RELIGIONS ET CROYANCES

État islamique...et État judaïque



Jean-Michel Dhimoïla
Jeudi 13 Novembre 2014

État islamique...et État judaïque

État islamique...

Quand tu t'approcheras d'une ville pour la combattre, tu lui feras des propositions de paix. Si elle te répond : " Faisons la paix ! ", et si elle t'ouvre ses portes, tout le peuple qui s'y trouve sera astreint à la corvée pour toi et te servira. Mais si elle ne fait pas la paix avec toi, et qu'elle engage le combat, tu l'assiégeras ; le Seigneur ton Dieu la livrera entre tes mains, et tu frapperas tous ses hommes au tranchant de l'épée. Tu garderas seulement comme butin les femmes, les enfants, le bétail et tout ce qu'il y a dans la ville, toutes ses dépouilles ; tu te nourriras des dépouilles de tes ennemis, de ce que le Seigneur ton Dieu t'a donné. C'est ainsi que tu agiras à l'égard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi, celles qui ne sont pas parmi les villes de ces nations-ci.
Mais les villes de ces peuples-ci, que le Seigneur ton Dieu te donne comme patrimoine, sont les seules où tu ne laisseras subsister aucun être vivant. En effet, tu voueras totalement à l'interdit le Hittite, l'Amorite, le Cananéen, le Perizzite, le Hivvite et le Jébusite, comme le Seigneur ton Dieu te l'a ordonné, afin qu'ils ne vous apprennent pas à imiter toutes les actions abominables qu'ils font pour leurs dieux : vous commettriez un péché contre le Seigneur votre Dieu. (Deut. 20, 10-18)

Ce texte, que l'on pourrait croire sorti tout droit d'un discours d'Al Baghdadi, chef de l’État Islamique qui ensanglante le monde, vient en réalité de la Torah, que les chrétiens ont conservé dans les récits de la Sainte Bible, bien qu'aucun des offices orthodoxes ne reprenne la lecture ou l'enseignement de tels passages.

Les commentateurs chrétiens qui ont osé aborder ces passages dans leurs analyses, comme Origène, ont pudiquement estimé qu'il s'agissait d'une métaphore destinée à faire comprendre le sens spirituel du combat intérieur contre nos passions.

Lorsque le monde occidental soutenait les islamistes pour renverser Bachar el Assad, Vladimir Poutine fut reçu par David Cameron. Il lui fit remarquer que les Russes ne soutenaient pas des cannibales et s'en tenaient au respect du droit international.


 
Monsieur Poutine faisait allusion à cette vidéo d'un rebelle islamiste modéré, parti combattre l'armée syrienne au nom de la guerre sainte, dans laquelle il découpe un soldat, lui arrache le cœur et en mange un morceau devant la caméra. Je déconseille cette vidéo aux moins de 21 ans et à toute personne sensible.



Et c'est là que se pose la question de la raison soumise à l'idéologie, ou la dominant. Monsieur Poutine estimait avec raison que la Russie ne pouvait soutenir de tels comportements. En effet, il ne s'agissait pas de soutenir tel dictateur plutôt que tel autre, comme les américains ont soutenu Pinochet, Saddam Hussein et bien d'autres, et comme les russes ou les français en ont également soutenu. Il s'agissait là de soutenir une idéologie dont le seul but est l'éradication systématique de tous les opposants. Mais revenons-en à cette idéologie qui motive ces hommes que nous soutenons par notre argent et nos armes.

Si vous relisez le commandement de Dieu, dans le Deutéronome, vous y trouverez l'ordre de pratiquer les mêmes choses que nous voyons dans la vidéo ci-dessus : tu te nourriras des dépouilles de tes ennemis, de ce que le Seigneur ton Dieu t'a donné (Deut. 20, 14). 

Lorsque Daesh viole les femmes et vend des milliers d'entre elles comme esclaves, en estimant qu'elles lui reviennent comme butin de guerre, c'est encore de la Bible que le précepte provient à l'origine : Tu garderas seulement comme butin les femmes, les enfants, le bétail et tout ce qu'il y a dans la ville (Deut. 20, 14).

