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IMPUNITÉ DE "L’ARMÉE LA PLUS MORALE AU MONDE" : Le calvaire des enfants palestiniens prisonniers


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«Qu’il soit un démon, qu’il soit noir ou blanc, Il a le coeur pur, il est toute innocence, Il vole au marché, un gâteau, une orange, Et on le poursuit, il faut le rattraper, On donne l’alerte, on arrête un ange, Et pour se défendre il se met à pleurer. Malheur à celui qui blesse un enfant.»

Enrico Macias


Professeur Chems Eddine Chitour
Vendredi 10 Décembre 2010

IMPUNITÉ DE "L’ARMÉE LA PLUS MORALE AU MONDE" : Le calvaire des enfants palestiniens prisonniers
Dimanche et lundi s’est tenu à Alger un colloque sur la condition des
prisonniers palestiniens au vu du droit international. Vaste sujet s’il en
est! Dans cette contribution, nous allons aborder la question d’une catégorie
particulière de prisonniers: les enfants. Quel crime abominable! Le chef
d’accusation est connu, jet de pierre contre des véhicules, voire des soldats
israéliens Par contre, les peines encourues varient en intensité en durée et
en...horreur. M.Ramsey Clark, ancien ministre de la Justice aux Etats-Unis, a
estimé que «la loi internationale, la simple justice et la décence humaine
exigent qu’Israël se retire des terres palestiniennes définies par la
résolution 181 de l’AG de 1948, et quitter toutes les colonies et structures
qui ont été construites». L’orateur estime également, qu’Israël est
redevable au gouvernement palestinien de réparations pour les persécutions,
exploitations et injures subies durant des décennies par le peuple palestinien.
L’ancien député britannique George Galloway a souligné «la nécessité
d’appeler la communauté internationale, et les Nations unies à débattre de
la question des prisonniers politiques» jugeant impératif «que ce soutien
commence à partir du Monde arabe».(1)  

Comment se traduit en pratique le sionisme combattant des enfants qui n’ont
connu que la guerre, que les bombardements, que le bruit des hélicoptères
Apache ou des F16? On ne peut qu’être décontenancé par les trésors
d’imagination de l’armée d’occupation pour terroriser sans discernement
aussi bien les enfants, les femmes et les personnes âgées que les personnes
adultes. Cette contribution parue dans Haa’retz, le journal israélien de
gauche, est plus éloquente que cent discours. Nous lisons: «Des soldats
israéliens témoignent «Six heures du matin. Rafah est sous couvre-feu. Y a
pas un chat dans les rues. Seulement un petit enfant de quatre ans qui joue dans
le sable. Il bâtit une espèce de tour comme ça dans la cour de sa maison.
Celui-là se met tout à coup à courir et tous, nous courons avec lui. Il
était du génie. Nous courons tous avec lui. Il attrape le gosse.(...). Il lui
a brisé le bras, ici, à l’articulation. Il lui a cassé le bras à hauteur
du coude. Il lui a cassé la jambe ici. Et il a commencé à lui marcher sur le
ventre, trois fois. Puis il est parti. Nous étions tous bouche bée, le
regardant, choqués... Le lendemain, je repars en patrouille avec lui et déjà
les soldats commençaient à faire comme lui.»(2)  


Etat des lieux du calvaire des enfants détenus  

«En 1973, une brochure officielle destinée aux militaires israéliens pieux
contenait les recommandations suivantes: ‘’Quand au cours d’une guerre, ou
lors d’une poursuite armée ou d’un raid, nos forces se trouvent devant des
civils dont on ne peut être sûr qu’ils ne nous nuiront pas, ces civils,
selon la Halakhah, peuvent et même doivent être tués [...] En aucun cas
l’on ne peut faire confiance à un arabe, même s’il a l’air civilisé
[...] En guerre, lorsque nos troupes engagent un assaut final, il leur est
permis et ordonné par la Halakhah de tuer même des civils bons,
c’est-à-dire les civils qui se présentent comme tels.‘’» Dans le même
ordre, Jacqueline Rose écrit: «Aujourd’hui, à titre de politique constante,
l’armée israélienne brise les os des Palestiniens.

