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Jacques Borde fait un point sur la situation en Libye


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diego
Jeudi 28 Avril 2011

Jacques Borde fait un point sur la situation en Libye
Jacques Borde, spécialiste des questions internationales et du Moyen-Orient,
analyse la situation en Lybie au 26 avril 2011.

Q – Où en est-on du conflit ?

Jacques Borde – En fait, la Guerre de Libye conduite par l’Axe atlantique,
ne va pas très fort ! Je sais : j’ai l’air de rabâcher, mais ça n’est
pas moi qui le dit, mais un expert en la matière, puisqu’il s’agit du
Chairman of the US Joint Chiefs of Staff (CJCS, chef d’état major
interarmes), l’amiral Michael Glenn Mike Mullen, en personne. « On se dirige
certainement vers une impasse », a, en effet, déclaré à Bagdad l’amiral
Mullen lors d’une visite aux troupes d’occupation américaines. « Dans le
même temps, nous avons réduit entre 30 et 40% du gros de ses forces
terrestres, de ses capacités au sol. Et elles vont continuer à diminuer avec
le temps », a-t-il précisé. Ce qui voudrait dire, qu’entre 60% et 70%
d’entre elles ont échappé aux frappes massives otaniennes. Ce qui en
signifie pas, pour autant, que ce pourcentage soit opérationnel.

De son côté, je ne sais plus si je vous l’ai déjà dit, le Pr. Mathieu
Guidère a estimé le nombres de blindés lourds loyalistes détruits à une
centaine d’engins. Pas plus. Cela donne, en tout cas, une idée des capacités
réelles des forces de l’Axe atlantique à conduire cette guerre avec
l’efficacité qu’elles prétendent. En un mot comme en cent, si on est bien
en Libye, ça n’est franchement pas le Pérou !

Q – Que pensez-vous de l’offre de Kadhafi de refiler la patate chaude de
Misrata aux tribus, tout en retirant ses forces régulières de la ville ?

Jacques Borde – A priori, cela semble fort habile.

Q – Les Occidentaux, et tout particulièrement les Européens ne risquent-ils
pas, de leur côté, d’armer les insurgés ?

Jacques Borde – Probablement. La tentation va être grande. Mais les risques
aussi. Encore plus, même.

Q – En quel sens ?

Jacques Borde – Armer les factions que l’on contrôle – ou en
l’espèce, qu’on CROIT contrôler – est un vieux truc de forces
d’occupation. Tout le problème est que sa maîtrise reste délicate. Je vais
vous donner deux exemples.

Le premier a assez bien marché vu qu’il s’agit de l’Armée du Liban
Sud(1), la milice qu’avait récupéré Tsahal dans la partie du pays des
cèdres qu’elle occupait. À défaut de combattre très efficacement, les
miliciens de l’ALS ont servi de force-tampon encaissant des coups très durs
de la part de la Résistance Croyante(2). Tout au long de son existence, les
pertes en équipements et armements ont toujours semblé supportables aux
logisticiens israéliens.

Second exemple, qui a beaucoup moins fonctionné : l’Irak. « Entre 2003 et
août 2006 », rappelle Jacques Baud, citant l’Office of the Special Inspector
General for Iraq Reconstruction(3), « les États-Unis ont fourni aux nouveaux
ministères irakiens de la Défense (forces armées) et de l’Intérieur
(services de sécurité et police) quelque 370.251 armes légères, pour un
montant total légèrement supérieur à 133 M$US. Or, un audit mandaté par le
Département de la Défense a montré que seuls 2,7% des armes (soit environ
10.000) ont fait l’objet d’un enregistrement de leur numéro se série selon
les normes et que 14.030 armes ont échappé purement et simplement à tout
enregistrement »(4).

Q – Tiens, puisqu’on parle des Américains, l’agenda états-unien a-t-il
changé ?

Jacques Borde – Difficile à évaluer. Comme on dit chez moi, dans les
Pyrénées, les Américains sont sur ce dossier « francs comme des ânes qui
reculent » ! Par ailleurs, on ne peut pas dire que le le chef d’état major
interarmes, se soit montré très disert. L’amiral Michael Glenn Mike Mullen,
a surtout rappelé ce que l’on savait déjà. À savoir que la « communauté
internationale » (sic) s’accordait à réclamer le départ de Kadhafi, tout
en admettant ne pas savoir combien de temps il faudrait pour parvenir à ce but.
« Chaque action entreprise par les pays se poursuivra pour faire pression sur
lui jusqu’à ce qu’il parte. Est-ce qu’il finira par comprendre ? Je
n’en sais rien », a reconnu Mullen.

