Néolibéralisme et conséquences

Essence de la crise mondiale : un néo libéralisme sans morale, ni éthique, un modèle voué à l’échec


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abderrahmane mebtoul
Vendredi 13 Juillet 2012

Essence de la crise mondiale  : un néo libéralisme sans morale,  ni éthique, un modèle voué à l’échec
1.-La dominance de la mentalité spéculative a un effet négatif sur le développement, dans la mesure où pour tout développement fiable le capital argent doit se transformer en capital productif. La suprématie de la sphère financière spéculative sur la sphère réelle et les distorsions entre les profits spéculatifs en hausse et ceux issus de la sphère réelle expliquent l’essence de cette crise. Les fondateurs de la science économique, disons l’économie politique,  ont clairement analysé  la « valeur », ou comment extraire la plus-value à partir du travail, condition sine qua non de la richesse des nations. Actuellement, il existe une crise de la théorie économique qui influe sur les politiques économiques, les politiques étant tétanisées face à l’ampleur de la crise mondiale, n’ayant plus de référence, expliquant les tâtonnements et l’absence de vision stratégique en ce monde turbulent en perpétuel mouvement. Il  existe un déphasage entre la dynamique économique et la dynamique sociale, comme le montrent les derniers évènements mondiaux de protestation contre l’actuel système financier. Certes, il ne faut pas avoir une vision utopique, le système financier est nécessaire, comparable au sang humain, afin d’éviter la paralysie de la machine économique, mais il doit être au service de l’économie réelle. La monnaie, dont les réserves de change, qui ne sont pas un signe de développement, n’est qu’un signe qui doit accompagner la production et non la dominer.. Le risque d’insolvabilité américain, combiné avec l’actuelle crise européenne, serait catastrophique pour l’économie mondiale, entraînant une récession généralisée pire que celles d’octobre 1929 et de 2008, du fait des interdépendances des économies.

2.- C’est dans ce cadre qu’il y a lieu globalement de repenser l’essence de la crise mondiale actuelle afin d’éviter du replâtrage où de nombreux  experts proposent   l’urgence d’une nouvelle régulation incluant la  protection de l’environnement se fondant sur le dialogue social et donc de Re-mondialisation liant le processus d’accusation, la répartition du revenu mondial et le modèle de consommation par couches sociales tenant compte des anthropologies culturelles des sociétés. L’essence de la crise a certaines  similitudes avec celle de 1929 mais à différence de taille  avec l’interdépendance des économies (mondialisation) et l’apparition de nouveaux acteurs (pays émergents), elle peut se généraliser à l’ensemble de la planète, touchant  tous les pays sans exception. Le poids  économique des pays émergents est encore faible  pour qu’ils puissent à eux seuls tirer la locomotive de l’économie mondiale.  Surtout  que les USA et l’Europe totalisant  environ 900 millions d’habitants en 2012  sur 7 milliards d’habitants  que peuple  la planète  concentrent tant la richesse mondiale  du PIB mondial  que l’endettement mondial  pour un taux fluctuant entre 45/50% montant  une injustice sociale mondiale  et vivant au dessus de leurs moyens. La corruption et la mauvaise gouvernance qu’ils encouragent mus par  des intérêts matériels  étroits de court terme au dépend  de l’avenir de l’humanité, encore qu’existe une  prise de conscience grâce à la société civile mondiale aidée par les nouveaux réseaux de communication, fait que le nombre de pauvres s’accroit au niveau mondial  touchant plus de 70% de la population du Sud  et ajouté à la pauvreté au niveau de la zone Nord  avec les mesures d’austérité , nous aboutissons à un taux  qui dépasse 80% de la  population mondiale.
   
3.- En fait, les poids des dettes publiques américaines et européennes traduisent les inégalités à l’origine de cette crise. Importante baisse de la part des salaires dans le PIB. La richesse crée  part   vers les marchés financiers au lieu d’aller aux salariés, à la recherche  et à l’investissement  et donc aussi à l’Etat, par l’intermédiaire de la TVA, alors que la fortune cumulée  les plus riches de la planète  s’accroit dangereusement. La reprise économique mondiale en cours étant encore fragile, on ne peut pas exclure l’hypothèse d’une rechute dans les prochaines années, s’il advenait que la dépense publique se ralentissait et que la croissance n’était pas relancée par l’entreprise productrice de richesses. Je ne saurai trop insister sur les relations dialectiques entre la morale (l’éthique) et le développement, souvent négligées par les économistes, expliquant largement d’ailleurs les révoltes sociales récentes tant dans le monde arabe que dans les pays développés.


Dr Abderrahmane MEBTOUL - Professeur des Universités, expert international en management stratégique-
ademmebtoul@gmail.com


Vendredi 13 Juillet 2012


Commentaires

1.Posté par Patrice le 13/07/2012 17:27 | Alerter
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Quelques années... je dirai quelques mois tout au plus...

2.Posté par Saber le 13/07/2012 21:04 | Alerter
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Le système Keynesien est mort et les banquiers sont des criminels à pendre haut et court.

3.Posté par Pernet Jean-Jacques le 20/11/2012 21:58 | Alerter
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Bonjour Monsieur,
Tout est dans votre titre.
N'importe quel industriel, commerçant, consommateur sait que sans éthique les affaires ne sont pas possibles.
Seuls quelques théoriciens de haut vol ont pu concevoir une économie en soi, pour soi, déconnectée de la réalité. Les mathématiques financières déterministes dans un monde indéterminé ont permis d'échafauder des chateaux de cartes qui se sont écroulés à cause de l'immoralité engendrée par le mépris de l'éthique que cette idéologie néolibérale a véhiculé. Elle est tellement arogante qu'elle s'est prise pour une "science économique" égale à la physique ou à la chimie. Elle a oublié que les décisions des acteurs économiques rétroagissent toutes sur le système et le modifie durablement. Elle a encouragé des rapports de force disproportionnés faute de référence morale. Elle met en concurrence le fort avec le faible, le poids lourd avec le poids plume favorisant les déséquilibres, les inégalités sociales, l'irresponsabilité. Avec mes amitiés.

La pernette
www.pernethique.ch

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