Sciences et croyances

Infectiologie: l'obsession d'éradication des germes est contre-productive



Lundi 16 Mai 2016

Infectiologie: l'obsession d'éradication des germes est contre-productive

Une réflexion sur l'idéal d'éradication des maladies...

« Les bactéries n’ont jamais eu besoin de nous, mais nous ne serions pas là sans elles. » Jean-Marie Pelt (1933-2015) – La raison du plus faible – 2011.

Jean-Pierre Eudier, 16 janvier 2016.

 

Aucune vie sur terre n’est possible sans bactéries. Depuis la découverte des « microbes » au XIXe siècle, virus et bactéries sont habituellement considérés comme des ennemis ou des étrangers qui pénètrent par effraction dans l'organisme et s'y multiplient aux dépens des cellules (expression relevées communément dans les publications médicales). On devine à travers cette façon de s'exprimer que virus et bactéries sont redoutés et que la vaccination indifférenciée et universelle est la seule réponse. La relation "germe = agresseur" est logique dans une société où les drogués/intoxiqués de toutes sortes sont nombreux et où l'alimentation est dénaturée, car dans ce contexte les germes provoqueraient des symptômes redoutables. Seule leur destruction, ou plutôt leur éradication, paraît alors capable de prévenir ou de guérir la maladie. Mais cette crainte du "méchant" germe n'a pas de raison d'être dans un contexte où il n'entraînerait aucun trouble, et encore moins si le germe a une fonction utile.

 


L’élimination d’une maladie est une aspiration universelle, mais le recours à la vaccination dans la prévention et l’éradication d’une maladie est de plus en plus contesté. L’ouverture d’un « débat sur la vaccination » ([1])  par nos autorités de santé s’oriente vers une cacophonie où les zélotes du principe pasteurien refusent toute intervention, toute opposition, toute remise en question d’un principe figé dans des théories développées au XIXe siècle au mépris des nouvelles connaissances en biologie et bactériologie ([2]). Toute interrogation est bâillonnée, toute remise en cause est stigmatisée, toute réflexion est interdite ou strictement réservée aux infectiologues, microbiologistes, épidémiologistes ou pédiatres interdisant mêmes aux autres spécialités médicales d’émettre une quelconque objection et encore moins des propositions, ce qui rend utopique la recherche du consensus nécessaire. Comment alors faire évoluer une législation rigide rédigée par une administration froide, aveugle, mais désemparée devant la désaffection grandissante de la population ?

 

Parmi les vaccinosceptiques chaque jour plus nombreux, les uns s’inquiètent de la présence d’adjuvants suspects de provoquer des troubles neurologiques, les autres de l’usage d’OGM dans la fabrication de ces vaccins, ou des risques de franchissement de la barrière d’espèces par des virus issus des souches cellulaires animales nécessaires à la culture du virus vaccinal ([3]) ; virus dont la raison d’être est de se combiner avec d’autres quand les conditions deviennent aussi favorables à leur mutation et à leur développement qu’in vivo.

 

Ces différents aspects, réels et avérés, sont certes préoccupants et pourtant, parmi toutes les questions justement posées, il serait aujourd’hui intéressant de s’intéresser à l’objectif affiché par les partisans de la vaccination : l’éradication de souches bactériennes ou virales responsables des maladies infectieuses ([4]), et aux possibles conséquences de cette stratégie.

 

L’histoire illustre que toutes les tentatives d’éradication, et dans quelque domaine que ce soit, aboutissent toujours à des bouleversements profonds des équilibres et à davantage de catastrophes que de solutions. Comment la médecine scientifique du XXIe siècle parviendrait-elle à s’affranchir de cette loi naturelle ?

 

L’exemple de l’agriculture où les politiques d’éradication se sont multipliées en moins d’un siècle en pure perte nous incite à réfléchir à leurs conséquences. Comme dans le domaine vaccinal qui nous préoccupe aujourd’hui, les inquiétudes sont multiples : à la fois philosophiques, politiques, biologiques et juridiques.

 


Sur les plans philosophique et politique, c'est le principe même de l'éradication, dont on connaît les vieux démons, qui est contestable. En effet, au cours de l’histoire, de nombreuses tentatives d'éradication se sont révélées dommageables ou catastrophiques.