En fait, c’est à un autre titre que les propos de l’amiral Mullen me
semble peu rassurants. Pour la coalition, il s’entend…

Q – Qu’est-ce à dire ?

Jacques Borde – Que le Chairman of the US Joint Chiefs of Staff ne semble pas
montrer un grand intérêt pour le front libyen, qu’il a l’air
d’abandonner quelque peu à ses petits camarades français et britanniques.

Q – Est-ce une voix isolée ?

Jacques Borde – Pas vraiment. Interrogé par les journalistes, le US
Secretary of Defense (ministre de la Défense), Robert M. Gates, le patron
direct de l’amiral Mullen, a, une fois de plus, réaffirmé que son pays
n’avait pas l’intention d’envoyer de troupes, ni de conseillers militaires
en Libye. À l’entendre, les États-Unis n’étofferont pas non plus leurs
effectifs en Libye parce que cette guerre « coûte trop cher » pour
Washington. Robert Gates n’a pas, non plus, manqué de rappeler que les
troupes US sont déjà « trop éparpillées » dans le monde. Ce qui est
rigoureusement exact.

« 100.000 hommes en Afghanistan, 50.000 hommes en Irak… 18.000 Marines
aident le Japon à rétablir la situation après le séisme et le tsunami. Nous
n’avons jamais eu le moindre doute que le rôle des États-Unis en Libye
serait limité », a souligné le ministre US de la Défense. Fermez le ban !

Q – On a aussi parlé d’un déficit de moyens, côté européen. Que
pouvez-vous nous en dire ?

Jacques Borde – Ce sont surtout les media états-uniens qui ont creusé cette
piste. Ce qui ne veut pas dire qu’ils aient torts. Ni raison d’ailleurs. Les
media francophones et français ont été plus discrets. En revanche, une note
confidentielle, pour le moins surprenante, est parue dans la presse
spécialisée. Air & Cosmos, dont le sérieux n’est plus à démontrer, a
écrit, je vous la livre en totalité, que « dans les jours qui viennent, les
aviateurs français vont utiliser un « nouvel armement » en Libye : des bombes
inertes, dites « bombes de béton ». En fait, il s’agit de corps de bombe
d’entraînement de 250 kg non explosives faites à base de résine lourde dont
de récents tests, conduits par le CEAM, ont démontré l’efficacité contre
les chars et les véhicules de combat. Avec pour avantage de réduire au maximum
les risques de dommages collatéraux »(5). Intéressant, non ? Évidemment, vu
de l’autre bout de la lorgnette, on pourrait aussi écrire que « l’armée
de l’air en est réduite à utiliser des bombes d’exercice » ! Alors, où
se trouve la vérité ?

Quitte à vous paraître méchant, je dirai plutôt que c’est davantage un
déficit de résultats auquel nous assistons.

Q – Dans quel sens ?

Jacques Borde – Prenez simplement les résultats des raids. Le jeudi 21 avril
2011, les appareils de l’Otan ont effectué 152 missions, dont 62 sorties de
combat. Résultat des courses : SEPT chars et TREIZE dépôts de munitions
détruits. Et encore, TREIZE sites présentés comme des dépôts de munitions
loyalistes, devrais-je dire.

Si l’on reprend le chiffre de la centaine de blindés liquidés avancé par
le Pr. Guidère, ce ratio doit être rapporté, pour être évalué
correctement, au total du travail accompli par, l’aviation de l’Axe
atlantique. Soit : 3.300 missions, dont 1.373 de combat, depuis le 31 mars où
l’Alliance a pris le commandement de l’opération internationale en Libye.
Pas très exaltant tout ça !

Q – Va-t-on assister à un déploiement au sol ?

Jacques Borde – La France continue de soutenir cette option contre vents et
marées et plaide pour ce qu’elle appelle confusément une « opération
militaire de soutien à l’aide humanitaire » (sic) destinée à Misrata. La
porte-parole adjointe du Quai d’Orsay, Christine Fages, s’est encore
exprimé en ce sens, vendredi. la diplomatie française.

« Face à l’aggravation de la situation humanitaire, en particulier à
Misrata, la planification d’une opération militaire de soutien à l’aide
humanitaire se poursuit à l’état-major multinational de Rome » a,
notamment, déclaré Mme Fages lors de son point de presse.

Q – Et les salafistes, là-dedans ?

