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L'Amérique a renoncé au suicide - mais ça ne change rien


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Dmitri Kossyrev
Samedi 19 Octobre 2013

L'Amérique a renoncé au suicide - mais ça ne change rien
Les Américains et la communauté internationale savaient bien que la crise budgétaire ne mènerait pas à la fin du monde, que l’un des deux camps ferait marche arrière. C'est exactement ce qui s'est passé : démocrates et républicains ont trouvé un terrain d'entente, le président Obama a signé la loi de finances et une nouvelle augmentation du plafond de la dette publique.
Rendez-vous est donc pris en janvier pour un nouveau marchandage sur la dette… L’atmosphère aura changé : l'une des principales conséquences de la crise aux USA est que certaines personnes croient qu'une catastrophe globale, bête et insensée, est réelle et pourrait encore se produire.
Un avion tombé comme pierre
L'économie n'est pas une science exacte : beaucoup trop de choses reposent sur le "facteur humain", c'est-à-dire la certitude ou l’incertitude de millions de personnes, leur optimisme ou leur pessimisme, etc. Les voitures que l’on voit dans les rues des grandes villes russes illustrent bien le processus de choix irrationnel d'un produit. Une citadine compacte suffirait au quotidien mais le client choisit un immense 4x4…
Autre exemple : si tous les passagers d’un avion, les pilotes, les passagers  et les hôtesses de l'air pensaient d’un coup que cet énorme tas de ferraille ne peut pas voler, l'appareil tomberait comme une pierre. C'est ce qui a failli arriver à l'économie américaine - voire mondiale.
En réalité, cette économie arrive à tenir grâce au Trésor américain qui y injecte 85 milliards de dollars tous les mois. Tout le monde le sait, tout le monde est content. Dès le moment qu'on a évoqué l’arrêt de ces perfusions les économies de l'Inde, de la Russie et du Brésil ont commencé à rencontrer des problèmes et même en Chine la croissance a ralenti. Heureusement que nous avons le G20 ! On y parle de ce genre de choses en présence des plus grandes économies mondiales. On fait tout ensemble : la stabilité est garantie.
Lors du dernier sommet à Saint-Pétersbourg, tous les dirigeants du monde tenaient pour acquis qu'au final les républicains allaient s’entendre avec les démocrates, que les USA boucleraient leur budget et pourraient rembourser leurs dettes. Personne n'a sérieusement mentionné la réaction de l'économie mondiale si les Etats-Unis annonçaient un défaut de paiement.
En privé, les banquiers et les économistes reconnaissent qu'il n'y a rien à discuter : le monde entier s'effondrerait et reviendrait à l'économie naturelle. Il est impossible de trouver une solution de sauvetage dans cette situation.
Le système financier est devenu un immense kyste artificiel, accroché au corps de l'économie réelle. Mais même lorsque ce système a montré ses failles en 2008, personne n'a rien pu y faire. D'abord, il y a eu beaucoup de débats. La France a pris la tête du camp qui exigeait d'établir un contrôle sur Wall Street. C'est pour ça que le G20 avait été créé. Mais le système reste identique. On le surveille de près et on discute activement de la situation.
Le G20 est en fait incapable de raisonner quelques républicains moyens de province, qui ne pouvaient pas se taire dans la confrontation avec les démocrates et s'étaient donnés l'ordre de ne jamais battre en retraite – ou plutôt jusqu'au dernier moment : le 17 octobre.
Tout ça pour le plaisir d'une bonne bagarre ?
Au final voilà ce qui s’est passé aux Etats-Unis : l'aile conservatrice du parti républicain - même pas le parti entier - s'est dit qu'il "valait mieux la mort qu'Obama", et que l'électeur "comprendrait". Ils ont tenu héroïquement en prenant le risque de faire tomber toute l'économie du pays, et ensuite le monde. Même les républicains – la fraction raisonnable - cherchaient ces dernières semaines un moyen de contourner, tromper et vaincre par la supériorité numérique cette mouvance au sein de leur parti. L'arithmétique a montré que ce n'est pas si simple.
Tout s'est finalement arrangé hier soir.
Il est très difficile de s'y retrouver dans cette crise : il y a trop d'informations. Tous les jours depuis des semaines, des centaines de revues américaines ont publié des dizaines d'articles à ce sujet.
Un contributeur du Washington Post a notamment tenté d'expliquer pourquoi la crise actuelle ne se reproduirait pas à l'issue de l'accord budgétaire : parce que contrairement à l'histoire similaire de 1995-1996, même les républicains conservateurs ne croyaient pas aujourd’hui qu'ils arriveraient à quelque chose, écrit l'auteur. Quand ils verront la vague de colère sociale monter vers eux, ils se calmeront pour de bon.
Regardez, les enfants : comme il ne faut pas vivre
Récemment, une grande délégation de jeunes russes s'est rendue à Washington dans le cadre de l'un des nombreux programmes américains pour propager leur démocratie dans le monde entier. Cette délégation est donc venue voir un gouvernement sans budget et en congés… A une époque, on disait de l'URSS : c'est un pays utile pour le monde entier car nous pourrons le montrer à la génération qui grandit en disant "regardez, les enfants, comme il ne faut pas vivre"…
On ignore si cette fois le monde pourra en tirer d'autres conclusions. Au G20, depuis des années, les pays des Brics cherchent à établir leur contrôle sur le FMI et d'autres structures financières internationales – en vain. Au final, ils créeront leurs propres structures parallèles. Mais en cas de catastrophe, sera-t-il vraiment utile d'"isoler" l'économie mondiale de son acteur principal ?

