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Il faut sauver Durban II !


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juju153@yahoo.com
Mardi 31 Mars 2009

Il faut sauver Durban II !
Alors que le sommet des nations unies sur le racisme prévu du 20 au 24 avril prochain à Genève s'annonçait mal et semblait vouer à l'échec, un nouveau texte plus consensuel pourrait permettre d'éviter un fiasco. Les représentants des pays occidentaux et des pays musulmans et africains auraient enfin trouvé un terrain d'entente. Le nouveau texte ne mentionne plus ni Israël et le Proche-Orient, ni la diffamation des religions, ni la question des réparations pour esclavage, trois sujets considérés comme des "lignes rouges" par les Occidentaux.

Certains médias et intellectuels irréductibles continuent hélas de minimiser cet effort accompli, de stigmatiser cette conférence et d'appeler encore à son boycot.




"Il y a des concertations européennes pour avoir une position commune. Nous souhaitons maintenir cette dynamique européenne pour peser sur ces négociations afin d’obtenir l’élaboration d’un texte utile à la lutte contre le racisme, non stigmatisant", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Eric Chevallier au court d’un point presse vendredi 20 mars.
Ce revirement arrive donc à point pour sauver in extremis cette conférence du marasme et du désistement annoncé par certains pays occidentaux, après celui des Etats-Unis et de l’Italie. Cette nouvelle est pratiquement passée inaperçue, alors que les médias et les intellectuels ont été tous prompts à dénoncer les dérives de Durban I. On continue à discréditer les travaux de cette conférence. Signe préoccupant, le silence pesant des médias institutionnels sur les travaux préparatoires de cette assemblée de l’ONU qui devait redéfinir les critères et les normes en matière de racisme. C'est dire que les efforts en vue d'un rapprochement des points de vue ont dû être âpres et pénibles. Les artisans de ce consensus dont il faut saluer la prouesse sont le russe Youri Boychenko, l'égyptien Ahmed Ihab Gamaleldin et la miltante anti-apartheid Navi Pillay parmi d'autres.
Essayons de faire une petite rétrospective pour mieux comprendre le contexte.

L’essentiel à savoir sur Durban 1

Elle s’est déroulée à Durban, ville cosmopolite d’Afrique du sud en août 2001. Cette conférence s'inscrivait dans le cadre des conférences mondiales contre le racisme initiées par l'UNESCO. Il y eut deux forums, l’un gouvernemental et le deuxième regroupant les ONG admises à participer. Les ONG ainsi que les gouvernements devaient produire un document avec des recommandations finales.
A Durban 1, certains témoins ont fait part des violences ainsi que des slogans antisémites exprimés sans retenue dans le Forum des ONG de la conférence mondiale contre le racisme. Le forum des ONG a donné lieu hélas à des comportements inadmissibles, la réunion gouvernementale a été quant à elle plus constructive. Lors de ces deux rencontres, on a assisté à une focalisation sur la question du Proche-Orient et on a voulu l’utiliser dans la plateforme d’action (DPA) contre le racisme. Mais, les termes jugés excessifs comme “purification ethnique”, « apartheid», « génocide » et « crimes racistes » pour qualifier l’attitude israélienne dans le conflit palestinien n’ont pas été admis par nombre de pays occidentaux.
Finalement, l’UE et le Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU ont accepté que la Déclaration finale (DPA) soit adoptée par consensus par l’ensemble de la communauté internationale. Mais certains états ont émis des réserves lors de l’adoption du texte.
Notons que la DPA gouvernementale comporte certains paragraphes encourageant pour le mouvement antiraciste, notamment en ce qui concerne les Roms, les Gitans, les Sintis ainsi que les minorités et les peuples autochtones. En revanche, cela n’a pas été possible d’évoquer les discriminations de caste et la situation des Dalit (Intouchables) en Inde, ou celles commises contres les minorités en Chine, en particulier contre le peuple tibétain. De même le problème des minorités et de la liberté religieuse n’a pu être débattu.
La traite négrière transatlantique et l'esclavage ont été condamnés sans hésitation et ont été considérées comme crime contre l’humanité. En revanche, certains pays voulaient qu’on les mette sur le même plan que l’esclavage contemporain, avec la traite transsaharienne ou dans l’Océan Indien.
Malheureusement, la prise en main du forum des ONG par certains groupes exaltés ou dits « anti-démocratiques », n’a pas permis d’examiner bon nombre de situations discriminatoires dans le monde. Ainsi, en raison du « langage de haine », la Haute Commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson s’est vue obligée de refuser de transmettre le document final des ONG aux représentants des gouvernements.
Mais certains médias ont tord de ne pas insister sur l’accord important entre l’UE et l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) afin que soit évoquée la tragédie de l’holocauste. Cet accord permit que la résolution 60/7de l'ONU soit adoptée sans vote. Cette résolution intitulée « Mémoire de l'Holocauste » a été admise le 1er novembre 2005 par l'Assemblée générale de l'ONU qui avait aussi décidé - malgré des réserves de l'Egypte qui voulait aussi associer "la souffrance de tous les Peuples" - que les Nations Unies proclameraient tous les ans le 27 janvier journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste.