Lorsque Daesh extermine sans pitié les villages qu'il conquiert, enterrant vivants des centaines de femmes et d'enfants capturés, villages peuplés d'infidèles, Yézidis ou autres, au motif qu'ils commettent des abominations en  adorant Dieu d'une façon qui n'est pas la leur, ce sont les préceptes des juifs qu'ils mettent en pratique : Les villes de ces peuples-ci, que le Seigneur ton Dieu te donne comme patrimoine, sont les seules où tu ne laisseras subsister aucun être vivant (Deut. 20, 16).

En creusant les Livres Saints, vous pourrez y lire comment exterminer tous les mâles sans exception, du nourrisson au vieillard grabataire, ainsi que toutes les femmes adultes ou ayant connu un homme. Seule les petites filles, dont on peut disposer, ont parfois la chance d'être épargnées, sauf pour certains peuples frappés d'interdit, car alors même les animaux doivent être égorgés (Nb 31, 17-18 , Jos. 6, 21). Les moyens d'extermination de masse n'ayant pas encore été développés, c'est la bonne vieille méthode de l'égorgement qui est privilégiée. Méthode remise au goût du jour par les amis de la Syrie, qui en testèrent l'efficacité sur les soldats Syriens avant d'en étendre l'application à la population puis, par la suite, aux pays voisins.

Chez les juifs, comme chez les chrétiens ou les musulmans, il est facile d'attribuer à Dieu, ou à telle personne morte depuis longtemps, des propos qu'il n'a jamais tenus. Prenons le cas présent.

Le Deutéronome, dernier livre du Pentateuque, est traditionnellement attribué à Moïse. Pourtant, au chapitre 34, la mort de Moïse y est décrite avec force détails. Moïse était, certes, très fort, mais il aurait néanmoins eu certaines difficultés à écrire le récit de sa propre mort et ce qui suivit.

Wikipedia donne cette très bonne analyse : Aujourd’hui, les exégètes supposent que la rédaction du Deutéronome commence sous le règne d’Ézéchias ou peu après, c'est-à-dire vers la fin du VIIIe siècle  av. J.-C. ou au début du VIIe siècle av. J.-C., et se termine vraisemblablement au retour d'exil, vers la fin du VIe siècle  av. J.-C.. Les auteurs responsables de l'écriture du livre sont regroupés sous le nom d' « école deutéronomique », et les livres qui suivent le Deutéronome (Josué, Juges, 1-2 Samuel et 1-2 Rois) sont considérés comme faisant partie de l' « historiographie deutéronomiste ».

Les exégètes dont il est ici question sont, à l'origine, des théologiens protestants. Ceux-ci ont en effet un regard critique plus poussé que les orthodoxes ou les catholiques, en ce sens qu'ils n'hésitent pas à remettre en cause certaines versions officielles, rétablissant, du coup, des vérités historiques. En France, aujourd'hui, c'est la faculté de théologie protestante de Strasbourg qui est la plus renommée pour son enseignement.

Il ressort donc que ces préceptes divins destructeurs ne devraient pas être considérés autrement qu'une manipulation destinée à asseoir une autorité sur la violence et la peur. Une façon de réécrire l'histoire pour tenter de justifier les horreurs commises, ou préparer celles à venir.

Tous les ingrédients de la manipulation des esprits faibles y sont présents, y compris la culpabilisation de ceux qui auraient un cas de conscience à suivre ces commandements : tu feras comme ton Dieu te l'a ordonné, sinon tu commettras un péché ! Mais comme Dieu n'est pas visible, tu feras comme moi je te dis que Dieu a dit qu'il fallait faire. La répétition inlassable est également un élément destiné à faire entrer les idées dans les consciences. Les mots anathème et interdit (frapper d'interdit est l'équivalent linguistique, dans la Torah, d'exterminer sans pitié) reviennent presque plus souvent que le mot Dieu dans le Livre des Nombres et le Deutéronome. Quand au Livre de Josué, il ne s'agit de rien d'autre que du récit de l'extermination systématique de tous les peuples rencontrés.

