Economie et pouvoir financier

“L’Amérique a vaincu Hitler, mais, par elle, l’hitlérisme a vaincu” Note sur Le Totalitarisme pervers, d'Alain Deneault


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Bruno Adrie
Lundi 29 Janvier 2018

“L’Amérique a vaincu Hitler, mais, par elle, l’hitlérisme a vaincu” Note sur Le Totalitarisme pervers, d'Alain Deneault
Alain Deneault nous invite à penser les multinationales non pas comme des entreprises mais comme une nouvelle forme de souveraineté, une forme totale, engagée dans toutes les sphères de l’activité humaine.

Les puissances d’argent, qui, autrefois, utilisaient l’État comme un instrument pour satisfaire leurs ambitions, ont compris qu’elles devaient s’en débarrasser le plus possible et n’en maintenir que la portion congrue, qu’une partie visible et apparemment agissante aux yeux du commun, en détournant, en délocalisant, en décentrant et en recentrant les prises de décisions. L’État ne doit plus être qu’un décor, une scène destinée à attirer les regards pour mieux hébéter l’intelligence et faire ignorer le grand changement qui se joue dans le secret des alcôves patronales. Pas étonnant que la démocratie recule et se trouve peu à peu vidée de substance devant la privatisation du fait politique. Pas étonnant que notre démocratie se soit trouvé réduite, lors des dernières présidentielles, à choisir entre le commis zézayant des puissants et la fake Walkyrie de Montretout dont les médias ont fait la promotion pour mieux la désigner comme bête à abattre au deuxième acte de cette comédie en deux actes…

Ceux qui ne voient dans le totalitarisme qu’un État policier et répressif en sont restés aux photographies en noir et blanc des années 20 et 30. Ils ne voient dans le totalitarisme que défilés de bottes, forêts de bras levés – il est vrai qu’il y en a encore chez notre allié ukrainien – ou étendards géants déroulés, surplombant des dictateurs crispés et grimaçants dans des uniformes au boutonnage parfait. Mais le totalitarisme, ce n’est pas cela. Ces images ne présentent qu’une version du totalitarisme, qu’un allèle du totalitarisme adaptée au milieu d’autrefois. Le totalitarisme d’aujourd’hui est joyeux et coloré et la violence qu’il exerce est aussi joyeuse et colorée – même si la répression n’est jamais loin. Le totalitarisme d’aujourd’hui s’est déboutonné, son pouvoir s’est fait soft. Et ce n’est pas ça qui le définit. Ce qui le définit, ce n’est ni l’apparence donnée à sa violence, ni la façon dont il l’applique à la société, mais contre qui, précisément, il la dirige. Et il la dirige toujours contre les mêmes ennemis, contre les salaires et contre la pensée, contre les salaires qui raccourcissent les profits et contre la pensée qui démonte les échafaudages de mensonges inventés pour supporter les vices du système d’accumulation capitaliste.

Et pour ce faire, pour mener à bien son offensive, le totalitarisme n’a plus besoin de massacrer des syndicalistes – il le fait encore, mais aux périphéries -, car il suffit de les acheter ou de les neutraliser sous un infatigable déversement de propagandes qui les présentent comme les preneurs d’otages et comme des conservateurs agrippés à leurs privilèges dans un monde qui bouge, qui change et auquel ils refusent de s’adapter. Il n’a pas non plus besoin de fusiller des révolutionnaires puisque les Karl Liebknecht et les Rosa Luxemburg d’antan ont laissé place à des radicaux assagis, à des petits-bourgeois indignés, à des agités mais pas trop, volontairement enfilés dans la camisole des élections à bulletins préimprimés, dans la camisole de la palabre interrompue par les empoisonneurs de radio et de télévision, dans la camisole d’une Assemblée qui n’est plus qu’une grande cellule capitonnée dans laquelle des paraphréniques en costards jouent aux élus et font semblant de se chamailler.

Georges Bernanos avait compris tout cela quand il écrivit en 1947, un an avant sa mort : « L’Amérique a vaincu Hitler, mais, par elle, l’hitlérisme a vaincu » (La France contre les robots, 1947).

Alain Deneault
Le Totalitarisme pervers
D’une multinationale au pouvoir
Rue de l'échiquier, 2017
128 p., 13 €
ISBN : 978-2-37425-077-9
EAN : 9782374250779


Merci à Bruno Adrie
Source: https://brunoadrie.wordpress.com/2018/01/24/lamerique-a-vaincu-hitler-mais-par-elle-lhitlerisme-a-vaincu-par-bruno-adrie/
Date de parution de l'article original: 24/01/2018
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22561


Lundi 29 Janvier 2018


Commentaires

1.Posté par maisoui maisoui le 20/02/2018 18:58 | Alerter
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ce ne serait pas plutôt l'URSS qui a vaincu Hitler , alors que les financiers américain investissait dans l’Allemagne nazie et que la standard oil vendait a hitler de quoi faire le carburant pour ses machines de guerre.

comment lire un article dont la moitié du titre est une idiotie ,,,
par ce que les financement venant d'outre atlantique on façonné l'allemagne nazie

et en plus commment comparer l'impact d'un corps expeditionaire de 250000 homme au 20 millions de morts sovietique , et a la grande bataille de stalingrad qui scelle la défaite de berlin .

2.Posté par yukof le 21/02/2018 14:59 | Alerter
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@ maisoui
lol jusqu'en 1941, l'URSS et le régime Nazie était alliée, ont combattu ensemble la Pologne et l'URSS fournissait matérielle et ressources naturelles necessaire à Hitler dans sa guerre de conquete ...

c'est Koursk qui a été le tournant de la guerre pas Stalingrad

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