Néolibéralisme et conséquences

Histoire du système économique


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Les quatre premières sections de ce dossier sont associées au cadre des économies nationales, les deux dernières à celui de la mondialisation.

SOMMAIRE :

1. Histoire de la monnaie

2. Le rôle de la monnaie

3. Histoire du système bancaire

4. Financement de l’État

5. Années 1980, le bouleversement apporté par la mondialisation, la finance libéralisée et l’informatisation

6. La situation actuelle


Vendredi 28 Février 2014

Histoire du système économique

À Propos de la terminologie :


Nous désignons par le mot richesse toute chose matérielle ou service nécessaire à la vie, ou permettant de l’améliorer. Il y a deux types de richesses : les richesses périssables et les richesses durables. Les richesses périssables sont des richesses qui ne peuvent être utilisées qu’une seule fois : elles sont détruites par l’usage. Un service est forcément une richesse périssable car il consiste uniquement en de la dépense de temps humain. Si l’on emploie une personne, disons toutes les deux semaines, pour refaire les mêmes travaux de ménage, on doit bien évidemment lui payer les heures passées à chaque fois. Des richesses périssables matérielles sont par exemple : de la nourriture, du combustible pour le chauffage ou du carburant pour un moteur, des cartouches d’encre pour une imprimante, etc. Des richesses durables sont, par exemple, un véhicule, un bâtiment d’habitation ou un local d’entreprise, un ordinateur, etc. Les richesses durables utilisées pour produire de la richesse constituent ce que l’on appelle le capital.

On appelle économie l’ensemble des activités humaines relatives à la production, à la distribution et à la consommation de richesses.

1. Histoire de la monnaie

Durant la préhistoire, l’humanité était constituée de tribus et de communautés itinérantes de chasseurs-cueilleurs. En ces temps, la monnaie n’existait pas. Le cueilleur pouvait éventuellement se mettre d’accord avec le chasseur pour échanger directement une certaine partie de sa récolte contre une certaine quantité de viande du gibier tué par le chasseur. Cette façon primitive de commercer s’appelle le troc. Une certaine quantité d’une sorte de marchandise est directement échangée avec une quantité, admise comme équivalente, d’une autre sorte.

Lorsque les populations se sont sédentarisées dans des villages ou des villes aux organisations sociales plus complexes, où chacun se spécialisait dans un certain type d’activité, le commerce par le troc a commencé à présenter de gros inconvénients et la monnaie est apparue.

En Gaule, les pièces de monnaie sont apparues au IIIième siècle avant notre ère et les gaulois ont inventé le tonneau en bois deux siècles plus tard. Avant cela, le jus de raisin était vinifié dans des amphores. Selon les vins, la durée de la vinification est de quelques jours à un mois. Avant l’apparition de la monnaie on peut supposer que, au moins à ses débuts, le vigneron, ou un membre de sa famille, fabriquait lui-même, avant la récolte, les amphores dont il avait besoin. C’est un travail de poterie qui ne nécessite pas un savoir-faire très poussé. Une fois les vendanges terminées et la vinification achevée, le vigneron pouvait ensuite, par exemple, aller voir le tisserand et troquer une partie de son vin contre des habits de tissu pour l’hiver. Mais les amphores présentent l’inconvénient d’être un contenant fragile. Alors, ce sont les gaulois qui ont inventé le tonneau de bois dont la fabrication demande le réel savoir-faire d’un artisan spécialisé. Sans l’existence de la monnaie, le tonnelier aurait dû, pour la contrepartie du fruit de son travail, faire confiance au vigneron jusqu’à la fin de la vinification avant de percevoir la quantité de vin qui lui était due. Tout comme le vigneron, il aurait ensuite pu troquer une partie de ce vin avec le tisserand pour des habits. Ce dernier aurait alors vu arriver l’ensemble des commandes en même temps. Mais si des pièces de monnaie sont prêtées au vigneron pour la valeur des tonneaux, il les remettra au tonnelier une fois les tonneaux terminés. Ce dernier pourra immédiatement acheter des habits au tisserand avec une partie de cette monnaie et conserver l’autre partie pour acheter du vin au vigneron, une fois que ce dernier sera prêt. Le tisserand pourra également acheter son vin avec de la monnaie reçue du tonnelier. En multipliant le nombre d’artisans s’échangeant mutuellement leurs produits, on mesure la grande souplesse que l’introduction de la monnaie a amenée, dans les transactions, par rapport au simple troc. On se rend compte par ailleurs que la quantité de monnaie qui, dans notre exemple, avait été prêtée au vigneron, représentait la valeur d’une marchandise qui n’avait pas encore été fabriquée. Ceci est une importante remarque.

À l’époque, la monnaie était généralement faite de métal précieux. La valeur marchande de la quantité de métal précieux constituant une pièce de monnaie était équivalente à la valeur de cette pièce. Ceci garantissait au possesseur de la dite pièce de monnaie qu’il possédait bien la contrepartie en richesse correspondant à la valeur de cette pièce. Si, en cas de graves désordres politiques et sociaux la monnaie cessait de circuler, le possesseur d’une pièce de monnaie pouvait toujours la fondre et la troquer comme marchandise. Mais la vraie raison d’être d’une monnaie est d’être unanimement acceptée comme moyen d’échange, sur demande, contre de la richesse, partout dans un royaume, un pays…

Il y eut des exceptions précoces, comme à Sparte, qui utilisa une monnaie de fer entre le Xième et le Vième siècle avant notre ère, avec les difficultés qui furent sans doute rencontrées pour contrôler les contrefaçons.