 

Les tentatives d’éradication évoquent plusieurs évènements historiques d’une violence inouïe comme l’Inquisition, la conquête du nouveau monde, et plus récemment la solution finale en Allemagne ou les goulags de l’URSS ; par ailleurs, aujourd’hui encore, ce thème de l’éradication est remis au goût du jour au sujet du terrorisme islamique par exemple, que l’on tente d’éradiquer avec des stratégies qui peuvent laisser perplexe. A l’image de l’Hydre de Lerne ([5]), toute tentative d’éradication se heurte à des résistances, puis à des récidives plus dangereuses, plus coûteuses, et conduit finalement au déplacement des problèmes ([6]).

 

D’un point de vue agricole et biologique : les prédateurs, les rapaces et les serpents, espèces dites nuisibles, ont dû être protégées lorsque certaines d'entre elles ont été amenées au bord de l'extinction.

 

On peut évoquer également les zones humides que l'on a tenté, avec succès le plus souvent, d'éliminer, mais aujourd'hui érigées au rang "d'infrastructures naturelles" indispensables.

 

L'éradication se révèle un concept rétrograde : à l'heure de la COP 21 et de la préservation de la biodiversité, promouvoir l'éradication d'une espèce est régressif et dangereux.

 

En fait, et depuis longtemps déjà, dans le domaine de l'agriculture et de la sylviculture, la notion d'éradication a progressivement fait place à celle de seuil de dommage économique, ce qui semble un peu plus moderne.

 

En effet, cette évolution en agriculture consistant à remplacer le dogme de "l'éradication totale" par la notion de maintien des populations de ravageurs ou d'ennemis de l'Homme ou du bétail, au-dessous du "seuil de dommage économique" nous semble digne d'attention et d’évaluation compte tenu des découvertes et avancées récentes autour du microbiote et du microbiome([7]), partenaires incontournables de la vie et de la santé. Des réflexions dans cette direction s’imposent. Dans cet esprit, pourquoi ne pas substituer l’expression « seuil de dommage économique » au sacro-saint « rapport bénéfice/risque » ?

 

À l'heure où fleurissent les mesures environnementales, on ne peut que déplorer le maintien arbitraire d’obligations vaccinales sans nuances ni étude d'impact sur l’équilibre du microbiome ([8]) et son influence sur la santé et le bien-être des individus ([9]).

 

La systématisation de vaccins ambitionnant d’éradiquer des espèces bactériologiques ou virales ne risquerait-elle pas de se traduire par une véritable catastrophe écologique silencieuse et discrète, et de susciter autant d’inquiétudes que la disparition de l’orang-outan en même temps que les forêts de Bornéo ou des ours polaires et de la banquise arctique. En quoi l’éradication de quelques virus ou bactéries n’aurait-elle aucun impact sur des centaines de millions d'autres acteurs de la vie sur terre ?

 

Sur le plan juridique d'ailleurs, nous constatons de plus en plus les incohérences du système français et nous voyons des parents mis "hors la loi" faute d’avoir les moyens de se conformer à celle-ci en matière d’obligation vaccinale. Le « bannissement » juridique qui n’a pas lieu d’être souligne de ce fait l’obsolescence de la loi. Fondamentalement, nous nous interrogeons sur des modes qui prônent une chose à une période et le contraire quelques années plus tard : les exemples en médecine sont nombreux.

 

Comme en médecine générale, la médecine vétérinaire est un modèle. Chacun sait par exemple que la vaccination contre la fièvre aphteuse a d’abord été rendue obligatoire, et finalement a été interdite… pour des raisons économiques([10]).

 

Et pour illustrer les dérives des politiques d’éradication tentées en agriculture, nous pouvons citer : certaines variétés locales utilisées en agriculture ont été interdites puis aujourd’hui, on finance leur conservation génétique. Les haies, mares et autres fossés ont été supprimés dans le cadre des remembrements d'hier; aujourd'hui, dans bien des régions ayant subi quelques désastres, on tente de reconstituer ces éléments paysagers, mais surtout fonctionnels, à coup de subventions.

 

Les exemples pourraient être multipliés, peu importe ! Il faut prendre conscience que c'est la biodiversité qui paie, avec le contribuable souvent, le plus lourd tribut à des politiques dont la dimension environnementale reste cruellement absente ([11]).

 

C'est ainsi que de fil en aiguille, ou de normes en décrets, on arrive à une médecine de plus en plus normalisée par la standardisation progressive des protocoles thérapeutiques, laquelle ne laissent aucune place à l’unicité biologique de chacun, et par la mise en place d’une médecine bureaucratique, technicienne et impersonnelle ([12]).