Le contexte idéologique de Durban 2

Le programme d’action de Durban met à l’honneur la religion comme « valeur intrinsèque des êtres humains » qui « peut aider à promouvoir la dignité » et à « éliminer le racisme ». Pour la première fois, le terme d’« islamophobie » a été introduit dans un texte international.

Pour Doudou Diène, rapporteur général des Nations unies, le terme islamophobie se réfère à une hostilité non fondée et à la peur envers l’islam, et en conséquence la peur et l’aversion envers tous les musulmans ou la majorité d’entre eux. Il se réfère également aux conséquences pratiques de cette hostilité en termes de discrimination, préjugés et traitement inégal dont sont victimes les musulmans (individus et communautés) et leur exclusion des sphères politiques et sociales importantes. Ce terme a été introduit pour répondre à une nouvelle réalité: la discrimination croissante contre les musulmans qui s’est développée ces dernières années. Mais cela n’a pas été sans poser de problèmes; certains intellectuels y ont vu une menace contre la liberté d’expression et la liberté de conscience, récusant la terminologie qui fait référence à une religion. D’autres personnalités telles Alain Gresh ou Jean Baubérot dénoncent l'islamophobie, qu'ils conçoivent comme un amalgame entre croyants et intégristes, fondée sur une interprétation belliciste du Coran, et qui sous prétexte de protection de la liberté d'expression, dégénère souvent en xénophobie. Mais le débat est loin d’être clos hélas. À Alger le 3 décembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy fait un parallèle entre l'islamophobie et l'antisémitisme : « En France comme en Algérie, nous devons combattre avec une détermination sans faille toute forme de racisme, toute forme d'islamophobie, toute forme d'antisémitisme. Il n'y a rien de plus semblable à un antisémite qu'un islamophobe. Tous deux ont le même visage : celui de la bêtise et de la haine. (…) Le racisme, l'islamophobie et l'antisémitisme ne s'expliquent pas. Ils se combattent. Ce qui vaut pour la France vaut partout ailleurs dans le monde. »
On peut espérer que ces paroles de raison amèneront certains à réaliser que le racisme quel qu’il soit est abject et dangereux, comme il est dangereux de hiérarchiser ses victimes.

D’autres mécanismes idéologiques apparaissent dans les réunions préparatoires, notamment sur les descendants d’Africains, le droit des femmes et des minorités diverses.
En ce qui concerne le droit des femmes, les approches divergent, d’un côté celles qui placent les traditions, les cultures et les religions au même titre que les droits universels et, de l’autre celles mettant en avant l’émancipation.
Bienheureusement certains thèmes comme la représentation politique des femmes, les mutilations sexuelles, la traite et la prostitution ont été admises, valorisant ainsi la place traditionnelle des femmes dans l’espace de la famille.

Par contre le débat sur la diffamation des religions a été moins concluant. A la limite même d'un dialogue de sourd. D'un côté on parle de la responsabilité des médias dans la diffusion de textes insultants ou de dessins diffamatoires, dérapant souvent vers une forme de discrimination raciale ou religieuse –comme on l'a observé avec l'affaire des "caricatures"-. On dénonce d'un autre côté la censure et la menace sur la liberté d'expression. Elle menace surtout la laicité nous dit-on et porte atteinte à la conscience anti-religieuse et aux sentiments athés ou agnostiques. Comme si pour défendre la liberté d’expression il fallait protéger la laïcité et véhiculer nécessairement un stéréotype négatif des religions incitant ainsi à la haine religieuse.