Jacques Borde – Là, je vous arrête. Le terme de « salafiste » est
inapproprié. Le salafisme est un mouvement réformateur, parfaitement
respectable, qui a donné de grands réformateurs à l’Islam. Ceux que vous
désignez sous ce terme, qu’ils reprennent, d’ailleurs, volontiers à leur
compte, sont davantage des déviants que des disciples. Lisez ce qu’a écrit
le Pr. Charles Saint-Prot(6) qui développe dans son Islam : l’avenir de la
Tradition entre révolution & occidentalisation une idée apaisée de l’Islam
en exposant que le véritable Islam, notamment largement l’Islam salafiste,
est celui de la religion du « juste milieu » (dîn al wasat), celle d’une
tradition réformiste, pratiquant l’ijtihad (l’effort d’adaptation) dans
les affaires relatives à la vie sociale (mouamalat). Cette tradition
réformiste est à l’opposé des dérives extrémistes minoritaires qui sont
celles dont s’inspirent les djihâdistes.

Pour simplifier vos salafistes, comme vous les appelez ont à peu près autant
de rapport avec le salafisme original que tous les psys prétendant se référer
à Sigmund Freud.

Q – Vous ne croyez pas à la menace djihâdiste, en Libye, je veux dire ?

Jacques Borde – Oui, Oui Mais et, Non. Décryptons : Oui, dans la mesure où
des voix, notamment celle, ô combien exercée à traiter de ces problèmes dans
la régions qui nous préoccupe, du président tchadien, Idriss Déby Itno, ont
rappelé le rôle de groupes comme l’Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah
bi-Libya (Groupe islamique combattant) sont effectivement présents en Libye.

Oui mais, ensuite. Parce qu’il ne faut jamais oublier que derrière tout
terrorisme djihâdiste, comme vous l’appelez, se cachent, aussi, des
motivations locales et intrinsèques aux acteurs du pays. C’est ce qu’a
clairement expliqué n°2 du Foreign Office, David Miliband lorsqu’il
déclarait que « L’idée d’une « guerre contre la terreur » a donné
l’impression d’un ennemi unifié et transnational incarné dans la figure
d’Ossama Bin-Laden et Al-Qaïda. La réalité est que les motivations et les
identités des groupes terroristes sont disparates. Le Laskhkar-é-Toïba a ses
racines au Pakistan et dit que sa cause est au Cachemire. Le Hezbollah dit
qu’il existe pour résister à l’occupation des hauteurs du Golan. Les
groupes insurgés chi’ites et sunnites en Irak ont une myriade de demandes.
Ils sont aussi différents que les mouvements européens des années 70 comme
l’Ira, Baader-Meinhof et l’Eta. Tous ont utilisé le terrorisme et se sont
parfois aidés entre eux, mais leurs causes n’étaient pas unifiées et leur
coopération était opportuniste. Il en est de même aujourd’hui (…). La «
guerre contre la terreur » a aussi impliqué que la réponse correcte était
primairement militaire. Mais le général Petraeus m’a dit et à d’autres en
Irak, que la coalition ne pouvait tuer pour sortir du problème de
l’insurrection et du conflit civil »(7). Pour quelles raisons les choses
seraient-elles différentes en Libye, où le morcellement et l’attachement
tribaux sont omniprésents ?

Non, parce qu’il serait temps de ramener cette menace à de plus justes
proportions. Comme l’a rappelé Nicolas Gauthier, nous avons « …peur d’un
terrorisme islamistes qui depuis le 11 Septembre, a fait bien moins de morts que
celles occasionnées par les piqûres de serpents en Inde… »(8).

Q – Un peu fort tout de même ?

Jacques Borde – Oui, mais, outre que la formule n’est pas de moi, je dirai
qu’une forme de distanciation est nécessaire sur ce sujet. En quoi un
djihâdiste qui n’est reconnu comme islamiste par pratiquement aucun
dignitaire musulman de renommée internationale devait être labellisé du terme
de terroriste « musulman » ou même « islamiste » ? Les membres de
l’Óglaigh na hÉireann (Irish Republican Army, IRA) sont-ils pour autant
qualifiés de « combattants chrétiens » ou « terroristes catholiques »,
alors que l’attachement de la majorité de ses membres à l’Église
catholique romaine & apostolique ne saurait être niée ? Et ils ne sont pas les
seuls(9). Quid de l’Euskadi Ta Askatasuna (Eta) et de l’Asala(10). Comment
comptez-vous qualifier des groupes comme les Cadwyr Cymru(11) et le Byddin
Rhyddin Cymru Y Gweriniaethwyr 12gallois ? Le Dachnak arménien ? Et le Phineas
Priesthood, mouvement radical chrétien US, spécialisé dans les attaques de
banque et de cliniques pratiquant l’avortement ? D’ailleurs, avant de
vouloir régenter le monde en matière de terrorisme, les États-Unis seraient
bien inspirés de, d’abord, faire le ménage chez eux…

Q – Les États-Unis, comme État soutenant le terrorisme, c’est original ?

