Croyances et société

Faut-il détruire les ordinateurs pour sauvegarder les emplois ?


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Nous inspirant d’un article publié dans une revue française spécialisée dans les technologies numériques nous présentons le point de vue marxiste à propos de la numérisation, l’informatisation et l’automatisation des moyens de production, caractéristiques importantes de l’évolution du travail salarié sous le mode de production capitaliste


Robert Bibeau
Samedi 7 Novembre 2015

Il y a plus d’un siècle Marx a eu maille à partir avec les luddites anglais qui brisaient les machines à tisser pour s’opposer à la précarité de leurs emplois de journaliers (2). La classe prolétarienne ne devrait pas s’opposer à l’informatisation, numérisation et automatisation des postes de travail et des tâches qui pourraient ainsi devenir moins pénibles, moins polluantes, demander moins de temps de travail et laisser plus de temps de loisirs. Mais comment approuver l’automatisation quand ces technologies détruisent les emplois et détériorent les conditions de vie et de travail des salariés ?

Les emplois intellectuels sont aussi menacés

Avec l’arrivée du numérique, même les emplois intellectuels, après les métiers ouvriers, sont menacés dès lors qu’ils correspondent à des tâches répétitives. C’est ce que montre l’étude réalisée par le cabinet Roland Berger de Paris. À l’horizon 2025, le numérique pourrait supprimer jusqu’à 3 millions d’emplois en France seulement. Ces suppressions concerneraient non seulement la production de biens matériels, mais aussi les services. C’est ce qu’annonce l’étude « Think Act : les classes moyennes face à la transformation digitale » publiée par la société Roland Berger (3).

Comment éviter ces suppressions d’emplois qu’impose l’informatisation ? En réformant la formation continue prétendent les spécialistes du perfectionnement tout au long de la vie. C’est un peu comme les policiers de l’État bourgeois qui matraquent les manifestants et qui violent les Amérindiennes, qui pratiquent le trafic de la drogue et rançonnent les commerçants des quartiers, alors que les officiers de police réclament une meilleure formation pour les limiers afin qu’ils apprennent à mieux gérer et à mieux dissimuler leurs activités de ripoux.

Big data, machine intelligente, numérisation et informatisation

Quelles sont les causes des suppressions d’emplois ? Le Big data, la numérisation, les machines apprenantes et l’informatisation en général. Ces technologies sont susceptibles de transformer profondément les activités de service et les opérations intellectuelles qu’on croyait jusqu’ici protégées de l’automatisation, poursuit l’étude. Ce qui rend une tâche automatisable, qu’elle soit manuelle ou intellectuelle, c’est son caractère répétitif.

Les sections de la classe prolétarienne travaillant dans les secteurs des services tertiaires seront durement touchées par les techniques numériques. Des emplois intermédiaires sont à risque, il s’agit des fonctions administratives en entreprise, des métiers juridiques, des fonctions-conseils et d’expertises financières, et des fonctions d’encadrement qui ont été historiquement pourvoyeuses d’emploi pour la soi-disant « classe moyenne ». En fait, cette pseudo « classe moyenne » est formée des sections de la classe prolétarienne travaillant dans le tertiaire clérical qui se sont longtemps cru à l’abri de la paupérisation, mais qui depuis 2008 en sont affecté par l’approfondissement de la crise économique systémique du capitalisme. Déjà les secrétaires, les caissières, les commis bancaires ont subi les contrecoups de l’informatisation de leurs postes de travail. Demain, ce seront les conseillers en assurances et en placements financiers, etc.