Ce qui fait de Josué une forme d'Al Baghdadi antique, ou plutôt ce qui fait d'Al Baghdadi un nouveau Josué venu lui aussi prendre une terre offerte par un dieu de circonstance. Les deux personnages ne se différencient que par le dieu qu'ils servent. Quoique... Il y a tellement de similitudes entre les deux expressions de leurs cultes respectifs, qu'il n'est pas établi que leurs dieux soient différents. Je nuancerai néanmoins le terme de Dieu, car il est trop facile de lui attribuer des commandements qui ne servent que nos seuls intérêts. Nous avons vu, dans le message précédent sur Jonas, que Dieu ne vise pas à la destruction des hommes, mais au salut de toutes les nations. Il me semble donc plus judicieux de parler ici de servir les mêmes forces malfaisantes car, mise à part l'extension du mal sous toutes ses formes, Baghdadi et Josué n'ont rien apporté.

C'est pour faire disparaître par la violence le message diffusé par Jonas, et ne laisser subsister que celui de Josué, que les hommes de Baghdadi, lorsqu'ils prirent Ninive, en juillet 2014, firent sauter le mausolée du prophète Jonas, vénéré depuis des millénaires par tous les hommes de toutes les religions. Et ils se mirent à détruire cette ville que Dieu avait préservée du temps du prophète.



Nul doute que, dans quelques siècles, ou quelques décennies, les nostalgiques des méthodes radicales de Baghdadi écriront un livre, qu'ils prétendront être d'inspiration divine, et l'attribueront à leur calife en personne, pour tenter de justifier ce qui se perpètre aujourd'hui par devant l'Histoire, et essayer de faire revivre ses idées et ses méthodes.
 

Cette écriture tardive du Deutéronome est un peu comme si le métropolite Emmanuel Adamakis réécrivait aujourd'hui le Nouveau Testament, en faisant dire au Christ ce qu'il aimerait trouver dans sa parole plutôt que ce qu'il a vraiment dit. Ou bien un peu comme les Américains qui retournent constamment au Vietnam, dans leurs films, pour tenter de gagner cette guerre. 

C'est contre cette pratique que s'est élevé saint Irénée de Lyon, en refusant les Évangiles apocryphes qui ne venaient pas directement des disciples ayant connus le Christ. Parmi ces évangiles apocryphes, comme ceux dits de Judas, de Philippe, de Thomas, de Marie-Madeleine... certains ont été écrits 400 ans après l'époque du Christ, et ne présentent aucune garantie de véracité, lorsqu'ils ne reflètent pas carrément les idées que tentaient de faire valoir leurs auteurs.

L’Évangile le plus récent est celui de Maria Valtorta. Cette Italienne vit le Christ lui apparaître en plein cœur de la seconde guerre mondiale, et durant des années. De ces visions, elle écrivit 15000 pages relatant la vie de Jésus. Pages manuscrites qui furent éditées en dix tomes relatant L’Évangile tel qu'il m'a été révélé.

C'est aussi pour mettre fin à ces pratiques d'écritures tardives et orientées, qui détournaient le message qu'il a, de tous temps, eu envers les hommes, que Dieu s'est incarné. Finies les vengeances et les exterminations mises sur le compte des commandements divins, terminés les anathèmes et les interdits. Seuls comptaient pour lui le pardon, la miséricorde et l'amour, nous rappelant que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde (Jn 18, 36), et que sa paix concerne tous les hommes de la terre et de bonne volonté (Lc 2, 14).

et État judaïque

On raconte parfois que l'État d'Israël se conduit avec les Palestiniens comme Hitler s'est conduit avec les juifs durant la seconde guerre mondiale. Durant la campagne présidentielle de 2012, la candidate Eva Joly affirmait partager le point de vue de Nathalie Arthaud sur le fait que Gaza n'était qu'un immense camp de concentration. Elle y avait été et parlait en connaissance de cause. Et tout cela bien avant la guerre qui rasa cette petite bande de terrain qui résiste encore et toujours à l'envahisseur.

