International

Iran : Washington et Londres sur les mêmes longueurs d'onde



Mardi 22 Juillet 2008

Deux jours ne sont pas encore passés des négociations de ‎Genève entre l'Iran et les 5+1, que Londres et Washington, en ‎connivence, ont orchestré des tapages contre l'Iran. Le Premier ‎ministre britannique, Gordon Brown qui se trouvait lundi en Israël ‎pour y effectuer une visite officielle a menacé à la tribune de la ‎Knesset, l'Iran du renforcement des sanctions, notamment ‎d'embargos sur son industrie pétrolière et gazière ainsi que sur les ‎exportations des équipements concernant cette industrie, en raison ‎de ce qu'il a appelé l'abstention de Téhéran d'arrêter ‎l'enrichissement d'uranium. Dans une interview publiée dimanche, ‎Gordon Brown a accusé l'Iran de violer le TNP. Ces allégations ont ‎été avancées au moment où la secrétaire d'Etat américaine ‎Condoleezza Rice a prétendu au lendemain des négociations de ‎Genève que Téhéran n'était pas sérieux dans les négociations. Tout ‎en mettant l'accent sur l'arrêt des activités nucléaires de l'Iran, ‎Rice a souligné que Téhéran n'avait que deux choix, soit il ‎poursuivra les négociations dans le cadre des exigences de ‎l'Occident, soit il sera davantage sous pression. Cette guerre des ‎nerfs est lancée à un moment où les autorités israéliennes se sont ‎déclarées mécontents de la tenue des négociations des 5+1 avec ‎l'Iran à Genève, cherchant à les présenter inutiles et échouées dès ‎le début. Le Premier ministre du régime sioniste Ehud Olmert a ‎qualifié pour sa part de menaçantes pour le monde les activités ‎nucléaires pacifiques de l'Iran. Un tel processus montre dans quelle ‎mesure l'objectif commun de Washington, Londres et Tel-Aviv ‎consiste à minimiser d'une part, les négociations de Genève et de ‎l'autre, à occulter le véritable danger qui émane de l'arsenal ‎nucléaire du régime sioniste. Il semble que ce processus se ‎poursuivra dans des dimensions plus manifestes jusqu'au prochain ‎tour des négociations qui doivent se tenir dans moins de deux ‎semaines et qu'il montrera le degré de l'approche positive de ‎l'Occident pour une coopération constructive lors des négociations.

La réunion de Genève Version imprimable Suggérer par mail

De retour des négociations de Genève, le Secrétaire général du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Saïd Jalili, est arrivé, lundi, à l'aube, à l'aéroport Imam Khomeyni. Aussitôt, il a participé à un point de presse pour brosser un tableau clair des questions avancées lors des négociations. Jalili, qui a jugé constructives et en progrès, les négociations de Genève, a rappelé qu'on n'avait pas discuté de la suspension par l'Iran de ses activités d'enrichissement d'uranium. Les milieux politiques et médias occidentaux ont essayé de faire croire que les pourparlers nucléaires, à Genève, avaient été inutiles, parce que l'Iran n'avait pas répondu au paquet de propositions des 5+1 et qu'il n'avait pas suspendu son enrichissement d'uranium, alors que ce qui s'est déroulé, à Genève, faisait suite aux dernières discussions des deux parties, sur le cadre des modalités et la date des futures négociations. Autrement dit, les négociations de Genève s'avèrent un prélude aux prochaines négociations. A Genève, les deus parties ont fait part de leurs visions sur le cadre des futures négociations, et se sont mises d'accord, comme l'a indiqué le négociateur en chef nucléaire iranien, sur l'examen des points communs des deux paquets de propositions, iranien et européen, pour parvenir à l'entente. Ceci dit, si les deux parties de négociations optent pour la coopération et l'interaction constructive, elles permettront, sans aucun doute, de lever les inquiétudes communes. Mais si les Occidentaux ne changent pas leur approche et restent toujours campés sur leurs demandes unilatérales et irrationnelles, ce tour de négociations, aussi, n'aura aucun résultat, comme tous les derniers pourparlers. Encore une fois, l'Iran a fait preuve de sa bonne foi. Il a remis la réponse à la lettre des ministres des Affaires étrangères des 5+1 et a présenté, aussi, une "Feuille de route", établissant son cadre de modalités, pour la poursuite des négociations, aussi bien, que pour la teneur des pourparlers. Certes, pour trouver une solution rationnelle, les parties négociatrices devront examiner les points communs des deux paquets de propositions de l'Iran et des 5+1, pour les amalgamer et élaborer, finalement, une base stable et commune, pour la poursuite des négociations. Ce qui a été, d'ailleurs, affirmé par le négociateur en chef nucléaire iranien. Les 5+1 sont tout à fait au courant des positions légitimes de l'Iran, dans le domaine nucléaire, positions desquels la RII ne reculera pas d'un iota. La politique de menace et d'intimidation n'aura donc aucun effet sur la volonté inébranlable de l'Iran de poursuivre ses activités d'enrichissement d'uranium qui s'effectuent dans le cadre de ses droits légaux. En tout état de cause, la poursuite des négociations sera fructueuse, si les parties concernées oeuvrent pour trouver des points communs et une solution censée résoudre les divergences de vue, et cela, bien sûr, dans un climat de respect, de confiance mutuelle et de compréhension des intérêts communs.


Mardi 22 Juillet 2008

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