MONDE

IL Y A UN AN FUKUSHIMA


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 19 Avril 2018 - 13:06 Le trio de l’apocalypse



ROBERT GIL
Lundi 12 Mars 2012

IL Y A UN AN FUKUSHIMA
Le 11 mars 2011, un séisme, dont l’épicentre est situé au large des côtes nippones, provoque un tsunami dévastant la côte pacifique du Japon et provoquant la mort de plus de 20 000 personnes. Le séisme d’abord, puis le tsunami, touchent de plein fouet les centrales nucléaires japonaises installées sur la côte Est. Parmi celles-ci, la centrale Fukushima Daï-Ichi subit les dégâts les plus importants. Après Tchernobyl, le lobby nucléaire nous avait expliqué que c’était le résultat de la gestion soviétique incompétente. Mais avec Fukushima c’est le fleuron de l’industrie privée japonaise, dont la fiabilité était tant vantée, qui est concerné. Tôt ou tard, d’autres Tchernobyl et d’autres Fukushima auront lieu provoqués par des erreurs humaines, des dysfonctionnements internes, des tremblements de terre ou d’autres évènements imprévisibles.

Contrairement aux informations rassurantes véhiculées par les médias, la catastrophe continue inexorablement au Japon. On ne sait toujours que faire de l’eau contaminée par le refroidissement des réacteurs et qui, lorsqu’elle ne s’est pas déjà échappée vers l’océan ou les nappes phréatiques, s’entasse sur le site avec tous les risques de fuites diverses compte tenu de la précarité de la situation. Sans la pression de l’opinion japonaise, Tepco aurait déjà relâché cette eau dans l’océan.

Les six piscines des réacteurs et la piscine commune nécessitent un refroidissement constant car elles renferment ensemble environ 2 ­000 tonnes de combustible. Ces piscines sont extrêmement dangereuses et vont entraîner des dépenses pharaoniques de surveillance et d’entretien durant des dizaines d’années.

Les masses fondues de combustible (corium) des réacteurs 1, 2 et 3, représentant environ 250 tonnes de matières radioactives, ne sont toujours pas localisés. Personne ne peut dire aujourd’hui où elles sont exactement. Et rien ne permet d’écarter la possibilité d’explosion que certains scientifiques jugent d’ailleurs très probable : un contact entre ce corium et de grandes quantités d’eau serait en effet dramatique et pourrait provoquer une explosion avec un important dégagement de matières radioactives dans l’atmosphère. Cela pourrait être catastrophique et contaminer d’immenses régions, bien au-delà du Japon.

Au plus proche de la centrale, les conséquences de l’accident sur la population commencent à montrer leur étendue. Pneumonies, leucémies, thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme ou problèmes hormonaux semblent se multiplier chez les 2 millions d’habitantEs du secteur. Les enfants sont en première ligne, alors que les terres, les eaux et certains aliments sont fortement contaminés.

Dans la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale, la Criirad a mesuré une contamination de 370 000 Bq/kg dans la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire. Une radioactivité énorme. « Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié », déclarait alors l’organisation.

La nourriture est aussi un vecteur de contamination radioactive. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons.

En avril, le gouvernement japonais a relevé la norme de radioprotection de la préfecture de Fukushima de 1 milli­sievert/an à 20 millisieverts/an pour les enfants. Or, ce taux est le seuil maximal d’irradiation en France pour les travailleurs du nucléaire !

Face à la catastrophe, et pour éviter des mesures de prévention jugées trop coûteuses, les autorités prennent des risques inconsidérés avec la vie des populations. Et si Tepco a su privatiser les bénéfices générés par l’exploitation de la filière nucléaire, c’est bien désormais la puissance publique qui doit faire face à l’immense chantier de décontamination et de prise en charge des conséquences environnementales et sanitaires.

http://2ccr.unblog.fr/2012/03/11/il-y-a-un-an-fukushima/


Lundi 12 Mars 2012


Commentaires

1.Posté par claudio le 12/03/2012 12:44 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

On a beaucoup spéculé sur l'attitude exemplaire du "peuple japonais" au lendemain de la catastrophe de Fukushima Daï-Ichi. Toute la presse occidentale saluait le calme et la sérénité des populations concernées, attribuant cela à un esprit d'ordre et de discipline en mesure de faire face à cette calamité nucléaire. Soit !
La réalité est que malheureusement, nous avons plutôt remarqué l'incapacité de ce peuple à se prendre en charge pour assurer sa sécurité et le fameux "ordre" et cette supposée "discipline" étaient en fait le signe marquant d'un groupe humain totalement dépassé par les évènements, désemparé et ne sachant quoi faire devant la mort qui le guettait.
Le japonais est un homme entièrement façonné à l'image d'un androïde programmé pour la surconsommation, agissant de manière uniforme dans un monde virtuel.
L'âme japonaise a été éradiquée depuis la prise en main du pays par les américains. Le japonais a rompu de manière définitive avec cette civilisation qui faisait sa spécificité et sa grandeur passées.
De cet homme patriote et jaloux de son identité que l'histoire nous a relaté, il ne subsiste qu'un ersatz errant à travers les méandres d'un univers qui lui échappe totalement.
Non, les victimes de Fukushima ne sont ni ordonnés ni disciplinés. Ils sont tout simplement paumés. Ils se laissent mourir sans réagir acceptant de manières irresponsable la seule parade offerte par un gouvernement autant irresponsable, que leurs enfants aillent à l'école dans une région mortellement contaminée, munis d'une puce destinée à mesurer l'ampleur de la contamination. La quantité hallucinante des becquerels absorbée par ces enfants toutes les heures est un crime.
On a beaucoup critiqué les autorités soviétiques après la catastrophe de Tchernobyl, mais on oublie la rapidité avec laquelle ces mêmes autorités ont procédé à l'évacuation de centaines de milliers de personnes pour éviter un drame humain historique. Le gouvernement japonais lui, fait montre d'un laxisme incompréhensible dont les conséquences sont difficiles à évaluer.
Fukushima n'est pas une catastrophe seulement japonaise. C'est une catastrophe planétaire dont les effets se font déjà sentir aux Etats-Unis, au Canada et dans tout l'Extrême Orient, et poursuit son avancée irrésistible vers le reste du monde. Fukushima est plus dévastateur que Tchernobyl. Ses éléments radioactifs ne connaitront aucune frontière et personne n'est en mesure d'arrêter les dégâts.
Voila la situation. Nous sommes tous exposés.




Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS


Publicité

Brèves



Commentaires