L’invention de la monnaie papier est à attribuer à l’empereur mongol Kubilay Khan. Il commença à l’introduire dès son accession au trône, en 1260. Il avait compris que l’important dans une monnaie n’était pas qu’elle soit faite d’or ou d’argent, mais qu’elle soit un moyen d’échange reconnu et accepté par tous ses sujets. Quiconque voulait vraiment de l’or, comme les orfèvres pour leur activité professionnelle, était assuré de pouvoir en acheter à volonté auprès de l’empereur en échange de sa monnaie papier (faite à partir d’écorce de mûrier). Les stocks de métaux précieux à usage de moyen d’échange était ainsi réduits aux nécessités du commerce avec l’étranger et, pour le commerce intérieur, on disposait d’un moyen d’échange plus léger que l’or.

En Occident, pour la gestion de leur royaume, les rois avaient tout autant besoin d’or et d’argent que Kubilay Khan. En cas de besoin urgent, ils avaient l’habitude d’en emprunter, sans parfois même demander le consentement des propriétaires. C’est ainsi que les détenteurs d’or en vinrent de plus en plus à le déposer chez des orfèvres faisant complaisamment office de consignataires. Au fil du temps, ces derniers se transformèrent en banquiers. Les premières banques apparaissent en Europe au XIIième siècle, particulièrement en Italie.

Par expérience, les banquiers/orfèvres comprirent que leurs clients ne demanderont jamais de récupérer leur monnaie d’or le même jour et ils constatèrent que la plus grosse part des sommes qu’ils détenaient restait dormante et improductive. Ils en vinrent ainsi à en prêter, contre intérêts, une proportion raisonnable à des personnes sûres et à des entrepreneurs de bonne réputation, pour des périodes définies. C’est ainsi qu’est né le crédit bancaire.

Le monde des affaires a toujours été, et sera toujours, peuplé de personnes honnêtes et d’autres moins honnêtes ; mais ce n’est pas le sujet ici. Concernant la question de l’honnêteté et de l’éthique du système économique et bancaire, il n’y avait jusque-là pas grand-chose à dire si ce n’est que l’accord des propriétaires de la monnaie d’or prêtée n’était peut-être parfois qu’implicite et que si - suite à une situation exceptionnelle de panique générale - tous ces propriétaires venaient à demander à retirer leur monnaie en même temps, ils ne pourraient pas tous être satisfaits immédiatement car le banquier avait physiquement remis une partie des pièces d’or entre les mains des emprunteurs. Il faudrait donc attendre que tous les prêts bancaires aient été soldés. Mais il s’agit d’une situation qui ne devrait normalement pas se produire. En tout état de cause, que les propriétaires de la monnaie prêtée aient, sciemment (dépôt à terme) ou pas, abandonnés provisoirement l’usage de cette monnaie au profit de la banque et, finalement, des emprunteurs (via les prêts bancaires), ces prêts laissent la quantité totale de monnaie inchangée dans le système. Ceux-ci sont appelés des prêts authentiques.

C’est à partir de là que les changements ayant permis que le système soit perverti se mirent en place…

Il arrivait, bien sûr, que des marchands réalisant des transactions mutuelles fissent leurs dépôts auprès du même banquier/orfèvre. Plutôt que de retirer leur monnaie, le sens pratique les amena alors à remettre au banquier des ordres écrits pour se payer l’un l’autre par débit et crédit sur leurs comptes respectifs. C’est de là que naquit le chèque bancaire.

Un tel ordre, ou chèque, comme substitut à la monnaie, recelait toutefois, comme aujourd’hui encore, deux sources d’incertitude. Il pouvait être sans valeur à cause de l’insolvabilité du signataire (le chèque sans provision) où à cause de l’insolvabilité de la banque. Il était largement admis à l’époque qu’une banque ne pouvait faire autrement que de tenir ses engagements : c’était une question de réputation dans le monde des affaires. Il ne restait donc que la première incertitude. C’est ainsi que, parmi les marchands qui ne se connaissaient pas personnellement, s’établit la pratique d’envoyer un récépissé du banquier/orfèvre attestant de l’or déposé. De tels récépissés se mirent alors à circuler comme de la monnaie, partout où la bonne réputation du banquier/orfèvre était connue. Le billet de banque était créé. Le billet de banque était une promesse du banquier de payer sur demande, en échange de ce billet, la somme d’or spécifiée. À ce stade, il y avait donc, dans un coffre, la contrepartie en or derrière le billet de banque.

Le chèque, lui, va plus loin que le billet de banque : Il permet de se passer complètement de monnaie. Il transfère simplement la propriété de la monnaie d’un client du banquier à un autre. L’endettement mutuel entre les dépositaires d’une même banque devient une simple affaire de comptabilité. De par la popularité toujours plus grande du chèque bancaire, de plus en plus monnaie d’or restait inutilisée dans les coffres des banques, que les banquiers, comme nous l’avons vu, prêtaient.

Le chèque fut inventé par les banquiers britanniques en 1742, alors que la banque d’Angleterre s’était vue confiée le monopole du billet de banque. Il ne fallut pas attendre très longtemps avant que, en 1775, plusieurs banques privées londoniennes créent un organisme (la Banker’s Clearing House) dont le rôle était de compenser les chèques émis par les clients de ces différentes banques. Ceci réduisit de manière encore plus massive la circulation de monnaie d’or et de billets de banque.