Dialogue des civilisations

Afin de prévenir les conflits futurs et de parvenir à une paix durable entre les peuples, le dialogue inter-religieux est promu.
Lors de la conférence du Mouvement des non alignés à Durban en 1998, le président de la République islamique d’Iran Mohamed Khatami avait proposé que l’Assemblée Générale consacre l’année 2001 année du dialogue des civilisations , réfutant l'idéologie du « choc des civilisations » chère à l’universitaire américain, Samuel Huntington. Après les attentats à Madrid en 2005, une nouvelle structure va naître au sein de l’ONU, « L’Alliance des Civilisations » sous l’égide des gouvernements espagnols et turcs.
Cette « Alliance des Civilisations » propose un rapprochement des différentes communautés de cultures et d’ethnies. Ces communautés seraient chacune représentées par deux personnes. Ainsi l’Europe de l’Ouest est représentée par Hubert Védrine et Karen Armstrong. Khatami représenterait un Moyen-Orient avec la qatarie Mozah Bint Nasser Al Missned . Arthur Schneier se voyait confier la représentation de l’Amérique du Nord avec John Esposito.
En réalité, l’alliance ou le dialogue de civilisations présentent une autre vision du monde qui met en avant un consensus universaliste enrichi de ses différentes composantes culturelles locales, et confère bien sûr aux religions une place politique de premier plan.
L'Assemblée générale de l'ONU a voté une résolution le 20 octobre 2005 en faveur du Dialogue entre les civilisations dont il est intéressant de rappeler ces quelques lignes : « Nous réaffirmons la Déclaration et le Programme d'action en faveur d'une culture de paix, ainsi que le Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations et son plan d'action, adoptés par l'Assemblée générale, et la valeur des différentes initiatives en faveur d'un dialogue des cultures et des civilisations, notamment le dialogue sur la coopération interconfessionnelle. Nous nous engageons à prendre des mesures propres à promouvoir une culture de paix et un dialogue aux niveaux local, national, régional et international, et nous prions le Secrétaire général de réfléchir aux moyens de renforcer les mécanismes d'application et de donner suite à ces mesures. ».
Hubert Védrine dans son discours du 10 novembre à l’Assemblée Générale, rappelle les grands objectifs qui doivent « permettre à toutes les langues, cultures et civilisations, de vivre et de dialoguer ».
Il est important de noter que c'est la première fois depuis sa création, l’ONU envisage une approche des problèmes et des rapports entre les hommes, vus sous un autre angle que celui politique ou économique.

Retournement de situation ou rebondissement
Les Européens restent prudents, ils tiennent à avoir une position commune. «Il faut rester ensemble afin de voir jusqu’où nous pouvons peser», explique l’Elysée. Les Italiens, qui avaient annoncé le boycott, vont agir à l’unisson de l’UE. Mais les divergences restent vivent et aucune décision n’a encore été prise, même si la pression s’accentue. «Nous allons envoyer maintenant les suggestions de l’UE pour les documents préparatoires», a déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwartzenberg, soulignant que «si la conférence est en conformité avec ces suggestions, nous resterons, et sinon, il y a des appels très fermes pour nous retirer». L’Allemagne avait très clairement rappelé «les risques d’un détournement de la conférence, avec des prises de positions partiales sur le Proche-Orient». Enfin, Bernard Kouchner insiste notamment sur son refus de «toute stigmatisation d’Israël» et de toute référence «à la notion de diffamation des religions, concept incompatible avec la liberté d’expression et de conscience».
Le document, qui est passé d'une soixantaine de pages à 17 pages, ne parle plus du concept de diffamation des religions que les Occidentaux voyaient comme une manière de réduire la liberté d'expression de façon inacceptable. Il ne fait pas non plus mention d'Israël et ne contient plus de propos jugés antisémites par certaines délégations. Enfin, la notion de réparations relatives au colonialisme a disparu du texte présenté hier aux différents groupes régionaux. Eléments considérés comme «une ligne rouge» par les pays occidentaux

