Reflexion

Islam radical, quel avenir post- révolutions dans le monde arabe ?


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 25 Octobre 2018 - 11:16 La barbarie commence seulement

Jeudi 11 Octobre 2018 - 21:00 Le rêve du pape François


Les révolutions qui ont secoué la Tunisie et l’Egypte et qui vont sûrement encore secouer de nombreux sinon tous les régimes arabes, auront fait d’une pierre deux coups. Premières cibles abattues, les dictateurs et leur régime despotique appuyés par un arsenal de constitution, de lois et de décrets taillés sur mesure et par une machine gouvernementale corrompue à tous les échelons, véritable rouleau compresseur arbitraire.
Outre ces trophées, une seconde cible qui, si elle n’a pas été totalement touchée, aura du moins reçu un très gros coup qui va lui faire battre de l’aile pendant quelques temps. Ce sont les mouvements religieux intégristes et salafistes.


Fatma Benmosbah
Samedi 19 Février 2011

 Islam radical, quel avenir post- révolutions dans le monde arabe ?
Les révolutions auxquelles nous assistons depuis le mois de janvier sont le
fait de la seule jeunesse dont les deux leitmotivs récurrents sont : Liberté,
Dignité.  
La moyenne d’âge des manifestants qui ont tenu le haut du pavé se situait
entre 20 et 40 ans. Bravant la brutalité du pouvoir, leur ardeur et leur
courage ont brisé le mur de la peur. A toutes les menaces proférées par des
gouvernements qui se sont retrouvés en un temps record moribonds, ils ont
répondu avec hardiesse et fermeté : Liberté, Dignité.  
En durcissant, leur grogne révélait chaque jour un peu plus
l’inefficacité des armes de leurs dirigeants, tout comme elle révélait
l’inefficacité de leurs signaux lancés à l’étranger quant aux risques
courus si l’aide extérieure ne se manifestait pas.  

Société, islamisme et pouvoir
La confiscation du pouvoir par les équipes qui se sont retrouvées à leur
tête après les indépendances est la première blessure qui a poussé les
différentes couches des sociétés à opérer un repli sur soi. Ecartées du
jeu politique, elles n’ont même pas participé à la distribution des bons
points tels que refonte de constitutions ou promulgations de lois et décrets
leur accordant parfois de larges droits considérés aujourd’hui comme des
acquis très précieux.  
Vécue comme une duperie par les peuples, la gouvernance post coloniale a
entraîné le vide quasi absolu dans tous les domaines de la vie civile,
empêchant une reconstruction saine de l’identité nationale, qu’elle fût
panarabe ou panislamique, leviers des combats contre le colonisateur.  
La nature ayant horreur du vide, il était prévisible que les peuples
allaient tenter de reconquérir leur citoyenneté civile annulée par divers
moyens. En empruntant le chemin le plus court, bon nombre se sont acheminés
vers la foi. A la base, personnelle et individuelle, donc peu susceptible de
leur être arrachée, cette foi devient très vite une réponse aux maux qui
greffent les nations et le seul moyen de retrouver une dignité depuis longtemps
perdue. De plus en plus d’appels au Djihad se font entendre dans les mosquées
où la plupart des prêches deviennent des incitations à la lutte contre toute
autre forme de gestion de la société que celle prévue par le Coran, la Sunna
et la Sharia et à la mobilisation contre l’influence occidentale Sa perte de
crédibilité, l’Occident en sera lui-même à la fois instigateur et victime.

Malgré l’humiliation ressentie par toute la nation arabe au lendemain de la
guerre des six jours, c’est la première guerre du Golfe qui va voir se
cristalliser le sentiment de rejet d’un Occident perçu comme une entité
rapace et vorace, sans foi ni loi, pillant et détruisant tout sur son passage.
Exception faite pour une minorité, les valeurs occidentales ne représentent
plus le modèle à suivre. C’est pour les fondements de la Sharia que les
options vont être dirigées.  

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelques chose Brandie par
l’Occident contre une révolution iranienne qui a pris de court tout le monde,
la menace islamiste va se transformer petit à petit en la diabolisation de
l’Islam dont l’apport à la Renaissance qui va sortir cet Occident des
ténèbres, n’est plus à démontrer. A postériori, on réalise que ce ne
sont pas tant les droits de l’Homme les plus élémentaires qui étaient
l’objet du militantisme anti-khoméiniste mais bien plus la perte d’un
allié solide pour Israël et ses protecteurs, en la personne du Shah d’Iran.