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction Ria Novosti


Samedi 19 Octobre 2013


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 20/10/2013 13:21 | Alerter
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Ce système de l'économie mondialisée est un vrai casse-tête et pose un très gros problème.

Il est clair que toutes les tentatives, pour l'instant réussies, d'empêcher l'économie américaine de s'effondrer en évitant la chute totale du dollar, ne sont, au mieux, que des tentatives de reculer une échéance qui tôt ou tard se manifestera d'une manière implacable. L'économie américaine ne repose que sur la dette et uniquement sur la dette. Arrivera un temps, proche maintenant, où le pays tout entier sera en défaut de paiement. Totalement ruiné. A force d'injecter des milliards de dollars, cette monnaie ne vaudra plus rien. Alors que fera le monde ? Toutes les économies sont reliées au dollar, monnaie de référence, et donc, à l'économie américaine. Mais lorsque cette économie sera totalement ruinée, sur quoi s'adossera le dollar ? Et quelle sera sa valeur ? Rien du tout.

Autant dire que de système économique dominant aujourd'hui est démentiel. Il est impossible, humainement ,socialement, voire mathématiquement qu'il puisse encore durer longtemps. On comprend d'ailleurs mieux la tentative de l'oligarchie mondiale d'instaurer une domination totale de l'humanité, pour sauvegarder ses privilèges, et peu importe le coût humain et social.

Mais si ce système est démentiel et qu'il continue à faire ses dégâts c'est que ses propagateurs sont eux-mêmes atteints d'une sérieuse déficience mentale. La question se pose avec une acuité douloureuse : pouvons-nous changer ce système pour éviter une catastrophe mondiale remettant en cause toute vie sur Terre ? L'humanité actuelle, dans sa large majorité est-elle consciente des enjeux et des implications de la perpétuation de ce système économique absurde ? Il est permis d'en douter au vu de la mollesse des réactions. C'est un travail de fond. Les choses ne peuvent pas changer du jour au lendemain. Il faut progressivement que l'humanité prenne conscience des enjeux et souhaite le changement radical pour une société qui a du sens et où l'être humain n'est pas considéré comme une marchandise ou qu'elle n'est vouée qu'à s'adonner à la satisfaction de ses sens dans ce qu'il y a de plus abject. Pire que des animaux.

Un travail se fait. Des gens se rencontrent, réfléchissent, et commencent à étudier la possibilité d'élaborer un autre projet de société. Mais tout cela prend du temps. Le travail à faire est titanesque est très complexe. Mais en parallèle, il importe de développer l'information, de faire prendre conscience à un maximum de personnes dans le monde des implications de ce système actuel et de ses dangers de façon à établir une résistance qui ralentira considérablement l'action de l'oligarchie mondiale. Ce faisant, nous aurons le temps de préparer l'élaboration d'un autre paradigme de société et pouvoir le mettre en place progressivement sans avoir à gérer une catastrophe mondiale.

2.Posté par negus le 20/10/2013 14:56 | Alerter
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Comme toujours la même mascarade digne des films hollywoodiens,débat futile entre républicains et démocrates sur une histoire de rehaussement du plafond de la dette,sachant très bien que celle ci a largement explosé

3.Posté par Saber le 20/10/2013 23:16 | Alerter
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Tous les acteurs économiques du monde entier sont attachés au guide qui gravit dangereusement le sommet de la dette; s'il tombe, tous les alpinistes tomberont avec lui.

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