Au début de la première Intifada, Rabin avait donné cet ordre à
l’armée: ‘’Brisez-leur les os’’. Et les soldats exécutent avec
discipline, l’ordre qui leur a été donné: briser, avec la crosse de leurs
armes, les bras et les jambes des Palestiniens.» Elle rapporte également que
les soldats et les officiers israéliens «exécutent sommairement des enfants
palestiniens, et se justifient en proclamant que le souvenir de l’Holocauste
les conduit à perpétrer, de manière routinière, ce qui est considéré comme
de patents crimes de guerres perpétrés contre des civils ne représentant
aucun danger!»(3)  

Quand Israël ne tue pas les enfants comme lors de la boucherie de Ghaza en
2008-2009, Israël terrorise les enfants, les torture, les affame et les abîme.
Nous allons relater d’abord la situation actuelle, nous aborderons après le
problème des manquements graves à la IVe Convention de Genève relative aux
prisonniers et aux enfants en tentant de décrire les dérives les plus criantes
de «l’armée la plus morale du monde». En août 2006, Israël détenait
10.073 prisonniers palestiniens dans plus de 30 prisons et centres de
détention. Depuis 1967, plus de 650.000 Palestiniens ont été arrêtés, soit
près de 20% de la population des Territoires palestiniens occupés! En
septembre 2006, la majorité de ces prisonniers palestiniens étaient des
hommes, mais on comptait aussi parmi eux 115 femmes et 450 enfants. Ils sont
incarcérés en Israël, au mépris de la IVe Convention de Genève qui interdit
un tel transfert. L’occupation des Territoires palestiniens par l’armée
israélienne et la violence de la répression qui l’accompagne touchent de
plein fouet les enfants. Ainsi, depuis le début de la Deuxième Intifada, plus
de 4000 enfants palestiniens ont été arrêtés. En septembre 2006, 450
détenus dans les prisons et les maisons d’arrêt israéliennes avaient moins
de 18 ans.  

Promulgué le 24 septembre 1967, l’ordre militaire 132 décrète que
l’enfant palestinien peut, dès l’âge de 12 ans, être poursuivi, arrêté,
incarcéré et condamné par une juridiction militaire. Et encourir ainsi des
peines réservées aux adultes. Les enfants sont arrêtés pendant les
manifestations mais également dans leurs foyers, généralement en pleine nuit,
sur la foi de photos, de témoignages d’autres détenus ou d’indicateurs.
Les enfants emprisonnés sont aussi des élèves qui ont été arrachés à leur
école. Or, ils ne disposent d’aucun moyen pour poursuivre leur scolarité ou
ne fût-ce que pour jouer. Il n’y a pas de bibliothèque dans les prisons ni
de matériel éducatif qui permette de préparer des examens de fin d’études
secondaires. (...) Un thème souvent ignoré, ou à peine abordé, est la
torture. (...) les techniques de torture ont été légalisées par Israël en
1987.»(4)  

Eric Silverman raconte le parcours du combattant de parents voulant rendre
visite à leurs enfants prisonniers: «Nabil et Huda Ward, ainsi que leurs deux
filles adolescentes, allaient visiter leur fils Naseem, âgé de 26 ans, pour la
première fois depuis son incarcération en avril 2002.. [Nabil et Huda Ward ]
sont des vétérans de la souffrance sous l’occupation israélienne; la fille
de Ward, Riham, a été tuée à l’âge de dix ans par les forces
israéliennes en 2001, à l’intérieur de sa salle de classe à l’école de
filles Al-Ibrahim à Jénine. (...) En novembre 2006, Israël retenait environ
700 Palestiniens en détention administrative. (...) Le Cicr surveille les
conditions de détention et le traitement de tous les prisonniers palestiniens,
estimés à 11.500 et dont près de 400 sont des enfants et 120 des femmes.»(5)