Pourtant, je ne partage pas cette opinion. Je ne pense pas que ce soient les Israéliens qui se conduisent comme Hitler, mais plutôt qu'Hitler a copié les méthodes décrites dans la Torah. Dans un article très détaillé, Wikipedia nous rapporte qu'Hitler associait l'occultisme, l'ésotérisme, et le paranormal et une philosophie de l'histoire qui est un messianisme sécularisé. Prenons donc le temps de relire le texte abordé dans le précédent message.

Quand tu t'approcheras d'une ville pour la combattre, tu lui feras des propositions de paix. Si elle te répond : " Faisons la paix ! ", et si elle t'ouvre ses portes, tout le peuple qui s'y trouve sera astreint à la corvée pour toi et te servira. Mais si elle ne fait pas la paix avec toi, et qu'elle engage le combat, tu l'assiégeras ; le Seigneur ton Dieu la livrera entre tes mains, et tu frapperas tous ses hommes au tranchant de l'épée. Tu garderas seulement comme butin les femmes, les enfants, le bétail et tout ce qu'il y a dans la ville, toutes ses dépouilles ; tu te nourriras des dépouilles de tes ennemis, de ce que le Seigneur ton Dieu t'a donné. C'est ainsi que tu agiras à l'égard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi, celles qui ne sont pas parmi les villes de ces nations-ci.
Mais les villes de ces peuples-ci, que le Seigneur ton Dieu te donne comme patrimoine, sont les seules où tu ne laisseras subsister aucun être vivant. En effet, tu voueras totalement à l'interdit le Hittite, l'Amorite, le Cananéen, le Perizzite, le Hivvite et le Jébusite, comme le Seigneur ton Dieu te l'a ordonné, afin qu'ils ne vous apprennent pas à imiter toutes les actions abominables qu'ils font pour leurs dieux : vous commettriez un péché contre le Seigneur votre Dieu. (Deut. 20, 10-18)

Ce texte n'est pas le seul à avoir pu servir d'inspiration à la folie d'Hitler. Ceux qui voudront creuser la question pourront également lire, sans que cela soit limitatif : nb 21, 21-25 ; nb 21, 33-35; nb 33, 4 ; nb 31, 7-9 ; nb 31, 13-18 ; nb 33, 50-56 ; deut 2, 24-37 ; deut 3, 1-7 ; deut 3, 21-22 ; deut 6, 10-13 ; deut 7, 16-24 ; deut 31, 1-8 ; Jos 2, 8-13 ; Jos 6, 16-17 et 20-21 ; Jos 8, 1-2 ; Jos 8, 20-27 ; Jos 10, 28-40 ; etc.

Lorsqu'Hitler répond à Roosevelt, dans un discours du 28 avril 1939, il dresse la liste des pays pour lesquels l'Amérique souhaite un engagement de non agression. Par des formules allemandes subtiles et ironiques, il transforme cette liste en pays qu'il va agresser. Il répond ainsi à Roosevelt que celui-ce n'a rien à craindre, au moins pour lui-même, puisqu'il est loin. Il reprend en cela la terminologie du Deutéronome, en remplaçant les noms des Hittites, des Amorites, des Cananéens, des Perizzites, des Hivvites et des Jébusites (Deut. 20, 18), par ceux des Polonais, des Lituaniens, des Estoniens, des Danois, des Belges... Josué dressa une liste de 31 rois et leurs nations à exterminer (Jos. 12, 7-24).

Hitler fondait le pangermanisme sur l'annexion de terres qu'il considérait comme lui revenant de droit, tout comme Al Baghdadi aujourd'hui, ou les israélites du temps de Josué et de David.

Pourtant, ce droit, intimement lié à la conscience que nous nous forgeons de notre unicité, n'a rien de juridique. C'est pour cela que, pour tenter de le justifier au regard des autres, il ne reste que l'octroi divin, l'appartenance à un peuple élu ou supérieur, qui pourrait, lui, revendiquer la possession des terres convoitées.