Certes, les analystes prétendent que l’informatisation-automatisation des moyens de production ouvre de nouvelles perspectives d’emplois, notamment dans les domaines de l’environnement, de la performance des entreprises, de la relation avec la clientèle et des nouvelles technologies qui sous-tendent cette évolution. Mais l’innovation technologique s’attaque déjà à ce type d’emplois tertiaires comme l’automatisation des centres d’appels le démontre amplement. Ainsi, l’étude de Roland Berger pointe vers la profession de courtier d’assurance comme étant un de ces métiers susceptibles de disparaitre. On dispose désormais de comparateurs d’offres sur internet, et de systèmes de gestion de portefeuilles. Le cœur de l’activité de courtage peut être automatisé avec le courtier en ligne (Assur3D). Et le logiciel de Backoffice de courtage Pro CRM tire parti du Big data pour comparer instantanément un très grand nombre d’offres. La prise en charge par logiciel de tâches toujours plus nombreuses dans ce métier pourrait réduire de 1800 le nombre de courtiers en France seulement. Le cabinet Roland Berger prend comme exemple de la menace sur les tâches intellectuelles, le cas du logiciel Quill qui permet la rédaction de contenus factuels et simples, impactant forcément le journalisme sportif ou financier, les rapports annuels d’entreprise et l’automatisation de contenus markétings et promotionnels. Autre cas, le robot TUG d’Aethon qui se déplace dans des environnements imprévisibles permet d’automatiser des tâches comme la distribution de médicaments et de repas dans un hôpital, une tâche jusqu’ici dévolue aux aides-soignants. Plus de 140 hôpitaux en sont équipés aux États-Unis affirme la firme-conseil.

Selon l’étude Roland Berger, trois grands types d’applications auront un impact important sur le marché de l’emploi, au vu des gains de productivité qu’ils génèrent. Il s’agit d’abord de l’informatique décisionnelle, qui repose sur trois technologies, le « Machine Learning » (logiciel apprenant), le Big data et le Cloud (une invention de la firme IBM), assurant des tâches jusqu’alors réalisées par l’homme. De même, les appareils connectés devraient permettre d’importants gains de productivité dans les secteurs de l’assurance, et de l’énergie. Enfin, la robotique avancée et en particulier les véhicules autonomes vont bouleverser le secteur des transports, taxis y compris. De fait, l’étude évalue que 42% des corps d’emploi pourraient être affectés par l’informatisation, et l’automatisation des moyens de production.

La « croissance » du digital

L’étude du cabinet Berger reconnait que les entreprises digitales connaissent la croissance la plus importante et que les entreprises françaises doivent impérativement s’engager dans la numérisation de leurs activités. Au Canada, de nombreux spécialistes ont déjà accroché le grelot de l’innovation numérique. Comment expliquer que la numérisation des tâches et des postes de travail n’améliore nullement le sort des travailleurs et ne fait qu’accentuer la misère de la classe ouvrière ?

Le géant multinational Amazon utilise de plus en plus de robots dans ses entrepôts. Le géant du e-commerce utilise 30 000 appareils Kiva dans ses centres de traitement des commandes. Le nombre de machines a doublé depuis 2014. Amazon avait racheté le spécialiste des appareils de manutention Kiva Systems en 2012. « Le cout en capital de ces robots est compensé par leur rendement important. Cet investissement a certes des conséquences sur notre structure de couts, mais nous sommes pour l'instant satisfaits de Kiva », a souligné Phil Hardin, directeur principal chez Amazon. Ces robots permettent à Amazon de diminuer les couts de main-d'œuvre et de faire baisser les risques de blessures des salariés du groupe, lui permettant in fine de réaliser des économies et surtout d’engranger des profits (4).

Là où le bât blesse, c’est que cette hausse dans la composition organique du capital de la société Amazon – cette hausse dans son capital constant global (Cc), compensée par une baisse de son capital variable (Cv) – les salaires – entraine effectivement une augmentation de la plus-value relative et extra, mais tout cela est temporaire. Aujourd’hui Amazon obtient un profit supplémentaire du fait que la valeur de la force de travail total qu’elle emploie est dépréciée par rapport au marché global de l’emploi. Mais demain les concurrents d’Amazon auront disparu, ou alors, ils auront intégré ces innovations technologiques à leur production abaissant eux aussi la valeur moyenne de la force de travail engagée, accroissant d’autant la misère de la classe ouvrière.