Lors de la Journée nationale des prisonniers palestiniens, le 17 avril, la
Délégation générale de Palestine en France a rédigé le rapport suivant.
Nous lisons: «La question des prisonniers politiques palestiniens dans les
prisons israéliennes ne se limite pas à des chiffres ou à des statistiques,
mais pour connaître leur situation, il faut connaître leur nombre, leurs lieux
de détention et leurs conditions de vie. Le nombre d’arrestations de
l’année 2009 a atteint le nombre de 5200, soit une moyenne de 14 arrestations
par jour. Ces milliers de prisonniers hommes, femmes et enfants sont retenus
dans les 13 prisons et 3 centres d’immobilisation à travers Israël..(...)
Selon un récent rapport de «Friends Of Humanity International» paru le 1er
avril 2010, l’année 2009 a été l’une des années les plus difficiles pour
les prisonniers palestiniens. (...) Les forces d’occupation israéliennes ont
continué, en 2009, à pratiquer toutes sortes d’arrestations, perquisitions
et enlèvements. (...) Il y a plus de 1000 détenus dans les prisons
israéliennes, atteints de maladies chroniques, qui sont soumis à une
négligence médicale. (...) Considérant qu’en vertu de la Convention des
Nations unies relative aux droits de l’enfant, dont Israël est signataire, un
enfant s’entend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans;
considérant que les prisonniers palestiniens, enfants compris, sont soumis à
des traitements humiliants et dégradants; considérant que les autorités
israéliennes continuent de recourir à la contrainte physique dans les
interrogatoires, ainsi qu’à des menaces physiques et psychologiques allant
jusqu’à la torture, notamment pour intimider les détenus et obtenir d’eux
des aveux, la Délégation générale de Palestine en France demande le respect
de l’interdiction absolue de la torture comme l’impose le droit
international.(6)  

Le nouveau supplice  

Parmi les exactions, le ministre palestinien des Prisonniers, Issa Qaraqa’,
rapporte un nouveau scandale: des soldats israéliens ont uriné sur deux
enfants de 13 ans et les ont obligés à rester tout nus dans les WC pendant
deux jours. Il a dit que le pire toutefois était quand les soldats entraient et
que, au lieu de se soulager dans les toilettes, ils pissaient sur la tête et la
figure des deux garçons. Puis les soldats se moquaient d’eux et riaient en
prenant des photos. Après deux jours de ce cruel traitement, on les a emmenés
dans la colonie de Binyamin et on les a interrogés de 10h du soir à 3h du
matin, puis on les a emmenés au camp militaire de Ofer. Ils y sont restés
pendant 3 mois avant d’être transportés à la prison des enfants de Rimonim.
Ils n’ont jamais été présentés à la justice.(7)  

Dans le même ordre, le responsable des Affaires des prisonniers auprès de
l’Autorité palestinienne et ancien prisonnier Abdul Nasir Farawneh a
déclaré lundi à Alger, lors du Colloque international de soutien aux
prisonniers palestiniens, qu’Israël continuait de se servir des prisonniers
pour tester les effets de différents médicaments. «Israël n’a pas cessé
un seul jour», a dit Farawneh. «Au contraire, il a accru ses crimes et a
autorisé le ministère de la Santé à augmenter de 15% sa quote-part annuelle
de médicaments. Progressivement, de plus en plus de prisonniers sont exposés
à ces traitements, ce qui explique l’augmentation du nombre de prisonniers
malades dans les prisons de l’occupation israélienne et l’émergence de
nouvelles maladies étranges.» Selon Farawneh, environ 3000 prisonniers
palestiniens dans les prisons Nafaha, Ramon et Néguev - soit 45%du total de
prisonniers - sont soumis à des essais de médicaments et les prisonniers de la
prison du Néguev sont exposés à des toxines nocives en raison de la
proximité du réacteur Dimona. (...) Depuis 2007, Al-Farawneh affirme que les
autorités carcérales israéliennes traitent les Palestiniens comme des
«cobayes».(8)  

Il y a pire! Stephen Lendman rapporte une information parue le 10 septembre
sur le site israélien Ynetnews.com: «L’IDF (Forces de défense
israéliennes) a commis des abus sexuels sur des enfants palestiniens» dans
lequel on lisait: «des rapports accablants de CNN (9 septembre) font état
d’accusations non corroborées d’abus sexuels sur des enfants palestiniens
détenus par l’IDF.» Les officiels militaires ont refusé de «répondre à
ces accusations d’abus sexuels car aucune précision n’a été fournie´´,
a déclaré un porte-parole. ´´CNN´´a parlé d’un enfant palestinien non
identifié qui affirmait que des soldats de l’IDF avaient essayé de lui
enfoncer un objet dans le rectum´´ et que des douzaines d’officiers
regardaient ça en riant. La source de CNN était l’association ´´Defense of
Children international´´ (DCI). En mai 2010, l’organisme a demandé au
Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture d’enquêter sur 14 cas d’abus
sexuels dont il avait eu connaissance et qui avaient été commis par des
soldats, interrogateurs et policiers de janvier 2009 à avril 2010. Les enfants,
qui avaient été victimes de ces abus, avaient de 13 à 16 ans et avaient été
arrêtés pour avoir lancé des pierres qui n’avaient blessé personne. Dans
son rapport d’avril 2008, le ministère palestinien des Affaires des détenus
et des ex-détenus a écrit que plus de 7000 enfants avaient été arrêtés
depuis septembre 2000, date du début de la seconde Intifada.(9)

