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Grèce : le parlement adopte le plan d'austérité malgré la colère de la rue


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Djeha
Jeudi 30 Juin 2011

Grèce : le parlement adopte le plan d'austérité malgré la colère de la rue
La Grèce a adopté mercredi sous haute tension un plan d'austérité crucial pour l'obtention d'une nouvelle aide financière internationale et la préservation de la zone euro, malgré une vive contestation dans la rue, inquiète des sacrifices qu'il implique.
 
Alors que la police continuait de procéder à des tirs de gaz lacrymogène juste devant le parlement où sont rassemblés depuis le matin des manifestants opposés au projet, le plan a finalement reçu 154 voix socialistes et une voix dissidente de droite, sur les 298 députés présents (sur 300 sièges) au parlement mercredi, selon un décompte officiel.
 
138 députés de l'opposition de gauche et de droite ont voté contre.
 
Les députés qui ont voté un par un à l'appel de leur nom et par circonscription, doivent aussi voter jeudi sur la loi d'application qui fixe les moyens de réaliser les économies budgétaires prévues dans le plan d'ici 2015.
 
Un député socialiste Panayotis Kouroublis, a voté contre le plan, mais une collègue conservatrice de droite a bravé la consigne de son parti de la Nouvelle-Démoratie et soutenu le plan.
 
Cinq députés de centre-droit ayant fait défection depuis des mois du grand parti d'opposition de la Nouvelle-Démocratie ont voté blanc.
 
Immédiatement après le vote, le Premier ministre, Georges Papandréou, a annoncé l'exclusion du groupe parlementaire de M. Kouroublis, ce qui réduit à 154 voix sur 300 la majorité dont dispose désormais le gouvernement socialiste, confronté dès jeudi à un nouveau vote crucial sur la loi d'application du plan-cadre voté mercredi.
 
M. Kouroublis avait déclaré peu avant le vote qu'il ne "pouvait pas accepter le chantage "exercé par la zone euro", laquelle a invoqué la probabilité d'une faillite du pays pour exhorter Athènes à adopter un plan jugé "injuste".
 
Son collègue socialiste Alexandre Athanassiadis, qui avait lui indiqué auparavant publiquement qu'il voterait contre le projet s'est ravisé, affirmant avoir été "convaincu" par le discours du Premier ministre Georges Papandréou à la tribune.
 
Il est député du département de Kozani (nord-ouest), où se trouve une importante unité de l'entreprise publique d'Electricité, la DEI dont la privatisation planifiée a suscité une vive opposition. Les salariés de DEI en grève procèdent d'ailleurs à des coupures de courant sauvages depuis quelques jours touchant aléatoirement les quartiers des grandes villes.
 
Intitulé "Cadre à moyen terme de stratégie budgétaire", le nouveau plan, dicté par l'UE et le FMI, prévoit d'ici 2015 des économies de 28,4 milliards d'euros et des privatisations massives devant rapporter 50 milliards d'euros.
 
Depuis le matin, l'Europe entière avait les yeux braqués sur Athènes. Ce projet était une condition sine qua non posée par la zone euro pour la poursuite de son soutien financier, afin d'éviter un défaut de paiement de la Grèce qui l'aurait mise en danger.
 
La chancelière allemande Angela Merkel a d'ailleurs salué mercredi l'adoption du plan comme une "nouvelle vraiment bonne", selon un twitt de son porte-parole, Steffen Seibert.
 
Si la loi d'application est votée jeudi, les ministres des finances de la zone euro doivent se réunir le 3 juillet pour décider du versement d'une cinquième tranche d'aide du prêt de 110 milliards accordé l'an dernier à la Grèce.
 
Mercredi, depuis le matin la police a tiré des gaz lacrymogènes devant le parlement grec pour dégager des manifestants pourtant moins nombreux que lors de manifestations précédentes, mais beaucoup plus déterminés.
 
Des manifestants étaient arrivés très tôt mercredi pour tenter d'empêcher au moins symboliquement le vote du projet, en entourant le parlement.
 
Dès 05H00 GMT, la police a procédé à de premiers tirs de gaz lacrymogènes sur des petits rassemblements qui tentaient de bloquer les grands axes autour d'Athènes.
 
La grève générale de 48H démarrée mardi perturbait par ailleurs pour la deuxième journée les transports aériens, immobilisant aussi aux ports les ferries pour les îles. Les banques et les pharmacies sont fermées, le secteur public paralysé.
 
Outre la pression persistante de l'UE, dont le président Herman Van Rompuy, a déclaré mardi que les heures "à venir sont décisives" pour la Grèce, les députés grecs ont aussi reçu un avertissement de la toute nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, qui a lancé dès sa nomination un appel à "l'entente nationale" politique en Grèce.
 AFP, mercredi 29/06/2011 à 16:06

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Non seulement ce plan est inique, mais de plus il ne résout aucun problème posé à a Grèce et aux autres pays surendettés d’Europe. C’est aux mécanismes d’endettement et à la mondialisation du chômage qu’il aurait fallu s’attaquer au lieu de se contenter de traitements symptomatiques qui vont aggraver ce qu’ils prétendent guérir.

Nous savons, nous Algériens, que c’est la flambée du cours du pétrole et pas les Plans d’Ajustement Structurels qui nous ont (très provisoirement) tiré d’affaires en nous laissant une économie désindustrialisée et une société désarticulée, gagnée peu à peu par l’informel, pendant que, sous le contrôles de « petits » patrons beaux parleurs, les mirbalets fanfaronnent et pérorent une leçon de théorie de l’offre complètement obsolète, dans une économie de bazar corrompue, avec un sérieux et une passion de clowns tristes.

Cela prêterait à rire si cela n’annonçait un destin dont le peuple algérien, comme d’habitude paiera la facture.

Le plan que les parlementaires grecs infligent à leurs concitoyens a un impact tel sur le pays et sur le plus grand nombre qu’il aurait été plus que logique de le soumettre à référendum. Plus que la démocratie élémentaire (dont la Grèce fut il y a plus de deux millénaires le berceau), c’est le respect dû à ceux en payer les conséquences.

Ce plan ne sauvera même pas les apparences.

C’est à cette démocratie totalitaire des « élites contre les peuples », à la sauce IVème République hexagonale, qui associe la gauche socialiste à la droite (toutes couleurs confondues, y compris le noir foncé) qu’il faudrait désormais apprendre à s’opposer. Et pas seulement en Europe, dès lors que les esclavagistes ont élargi leurs champs de prédation à toute la planète.

Ayons une pensée émue pour nos frères grecs. Ils sont en prise directe avec le front, comme les peuples espagnoles, Portugais, Tunisiens, Syriens, Pakistanais, Boliviens, Sénégalais…

 

Djeha
Mercredi 29 juin 2011


Jeudi 30 Juin 2011


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