Pas de substitution des emplois

Pour le cabinet Roland Berger, les emplois créés ne se substitueront pas aux emplois détruits, ni en termes de niveau de compétence requis, ni en termes de position sur la chaine de valeur, ni en termes de répartition géographique. « Conséquence, il faut lancer dès maintenant une stratégie volontariste pour parer les difficultés (lire ici, parer aux résistances de la classe prolétarienne à la détérioration de ses conditions de vie et de travail. NDLR), et saisir les opportunités (lire ici, se servir de ces gains de productivité pour accroitre la profitabilité du capital investit en France, sans rien céder aux salariés. NDLR) » (5).

Évidemment, bureaucrates syndicaux et gauche bourgeoise réformiste réclameront une plus juste répartition des gains de productivité sans en réaliser l’impossibilité. Le grand capital national qui cèderait à de telles réclamations se placerait aussitôt en situation de vulnérabilité économique, commerciale et financière vis-à-vis les multinationales faisant affaires dans d’autres sphères et dans d’autres ères du planisphère. La concurrence internationale entre les branches et les secteurs du capital est une caractéristique de la phase impérialiste du mode de production capitaliste.

Dans dix ans les gains de productivité liés à la numérisation des entreprises pourraient représenter 30 milliards d’euros de recettes fiscales (sic) et 30 milliards d’investissements privés additionnels en France seulement prétend Roland Berger. Selon l’expert, la France doit engager une stratégie volontariste d’adaptation de son système productif aux enjeux du numérique. Le cabinet Roland Berger s’inquiète devant le faible taux de robotisation du secteur manufacturier français comparé à celui de ses concurrents, ce qui selon lui n’a pas permis à la France de « protéger son appareil productif et ses emplois industriels » (sic). La perte de compétitivité liée au retard français aurait détruit plusieurs emplois industriels. Tous auront compris le ridicule paradoxe que stigmatise la firme-conseil. Si le capital français a perdu des emplois en France métropolitaine, c’est parce qu’il n’a pas détruit suffisamment d’emploi par l’informatisation-automatisation des tâches, il les a détruits par la délocalisation des manufactures. Le capital français, au même titre que le capital du monde entier, ne souhaitait pas modernisé l’appareil productif national quand il pouvait délocaliser et aller chercher des gains de productivité – lire de plus-value absolue, relative et extra – dans les pays « émergents » où le prolétariat travaillait ardemment, ployant sous le fouet des hobereaux locaux – représentants nationaux d’un camp impérialiste ou d’un autre, le tout accompagné des chants de libération nationalistes chauvins et assassins.

Qu’est-ce qui a donc changé depuis le milieu des années 2000 pour que tout à coup les spécialistes français, canadiens, européens sonnent l’alarme et réclament encore des hausses de productivité ? Voilà la véritable question à laquelle il faut s’attarder pour comprendre cette croisade des économistes bourgeois déjantés.

Chômage à 18% en France, et à combien aux États-Unis ?

Face à ces menaces, l’étude évalue deux scénarios. Dans le premier, l’État pourrait être tenté de mettre en place des garde-fous règlementaires pour sauvegarder certaines professions menacées. Une telle stratégie ne serait efficace qu’à très court terme. Elle mènerait à une adaptation par le bas, et vers le « Low cost worker ». Les conséquences en seraient désastreuses avec un chômage grimpant à 13% ou 18%.

Second scénario, l’étude préconise du soutien par l’État bourgeois de la R&D ; de l’investissement des entreprises ; des infrastructures numériques ; l’amélioration de la coopération entre la recherche publique et privée, ainsi que le développement de « clusters » (entreprises innovantes) de taille suffisante pour lutter à l’international. De même, elle préconise le renforcement de l’intégration européenne afin de disposer d’un marché d’une taille suffisante. Bref, l’étude du bureau Roland Berger préconise que l’État bourgeois joue son rôle de gouvernance et qu’il ordonnance la réponse du capital multinational (section France) au défi que pose la crise économique systémique qui perdure et pour laquelle les États-Unis, et la Chine, les deux grands concurrents de l’Euroland, ont déjà commencé à apporter des réponses désespérées. Les altermondialistes et les gauchistes bourgeois auront compris que le « néo-libéralisme antiétatique » (sic) n’est qu’une fumisterie dont ils sont chargés d’assurer la crédibilité.