En France, le chèque fut introduit plus tardivement : en 1865.

C’est à partir de là que le rôle initial du banquier d’être le dépositaire et le gestionnaire de la monnaie possédée par ses clients se mit sournoisement et lentement à dériver.

Quand un client (particulier ou entreprise) emprunte auprès d’une banque, c’est normalement pour acquérir un bien dont il ne dispose pas de la valeur en monnaie, et qu’il souhaite financer avec des revenus escomptés. Le montant emprunté est ainsi immédiatement dépensé. À cette fin, l’emprunteur peut certes demander le montant emprunté sous forme de monnaie d’or. Mais il en va ici toujours de même que ce qui a été dit précédemment, le chèque bancaire, ou le billet de banque, remplissent beaucoup plus aisément la même mission. Ainsi, à nouveau, la plus large part du montant des prêts n’affectait aucunement la quantité de monnaie d’or entreposée dans les coffres des banques.

Ainsi, aussi longtemps que la réputation de solvabilité d’une banque restait bonne, les dépôts initiaux authentiques des clients propriétaires de monnaie - innocents et dépourvus de tout soupçon - étaient utilisés encore et encore pour servir de base à l’octroi de nouveaux prêts. Les montants de ces derniers étaient de plusieurs fois supérieurs à ceux des dépôts authentiques. De la monnaie fictive, indiscernable de la monnaie authentique, était ainsi créée en grande quantité par les banques, littéralement par la pointe d’un stylo. C’est ainsi que, sans que personne n’y trouva à redire, le banquier a commencé à s’accaparer ce qui était jusque-là une prérogative de gouvernance des États.

Mais il se trouvait en même temps que l’énorme accroissement de la production de richesses ayant marqué le début de la révolution industrielle du XIXième siècle - par la maîtrise de la puissance mécanique – demandait d’accroître dans les mêmes proportions la quantité de monnaie afin de pouvoir distribuer de manière viable la richesse créée. Cela n’était possible qu’en réalisant de grandes économies sur l’usage de l’or. L’invention du système de chèques par les banques est venue, en la matière, compenser les carences des gouvernements dans l’émission d’une quantité appropriée de monnaie papier nationale. Cette dernière fut ainsi reléguée à un rôle mineur, altérant la vraie nature de la monnaie elle-même, sans que le public et le législateur n’aient réalisés ce qu’il était en train de se produire.

Mais ce n’est pas parce qu’une chose c’est montrée utile dans certaines circonstances qu’elle continuera à se montrer utile dans l’avenir.

Citons ici la traduction d’un extrait de la référence [1] : « Pendant que le système bancaire et le système de chèques se développaient et que les gens prenaient de plus en plus l’habitude de déposer leur monnaie dans les banques et d’utiliser les chèques, au lieu des espèces, pour s’acquitter de leurs dettes, le banquier a tout d’abord, comme nous l’avons vu, toujours possédé un stock d’or et d’argent beaucoup plus important que nécessaire pour satisfaire les demandes d’espèces que le public faisait encore. Il est par conséquent clair que le banquier peut, en toute sécurité, prêter une partie de la monnaie de ses dépositaires ; mais ce qui est moins clair c’est qu’il peut prêter beaucoup de fois plus que tout ce que possède la Nation – en fait, créer de la monnaie à volonté pour la prêter. »

C’est là que, par les vertus de l’intérêt composé que nous ne détaillerons pas ici, se trouve le mécanisme d’une divergence exponentielle pouvant mettre un siècle pour manifester pleinement ses effets [1].

 

2. Le rôle de la monnaie

La monnaie est le moyen d’échange qui permet de faire s’écouler la richesse depuis le système productif jusqu’au consommateur. Une certaine quantité de monnaie fait circuler sa valeur en richesses. Mais tandis que la richesse ne s’écoule qu’une seule fois (si l’on exclut les ventes d’occasion de richesses durables), la même monnaie permet de distribuer encore et encore – jusqu’à ce qu’elle soit retirée de la circulation – de nouvelles quantités de richesse. Quand un consommateur réalise un achat auprès d’un commerçant il lui remet, en échange de la richesse acquise, la quantité de monnaie correspondant au prix de cette richesse. Une partie de la monnaie correspond au prix de revient pour le commerçant (valeur d’achat auprès du grossiste, loyer payé pour local commercial, taxes diverses, etc.), l’autre au bénéfice du commerçant. La partie correspondant au bénéfice va être, à plus ou moins brève échéance, directement utilisée par le commerçant (qui est aussi un consommateur) pour acheter à son tour de la richesse pour lui-même. Cette monnaie va donc assez rapidement refaire s’écouler sa valeur en richesse. Une partie de la monnaie qui avait été remise au grossiste va, quant à elle, remonter jusqu’au fabricant de la richesse. Et une partie de cette dernière va être versée en salaires à des employés qui la dépenseront, plus ou moins rapidement, pour acheter à leur tour de la richesse. Une autre partie sera utilisée par l’entrepreneur pour les autres frais de fonctionnement de l’entreprise (achat des matières premières, taxes, loyer, maintenance des machines, investissements, etc.). On voit que le chemin suivi par une certaine quantité de monnaie pour faire un cycle dans le système productif peut être plus ou moins long. La quantité de monnaie optimale pour le fonctionnement d’un système économique dépend notamment du taux de production de richesses, de la durée moyenne d’un cycle de circulation de la monnaie, de la quantité de monnaie thésaurisée (c’est-à-dire qui ne circule pas), etc. S’il y a trop de monnaie en circulation par rapport au taux de production de richesses, les prix ont tendance à augmenter, ceux qui ont des revenus fixes sont lésés et voient leur pouvoir d’achat diminuer. S’il n’y a pas assez de monnaie, c’est l’entrepreneur et ceux qui ont investis dans le capital qui sont lésés, voire ruinés. On pourrait ici penser que, inversement au premier cas, les prix vont baisser, mais en pratique, un fabricant ne va normalement pas vendre sa production à perte et c’est ainsi plutôt la production qui est diminuée.