Le contenu du nouveau document
Le document disponible sur le site internet du Haut Commissariat aux droits de l'homme, a été soumis aux diplomates par le président du comité de rédaction le Russe Youri Boychenko. Le texte est nettement plus court que les précédents, conformément au souhait émis par plusieurs délégations, notamment occidentales. Le texte exprime, de manière plus neutre, sa «profonde préocupation» à l'égard des «stéréotypes négatifs visant des religions» et «l'augmentation globale du nombre d'incidents d'intolérance et de violence raciale et religieuse, dont l'islamophobie, l'antisémitisme, la christanophobie et l'anti-arabisme». Le nouveau document tient compte des propositions avancées par les pays occidentaux. Il rappelle ainsi que l'Holocauste ne doit jamais être oublié. Il réaffirme le droit à la liberté d'opinion et d'expression. Le document ne parle plus de compensations financières pour l'esclavage et demande seulement aux Etats de prendre les mesures appropriées, sans préciser, pour contribuer à restaurer la dignité des victimes de l'esclavage.

Les artisans de Durban II


Le Russe Youri Boychenko, qui dirige le groupe de travail chargé d'élaborer un projet de déclaration finale de Durban II, a réussi, avec l'aide de l'Egypte, de la Belgique et de la Norvège, à présenter un nouveau texte qui met en veilleuse les thèmes de controverse entre Occidentaux, monde arabo-musulman et pays africains. Tout le monde apprécie ce travail et salue les vertus diplomatiques de Youri Boychenko.


Ambassadeur du Pakistan auprès des Nations unies à Genève et coordinateur pour l'Organisation de la conférence islamique en matière de droits de l'homme, Zamir Akram le souligne : "Le nouveau document est le résultat d'un consensus et de négociations. Pour l'obtenir, il fallait accepter de ne pas défendre des positions maximalistes." Zamir Akram n'était lui-même pas satisfait du premier projet de déclaration finale, "un fourre-tout incohérent". D'où son regard critique sur le bras de fer engagé par les Occidentaux: "C'est une tempête dans un verre d'eau." Dans le processus de préparation de Durban II, l'ambassadeur pakistanais approuve le fait que la diffamation des religions ne soit pas érigée en principe. La notion d'incitation à la haine raciale et religieuse, contenue dans l'article 20 du Pacte relatif aux droits civils et politiques, lui paraît suffisante. Le diplomate n'a toutefois pas apprécié qu'il y ait de la part des Occidentaux des préconditions à une négociation multilatérale.


Vice-représentant de l'Egypte auprès de l'ONU et ministre plénipotentiaire, Ahmed Ihab Gamaleldin espère que la Conférence sur le racisme de Genève sera un succès et que tous les Etats y participeront. "Le texte raccourci reflète l'une des plus grandes priorités du groupe africain, le racisme. J'espère que tous les Etats vont s'approprier ce texte de consensus." Son pays a joué un rôle majeur de modérateur qui n'est pas passé inaperçu.

En dépit des commentaires plutôt positifs, le nouveau projet de déclaration n'est toutefois pas un aboutissement. «C'est une bonne base de discussion», estime un diplomate occidental. Ahmed Ihab Gamaleldin partage cet avis, mais reconnaît que "de part et d'autre, il faudra faire preuve de bonne foi et de bonne volonté pour que chaque état se sente prêt à s'approprier le texte. Car l'absence de consensus serait dangereuse. Tout état se verrait légitimé à faire toute sorte de demande dans les instances multilatérales". Le comité préparatoire de la conférence se réunira début avril pour finaliser un document soumis à l'approbation de tous les états. Une inconnue suscite toutefois une inquiétude: quelle va être l'attitude des états vis à vis d'Israël ?
Le défi de Navi Pillay
La nouvelle Haut-commissaire aux droits de l’homme doit sauver du fiasco la prochaine conférence contre le racisme organisée à Genève en avril prochain. La Sud-Africaine Navanethem Pillay militante de l'ANC, qui a succédé en juin à la Canadienne Louise Arbour, a demandé la semaine dernière à tous les Etats de participer et de surmonter les divergences.
 
