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Face au lobby sioniste, Obama perd sa 1ère bataille au Proche-Orient (analyse)


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Lundi 16 Mars 2009

Face au lobby sioniste, Obama perd sa 1ère bataille au Proche-Orient (analyse)
L’administration Obama avait choisi le diplomate Charles W. Freeman pour occuper le poste de président du National Intelligence Council, qui émet des avis à la Maison Blanche sur les questions de sécurité. Il vient de renoncer à ce poste en accusant les lobbies pro-israéliens d’avoir mené une violente campagne contre lui.

Le New York Times a donné cette nouvelle le lundi 10 mars. Le retrait de Charles Freeman a été connu quelques heures après que Dennis Blair, conseiller personnel de Barack Obama et directeur du renseignement, l’eut énergiquement défendu en disant que ses accusateurs avaient déformé ses propos sur L’entité sioniste et en expliquant qu’ils avaient été sortis du contexte.

Dans un message publié mardi sur le site du Foreign Policy magazine, Freeman a blâmé les lobbies pro-israéliens. « La tactique de ces lobbies, a-t-il dit, touche le fond du déshonneur et de l’indécence. Elle procède de l’assassinat de la personnalité, de la citation inexacte et sélective, de la distorsion volontaire de l’enregistrement, de la fabrication de mensonges, et d’un total mépris de la vérité. »

Joshua Block, porte-parole de l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le principal lobby pro-israélien, a déclaré mardi que son organisation n’avait pas pris formellement position sur le choix de Charles Freeman et n’avait pas fait pression sur les membres du Congrès pour qu’ils s’opposent à ce choix.

Il y a quelques années, alors qu’il était ambassadeur en Arabie Saoudite, Freeman avait mis en question le soutien inébranlable de Washington à l’entité sioniste, ce qui ne pouvait manquer d’irriter l’AIPAC. Il fut aussi pendant quatre ans administrateur de la China National Offshore Oil Corporation et directeur du Middle East Policy Council, ce qui suffisait sans doute pour que certains membres du Congrès, trompés par les lobbies pro-israélien, le soupçonnent de connivence avec les dirigeants de la Chine et de l’Arabie Saoudite.

Quand il a appris le retrait de Freeman, Dennis Blair a accepté cette décision avec regret. Il a déclaré au Comité des Armées du Sénat que les fortes vues et l’esprit inventif de Charles Freeman seraient toujours des éléments importants pour émettre des jugements sains en matière de renseignement, plutôt que des « bêtises pré-cuisinées ».
Max Blumenthal, un journaliste américain, déclare que le retrait de Freeman est « une défaite catastrophique pour l’administration Obama ». C’est son premier échec dans le combat qu’il mène pour la politique au Moyen Orient. Dans un article publié le 11 mars, il révèle que la campagne contre Freeman a été conduite par Steven Rosen, l’ancien directeur de l’AIPAC, qui doit comparaître devant un tribunal en avril pour espionnage au profit d’Israël. Cette affaire aura des conséquences sur la politique de l’administration Obama envers l’entité sioniste, malgré le discrédit qui vient de frapper Rosen. À Washington, on pense qu’il est toujours possible que Freeman revienne sur sa décision, mais sa tâche serait plus difficile

Selon Blumenthal, c’est la frustration de l’AIPAC à l’égard des services de renseignement qui permet d’expliquer cette opposition à Freeman. S’il était président du National Intelligence Council, Freeman superviserait l’analyse officielle de la situation mondiale par le gouvernement américain, produit d’un consensus autour des évaluations faites par les 16 agences américaines de renseignement. Quand le NIE a découvert en décembre 2007 que Téhéran avait arrêté à l’automne 2003 son programme de développement de l’arme nucléaire, et que l’Iran était « moins déterminé à développer l’arme nucléaire que nous le jugeons depuis 2005 », les avocats d’une attaque préventive sur des sites nucléaires iraniens ont réagi avec colère et désarroi. « Il est clair que Freeman ne risque pas d’être influencé par le lobby, ils n’aiment pas les gens comme lui » a déclaré Jim Lobe, chef du bureau de l’agence Inter Press Service à Washington.


Lundi 16 Mars 2009


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