Un système économique équilibré et honnête est un système économique où le niveau des prix est maintenu constant. Ainsi l’individu qui économise pour s’acheter une maison sait à l’avance combien elle lui coûtera, dans 5 ans, dans 10 ans, et l’entrepreneur est sûr que la valeur de son retour sur investissement ne sera pas amputée par une baisse des prix.

Le comportement d’un banquier dans une situation de pénurie de monnaie est décrit dans l’extrait traduit suivant tiré de [1] : « Les prix s’effondrent sur le marché. Les stocks volumineux et dépréciés doivent être vendus alors qu’il n’y a pas d’acheteurs. C’est à ce moment psychologique que l’industriel doit solliciter le banquier pour de la nouvelle monnaie permettant à l’industrie de continuer à tourner. Il pourra faire valoir le fait que la production a largement dépassé la consommation, qu’il y a eu, en phraséologie bancaire, un boom grandement spéculatif, qu’il n’y a pas le moindre marché pour les choses qu’il produit, et qu’il pourrait continuer indéfiniment de produire s’il les vendait, et demander alors humblement un crédit pour faciliter la production ! Le banquier le croirait fou. Il dirait : "N’est-ce pas évident pour vous que votre production est allée au-delà de la demande du marché, et que jusqu’à ce que vous vous soyez débarrassé de votre surplus de stocks les crédits doivent être restreints, pas augmentés ? " Ainsi, par la force des choses, la production est maintenant réduite au-dessous de la normale […]. » C’est ainsi que le banquier réduit les prêts quand la quantité de monnaie devrait être augmentée et qu’il les augmente quand la quantité de monnaie devrait être diminuée. Nous parlons naturellement ici de prêts non authentiques (c’est-à-dire de monnaie qui n’existe pas et qui est créée par la pointe du stylo du banquier, voir plus avant) ; le prêt authentique, lui, ne change pas la quantité de monnaie en circulation. Voilà donc pourquoi l’émission et le retrait de monnaie doit être une prérogative de l’État et non des banques. La voie naturelle pour l’État de créer de la monnaie est de réduire les impôts et de financer ses dépenses avec la monnaie créée. Pour détruire de la monnaie l’État peut au contraire, soit augmenter les impôts, soit lancer un emprunt d’État, puis retirer la monnaie ainsi récupérée de la circulation. Dans la première éventualité, on a autoritairement réduit la richesse monétaire du contribuable en en détruisant purement et simplement une partie. Dans la seconde, on a trouvé des volontaires pour thésauriser contre intérêts, pour le temps stipulé, une partie de leur monnaie ; car, bien évidemment, ce qui influence réellement le niveau des prix n’est pas la quantité totale de monnaie existante, mais la quantité qui circule (c’est-à-dire la quantité totale moins la quantité thésaurisée).

 

3. Histoire du système bancaire

C’est toujours en Angleterre que les premières banques se firent financer en bourse - suite au Bank Charter Act de 1833 - et furent autorisées à émettre de la monnaie papier.

Au cours du temps, le besoin d’un réseau bancaire se faisant du plus en plus sentir, on assiste à l’émergence des grandes banques. En Angleterre les banques tendent progressivement à fusionner. Après 1919, le système bancaire anglais est largement dominé par les Big Five, cinq grandes banques qui se partagent plus de 90% du volume des affaires. En France, où l’essor du système bancaire a été plus tardif, les grandes banques se sont directement créées (le Crédit lyonnais en 1863, la Société générale en 1864, etc.). C’est par ailleurs en 1894 qu’a été créée, par le ministère de l’agriculture, une grande banque spécialisée dans le financement du secteur rural et de la modernisation des exploitations agricoles : le Crédit agricole.

À leur création, les banques centrales se sont vues confier, comme nous l’avons indiqué, le monopole de l’émission des billets de banque. La première fut la banque de Suède, créée en 1668. La banque d’Angleterre fut créée en 1694, la banque de France en 1800. Par distinction, les autres banques sont appelées des banques commerciales.

Avec le temps, le rôle des banques centrales a été étendu bien au-delà de l’émission de billets, comme, notamment, à des actions de politique monétaire, à la gestion des réserves d’or et de devises du pays, etc.

En 1930, les banques centrales des principaux États européens ont créé, à Bâle, la Banque des règlements internationaux (BRI) dont la mission est de favoriser la coopération monétaire internationale et de servir de banquier aux banques centrales. En son sein fut créé, en 1974, le Comité de Bâle qui édicte des règlements internationaux, comme par exemple en matière de fonds propres obligatoires des banques.

