lui exige d'étendre désormais son champ d'inspection à l'ensemble du territoire syrien. Olli Heinonen, chef de la délégation, avait débarqué il y a quelques jours de cela à Damas pour donner suite aux accusations de la Maison Blanche qui affirme avoir détecté, images satellites à l'appui, une usine clandestine de fabrication de bombe atomique au nord-est de la Syrie. La même que l'aviation sioniste prétend avoir détruit en 2007, lors d'un raid aérien mené au mépris total du Droit international. Or cette visite que les responsables damascènes ont favorisée dans l'unique objectif de prouver leur bonne foi au monde entier n'a rien donné, si ce n'est une preuve irréfutable de la vacuité des incriminations gratuites des Américains. Le fait que ces derniers veuillent l'extension de la mission de l'Agence dévoile d'ailleurs et de façon on ne peut plus catégorique, l'extravagance de leurs propos, la fausseté d'une campagne qu'ils ont montée de toute pièce en prévision de leurs plans ultérieurs. Puis il y a caché derrière cet appel, la mauvaise volonté d'une Amérique en quête de se creuser, via le canal onusien, un chemin au cœur même du camp ennemi pour en espionner, on s'en doute, les capacités militaires et défensives. Reste à savoir si l'AIEA est prête ou non à se prêter à ce nouveau jeu dangereux, à appuyer l'Amérique dans ce qui ressemble fort à une tentative destinée à ouvrir un énième front dans la guerre totale qu'elle mène contre les états indépendants. Le bilan d'action de l'Agence face au maximalisme exacerbé de l'Amérique dans le cadre du dossier nucléaire iranien est particulièrement décevant. Espérons qu'il le soit moins dans le cas de la Syrie.


Samedi 28 Juin 2008

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