Mais de même que les descendants d'Al Baghdadi ne seront jamais légitimes sur les terres qu'ils volent aux Irakiens, aux Syriens et peut-être bientôt aux Libanais et aux Turcs, ni demain, ni dans mille ans, les descendants de Josué n'ont jamais été légitimes, ni il y a mille ans, ni aujourd'hui, pour revendiquer une terre promise qu'ils auraient conquise il y a plusieurs millénaires. Ou, du moins, pas tant que les descendants des peuples qui étaient présents sur ces terres bien avant eux continueront à les défendre et les revendiquer. S'il est vrai que je ne suis pas généalogiste, il me semble que les Palestiniens d'aujourd'hui poursuivent la même lutte que les Philistins du temps du roi David. Wikipedia donne une carte frappante de ce qui était déjà la bande de Gaza résistant aux conquêtes de ce roi.

Carte d'Israël sous la monarchie unifiée lors des règnes de David et Salomon (à partir du récit qu'en fait la Bible, « de Dan à Beer-Sheva »). En rouge, le cœur du royaume est le territoire historique de la tribu de Juda ; en rose, les territoires peuplés par les Israélites ou sous administration royale directe.


David a étendu les conquêtes, mais n'a pas eu le droit de construire le Temple de Dieu, à cause du sang qu'il avait sur les mains. David dit à Salomon : " Mon fils, j'avais l'intention de bâtir une maison au nom de l'Éternel, mon Dieu. Mais la parole de l'Éternel m'a été ainsi adressée : 'Tu as versé beaucoup de sang, et tu as fait de grandes guerres ; tu ne bâtiras pas une maison à mon nom, car tu as versé devant moi beaucoup de sang sur la terre' ". (1Ch. 22, 7-8).

C'est Salomon, parce qu'il n'avait pas versé de sang, qui fut digne de construire le Temple.

Pourtant, malgré le désaveu de David par Dieu, les dirigeants actuels d'Israël continuent de croire qu'ils servent ce Dieu en menant leurs guerres de conquêtes. Ils continuent de croire qu'ils peuvent les conduire suivant les principes du Deutéronome : asservir ceux qui veulent la paix, ou anéantir ceux qui refusent de se soumettre (Deut. 20, 10-12).

C'est ainsi qu'aujourd'hui, Mahmoud Abbas négocie une paix qu'il n'aura jamais, en poursuivant des pourparlers que Yasser Arafat avait entamés il y a 50 ans. Si l'intention de ces dirigeants est pieuse, elle n'en reste pas moins naïve car, dans l'esprit des Israéliens, le seul but de ces négociations est de traîner en longueur pour asservir ceux qui pourraient croire en cette paix. Et si l'on regarde ce que ces négociations ont apporté, on ne voit qu'occupation, annexions de terres, nouvelles colonies, expropriation des habitants, vol de leurs terres, vol de leur eau, mise sous tutelle des comptes bancaires de leur autorité, contrôle de leurs frontières et des déplacements de leurs dirigeants, arrestations arbitraires, emprisonnements sans procès...

Abbas n'a fait que perdre les territoires qu'il déclare être siens et se plier à l'armée d'occupation pour voir les colonies s'étendre. Il se retrouve à faire le gendarme des occupants avec une police dont le seul pouvoir est d'arrêter les Palestiniens, mais jamais les Israéliens. Il ambitionne de défendre un territoire avec une armée qui n'a pas d'armes.

Le Hamas, au contraire, et bien que je sois généralement opposé à l'idéologie des Frères Musulmans et à leur action dans d'autres pays, est ici dans le rôle du résistant qui refuse cet asservissement. C'est ainsi que la dernière guerre de Gaza avait pour but d'éradiquer son influence par l'extermination de ses membres. Netanyahou leur attribua la responsabilité du crime de trois jeunes hommes, sans enquête ni procès, suivant le dicton : quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Il bombarda leurs villes, leurs écoles, leurs hôpitaux et leur population, reprenant en cela le précepte du Deutéronome recommandant de tous les frapper du tranchant de l'épée.