En théorie une banque centrale est une super-banque sensée contrôler les banques commerciales. Mais il en va tout autrement en pratique, notamment concernant l’émission de monnaie fictive (aujourd’hui appelée monnaie scripturale dans le jargon financier). Cette dernière est créée par le crédit non authentique et circule notamment par le système de chèques. Jusqu’à aujourd’hui, en dehors du monopole sur la création de monnaie authentique (pièces et billets : appelés monnaie fiduciaire dans le jargon financier) les pouvoirs des banques centrales sont restés limités à : délivrer la licence que doit posséder une banque commerciale pour avoir le droit de fonctionner ; fixer le taux dit de « refinancement » auquel les banques commerciales se procurent la monnaie authentique auprès de la banque centrale. Le besoin des banques commerciales de se « refinancer » en monnaie authentique auprès de la banque centrale est lié d’une part à leur obligation de satisfaire à toutes les demandes de retrait en espèces de leurs clients, et d’autre part à leur obligation de se conformer à la réglementation en matière de réserves obligatoires (en Europe, réglementation du Comité de Bâle). Plus de détails peuvent être trouvés au lien suivant :

http://www.bayard-macroeconomie.com/pouvoirbanquecentrale.htm l

On voit que le contrôle, par une banque centrale, de la monnaie créée par le crédit bancaire est très indirect et surtout qu’elle n’a aucun pouvoir pour imposer que la quantité de monnaie soit augmentée ou diminuée en fonction de la situation dans laquelle se trouve le système économique.

Au cours d’une grande partie du XXième siècle, jusqu’au début des années 1980 en France, les activités des banques commerciales sont séparées entre banques de dépôts et banques d’affaires ou d’investissements.

En France, à la Libération, le gouvernement de Charles de Gaulle nationalise les grandes banques ; le crédit était ainsi revenu sous la coupe de l’État.

Avant les années 1960 beaucoup de Français n’avaient pas de compte en banque ; les entreprises payaient encore leurs salariés en espèces ou avec un chèque que l’on pouvait encaisser en espèces au guichet d’une agence bancaire. Beaucoup de particuliers ne possédaient alors qu’un livret d’épargne. Ce n’est qu’ensuite que de très nombreux produits et services bancaires sont apparus et que les banques sont devenues des entreprises de services à part entière.

 

4. Financement de l’État

Il a été souvent prétendu un peu rapidement que la loi du 3 janvier 1973 - aussi surnommée loi Pompidou-Giscard ou loi Rothschild - aurait mis fin à la possibilité pour l’État français d’emprunter auprès de la Banque de France sans intérêts ou presque. En fait cette loi n’a fait que modifier les statuts de la Banque de France en stipulant que « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». Autrement dit, cette loi interdisait à l’État de créer sa propre monnaie, et non pas d’emprunter sans intérêts auprès de la Banque de France ; c’était avant tout une question de forme. Avant 1973 comme après, l’État pouvait emprunter sans intérêts à la Banque de France jusqu’à un montant de 10,5 milliards de francs et encore 10 milliards supplémentaires à un taux très faible. Au-delà, avant comme après la loi de 1973, l’État devait emprunter auprès de créanciers privés. La confusion vient du fait que, jusqu’en 1972, les emprunts d’État n’ont jamais dépassé le plafond des 20,5 milliards de francs. Le seuil a été franchi pour la première fois en 1973, justement. Ensuite la dette publique n’a cessé de croître très rapidement, tandis que par ailleurs le plafond des 20,5 milliards de francs n’a jamais été revalorisé alors même que, dans les 10 années qui ont suivi l’année 1973, l’inflation moyenne fut un peu supérieure à 12% par an. Si le financement des dépenses de l’État a été de plus en plus fortement, puis presque exclusivement, assuré par le secteur privé de 1973 à 1993 c’est à cause de la forte augmentation de la dette publique, et non à cause de la loi du 3 janvier 1973.

Ce n’est qu’avec le traité de Maastricht de 1993 que l’interdiction du financement des États par leur banque centrale a été promulguée.

 

5. Années 1980, le bouleversement apporté par la mondialisation, la finance libéralisée et l’informatisation

 

En 1984, en France, sous le gouvernement de Pierre Mauroy, est promulguée une loi bancaire mettant fin au cloisonnement entre les activités de dépôt et les activités de banques d’affaires et d’investissement.

Une première vague de privatisation des grandes banques françaises est lancée en 1987 sous le gouvernement de Jacques Chirac (Société générale, Crédit commercial de France, Paribas, etc.).

L’économie française est agitée par une première crise financière en 1993. La même année c’est au tour de la BNP d’être privatisée, tandis que le Crédit lyonnais était en quasi-faillite. Cette dernière banque étant alors toujours publique, c’est bien évidemment le contribuable français qui doit débourser les quelques 20 milliards d’euros de perte. Le verbe devoir est au présent car cette facture de 20 milliards d’euros ne doit être entièrement soldée qu’en 2014(1) . Une fois renfloué par le contribuable, le Crédit lyonnais a été privatisé à son tour en 1999.

Pendant cette période, la concentration du secteur bancaire s’accentue. En 1984 il y avait en France 1556 banques (deux fois moins qu’au début du XXième siècle), en 1998 il n’y en avait plus que 1000(2) .

En 1998, c’est l’Asie qui est à son tour frappée par une crise financière.