S’adressant pour la première fois au Conseil des droits de l’homme, réuni à Genève pour une session de trois semaines, la Haut Commissaire s’est engagée à tout faire pour amener toutes les parties autour de la table et donner un nouvel élan à la lutte contre la discrimination, la xénophobie, l’intolérance et le racisme. Espoirs anéantis
«Si les divergences devenaient le prétexte à l’inaction, les espoirs et les aspirations de beaucoup de victimes seraient anéantis peut-être de manière irréparable», a averti la militante anti-apartheid.
Le Canada, les Etats-Unis et Israël boycottent les travaux préparatoires de la conférence de Genève, ou Durban II, alors que d’autres pays européens, comme la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne menacent de les suivre si la conférence se transforme en plate-forme anti-israélienne.
«J’appelle les gouvernements qui ont exprimé l’intention de ne pas participer à la conférence à reconsidérer leur position», a demandé solonellement la Haut Commissaire.
Elle ne crois pas qu’une approche du tout ou rien soit la bonne. «Sans la participation de tous, le débat et la lutte contre le racisme seront affaiblis», a souligné l’ex-juge à la Cour pénale internationale (CPI), qui a également appelé à renforcer la lutte pour prévenir le génocide.
«Navi Pillay tire dans la mauvaise direction», a réagi l’ONG «UN Watch». Et de se demander pourquoi la Haut Commissaire ne critique pas plutôt l’attitude du Soudan, de l’Iran et de la Libye «qui ont commencé à détourner la conférence» de ses buts.
Le directeur d’UN Watch Hillel Neuer regrette que Navi Pillay ait qualifié de «productive» la réunion préparatoire d’Abuja (24 au 26 août), alors qu’elle a omis de mentionner dans sa déclaration finale les atrocités commises au Darfour.
La nouvelle Haut Commissaire a également affirmé sa volonté de «tolérance zéro» à l’égard de la politique deux poids deux mesures et son souci d’impartialité. Elle devra lutter pour maintenir son indépendance. Le Pakistan et Cuba notamment ont réitéré leur demande d’un contrôle des activités du Haut Commissariat par le Conseil des droits de l’homme.

Les éternels opposants à Durban II et à l'Alliance des Civilisations

Malgré tous ces progrès notoires, il est à noter qu'en France, les prises de position en faveur du retrait de la délégation française de cette conférence continuent hélas à se faire entendre. On trouve dans cette direction des intellectuels tels que Fodé Sylla dans son intervention le 1er mars au colloque organisé par Africa International et l'IFIE. Bernard Henri Levy dans "Le Point" dénonce "la mascarade de Durban II". Pascal Bruckner demande "le boycott pur et simple. Peut-être faudrait-il dissoudre le Conseil des droits de l’homme ou n’y admettre que les pays qui sont d’authentiques démocraties. Faute de quoi il deviendrait pour la dignité humaine l’équivalent des paradis fiscaux pour l’économie : un centre de blanchiment des crapules". Des personnalités politiques telles que Bertrand Delanoé qui soutient "Notre pays compromettrait ses valeurs et sa devise en participant à cette mascarade",ou Claude Goasguen qui appelle "les députés à se mobiliser pour obtenir une décision claire et publique du gouvernement français, en rejoignant l'appel parlementaire pour le retrait de la France des travaux de Durban II". Sans oublier des organisations telles que la Ligue du droit international des femmes, le Grand Orient et la LICRA.