Et c'est dans cette action que se situe la différence entre le judaïsme et le sionisme. Le judaïsme vient de la croyance dans le Dieu unique qui s'est manifesté à Abraham. Ce Dieu se présenta sous la forme de trois hommes qu'Abraham accueillit. Ils lui annoncèrent que sa femme Sara, âgée et stérile, allait enfanter. Ces hommes qu'il avait nourris lui annoncèrent qu'ils partaient détruire Sodome et Gomorrhe. Malgré la corruption qui gangrenait ces villes, Abraham essaya de les sauver en convaincant ces hôtes de renoncer à leur projet (Gn. 18).

Si c'est à moi que ces trois hommes étaient apparus, je les aurais simplement remerciés pour leur bénédiction et je les aurais laissés aller, en me disant que le sort de Sodome et Gomorrhe ne me concernait pas. Ou peut-être même les aurais-je encouragés dans leur action en leur souhaitant bon voyage. Ou bien leur aurais-je dit qu'il y a longtemps qu'on attendait que Dieu se décide enfin à prendre des mesures. Ou encore leur aurais-je dressé une liste complémentaire de villes qu'ils avaient oubliées et dont il serait judicieux qu'ils s'occupent par la même occasion.

Mais Abraham, sachant pertinemment, pour vivre à proximité, quelle était la corruption de ces villes, chercha à les sauver. Et c'est en cela qu'il se distingua aux yeux de Dieu.

Les Israéliens d'aujourd'hui ne pourront jamais prétendre être dignes d'Abraham tant qu'ils se réjouiront de la destruction des villes qu'ils n'ont pas pu conquérir. Ni tant qu'ils chanteront : Gaza est un cimetière, il n'y aura pas d'école demain, on a tué tous les enfants !



Le message du Christ, longtemps plus tard, ne reprendra rien d'autre que le message qui se cachait dans cette intercession d'Abraham. Et c'est encore ce même message qui se manifestait chez les Prophètes.

A l'origine, il n'y avait pas de roi pour gouverner les tribus d'Israël. Seul un juge était chargé de régler leurs différends. Ils occupaient une terre qu'ils avaient conquise et s'étaient partagée, mais n'étaient pas organisés en nation. Et lorsqu'ils demandèrent un roi pour les gouverner, Dieu dit au prophète Samuel : Ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi qu'ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux (1Sam. 8, 7). C'est pour cette raison qu'aujourd'hui encore, une grande partie des juifs religieux refusent l'existence de l’État d'Israël, qu'ils considèrent comme un éloignement des préceptes de Dieu.

Lorsque Dieu se manifesta au prophète Élie, Il dit : Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l'Éternel ! Et voici, l'Éternel passa. Et devant l'Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : l'Éternel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre : l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu : l'Éternel n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. (1Rois 19, 11-13).

Nous pourrons toujours faire, au nom de Dieu et de ses commandements, toutes les guerres que nous voudrons, détruire des peuples ou les asservir, Dieu ne sera jamais dans le fracas de nos armes, ni dans la fureur de nos cris. Il a toujours été et sera toujours dans le murmure doux et léger qui s'adresse au cœur et lui fait ressentir sa paix. Tout le reste n'est qu'illusions.


Samedi 15 Novembre 2014


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 13/11/2014 13:41 | Alerter
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Très bel article. Effectivement, Dieu se tient dans le "murmure doux et léger", celui qui apporte la paix profonde du cœur.

Mais toute cette violence, prétendument au nom de Dieu contient en son sein les germes de sa propre destruction. C'est une loi universelle à laquelle personne ne pourra échapper.

2.Posté par nour974 le 14/11/2014 14:12 | Alerter
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salam, les vrais musulmans savent faire la distinction. dans cet article qui date d'octobre les sunnites et les chiites ont mis leurs différends de côtés et se sont unis pour se défendre contres les invasions barbares et stopper l'avancée de l'isis.pourquoi personne ne l'a traduit et posté ?

http://www.reuters.com/article/2014/10/03/us-mideast-crisis-iraq-dhuluiya-insight-idUSKCN0HS0RE20141003

salam

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