En 2000, les marchés financiers sont secoués par l’éclatement de la « bulle Internet » marqué par une chute vertigineuse des cours de bourse des valeurs technologiques (148 milliards de dollars de perte).

Sans être exhaustif, on peut encore citer la quasi-faillite, fin 2001, d’un État aussi important que l’Argentine. Le taux de chômage y explosa à 50%, 14 millions de personnes descendirent au-dessous du seuil de pauvreté (soit 38% de la population)(3) .

C’est ensuite, en 2007, qu’éclate, aux États-Unis, la fameuse crise des crédits « subprimes ». Elle aura des répercussions mondiales, touchant notamment l’Europe l’année suivante, et l’on pourrait même se demander si elle peut avoir une fin avant que le système financier et bancaire ne soit vraiment « remis à plat ». Alan Greenspan, président de la FED de 1987 à 2006 était convaincu que les marchés financiers ont le pouvoir de s’autoréguler : il avait tort.

Il convient maintenant de préciser ce que l’on entend généralement, et ici en particulier, par le terme « mondialisation ».

Le commerce international existe depuis l’Antiquité (au IIième siècle avant notre ère, par exemple, les Chinois exportaient déjà de la soie vers l’Occident).

Ce qui peut être considéré comme différenciant le commerce international ante et post mondialisation est qu’avant la mondialisation ce commerce se faisait essentiellement d’État à État au travers d’échanges de devises propres à chaque pays ou communautés monétaires ; ces devises étaient échangées ou compensées à la vitesse à laquelle les titres papiers pouvaient passer de mains en mains ou à laquelle le stylo pouvait mettre à jour des livres de compte. Pour les entreprises cotées en bourse, les échanges de titres ne pouvaient quant à eux se faire qu’à la vitesse à laquelle des ordres pouvaient être donnés par téléphone à des courtiers et retranscrits à la craie sur des tableaux.

L’avènement de l’informatique et d’Internet a bouleversé tout cela. Les flux financiers de monnaie virtuelle se sont mis à circuler à la vitesse des ondes électromagnétiques dans des câbles conducteurs (même si cette vitesse est inférieure à celle de la lumière dans le vide, elle correspond tout de même à plusieurs tours de notre planète par seconde) et l’internationalisation des grandes entreprises a été grandement favorisée, là aussi par la facilité de communication apportée par Internet.

Cet état de choses a fait les beaux jours de la spéculation. Les actions s’échangent à la milliseconde par des ordres envoyés par des programmes informatiques (trading haute fréquence)(4) . Comme si la valeur réelle d’une entreprise qui publie ses résultats tous les trois mois pouvait changer d’une milliseconde à l’autre.

L’informatisation de la finance a aussi engendré l’explosion de ce qui est appelé les produits dérivés. Un produit dérivé est un titre financier dont la valeur est dérivée d’un actif boursier qui peut être une action, une obligation, une devise, une matière première ou un taux d’intérêt ; sans oublier les fameux CDS (Credit Default Swaps) dont le rôle a été crucial dans l’amplification de la crise des « subprimes »(5) . On peut dire que les produits dérivés sont ce qui fait passer du nécessaire financement de l’économie aux casinos de Las Vegas.

Les produits dérivés sont les produits qui permettent d’obtenir ce que les financiers appellent un effet de levier. Autrement dit, comme nous avons vu que les banques prêtent de la monnaie qui n’existe pas, les produits dérivés permettent de jouer en bourse de l’argent que l’on ne possède pas, et qui n’existe pas non plus (en ayant misé 100 on peut ainsi encaisser, par exemple, un bénéfice comme si on avait misé 200 et cela peut même aller jusqu’à 500 ; mais en cas de mise assez malheureuse, on peut aussi perdre plus que ce que l’on possède)(6) . Ce coup-ci, même à Las Vegas ils n’osent pas faire.

Nous avons vu que, pour un niveau de production donné, le niveau des prix est lié à la quantité de monnaie en circulation et à la durée moyenne d’un cycle de circulation. C’est ainsi qu’en théorie, si le système bancaire ne créait pas de la monnaie par les prêts non authentiques, les banques centrales pourraient parfaitement maîtriser l’indice des prix. Jusqu’à la crise actuelle on a toujours observé qu’une augmentation excessive de la masse monétaire (quelle que puisse être son origine) a toujours effectivement provoqué une hausse des prix. Mais cela ne se vérifie plus aujourd’hui. Depuis quelques années la Banque du Japon et, surtout, la FED aux États-Unis injectent des quantités colossales de monnaie sans que les prix n’augmentent. Les injections de la FED représentent, chaque mois, un montant équivalent à la totalité du plan Marshall au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Où va donc toute cette monnaie ? Si elle ne fait pas augmenter les prix, c’est qu’elle ne va pas dans le système économique mais dans le système parallèle du grand Las Vegas planétaire des produits dérivés. Début 2012, déjà, le marché des produits dérivés représentait plus de 10 fois le PIB mondial et 14 fois la capitalisation boursière mondiale(5) . Il faut se représenter ce que veut dire 10 fois le PIB mondial. Cela veut dire que s’il venait à l’idée de tous propriétaires de la monnaie placée dans les produits dérivés de ne plus spéculer mais de se servir de cette monnaie pour acheter des richesses, à leur prix actuel, il faudrait 10 années pour les fabriquer, au taux actuel de production. Ce qui se passerait plutôt, serait une énorme hausse des prix, pouvant aller jusqu’à un facteur 10 (la baguette de pain à 9,50 euros ?). Mais tout ceci paraît bien irréaliste. Alors si une large part des fortunes possédées par la petite classe de gens qui ont la main sur la haute finance ne peut servir à ces derniers à acheter des richesses (dont ils ne sauraient en grande partie certainement que faire), à quoi peut-elle leur servir. Réponse : à avoir le pouvoir sur les autres, à asservir le reste de l’humanité. Car en effet, posséder même un grand château ne donne aucun pouvoir sur les autres. Mais posséder une grosse somme de monnaie, c’est posséder un pouvoir sur les autres, car ce que l’on omet si souvent de dire au point que cela paraît suspect, c’est que la monnaie est une dette de l’ensemble de la communauté au possesseur de la monnaie.