Pour appeler au boycot de la conférence sur la racisme, ces intellectuels ou ces politiques invoquent toujours la réthorique récurrente de stigmatisation et d'anathème basée sur des arguments caricaturaux ou peu convaincants à savoir :
- a) d’imposer, au nom de la prétendue liberté religieuse, la supériorité d’une religion - l’Islam - sur toutes les autres religions….
- b) d’institutionnaliser l’antisémitisme au sein de la Conférence de l’ONU en mettant ouvertement et systématiquement en accusation l’Etat d’Israël.
- c) de promouvoir des thèses sexistes, hostiles aux droits des femmes et contestant en particulier leur droit à l’émancipation.
- d) de rejeter l’universalité des droits de l’homme au profit d’un communautarisme exacerbé qui devrait tenir compte des « spécificités culturelles »….
Quant à la sociologue Malka Marcovitch, elle se cantonne dans une attitude de rejet systématique " le mauvais compromis de Durban 2 me fait penser à Munich" dit-elle en précisant "Le texte présenté hier victorieusement par le facilitateur russe Youri Boychenko a un petit goût nauséabond de déjà vu et sent le souffre. "Durban 2 est sauvé !" clament certains commentateurs comme Chamberlain hurlait à la paix à son retour de Munich en septembre 1938."
Pourquoi tant acharnement ? Malka Marcovitch qui était un acteur potentiel à Durban I avait observé et dénoncé à juste titre les dérives. On aurait pensé qu'elle apporterait un soutien même modeste à ce nouveau texte. Bref, ces paroles insensées et cette comparaison malsaine avec Munich ont bien sûr permis à Tsipi Livni, ministre des Affaires étrangères israélienne de surenchérir :
« Durban II est une conférence cynique entièrement antisémite et anti-israélienne qui se cache sous le combat contre le racisme. La décision du gouvernement américain est une authentique et courageuse expression de ses valeurs de leader du monde libre, et cette décision doit montrer la voie pour tous ces autres pays qui partagent les mêmes valeurs » .
Madame Livni pourra-t-elle encore se prévaloir de ces mêmes "valeurs du monde libre" pour justifier les massacres et les crimes de guerre perpétrés par son pays contre les civils du guetto de Gaza ?
Plus pragmatique, Caroline Fourest dans « La tentation obscurantiste » avait dénoncé des "Etats qui persécutent chez eux les minorités religieuses prétendaient nous donner des leçons de tolérance – envers l'Islam." Et avait alors appelé au boycot de la conférence de Génève.
Mais dans le Monde du 13 mars dernier dans un article intitulé "Il ne faut pas déserter Durban II" elle salue l'avancée de la plate-forme d'action qui a éradiqué une partie des dégats de Durban I. Elle a bien pris conscience que les "lignes rouges bien établies" n'ont pas été franchies. Elle conclue de manière lucide "Mépriser cette négociation ne permettrait pas d’expliquer au monde la position de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de déserter la lutte contre le racisme, mais de résister à son instrumentalisation. Le risque serait surtout d’affaiblir un peu plus le multilatéralisme, dont nous avons tant besoin pour préserver l’universalisme et renégocier un jour cette plate-forme."

La balle est dans le camp des occidentaux

Malgré les avancées spectaculaires, rien n'est encore acquis. Les Européens vont-ils se contenter de ce texte? Ahmed Ihab Gamaleldin met en garde: «Nous n’avons jamais eu aussi peu de temps pour élaborer un texte dans une conférence multilatérale de l’ONU. La première lecture a eu lieu à la fin de février.».
Le comité préparatoire de la conférence se réunira le 6 avril pour finaliser le document qui devra encore être approuvé par tous les Etats.
Directrice du bureau de Human Rights Watch à Genève, Juliette Rivero se félicite de ce pas en avant. Mais elle met les Européens devant leur responsabilité: «La balle est dans leur camp. Il faut qu’ils adoptent désormais un agenda plus constructif.».
Selon le journaliste suisse Stephane Hussard "En brandissant la menace de ne pas participer au sommet de Genève, les Européens ont adopté une stratégie de négociation maximaliste dangereuse, car elle révèle ce qu'ils fustigent dans les enceintes multilatérales : l'intransigeance des Etats arabes susceptible de donner corps à la thèse du choc des civilisations.... Le consensus est possible. Le tournant est tel que rien dans le texte ne peut empêcher le retour des Américains"
A suivre donc…

Mardi 31 Mars 2009
juju153@yahoo.com


Mardi 31 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par Le passager le 31/03/2009 13:42 | Alerter
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Franchement ce Durban 2, ce n'est qu'une imposture de plus pour avantager les occidentaux.
Maintenant tout est clair, on sait tous sur quels front ils jouent pour amasser leur fortune et faire main basse
sur la planète. Leur pseudo démocratie avec laquelle ils font la promotion à l' échelle
mondiale ne sert a personne sauf à eux. Avec leur racisme latent, que dis je, permanent,
faire une conférence sur le racisme ne sert plus a rien car vidée de son sens.
Gardez l'oeil ouvert, citoyens de la planète, wait and see!