Alors que l’informatisation-automatisation des tâches répétitives et ennuyeuses offre une excellente perspective à la classe prolétarienne qui devrait s’en réjouir, ces innovations technologiques sont les moteurs d’agressions constantes contre leurs conditions de vie et de travail. Pourquoi ? Parce que sous le mode de production capitaliste l’innovation technologique dans les méthodes et les moyens de production ne visent pas à alléger le fardeau des esclaves salariés ni à améliorer les conditions de vie et de travail des employés. L’étude du cabinet-conseil le répète à satiété, l’innovation technologique doit servir à accroitre la productivité et l’intensité du travail afin d’assurer la position concurrentielle des monopoles multinationaux et leur permettre d’accroitre leur production de plus-value et la profitabilité du capital immobilisé. Hors de cette loi d’airain point de salut. L’étude le souligne, les États-Unis ont déjà entrepris cette métamorphose et les grands capitalistes américains ont commencé à rapatrier sur le territoire américain des entreprises assurant l’extraction de plus-value absolue, relative et extra, exigeant de la classe prolétarienne américaine qu’elle se saigne pour conserver le privilège d’être exploité dans des « sweatshops » à peine moins insalubres que ceux que l’on retrouve dans les pays « émergents » (6). Aux États-Unis les revenus (salaires et allocations gouvernementales) d’une portion de plus en plus importante des salariés sont sous les conditions de reproduction de leur force de travail (7). C’est là une autre caractéristique du stade impérialiste du mode de production capitaliste.

Il ne faut pas oublier que dans tous les pays capitalistes ayant atteint le stade d’évolution impérialiste l’informatisation-automatisation des postes de travail s’ajoute à la précarisation des emplois conséquence de la réduction, d’abord relative et aujourd’hui absolue, des dépenses gouvernementales consacrées à la reproduction de la force de travail. C’est ainsi que les services éducatifs, les services de santé, les services de loisirs, sportifs et culturels sont partout comprimés suite aux déficits gargantuesques grevant les finances publiques.
Marx n’avait-il pas prédit cette échéance du mode de production capitaliste. Dans le Manifeste du Parti communiste il écrivait « Elle ne peut plus régner, (la classe bourgeoise) parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui ». Dans son volume Travail salarié et capital il ajoutait « Si toute la classe des salariés était anéantie par le machinisme, quelle chose effroyable pour le Capital qui, sans travail salarié, cesse d’être du Capital ». Nous y sommes justement à la négation de la valorisation et de la plus-value par le Capital, et à sa fin ultime en définitive.

Faut-il s’attaquer au symptôme ou à la maladie ?

Faut-il que les classes prolétariennes américaine, française, canadienne, russe, chinoise et mondiale s’opposent à l’informatisation-automatisation de la production et des postes de travail ? Évidemment non ! Ce serait s’aligner sur la gauche bourgeoise qui voudrait abolir les structures étatiques supra nationales issues de la mondialisation impérialiste (ONU, FMI, BM, OCDE, OACI, SWIFT, Libor, Union européenne, ALENA, traité Trans Pacifique, etc.), stigmatisant la plaie purulente qui atteste effectivement que l’organisme est profondément déficient. C’est l’organisme dans son entier qu’il faut purger et changer pour construire un nouvel organisme – un nouveau mode de production socialisé – plutôt que de tenter de réformer ce qui ne peut être réparé, mais devrait être éradiqué. Le problème qui confronte la classe capitaliste monopoliste française et européenne, tout autant que la bourgeoisie américaine et canadienne c’est de savoir si la classe prolétarienne acceptera ces conditions de perdition sans broncher ou si les services de répression parviendront à écraser la résistance des ouvriers. La première manche de ce combat épique, classe contre classe, est déjà engagée, elle consiste, pour la gauche bourgeoise, à mystifier ces questions afin de désarmer la classe ouvrière devant son ennemi antagoniste.

Puisque le mode de production capitaliste ne sait plus assurer la reproduction élargie de leur société – capital – plus-value – moyen de production et force productive salarié – alors il devrait être renversé et remplacé par un nouveau mode de production appropriée, communiste (8).

