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L'AIEA éclaircit le vecteur militaire iranien



Lundi 30 Janvier 2012

L'AIEA éclaircit le vecteur militaire iranien
Aujourd'hui, commence la visite de trois jours de la délégation de l'AIEA en Iran qui tentera d’obtenir des informations sur le vecteur militaire éventuel du programme nucléaire iranien.

On voit même d’après le niveau élevé de la délégation – en font partie des hauts fonctionnaires de l'agence Herman Nackaerts et Rafael Grossi - que l'AIEA accorde à la visite à l'Iran une importance particulière. Ils espèrent obtenir l'accès aux sites nucléaires iraniens et aux  documents mentionnés dans le rapport de l'AIEA datant du mois de novembre qui a joué un rôle clé dans l'aggravation de la situation autour de l'Iran. Il s'agit du modelage informatique des explosions nucléaires, de la fabrication des détonateurs et des expériences avec les composantes de l'arme nucléaire. Téhéran, selon l'avis de l'AIEA, mène ces travaux depuis longtemps.

Le chef de l'AIEA Yukiya Amano a exprimé l'espoir que la visite se passerait «dans un esprit constructif». À son tour, Téhéran s’est dit prêt à examiner n'importe quels sujets, y compris les sujets supposés militaires, mentionnés dans le rapport. L'expert de l'Institut de l'orientalisme de l'Académie des Sciences de  Russie Boris Dolgov prend la parole.

«Le rapport, au fond, n'a rien ajouté de nouveau à ce que les inspecteurs de l'AIEA connaissaient déjà. Dans ce rapport, on avait tout  simplement réuni les documents précédents. C'est pourquoi je pense que l'Iran accordera les documents nécessaires, puisqu'il le faisait auparavant».

À vrai dire, cela ne se rapporte pas totalement aux personnalités de la sphère nucléaire – à cause du meurtre d’un chercheur iranien qui travaillait dans le domaine nucléaire en janvier, car on prétend que ces contacts avec l'AIEA l’ont perdu.

Si la délégation se limite seulement aux thèmes du rapport, son voyage ne sera pas trop productif, trouve le Directeur du Centre des études politiques et sociales Vladimir Evseev.

«Chercher maintenant les réponses aux questions  apparues il y a 7 ans, c’est inutile. Il faut parler des problèmes actuels. Qu’est-ce qui nous inquiète maintenant en premier lieu? La situation réelle dans l’usine de l’enrichissement de l’uranium  de Fordow, située près de la ville de Qom».

Les sources dans l'AIEA supposent que les Iraniens feront des concessions partielles, mais on ne peut toujours pas compter sur une coopération complète. Le succès de la visite dépend de cet aspect, entre autres: à quel point Téhéran aspire à éviter les nouvelles sanctions.

L'inspection actuelle est appelée une sorte de «papier de tournesol» pour éclaircir la position de Téhéran aux prochaines négociations des six médiateurs (la Russie, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, l'Allemagne). Cependant, la situation générale autour de l'Iran ne le pousse évidemment pas au dialogue. Premièrement, l’UE a renoncé au pétrole iranien, et trois membres du «groupe des Six» sont aussi ceux de l’UE. Deuxièmement, en mars, se passeront les élections au parlement iranien. A la veille, il est peu probable que  les chefs de l'Iran acceptent  une grande transparence dans la sphère nucléaire, puisque l'opposition les accusera de trahison des intérêts nationaux. De sorte que même les négociations avec «les Six» ne  sont pas sures, estime Vladimir Evseev.

«Si les négociations ont lieu, il est difficile de compter sur quelque résultat positif. En même temps, je suis persuadé que le fait lui-même de leur tenue serait un grand pas en avant. Maintenant, il ne s'agit pas de la solution du problème nucléaire iranien - c’est tout à fait irréaliste. On peut parler seulement des moyens d’arrêter l'escalade de la crise entre l'Iran et l'Occident. Il faut tenir des négociations pour cela, même si elles n'auront pas de résultats sérieux».

Entre-temps, le parlement iranien se prépare à adopter à la séance du 29 janvier la mesure préventive: l’interdiction de  l'exportation du pétrole en UE, son embargo entre en vigueur seulement le 1 juillet. Et cela aggravera encore plus la crise entre l'Iran et l'Occident.

french.ruvr.ru/



Lundi 30 Janvier 2012


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