2.Posté par Aigle le 31/03/2009 19:44 | Alerter
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Encore une fois les sionistonazis de la planete s'appuient sur des chercheursb de "miettes d'or" genre l'Egyptien et consorts pour vider de son sens toute la revendiquation des "Damnés de la terre " par rapport aux sujets qui menacent la securité de l'Humanité . Que les elites libres des pays du Sud et du Nor'd exigent alors de leur gouvernements de laisser tomber le Durban II tel que veulent le realiser les sionistonazis de la planete

3.Posté par Ousmane Diarra le 21/04/2009 14:16 | Alerter
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Mouvement International pour les Réparations (M.R.I)
Communication de Ousmane Diarra/ Conférence d’Evaluation de Durban 1. Genève 2009. Responsable Afrique du Département « Emigrés- Refoulés- Expulsés » Droits des Migrants.
La Conférence des Nations-Unies contre le racisme, qui s'est tenue à Durban, Afrique du Sud, du 28 août au 8 septembre 2001 ; selon L'Assemblée générale des Nations Unies devait être orientée vers l'action et se concentrer sur les étapes pratiques pour éradiquer le racisme et que la Conférence Mondiale devait aborder de manière globale toutes les formes de racisme, y compris les formes contemporaines d'intolérance. Une déclaration et un programme d’actions ont été adoptés. Partant du principe de l’article 18 de la dite déclaration qui établit les éléments constitutifs de discordance sociale entre les hommes et globalement entre les peuples de La Terre nous observons que biens de choses restent à faire. L’article 69 du programme d’action a indiqué alors un des axes de mise en œuvre adéquate et nous dote d’un autre canevas d’application par l’article 172 qui enfin souligne que « ….dans ce contexte, les formes de discrimination multiple devraient être pleinement prises en considération ». Au regard des 8 années écoulées dans la mise en ouvre et l’application de ces directives force est de dire que l’évaluation est simple à prononcer : rien ni personne n’a reculé. Aujourd’hui l’état des relations entre les pays et entre les peuples se traduisent par le marché des transferts de biens et de la circulation des personnes. Tous les autres problèmes s’y fédèrent. Les migrants sont les explorateurs de nouvelles opportunités, messagers des temps modernes. Ils sont la manifestation des manquements et des dysfonctionnements des choix politiques de nos gouvernants. Ici, en parcours et là-bas. La problématique vient de la convergence entre les droits fondamentaux dédiés à tous et la sauvegarde des intérêts souverains de chacun dans sa zone. La mondialisation et les migrations de même que la crise économique et financière compliquent la mise en œuvre de Durban I. A Genève ici Il s’agit ici d’une conférence de suivi et d’évaluation. Nous ouvrons une lucarne afin de vérifier globalement dans quelle mesure la Déclaration et le Plan d’action de Durban ont été mis en œuvre, quels ont été les meilleurs moyens utilisés pour combattre le racisme. Le plan d’action a été intégré par de nombreux États dans leurs propres plans d’action nationaux. Mais depuis les terribles attentats du 11 septembre 2001, quelques jours après Durban I, des défis nouveaux sont apparus et les enjeux auxquels nous sommes confrontés sont plus difficiles. Nous notons que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, il y a eu des violations des droits de l’homme, de l’islamophobie et des discriminations contre les gens de couleur. Contre les migrants. Les conditions d’entrée et de séjour ont été durcies et des politiques de restrictions de la circulation sont appliquées sur les personnes qui voyagent et celles qui s’établissent dans les pays d’accueil. Les exercices de contrôles des accès aux frontières externes conduisent à amplifier les drames et les atteintes aux droits fondamentaux des désespérés d’un système en crise dont ils sont les victimes. Des mauvaises pratiques en matière de respect des droits de l’homme dans le cadre de la lutte antiterroriste tel qu’on a pu le constater au cours des huit dernières années aux États-Unis et ailleurs, avec la détention sans procès par exemple, ont eu des échos d’application auprès de pays moins respectueux des droits humains concernant le traitement des migrants.
