Sciences et croyances

Foudre dans le cosmos



Stephen Smith
Mercredi 11 Juin 2014

Foudre dans le cosmos

Filaments électromagnétiques dans IC 5146.
Crédit : ESA/Herschel/SPIRE/PACS/D. Arzoumanian (CEA Saclay)
Agrandissement.


Thunderbolts, Stephen Smith, 9 juin 2014


    De nombreux phénomènes brusques de haute énergie pourraient bien être dus à une chose à laquelle les astronomes ne s'attendent pas.


    Certaines choses sont familières, même si elles ne sont pas faciles à expliquer. Les aurores aux pôles de la Terre sont familières à la plupart des gens, bien que la façon dont elles se forment ne soit pas entièrement comprise. De même, les éclairs sont familiers à tout le monde, mais la façon dont ils sont créés par les nuages et la pluie est mystérieuse pour les météorologues.


    Les aurores polaires sont des manifestations de l’électricité occasionnée par des particules chargées en provenance du Soleil, autrement connues sous le nom de vent solaire, qui interagissent avec les composants de l’atmosphère terrestre. Pénétrant dans l'environnement électrique terrestre, le vent solaire est canalisé vers le bas par des passages électromagnétiques qui, agissant comme des champs de guidage, l'alignent sur les ouvertures de la magnétosphère aux pôles nord et sud. Étant donné que les protons et les électrons formant le vent solaire s’engagent au plus profond de l'atmosphère, ils ionisent l'oxygène, l'azote et les autres molécules, et les font passer dans un état lumineux en les excitant. Une lampe au néon est une bonne illustration de ce qui se passe : l'électricité fait naître du plasma irradiant. Les couleurs des aurores polaires dépendent des éléments excités.


    Les coups de foudre sont très probablement produits par un effet capacitif entre l’ionosphère, le Soleil et la Terre. Comme écrit précédemment, les charges électriques dans les nuages et le sol sont capables de vaincre le diélectrique isolant qu’est l'atmosphère, de sorte qu'elles suscitent des précurseurs de foudre. Lorsque deux précurseurs se rencontrent, un circuit entre nuages et sol (ou entre nuages) se ferme et une salve d'éclairs électriques brille le long du chemin conducteur.


    L’effet mode arc de la foudre est l’un des nombreux comportements de l'électricité. Au-dessus des nuages, on observe aussi des décharges luminescentes semblables à des aurores. Ces très grands événements sont appelés « farfadets rouges » et « jets bleus ». L'électricité est aussi évidente dans les décharges « sombres ». Celles-ci pourraient être de puissants courants électriques mais ils sont invisibles et difficiles à détecter. Un vent ionique peut révéler la présence d'une décharge sombre, comme celle d'un purificateur d'air électrique.


    Lors des orages, les particules chargées des décharges sombres entraînent les molécules neutres de l'air environnant. Dans ces tempêtes, de forts vents internes et externes se manifestent dans des courants ascendants et descendants. Dans un univers électrique, les orages ne sont pas dus à la convection de l'air chaud. Au lieu de cela, il se pourrait bien que les orages soient un phénomène secondaire déclenché par un claquage dans l’invisible diélectrique isolant qu’est l’atmosphère de la Terre.


    Travaillant sur le radiotélescope de Parkes, en Australie, des astronomesont ont découvert d’« énergiques flashs transitoires » provenant, selon eux, de l'extérieur de la Voie Lactée. Si c'est le cas, « énergique » est un mot faible pour de pareilles manifestations. Tel qu’ils l’écrivent dans leur communiqué de presse, ces salves radio étaient puissantes au point de dépasser en quelques millisecondes le total des émissions solaires pendant 300.000 ans.


    Sans connaissance dans les autres disciplines, en particulier dans l'ingénierie électrique, pour expliquer ces phénomènes, les astronomes se retrouvent avec des notions du style : collision de magnétars, évaporation de trous noirs, rafale de rayons gammas des supernovae, ou « un tout nouveau type d’événement astrophysique de haute énergie ».


    Il est possible que les signaux radio détectés par l'équipe de Parkes soient créés par des supernovae. Seulement, entre astronome traditionnel et défenseur de l’Univers électrique, la signification de « supernova » diffère radicalement.


    Comme l’expliquait un autre article de notre série Picture of the Day, les étoiles ne vieillissent ni ne meurent de la façon conçue par la compréhension classique. N’étant pas des globes de gaz chaud sous pression, les étoiles sont faites de plasma. Le plasma est un principe ionisé, chargé électriquement. Étant ionisé, il n’a pas le comportement des gaz sous pression. C’est pourquoi, les ondes de choc et les instabilités gravitationnelles sont impropres pour expliquer la naissance et la mort des étoiles.


    Une supernova est une étoile qui explose, mais pas dans le sens classique du terme. Elle représente plutôt le claquage d'une double couche de plasma. L’énergie provient de la charge électrique externe qui circule dans l'espace sur d’immenses circuits. Les supernovae résultent de l’ouverture d'un circuit stellaire dans l'alimentation galactique. Lors de la rupture d’une double couche, l'énergie peut illuminer le circuit interstellaire entier, qui accroît son développement loin au-delà de la surface de l'étoile. Le rayonnement de la double couche brille alors dans l'ultraviolet et les rayons X, ou projette des salves de rayons gamma et d’ondes radio. Les jets électromagnétiques sortant des étoiles et des galaxies sont probablement aussi révélateurs de décharges de foudre.


    Il est plus vraisemblable que les chercheurs de Parkes ont vu un coup de foudre cosmique aux dimensions indéterminées mais extrêmes.



Original : https://www.thunderbolts.info/wp/2014/06/09/cosmic-lightning/
Traduction Petrus Lombard



Dernier article apparenté traduit

Trou dans l’espace : Le rayonnement cosmologique fossile n’est pas homogène, contrairement à ce que voudrait la théorie du Big Bang.




Mercredi 11 Juin 2014


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