Jacques Borde – Et pourquoi pas ? Déjà, par son incapacité à faire le
ménage chez lui. Commençons par les chrétiens radicaux, notamment les
mouvements anti-avortement prônant la violence, tels que listés par Jacques
Baud dans son Encyclopédie des Terrorismes & Violences politiques :

Advocates for Life. Joli nom ? Mais nos avocats pour la vie de l’Oregon
prônent le meurtre des médecins avorteurs.

American Coaltion of Life Activists, une dissidence radicale d’Operation
Rescue.

Christian Action Group, du Mississippi, prône, lui aussi, le meurtre des
médecins avorteurs.

Collegiates Actrivated to Liberate Life.

Defensive Action. Prône le meurtre des médecins avorteurs et, pour faire bon
poids bonne mesure, celui de leurs avocats.

Helpers of God’s Precious Infants.

Life Enterprises. Prône le meurtre des médecins avorteurs, de ceux qui les
aident et de tous ceux qui militent pour le libre choix. Un remake US de notre
« tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

Life Ministries.

Missionaries of the Preborn National.

Operation Rescue.

Operation Rescue National.

Pro-Life Action Network.

Pro-Life Virginia.

Rescue America.

Mais, les États-Unis hébergent sans doute l’une des principales
organisations terroristes au monde : le Ku Klux Klan. En effet, le Klan compte
un total de 85, oui 85 factions ! Officiellement, il abrite deux principales
organisations dites « de combat » : les Keltic Kirk Knights of the KKK et les
Orion Knights of the KKK, qui ne sont rien d’autres que des milices armées et
sont impliqués dans des activités relevant largement du crime organisé de
type mafieux. Je finirai ce, court, énoncé du terrorisme états-unien avec The
Mountaineer Militia (TTM), milice de Virginie Occidentale qui, avant son
démantèlement par le FBI, cherchait à offrir ses services sur le « marché
» du terrorisme international…

Q – Mais ce ne sont pas des groupes religieux à proprement parler ?

Jacques Borde – Sauf qu’ils sont tous chrétiens, WASP pour être plus
précis et combattent les Juifs, les Catholiques, les Afro-Américains, les
Musulmans et, bien sûr, l’État fédéral. Or, étrangement, les seuls
groupes d’opposition armée qu’on labellise religieusement sont ceux qui ont
une composante musulmane. Sauf bien sûr si cela arrange leurs sponsors
occidentaux. Comme le Sazéman-é-Mujaheddin-e-Khalq-é-Iran (MeK, Organisation
des Combattants du peuple iranien), dont la composante religieuse, pour ne pas
dire mystique, est totalement mise sur la touche lorsqu’on parle d’eux.

Comble du ridicule, certains journalistes peu scrupuleux arrivent même à
étiqueter comme « musulmans » des groupes se définissant comme nationalistes
et non-confessionnels. Exemple : le Parti social nationaliste syrien (PSNS)(13),
dont les dirigeants sont des chrétiens de rite grec-catholique(14), ainsi que
leurs principaux martyrs (dont des femmes) morts au cours d’opérations
suicides.

Q – Donc nous avons une approche erronée de la menace terroriste dite,
selon-vous, islamiste ?

Jacques Borde – C’est le moins qu’on puisse dire. Laissez-moi vous lire
ce qu’en dit l’un des meilleurs spécialistes du genre, Jacques Baud,
lorsqu’il nous rappelle la nature défensive du djihâd :

« En Occident la notion du djihâd est mal comprise et souvent associée à
l’idée de croisade, de conquête et de guerre contre l’Occident. Or, la
traduction occidentale de « djihâd » par « guerre sainte » est inexacte et
nous renvoie au vocabulaire (chrétien !) des Croisades. En arabe, le mot «
guerre », dans son sens militaire, se traduit par « harb » ou « qital ».

« Le mot « djihâd » est étymologiquement lié à la notion de s’efforcer
(djahada), d’effort (djouhd) ou de résistance, de refus d’abandon aux
tentations. Il désigne avant tout la volonté de défendre à titre individuel
ou collectif l’Islam contre une agression extérieure, que celle-ci soit
d’ordre moral ou physique. Le djihâd est donc essentiellement une attitude de
l’esprit, qui cherche à préserver un ensemble de valeurs et qui suppose un
certain nombre de sacrifices pour y parvenir.