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(1) Source de l’article. La revue du digital. Publié le 28 octobre 2014 par http://www.larevuedudigital.com/2014/10/28/3-millions-demplois-menaces-en-france-a-cause-du-numerique/
(2) E. https://fr.wikipedia.org/wiki/Luddisme
(3) E. http://www.larevuedudigital.com/wp-content/uploads/2014/10/Roland_Berger_TAB_Transformation_Digitale-201410301.pdf
(4) E. http://www.usinenouvelle.com/la-redaction/lelia-de-matharel.5235
(5) E. http://www.larevuedudigital.com/2014/10/28/3-millions-demplois-menaces-en-france-a-cause-du-numerique/
(6) E. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-taux-de-chomage-avoisine-0-aux-usa/
(7) E. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-capitalisme-aux-soins-intensifs/
(8) Robert Bibeau (2014). Manifeste du pari ouvrier. Publibook. Paris. 183 pages. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 


Samedi 7 Novembre 2015


Commentaires

1.Posté par Anatole le 08/11/2015 04:01 | Alerter
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Les ordinateurs ou les machines automatisées ne sont pas en cause à l'origine: Elles sont l'oeuvre des Techniciens et Ingénieurs, seule catégorie qui mériterait le titre de "caste d'Elite" de notre société moderne.
Ils ont créé ces machines dans l'unique but de réduire ou faire disparaitre les tâches pénibles de leurs semblables, et c'est ce but qui a été détourné par la Raclure (les Maitres de la Finance) qui n'ont pas redistribué la richesse produite à ceux qui ont été remplacé par ces machines, pour se la mettre ignominieusement dans la poche.
Détruisons maintenant les machines, et retournons aux champs, puisque même les Ingénieurs ont maintenant disparu, exterminés par la Raclure qui n'a désormais plus besoin d'eux.

2.Posté par jehaislescookies le 25/02/2020 19:20 | Alerter
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non, ce ne sont pas les ordinateurs qu'il faut détruire, c'est le capitalisme !
Sismondi l'économiste avait déjà réfléchi sur les Luddites, et il avait compris que c'étaient des gens qui avaient compris ! compris que la machine apportait un plus en matière de profit, un progrè, mais que de ce progrès ils n'en profiteraient pas, meme as d'une miette, au contraire ! qu'ils en pâtiraient ! or si on raisonne globalement en termes économiques, il y a profot, pourquoi, oui pourquoi ce n'est pas eux qui l'empochent , hein ? Pourquoi ce sont des gens qui ne contribuent pas du tout à la production ? Voilà des questions qu'on ne pose pas et qu'il faut savoir poser !il faut savoir REMETTRE LES PROBLEMES SUR LA TABLE
écoutez Paul Jorion :
« Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique »

"… mais ce sont les « Luddites », c’est à dire qu’effectivement, ils avaient bien perçu que celui qui est remplacé par la machine n’en bénéficie pas.

Et, par conséquent, il y a eu ces réactions contre le développement technologique. C’est-à-dire que lorsque les nouvelles machines apparaissaient, les ouvriers allaient les casser. Et la réflexion de Sismondi en disant : « il faut percevoir une rente, non pas pour les propriétaires de la machine, mais pour ceux qui sont remplacés par la machine », c’était dans un commentaire, justement, sur le luddisme.

C’était proposer une solution à ce problème parce qu’on avait tendance – parmi les industriels – on avait tendance à représenter les luddites comme des gens qui ne comprenaient pas ce qu’était le progrès. En fait, disait Sismondi, ce sont des gens qui comprennent très bien ce qui se passe : ils savent très bien que ce ne seront pas eux les bénéficiaires. La solution, c’est d’en faire les bénéficiaires.

Ou alors, si on est dans une logique de partage entre tout le monde, qu’on partage la nouvelle richesse entre tout le monde mais de manière égalitaire et pas simplement en excluant le travailleur qui, lui, est remplacé et à qui, dans un discours culpabilisant, on dit simplement : « Allez retrouver autre chose ! ».."

(Paul Jorion)

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