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L'Afrique demande deux sièges permanents et le droit de veto


Elle représente 70% des décisions du Conseil de sécurité

«Parfois des décennies passent et rien ne se passe, et parfois, des semaines passent et des décennies trépassent». Depuis près d'un an, l'actualité du monde arabe illustre de façon éclatante cette formule de Lénine. Un dictateur après l'autre tombe sous la pression conjuguée des forces sociales internes, et dans le cas de la Libye de l'intervention militaire occidentale.


Hamid Fekhart
Vendredi 11 Novembre 2011

L'Afrique demande deux sièges permanents et le droit de veto
Le débat sur la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU est certes vieux, mais à la lumière des bouleversements qu'a connus le monde arabe ainsi que ceux attendus, il acquiert plus d'acuité et de pertinence. Comment ça peut être autrement quand de grandes décisions sont prises sans le concours des parties les plus concernées ? Ici, l'on parle bien évidemment des pays sous développés, et dire pays sous-développés c'est dire, entre autres, l'Afrique, depuis longtemps déchirée par des conflits armés à n'en pas finir, et récemment secouée par d'autres conflits dénommés ‘’le printemps arabe’’. Ainsi les pays sous-représentés, voire pas représentés du tout, re-montent au créneau pour exiger, une fois de plus, la réforme de ce Conseil, osons le dire, partial et qui ne sert que les intérêts des pays impérialistes. En effet, les représentants de plusieurs pays, avec plus d'envergure des pays africains, ont fortement critiqué, avant-hier, à l'Assemblée générale de l'ONU, le fonctionnement dudit Conseil et l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations sur les changements à apporter pour une représentation équitable. Ils demandent deux sièges permanents pour l'Afrique, mais aussi le droit de veto. Intervenant au nom du Groupe des Etats d'Afrique, le représentant du Sierra-Leone ne mâchera pas ses mots. Il a relevé, en effet, ‘’l'injustice’’ faite à l'Afrique, qui représente 70% des décisions du Conseil de sécurité tout en étant sous représentée. La réforme du Conseil de sécurité, a-t-il souligné, doit traduire la volonté commune des deux tiers des Etats membres de l'ONU. Conformément au Consensus d'Ezulwini et à la Déclaration de Syrte, le continent africain réclame deux sièges permanents, avec toutes les prérogatives qui s'y rattachent, y compris le droit de veto et cinq sièges non permanents, a-t-il souligné. Le représentant de l'Algérie, M. Mourad Benmehidi, a rappelé, lui aussi, l'attachement de sa délégation à la position africaine telle qu'énoncée dans le Consensus d'Ezulwini pour l'attribution de pas moins de deux sièges permanents, «avec tous les privilèges et droits inhérents à cette catégorie, y compris le droit de veto», ainsi que deux nouveaux sièges non permanents à l'Afrique. Au nom du Mouvement des pays non alignés, le représentant de l'Egypte a aussi mis l'accent sur ‘’l'injustice historique’’ faite à l'Afrique pour appeler à une réforme du Conseil de sécurité qui améliore la représentation du continent. Dans ce sens, il a appuyé les propositions du Consensus d'Ezulwini et de la Déclaration de Syrte, selon lesquelles l'élargissement de la seule catégorie des membres non permanents n'est pas une option pour l'Afrique et que le droit de veto doit être accordé à tous les nouveaux membres permanents. Il a prévenu que les Etats d'Afrique pourraient demander plus de sièges permanents et non permanents s'ils voient que des régions plus petites obtiennent plus de sièges que ne l'exige leur taux de représentation. Dans son intervention, le représentant de la Tunisie a affirmé que le Conseil de sécurité ne doit en aucun cas devenir le ‘’club privé’’ de pays aux privilèges spéciaux, considérant que ce serait là un danger pour les résolutions qu'il adopte. La Tunisie, a expliqué le représentant, appuie la position de l'Union africaine telle que reflétée dans le Consensus d'Ezulwini et la Déclaration de Syrte. «Il est temps, dira-t-il, de remédier à la situation actuelle qui prive depuis toujours le continent africain d'une présence permanente au Conseil de sécurité», a-t-il insisté.

Les Etats-Unis pas prêts à une réforme du droit de veto.

Un même appel a été fait par le représentant du Venezuela qui a réitéré la position de son pays qui consiste en une augmentation du nombre des membres permanents et non permanents pour y inclure des pays en développement d'Afrique, d'Asie, et d'Amérique latine et des Caraïbes, sur la base d'une formule de 25 ou 26 membres. Les peuples de ces continents se sont vus privés de l'exercice de cette responsabilité depuis plus de 60 ans», a-t-il observé, estimant en outre que le veto était un mécanisme «anachronique et antidémocratique», en opposition avec le principe d'égalité souveraine des Etats, et a plaidé pour l'élimination ou la limitation de son utilisation, en vue d'une suppression totale. Lors de ces débats, la Chine a souhaité que la réforme du Conseil se fasse en vertu de la Charte des Nations Unies, et qu'elle permette une meilleure représentation des pays en développement, notamment le continent africain. Pour sa part, la représentante des Etats-Unis s'est dite favorable à l'élargissement du Conseil d'une manière qui ne diminue en rien son efficacité, soulignant que son pays appuie un élargissement du nombre des membres permanents et non permanents. Elle a, toutefois, estimé que l'élargissement de la catégorie des membres permanents devrait se faire au cas par cas, et que les Etats-Unis ne sont pas prêts à appuyer une réforme qui modifie la structure actuelle du droit de veto. C'est clair que la structure actuelle de ce droit arrange bien les maîtres du monde et une modification quelconque ne fera que nuire à leurs projets néo-expansionnistes.

Hamid Fekhart


Vendredi 11 Novembre 2011


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