Entre deux demandes d’entrepreneur les banques ont certainement toujours eu plus ou moins tendance à prêter à celui qui présentait les meilleures garanties financières plutôt qu’à celui qui présentait le meilleur projet économique. Mais depuis l’avènement des produits dérivés, les banques préfèrent visiblement très nettement prêter au spéculateur fortuné (qui possède de par sa situation des informations « privilégiées », si ce n’est qu’il pratique le délit d’initié) qu’à l’entrepreneur. Dans la foulée, depuis une décennie, ces banques se sont même aventurées elles-mêmes dans des pratiques délictueuses (manipulation de l’Euribor et du Libor, blanchiment, aide à la fraude fiscale de clients fortunés …, de telles affaires se sont continuellement succédées au cours de toutes dernières années).

 

6. La situation actuelle

 

La conséquence d’une telle situation est que de plus en plus de richesses s’accumulent dans très peu de mains tandis que le reste de l’humanité soit stagne, soit même voit son niveau de vie diminuer. Et la dérive est exponentielle. En Europe, il semble très difficile au public d’avoir des éléments chiffrés. On en trouve cependant quelques-uns en provenance des États-Unis. Le 06/12/2010, lors d’une intervention devant le Congrès américain, le sénateur Bernie Sanders accuse avec verve. La part de la richesse américaine détenue par le pourcent des plus riches était de : 8% dans les années 70, 14% dans les années 80, 18% à la fin des années 90, 23,5 % en 2007. Si l’on ne s’intéresse plus aux richesses mais à leurs variations : 80% des nouveaux revenus créés de 1980 à 2005 sont allés au pourcent le plus riche(7) . Plus récemment, dans un article du Monde(8) , on apprend : que la fortune des 400 Américains les plus riches équivaut au PIB de la Russie et qu’elle a doublée en 10 ans (la crise, ce n’est pas pour tout le monde) ; que le pourcent des Américains les plus riches captent un cinquième du revenu total de la nation ; que le revenu des 0,01% les plus riches a augmenté de plus de 32% sur la seule année 2012.

Les avancées perpétuelles de la science ne bénéficient-elles désormais plus qu’à moins de 1% de la population mondiale ?

Pourquoi n’entend-on quasiment jamais parler de la monnaie (dans les médias, dans la bouche des politiques et dans celle des économistes) comme étant aussi une dette collective et pas seulement une richesse individuelle ? Pourquoi parle-t-on toujours d’une opposition illusoire des intérêts de l’entrepreneur et de ceux de ses salariés, et non pas de l’opposition réelle d’une communauté d’intérêts de ces derniers avec ceux des spéculateurs de la haute finance ? Et l’on pourrait encore poser bien d’autres questions. N’y a-t-il pas là derrière une grande mystification méticuleusement et mondialement organisée ?

 

 

 

 

(1)  Source : Article BFMTV du 09/11/2012, Patrick Coquidé.

(2)  Source : Fédération bancaire française (http://www.fbf.fr/web/Internet2010/Content.nsf/0/0CC66EC4C3620C47C125777E003FDDB2?OpenDocument ).

(3)  Voir par exemple : « Finances : de la bulle Internet à la crises des subprimes », le Nouvel Observateur, 22/12/2009, Tristan Berteloot.

(4)  Pour plus d’informations sur le trading haute fréquence et ses dangers, on peut se reporter à l’article, « Trading algorithmique : mobilisation contre la "menace" des ordinateurs boursiers », Le Monde.fr, 20/05/2013, Edouard Pflimlin.

(5)  Pour plus d’informations sur les produits dérivés, on peut se reporter à l’article, au titre optimiste, « Produits dérivés, dernières heures de liberté » paru le 03/05/2012 dans le magazine économique suisse francophone Bilan.

(6)  Pour plus d’informations sur l’effet de levier, on peut se reporter à l’article « Finance : qu’est-ce qu’un "effet de levier" ? », Le Monde argent, 06/06/2012, Franck Pauly.

(7)  h ttp://www.youtube.com/watch?v=uj8_HLtY1Hk

(8) « Derrière les 400 Américains les plus riches, les inégalités explosent », Le Monde.fr, 16/09/2013, Stéphane Lauer.

 

[1] Wealth, Virtual Wealth and Debt, Frederick Soddy (prix Nobel de chimie 1921), 1926. Une traduction de cet ouvrage en français a été réalisée par l’auteur de cette page, elle est en attente de publication.

http://jpd91fr.webplus.net/histoire_systeme_eco.html

 


Comme première étape vers un système économique durable, équitable et prévisible, nous demandons aux candidats de s’engager sur l’abrogation de l’article 101 du traité de Maastricht.