La campagne anti-islamique lancée dès la chute du bastion iranien va aller
crescendo pour atteindre son point culminant en septembre 2011. A ce jour, point
de conclusions de l’enquête, mais le « but » est atteint. La mémoire
collective a fini par intégrer les paramètres présentant l’islam comme une
religion sanguinaire, criminelle, despotique, antidémocratique, réfractaire à
toutes formes de modernisme. Depuis bientôt près de quatre décennies,
l’Islam est pointé du doigt par les médias, les télévisions et même le
cinéma. Difficile d’y rester imperméable ou indifférent.  
La confusion entre l’islamisme et l’Islam est une aubaine pour les
régimes dictatoriaux arabes. Judicieux, ils tournent la situation à leur
double avantage.  
S’attribuant le rôle de protecteurs du peuple contre ce fléau social, ils
s’érigent comme seul rempart contre l’Islamisme face à un Occident aux
populations désemparées et aux gouvernements complices de leurs forfaits et
passés maîtres dans l’art de la duplicité. Marginalisées et rejetées par
tous, les couches les plus diverses des sociétés musulmanes, vont venir
grossir les rangs des armées levées par les chefs islamistes frustrés de ne
pouvoir partager si ce n‘est s’accaparer le pouvoir. De cette frustration va
naître une situation intenable où les peuples seront pris en otage entre un
épouvantail islamiste et une répression sanguinaire se nourrissant l’un de
l’autre.  

La fin de la victimisation  
En Tunisie, le 14 janvier 2011, comme en Egypte le 11 février, la jeunesse a
fait tomber le rideau sur cette pièce de théâtre sordide, refusant de
continuer à y jouer le rôle de spectateur. Elle va plus loin en décidant
d’en devenir l’acteur principal. Les deux précédents comédiens vont
devoir faire avec le scénario de la nouvelle pièce de théâtre écrite par
cette jeunesse et dans laquelle l’Etat islamique n’est pas à l’ordre du
jour.  
Dans leur combat contre les régimes en place, les Islamistes ont beaucoup
souffert. Poursuivis sans relâche, ils ont payé un très lourd tribut : exil,
emprisonnement, torture, dislocation des cellules familiales, isolement social,
confiscation de biens … Aujourd’hui, les uns sont rentrés d’exil quand
les autres ont quitté les prisons ; tous ont retrouvé leur dignité ainsi que
leur droit à la liberté et à l’exercice de la démocratie. Bien
qu’adversaire principal du gouvernement, ils n’ont pas été les vainqueurs
de la partie de bras de fer joué contre lui. Ce sont les jeunes qui ont
terrassé la bête.  
Pourtant certains avancent encore qu’aujourd’hui, en cas d’élections
législatives, les partis religieux des deux pays seraient en mesure de
remporter 30% des sièges aux Parlements respectifs. Rien n’est moins sûr si
l’on tient compte des nouvelles dynamiques qui sont en train d’apparaître.
Nul ne peut nier que ces organisation demeurent une force d’opposition
importante, sans compter que les nouvelles générations d’Islamistes, sont
devenues effectivement non violentes et qu’elles ont évolué sur la question
de la démocratie, des femmes et de la société civile. Aujourd’hui, leur
primauté est donc non à la mobilisation sur les grands slogans de l’Islam
politique mais au travail social.  
Il reste qu’elles ne mènent pas le mouvement et qu’elles ne représentent
pas la majorité de l’opposition. Parlant de l’Egypte, Patrick Haenni,
sociologue affirme que « les Frères musulmans, dépassés par un islamisme
light, avec une religiosité personnalisée qui n’est obsédée ni par la
charia ni par l’Etat islamique, contrôlent de moins en moins bien la
dynamique de réislamisation de la société égyptienne ».  

La grande inconnue aujourd’hui demeure la manière dont les partis religieux
vont exercer le jeu politique ? Maintenant qu’ils ne sont plus dans
l’adversité, quelle va être leur nouvelle stratégie ?  
Radicalisation ou libéralisation ? Crispation ou démocratie ? Le primat
social l’emportera-t-il sur le primat politique ? Ce dernier
l’emportera-t-il sur le primat religieux ? La conclusion de Patrick Haenni «
Je crois que la grande leçon de ces deux révolutions, celle de Tunisie et
maintenant celle d’Egypte, est l’irruption de nouveaux acteurs avec de
nouvelles manières de faire de la politique qui prennent à contre-pied toutes
les formations traditionnelles, islamistes ou non » constitue une ébauche de
réponse.  

