Histoire et repères

Guerre des Six-Jours : Nouvelles révélations sur le rôle de Hassan II dans la victoire d’Israël


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En septembre 1965, Hassan II accueillait à Casablanca les chefs arabes lors d’un conclave secret destiné à évaluer les capacités militaires d’une coalition destinée à lancer une offensive éclair contre Israël. Le roi, peu confiant dans ses alliés, a livré les enregistrements de la rencontre à l’Etat hébreu lui permettant de gagner la Guerre des Six-Jours


Kenza Filali
Lundi 17 Octobre 2016

Hassan II recevant au Maroc le rais Gamal Abdel Nasser. Le roi nourrissait une profonde aversion envers les idées panarabistes du leader égyptien. GETTY IMAGES
Hassan II recevant au Maroc le rais Gamal Abdel Nasser. Le roi nourrissait une profonde aversion envers les idées panarabistes du leader égyptien. GETTY IMAGES
Israël doit largement sa victoire sur ses ennemis arabes dans la guerre des Six Jours de 1967 à l’aide secrète du Maroc, selon les révélations faites aujourd’hui par un ancien chef des renseignements militaires israéliens.

En 1965, le roi Hassan II a transmis à Israël des enregistrements d’un conclave clé entre les dirigeants arabes tenu à Casablanca et destiné à la préparation de la guerre contre Israël. L’anecdote est connue : elle avait été déjà révélée par des anciens espions de l’Etat hébreu, mais aujourd’hui, Yedioth Ahronoth (repris par Times of Israël) en apporte de nouveaux détails, expliquant par la voix de témoignages inédits comment cette coopération secrète a été décisive dans la victoire contre la coalition arabe.

Dix ans plus tôt, En 1954, Nasser, alors numéro 2 du régime, profitait d'une tentative d'assassinat providentielle contre lui pour écarter son rival, le président Naguib. GETTY IMAGES
Dix ans plus tôt, En 1954, Nasser, alors numéro 2 du régime, profitait d'une tentative d'assassinat providentielle contre lui pour écarter son rival, le président Naguib. GETTY IMAGES
Des leaders arabes fortement divisés

Cette rencontre a non seulement révélé que les rangs arabes étaient fortement divisés – de vifs échanges ont éclaté, par exemple, entre le président égyptien Gamal Abdel-Nasser et le roi Hussein de Jordanie – , mais que les nations arabes étaient pour ainsi dire mal préparées pour le conflit, affirme le major-général Shlomo Gazit dans son témoignage au quotidien Yedioth Ahronoth dans son édition dominicale.

Les informations transmises par les services secrets marocains ont permis à l'armée de l'air israélienne de détruire au sol l'essentiel de la chasse égyptienne. IDF
Les informations transmises par les services secrets marocains ont permis à l'armée de l'air israélienne de détruire au sol l'essentiel de la chasse égyptienne. IDF
Sur la base de ces enregistrements, ainsi que d’autres informations de renseignements recueillis dans les années qui ont précédé la guerre, Israël a lancé une attaque préventive le matin du 5 juin 1967, bombardant des aérodromes égyptiens et détruisant presque tous ses avions de chasse.
Pendant la guerre, qui a pris fin le 10 juin, Israël a conquis la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï en Egypte, la Cisjordanie et Jérusalem-Est à la Jordanie, et les hauteurs du Golan à la Syrie.

Hassan II accueillant le rais égyptien Gamal Abdel Nasser et le leader de la cause palestinienne Yasser Arafat à leur arrivée au Maroc. GETTY IMAGES
Hassan II accueillant le rais égyptien Gamal Abdel Nasser et le leader de la cause palestinienne Yasser Arafat à leur arrivée au Maroc. GETTY IMAGES
« Le roi Hassan II avait secrètement enregistré la réunion de 1965 parce qu’il ne faisait pas confiance à ses invités de la Ligue arabe », écrit Yedioth. Il a d’abord permis à une équipe conjointe des services de renseignement internes et externes d’Israël, le Shin Bet et le Mossad – une unité connue sous le nom « The birds » (Les oiseaux) – d’occuper un étage entier de l’hôtel Casablanca (aujourd’hui rebaptisé Hyatt Regency), où la conférence s’est tenue. Cependant, craignant que les agents seraient remarqués par les clients arabes, « le roi leur a dit de tout mettre en place un jour avant le début de la conférence », écrit le journal israélien.

Selon Rafi Eitan – homme politique et ancien officier du renseignement israélien, qui a co-dirigé l’unité « The birds », avec Peter Zvi Malkin, légende vivante du Mossad -, les Marocains « nous ont donné toutes les informations nécessaires, et ne nous ont rien caché. Ils nous ont tout livré immédiatement après que la conférence ait pris fin ».