POUR QUE LES ÉTATS (ET LES COMMUNAUTÉS MONÉTAIRES) SE RÉAPPROPRIENT LEUR PRÉROGATIVE HISTORIQUE DE MISE EN CIRCULATION ET DE RETRAIT DE LA MONNAIE
Le rôle historique de la monnaie est de distribuer la richesse produite par un État ou une communauté monétaire, non de servir de support à la spéculation. Afin que la distribution de richesses soit optimisée en fonction de l’intérêt général, la mise en circulation et le retrait de monnaie doit être entièrement entre les mains de la gouvernance politique, au travers des banques centrales.
Un système économique honnête et durable passe par une constance de l’indice des prix. Si les prix augmentent, c’est qu’il y a trop de monnaie en circulation par rapport au taux de production de richesse. De la monnaie doit être retirée par une augmentation des impôts ou par le lancement d’emprunts d’État visant à forcer la thésaurisation. Si les prix diminuent c’est qu’il n’y a pas assez de monnaie en circulation par rapport au taux de production de richesse. De la monnaie doit être créée. La mise en circulation de cette monnaie s’opère par le remboursement anticipé d’emprunts d’État et/ou par une réduction des impôts et un financement correspondant des dépenses de l’État avec la monnaie créée.
La plus large part de la monnaie créée aujourd’hui est de la monnaie fictive mise en circulation par les banques au travers des crédits bancaires. Quand les prix diminuent, c’est que la production se vend mal. C’est donc le moment où l’entrepreneur qui va demander un crédit à sa banque va certainement se le voir refuser au motif que ses affaires ne sont pas florissantes ; le banquier, en bon banquier, lui dira : « Vendez déjà vos stocks excédentaires, et repassez me voir ensuite ». Or, nous avons vu que c’est dans cette situation que la quantité de monnaie doit être augmentée. La situation est inversée quand les prix augmentent. Ainsi, au travers du crédit, les banques tendent à réduire la quantité de monnaie quand elle devrait être augmentée et vice versa.
Un indice des prix maintenu constant est un gage de confiance en l’avenir, ce qui est de la plus haute importance dans un système économique basé sur la confiance. Avec l’assurance d’un indice des prix constant, le particulier ne craindra pas de voir le pouvoir d’achat de ses économies rongé par une hausse des prix ; avec l’assurance d’un indice des prix constant, l’entrepreneur ne craindra pas de voir son retour sur investissement rongé par une diminution des prix, éventuellement jusqu’à la faillite de son entreprise.
Un indice des prix maintenu constant est une condition préalable nécessaire vers l’élimination des cycles économiques et l’éradication des « crises ».
Comme une première étape vers cet objectif, nous demandons aux candidats à l’élection européenne de s’engager sur la dénonciation de l’article 101 du traité de Maastricht de 1993 interdisant le financement direct des administrations publiques par les banques centrales. À défaut nous envisagerons de déposer dans l’urne une enveloppe de vote contenant un bulletin sur lequel sera inscrit « PLUS RIEN NE SERT DE VOTER TANT QUE LE POUVOIR POLITIQUE ABANDONNE SES PRÉROGATIVES HISTORIQUES ENTRE LES MAINS DE LA HAUTE FINANCE ET DU SYSTÈME BANCAIRE ».
Nous demandons qu’ensuite un processus de débats citoyens soit engagé, avec l’aide d’experts indépendants et de scientifiques, autour de la question de quel système économique voulons-nous ? Un système tel qu’aujourd’hui, imprévisible, immaitrisable, pouvant potentiellement exploser à tout moment en apocalypse financière (alors qu’aujourd’hui la masse monétaire mondiale « thésaurisée » dans les « produits dérivés », c’est-à-dire hors du système productif, représente plus de 10 fois le PIB mondial) ou bien un système durable et équitable basé sur une économie enfin élevée au rang de véritable science afin de satisfaire le plus efficacement possible les besoins matériels et culturels de la vie humaine.
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Pour plus d’informations se reporter au site web :
http://jpd91fr.webplus.net/histoire_systeme_eco.html
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Courant avril, j’adresserai cette pétition aux candidats français à l’élection européenne de fin mai 2014.
Je recherche quelqu’un pouvant adresser la version anglaise ci-dessous aux candidats du Royaume-Uni.
Des volontaires sont également attendus pour traduire la pétition dans les langues respectives des autres États membres, ainsi que pour l’adresser ensuite aux candidats de ces pays qui sont : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède.

Pétition de :
Jean-Paul Devos
Physicien
Essonne France

Pour signer la pétition: http://www.change.org/


Vendredi 28 Février 2014


Commentaires

1.Posté par Tom le 01/03/2014 01:44 | Alerter
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vraiment très bien résumé, bien écrit, comprenable pour monsieur et madame tout-le-monde (moi). merci d'enrichir mon esprit avec quelque chose de vraiment utile pour notre société!

2.Posté par adil le 04/03/2014 01:55 | Alerter
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Je veux juste vous signaler une erreur sur votre article, le cheque est crée par les commercants arabes en huitième siècle lors de l'empire des califes abbassides de baghdad. l'origine du mot chéque est le mot arabe "sakke" qui est une reconnaissance de dette et une promesse de paiement.

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