 


 

Pour beaucoup d’entre nous, des questions se posent : à qui profitent ces obligations générales ? C’est pourquoi nous entrons en résistance devant une démarche particulièrement grave, mais traitée de façon si légère. Ne faut-il pas porter un nouveau regard sur la diversité microbiologique dont l’interaction entre espèces est largement méconnue et si subtile ?

 

M. Jean-Marie Pelt récemment disparu avait remarquablement expliqué l’un des risques des OGM en comparant le génome à une symphonie et en expliquant que l’introduction d’une note dans une partition pouvait considérablement modifier l’harmonie de l’œuvre. De même, l’éradication d’une note peut transformer cette harmonie en cacophonie.

 

Ces "Inquiétudes d'un biologiste" suscitent cette longue interrogation ; puisse le ciel, et la lecture des ouvrages de Jean-Marie Pelt, apporter bientôt de véritables réponses à toutes ces questions.

 

Jean-Pierre Eudier.

 

Article inspiré de l’article suivant :

L'éradication du varron « Inquiétudes d’un biologiste »

 

Voir aussi :

 

Certains vaccins pourraient doper les virus au lieu de les éradiquer

 


[1] Comme s’il n’y avait qu’un seul type de vaccination universel.

 

[2] « La vaccination des enfants contre toute une série de maladies pourrait bientôt être une pratique du passé. » Pr. Jean Dausset, lauréat du prix Nobel de médecine pour ses travaux sur le système HLA démontrant l’unicité de l’identité biologique, lors d’une conférence tenue à Montréal en  octobre 1980.

 

[3] Si de nombreux vaccins « modernes » sont produits par génie génétique, nombres de virus vaccinaux sont cultivés sur des cellules souche d’origine animale étrangère à l’espèce à laquelle ces vaccins sont destinés d’où les risques iatrogènes associés à de tels inoculations virales.

 

[4] À ce stade se pose la question de déterminer si le germe est la cause ou la conséquence de la pathologie et l’importance du terrain favorable ou non au développement du germe. Associer « Germe » à « cause de l’infection ».

 

[5] Monstre mythique possédant plusieurs têtes, dont une immortelle. Celles-ci se régénèrent doublement lorsqu'elles sont tranchées, et exhalent un dangereux poison, même durant le sommeil du monstre.

 

[6] « Et si ce que l’on nomme progrès n’était qu’une façon de changer de malheur » Françoise Giroud. Le progrès pour quoi faire ? http://www.francoisegiroud.fr/3.aspx?tid=938

 

[7] Le microbiote correspond à l’ensemble des micro-organismes peuplant un microbiome, c'est-à-dire un milieu de vie bien défini.

 

[8] L’Homme est un microbiome abritant un microbiote intestinal composé des 100.000 milliards de bactéries vivant dans ses intestins.

 

Terre et mer sont aussi des microbiomes Ce terme est aussi utilisé pour décrire des communautés de micro-organismes peuplant entre autres les sols ou les océans. Les quelque 2,9×1029 êtres unicellulaires vivant dans le plancher océanique, un autre microbiome, forment ainsi le plus grand microbiote du monde.

 

[9] www.mynewgut.eu Un projet financé par l'UE étudie l'influence du microbiome intestinal sur la santé et le bien-être.

 

[11] Dans un tel contexte, l'herbivore n'est plus un facteur de maintien ou de restauration de biodiversité, il en devient au contraire l'un des pires ennemis, ce qui n'empêche pas, de temps à autre, de laisser planer un doute certain sur sa qualité, veau aux hormones ou vache folle obligent ! et d'écœurer le consommateur qui n'est plus d'accord avec ces techniques.

 

[12] Au risque d’être accusé d’approximations scientifiques, laissons nous aller à ces mêmes approximations sémantiques : Du pastoralisme traditionnel respectant l’individu par opposition au “pasteuralisme” industriel imposant la protection du troupeau (Argument des vaccinalistes pour justifier la vaccinale universelle)… De là à justifier l’euthanasie, il n’y a qu’un pas.  


http://initiativecitoyenne.be/2016/05/infectiologie-l-obsession-d-eradication-des-germes-est-contre-productive.html



Lundi 16 Mai 2016


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