Un avantage décisif offert à Israël

Dans une note de service adressée à Levi Eshkol, alors premier ministre , Meir Amit, chef du Mossad à l’époque, a décrit l’opération au Maroc comme « l’un des fleurons de l’intelligence israélienne ». Les dirigeants arabes avaient secrètement convoqué cette réunion en septembre 1965, à l’hôtel Casablanca. Ils étaient accompagnés de leurs chefs militaires et de renseignement, pour discuter de savoir si leurs unités étaient prêtes à la guerre contre Israël. L’objet était de créer un commandant arabe unifié pour mener les hostilités. Il a été convenu de la nécessité de se préparer concrètement pour la guerre, rapporte Yedioth Ahronoth, ainsi les commandants militaires ont parlé ouvertement de leurs capacités respectives, alors qu’ils étaient sur écoute. Les enregistrements des discussions ont été donnés à la Direction de la Recherche de la Direction du renseignement militaire d’Israël, où ils ont été traduits en hébreu.

« Ces enregistrements, qui ont donné un avantage décisif aux services d’intelligence israéliens, ont en outre, montré que, d’une part, les Etats arabes se dirigeaient vers un conflit auquel nous devions nous préparer dans l’urgence, et d’autre part, les divergences qui montraient leur incapacité à monter un front uni contre Israël. Leurs propos ne reflétaient pas l’unanimité affichée dans leurs rangs », a déclaré en substance Gazit, qui dirigeait à l’époque le département de contre-espionnage de l’Etat hébreu.

Grâce à ces enregistrements et à d’autres sources complémentaires, « nous savions à quel point ils étaient mal préparés pour la guerre », a poursuivi Gazit. « Nous sommes arrivés à la conclusion que le corps de blindés égyptien était dans un état pitoyable et pas prêt pour la bataille ». Le commandant de l’unité des tankistes de l’armée israélienne à l’époque, le Général Major Israël Tal, « avait rejeté notre opinion avec mépris », témoigne Gazit, « affirmant que leur situation ne pouvait pas être celle décrite. Plus tard, nous avons vu qui avait raison ».


Les troupes israéliennes aux abords de la muraille de Jerusalem. Avec cette guerre, Israël a pu occuper l'Est de la ville sainte et tout le territoire de la Cisjordanie. MADEL BAUM
Les troupes israéliennes aux abords de la muraille de Jerusalem. Avec cette guerre, Israël a pu occuper l'Est de la ville sainte et tout le territoire de la Cisjordanie. MADEL BAUM
Les informations contenues dans ces enregistrements ont conforté l’armée israélienne dans le sentiment « que nous allions gagner une guerre contre l’Egypte, alors que des prophéties de malheur et le sentiment de défaite imminente étaient répandus parmi la majorité des décideurs, notamment dans l’administration civile. Au sein de quelques unités de défense, mais nous étions confiants dans notre force », relate Gazit.

Shlomo Gazit a été nommé chef du renseignement militaire après le succès de cette opération d’espionnage montée avec l’aide du Maroc. Mais en octobre 1973, lors de la Guerre du Kippour, le renseignement israélien n’a pas réussi à anticiper les attaques surprises des armées égyptienne et syrienne contre Israël. Cette fois-ci, le Maroc participait lui aussi aux combats sur les hauteurs du Golan et la situation a bien failli tourner au désastre pour Tsahal qui n’a obtenu son salut que grâce à l’appui en sous-main des armées occidentales…

Gamal Abdel Nasser entouré de Mouamar Kadhafi, de Yasser Arafat et du roi Hussein de Jordanie lors d'une réunion en 1970. ABDERRAHIM KHATIB / FLASH 90
Gamal Abdel Nasser entouré de Mouamar Kadhafi, de Yasser Arafat et du roi Hussein de Jordanie lors d'une réunion en 1970. ABDERRAHIM KHATIB / FLASH 90


Lundi 17 Octobre 2016


Commentaires

1.Posté par Aldamir le 17/10/2016 11:18 | Alerter
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Le monarque marocain, spécialement Hassan II, a été le grand chouchou des américains en raison de l’importance du rôle et du poids et de l’influence de la communauté juive étrangère établie dans ce pays. Le monarque Jordanie Hussein était dans le même cas. Quant à ceux du Golfe les américains les considèrent toujours comme des laquais.

Citations à méditer :
« L’ennemi n’est pas celui qui te fait face, l’épée à la main, ça c’est l’adversaire. L’ennemi c’est celui qui est derrière toi, un couteau dans le dos ». Thomas Sankara

Sur le chemin de la trahison, il n’y a que le fleuve de honte à traverser – F. Mitterrand

2.Posté par saidab le 17/10/2016 20:34 (depuis mobile) | Alerter
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Et aujourd''''hui, le roi du Maroc demande à réintégrer la communauté des pays d''''Afrique ... Heu ... Peut-on imaginer que les mêmes effets aurons eu les mêmes causes ? Ou bien les coeurs se seront-ils soumis à un apaisement intelligent loyal désintéress

3.Posté par Saber le 18/10/2016 03:29 | Alerter
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Propagande et mensonge sionistes comme d'habitude. Tfouh !!!

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