« Le « djihâd dans la voie de Dieu » (djihâd fi Sabil Allah ou djihâd fi
sabilillah) peut prendre des formes diverses et de nombreux exégètes musulmans
ont exprimé des vues différentes à ce sujet, qui ne sont pas nécessairement
contradictoires et appartiennent au débat intellectuel normal. Parmi les
nombreuses lectures possibles du djihâd, quatre formes sont plus fréquemment
évoquées :

Djihâd bil-Nafs (djihâd avec l’âme), qui est une lutte individuelle et
intérieure contre le mal. Il constitue également la forme supérieure du
djihâd (djihâd al-akbar) ;

Djihâd bil-Lisan (djihâd avec la langue), qui est la défense et la diffusion
de l’Islam par le verbe (da’awah), les sermons et l’écriture ;

Djihâd bil-Yad (djihâd avec les mains), qui est la défense de l’Islam par
ses actes, en pratiquant la charité, en prenant soin des déshérités, des
veuves et des orphelins, ainsi qu’en exécutant le pèlerinage de la Mecque ;

Djihâd bis-Sayf (djihâd avec l’épée), qui est la défense de la
communauté islamique, lorsqu’elle est attaquée par un ennemi extérieur. Le
fait de combattre pour la défense de la foi est également appelé « combat
dans la voie de Dieu » (qital fi sibil Allah). Il constitue la forme
inférieure du djihâd ».

Dans sa note associée à ce passage, l’auteur précise qu’ « à
l’époque où apparaît l’Islam, il n’y a pas de systèmes de sécurité
sociale, les populations du désert, souvent nomades et sur un territoire sans
frontières (califat) ne bénéficient pas de la protection et de l’aide
d’un suzerain - comme on le voit à la même époque en Europe - le bien-être
social dépend donc souvent de l’action individuelle. Le mariage avec
plusieurs femmes est ainsi autorisé, afin que les veuves de ceux qui se sont
battus pour l’Islam ne sombrent pas dans la misère »(15).

Q – Tiens, pour finir cet entretien : que font les Russes ?

Jacques Borde – Rien. Ou plutôt, si : ils parlent, commentent, condamnent…


Q – Et ?

Jacques Borde – Ils parlent, commentent, condamnent ! Des propos parfois,
même souvent, non dénués d’intérêt. Mais dont personne ne tient compte.
Côté occidental, je veux dire. Or, comme c’est le primus inter pares du camp
occidental – j’ai nommé la thalassocratie états-unienne – qui conduit
cette guerre, toute cette agitation ne sert pas à grand-chose.

Q – Et ces propos, quels sont-ils ?

Jacques Borde – Oh, je vais vous faire plaisir et vous citer ceux du Premier
ministre russe, Vladimir Poutine, qui a estimé que la résolution est «
viciée et inadéquate. Dès qu’on la lit, il devient évident quelle autorise
n’importe qui à prendre des mesure contre un État souverain. Dans
l’ensemble, cela me rappelle l’appel médiéval à la croisade ». Certes.
Mais rappelons qu’en l’espèce, Poutine ne nous apprend rien de bien
nouveau. C’est le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, qui a,
de lui même, reconnu qu’il s’agissait bien d’une « croisade ».

Q – La Russie ne vous a pas convaincu ?

Jacques Borde – Absolument pas.

Q – Elle aura, pourtant, tout fait pour se dédouaner ?

Jacques Borde – Oui. Mais c’est trop facile de se défausser de sa propre
irresponsabilité sur le dos des autres. C’est, visiblement, ce qu’a tenté
de faire le représentant de la Russie au Conseil de sécurité des
Nations-unies, M. Choukrin, lorsqu’il a affirmé que « La responsabilité des
conséquences humanitaires inévitables de l’emploi excessif d’une force
extérieure en Libye incombera clairement et entièrement à ceux qui
entreprendraient une telle action ». Certes. Mais j’ajouterai qu’une
responsabilité identique doit échoir à ceux qui se sont mis plus bas que
terre au sein de ce même Conseil de sécurité des Nations-unies, en n’y
imposant pas leur veto. À mes yeux, Moscou est aussi responsable que Paris,
Londres et Washington de ce qui se passe actuellement en Libye .

source: geostrategie.com


Jeudi 28 Avril 2011


Commentaires

1.Posté par .............................. le 28/04/2011 21:22 | Alerter
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Merci Monsieur, il en faut beaucoup des éclairés comme vous, afin que le monde prenne conscience que les sarkozy et cie sont dans les ténèbres..

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