Les rafles massives, les arrestations à l’école- dans les bureaux de l’administration publique- devant les hôpitaux et la Poste- les interpellations au faciès, les détentions prolongées dans des lieux- prisons ne relevant pas de l’autorité judiciaire, les pratiques de maitrise et de contrôle appliquées sur la personne en retour forcé sont des éléments qualifiants de la grande régression constatée en matière de lutte contre les toutes les formes de violation graves et massives des droits humains. Si nul n'avait voulu prendre la mesure des périls inhérents à la non application des principes du programme d’action aucun d’entre nous ne peux dire exactement comment en évaluer les acquis: combattre le racisme dans un monde où l'autoritarisme et le nationalisme se nourrissent des antagonismes sociaux et où les libertés fondamentales ( individuelles et communautaires) se révèlent très souvent interprétées selon l’origine et les possibilités de la personne ; contraindre les gouvernements exige des garde-fous que les organisateurs de la rencontre de Durban I ont négligés. Alors que la conférence devait déterminer la lutte contre le racisme, les excès de positionnement qui l’ont précédée et les nouvelles donnes venues après ont produit l’effet contraire, alimentant la haine et l’intolérance, amplifiant la xénophobie et les sévices sur les populations vulnérables. Utiliser le droit positif international et appliquer les conventions pour faire changer les choses dans chaque segment en local. Il faut changer nos raisonnements au profit d’une reconstruction commune et plurielle pratique : De nous entendre sur les raisons de tout ceci ; les disparités antagoniques et atteintes aux droits fondamentaux. « Le colonialisme et l’oppression n’étant pas une affaire de couleur, les débats engagés ici doivent aller au delà des appartenances religieuses et des parallélismes de dommages. Il s’agit des droits de l’homme. Pour ce faire, nous avons besoin de bonne volonté de tous et de compréhension mutuelle, c’est aussi une question de volonté politique » La plupart des participants surtout africains se plaignaient de la place prise par le Proche-Orient au détriment de tout le reste du monde diluant du coup d’autres revendications légitimes.
Le racisme et l’intolérance sont bien vivants – en Afrique et sur les noirs dans le monde- et l’on peut dire que si rien n’est mis en place contre, il va sévir encore longtemps. Une fois que nous entrons dans le débat sur ces fléaux cela fait rejaillir des torrents de souvenirs et des montages de haine, parfois même imaginés par ceux qui prétendent le combattre ; car chacun aura alors des intérêts à défendre et des alliés à soutenir. Ce serait de la non assistance à continent en danger que de se laisser dépasser par les positionnements des uns et des autres, pour qu’une fois encore, les discriminations en Afrique ne passent pas sous silence. Il faut rappeler le sort des migrants noirs dans nombre de pays arabes, du racisme entre ethnies, du génocide au Rwanda, des pygmées que l’on chasse de leur terre comme des animaux dans la forêt centrafricaine, de la nécessaire reconnaissance de la traite transsaharienne ou de l’esclavage actuel, des enfants travaillant dans les plantations ; toutes questions qui une fois encore vont passer sous silence si nous ne nous engageons pas dans les débats avec propositions. La victoire a un prix c’est l’engagement et le courage de faire changer les choses. Nous ne devrons pas adopter de texte qui passe sous silence les discriminations en raison de l’orientation sexuelle, la traite transsaharienne ou dans l’océan indien, les discriminations que subissent les femmes et les mineurs, les discriminations de caste etc., pour ne pas donner un coup fatal à la lutte contre le racisme et la xénophobie dans le monde. Exigeons le bon droit pour tous les humains. Le Racisme c’est ce qui empêche des personnes d’avoir accès aux droits universels.
Qui viendra, qui ne viendra pas ? Mais nous y serons comme toujours présentes pour défendre, ici et ailleurs, les droits humains fondamentaux universels. Nous y allons pour défendre ce qui constitue notre patrimoine universel de liberté d’expression et de proposition pour consolider nos acquis démocratiques au profit de tous et de toutes. En 2001, lors de la Conférence contre le racisme à Durban, les organisations qui pensaient pouvoir s’exprimer, comme lors de toute conférence onusienne, dans le cadre de la Conférence des ONG qui se tient parallèlement aux négociations gouvernementales, n’ont pas été autorisées à le faire.
Nous allons pour parler de l’enfermement et de la stigmatisation politique des migrants suivis de l’expulsion et de la rétrocession des droits sociaux des travailleurs immigrés.
La confusion nourrit le fantasme. Nous allons pour consolider l’accès aux droits pour tous sur la terre.

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