Fatma BENMOSBAH  
htpp://www.taamul.net



Samedi 19 Février 2011


Commentaires

1.Posté par chleuh68 le 19/02/2011 14:29 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

bien que l'article n'appartient au site en lui même, mais participe tout de même a sa publicité,( je rappelle que ce n'est pas par ce que l'auteur de l'article a un nom maghrébin qu'elle est sympathisant de l'islam) le site me déçoit dans l'utilisation de terme pro occidental visant a nuire a l'islam je conçoit qu'il peut y avoir un islam extrémiste c'est a dire qui va au delà des limite fixé par dieu mais parler d'un islam radical c'est joué le jeu de la propagande politico-médiatique , si par radical vous entendez suivre le Coran et la Sunna du saint prophète bien guidé il n'y a nul doute que c'est le devoirs de tout musulman, je rappelle qu'il est interdit de prendre un bout de l'islam qui nous plais et surtout plais au non-musulman qui ne conçoit pas l'intégration sans un délaissement partiel si ce n'est totale de l'islam et rejeter de l'autre coter ce qu'on perçoit comme mauvais ou anormal par ce que la société le perçoit comme telle ou notre esprit répercute le sentiment de masse .

2.Posté par Firdaws le 20/02/2011 15:35 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Il y l'Islam, cette très belle religion de Dieu pour l'humanité et il y a les humains, avec leurs imperfections et leurs qualités. L'intégrisme est un fléau qu'on trouve dans toute les communautés religieuses ou non. Quant au pouvoir, il attire depuis toujours certaines personnes qu'il fini forcément par corrompre (sauf de très rares cas). Ceux que la propriétaire de cet article appelle les radicaux islamistes peuvent devenir dangereux s'ils imposent par la violence la religion de Dieu. Mais je refuse le discours actuel, qui est d'ailleurs celui de cette femme, qui consiste à taxer d'extrémiste et fanatique toute personne qui veut suivre la parole de Dieu et celle de Son prophète, une fois qu'elle l'aura étudiée et comprise. C'est un droit que d'aucuns veulent enlever aux musulmans sous prétexte que c'est incompatible avec le mode de vie du dieu occidental. Le pire, c'est lorsque des personnes d'origine arabo-berbero-musulmane, qui ont la haine de soi, deviennent plus royalistes que le roi et veulent que seule compte leur opinion dans le monde araro-musulman honni.

Mais peut-être que je me trompe dans mon analyse! J'accepte volontiers qu'on m'éclaire.

3.Posté par K.H.A.Y.B.A.R !!! le 20/02/2011 22:13 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Si j'ai bien compris cet article rassoulAllah sallallahu aleyhi wa salam etait un islamiste ?

Sinon, pourquoi je n'arrive pas acceder a son site talmud.net ?

4.Posté par jesus christ le 21/02/2011 04:52 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

le combat politique??? leur plus grand ennemi est la religion.... c est leur source, la franc maçonnerie et sa reforme globale des religions du monde...qui dure depuis sa création.... Israël n est qu un facteur... l Europe déchristianisée, aujourd hui d un monde athée, on veut le rendre islamophobe... en disant quoi, que la religion incite a la haine, non, la religion ouvre les yeux sur la malice qui nous gouverne... on peut voir les mécanismes de l avarice, l excès de consommation... quand on voit que les macdo bourrent de substances leur aliments afin d inciter ou plutôt l organisme a redemander une autre part, pas d aliment mais de substance... ou quand on voit que l état accepte le marché de tout.... dans l excès, a volonté... un peu de religion apaisera les corps, libèrera les esprits de la dépendance, noyer sa tristesse dans la consommation ou la soigner en lisant un texte fondamentale... parole de prophète??? quelle solution a choisi l état... la consommation, et la religion est un frein a la consommation... la religion redonne les repères, distingue les péchés, contredit les justices républicaine qui n arrangent que les riches... c est pour ça, une religion comme l islam fait peur.... et comme pour le christianisme, ils combattent en déclenchant des crises financière sur des systèmes cadenassés afin de sevré de leur blasphème les cerveaux... mais la réalité, une vraie religion, ne meure jamais, a n importe quelle époque, une parole juste restera une parole juste..... donc ils peuvent s accrocher... de plus le christianisme va revenir en force, de façon consentante et pas imposer... comme le veut la religion... donc ils ont des soucis a se faire... la révolution mondiale est en marche.... on remonte juste le temps jusqu a la délivrance.. rien de plus... tout repose sur l histoire et la religion, le capitalisme puise ses racines sur la religion... enfin sur la censure au dessus de la religion, ils savent se servir de ce qui les arrange et le reste les cacher... mais la justesse de dieu sera toujours plus forte même que le temps ou l univers, que des avares se prennent pour des puissants imbattable.... et bien qu ils y croient par eux même ils se détruiront...

Nouveau commentaire :

Coup de gueule | Croyances et société | Reflexion | insolite, humour, conspiration...


Publicité

Brèves



Commentaires