Environ 360 enfants, dont certains n’avaient que 10 ans, étaient toujours
en détention et traités avec autant de dureté que les adultes, en violation
avec le droit international qui prescrit un traitement spécial pour les
enfants. Sur ces 360 enfants 145 avaient été condamnés, 200 attendaient
d’être jugés, et 15 étaient en détention administrative. Le rapport dit
qu’environ 500 jeunes avaient atteint leur dix-huitième année en détention.
Environ 75 étaient tombés malades et n’avaient pas été soignés et presque
tous avaient été torturés et victimes de mauvais traitements. Chaque année,
environ 700 enfants sont arrêtés, la plupart pour avoir lancé des pierres,
puis interrogés sans l’assistance d’un avocat et condamnés. Plus de 80%
d’entre eux ont signé des confessions forcées, pour un tiers écrites en
hébreu qu’ils ne comprennent pas.
Le 10 mai, la journaliste d’Haaretz, Amira Hass écrit (...): ´´69 enfants
se sont plaints d’avoir été battus, 4 d’avoir été victimes d’abus
sexuels et 12 autres enfants ont affirmé avoir été menacés d’abus
sexuels´´. Elle a ajouté que la plupart avaient été terrorisés,
brutalisés et insultés pendant leur détention, avant et pendant les
interrogatoires. De plus, on les privait de nourriture et de boisson des heures
durant et on ne cessait de les martyriser que s’ils donnaient des noms. (...)
En fait, les enfants et les adultes sont souvent détenus des semaines, voire
des mois, avant d’être jugés ou de pouvoir négocier leur peine (plea
bargain). Il n’y a pas de justice en Israël pour qui n’est pas juif, même
s’il n’a que 9 ou 10 ans.» (9) Tout est dit il n’y a pas de justice pour
les enfants palestiniens. L’impunité jusqu’à quand?



1.Forum sur le soutien aux détenus palestiniens APS 05-12-2010

2.Des soldats israéliens témoignent: Haaretz 21 septembre 2007  

3.Jacqueline Rose: La Question de Sion, Presses universitaires de Princeton
2005  

4.http: //www.association-belgo-palestinienne.be/ 13 juillet 2009 IVe
Convention de Genève, les-prisonniers-politiques
5.http: //www.palestine-diplo.com/ spip.php?article327 Les prisonniers
politiques  

6.Erica Silverman: Prisonniers palestiniens en Israël: perdus dans la machine
www.info-palestine.net/article.php3?id_article=705 25 janvier 2007  


7.http://www.legrandsoir.info/Nouveau-scandale-de-torture-d-enfants-prisonniers-Des-soldats-urinent-sur-des-enfants-de-13-ans.html
PNN 10 novembre 2010  

8.Israël continue de tester des médicaments sur les prisonniers
palestiniens. PNN 06.12.10
http://english.pnn.ps/index.php?option=com_content&task= view&id=9236&Itemid=68


9.Stephen Lendman http: //www.legrandsoir.
info/Des-soldats-israeliens-coupables-d-abus
sexuels-sur-des-enfants-palestiniens.html 18.09.2010

Pr Chems Eddine CHITOUR  

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


Vendredi 10 Décembre 2010


Commentaires

1.Posté par Mohamed le 12/12/2010 20:43 | Alerter
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Les barbares dans leurs oeuvres
* décret de l'armée sioniste : un enfant palestinien de 12 ans peut étre poursuivi jugé par une juridiction militaire
Où sont toutes ces institutions - walou - makache connais pas.

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