Néolibéralisme et conséquences

Espagne : Se saigner pour payer les banques


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Gilles Devers
Mardi 29 Mai 2012

Espagne : Se saigner pour payer les banques
Un gros coup de chaud sur l’Espagne… avec des chiffres qui glacent. Bankia, la quatrième banque du pays, nationalisée le 9 mai, a demandé au gouvernement 19 milliards d’euros pour ne pas se scratcher, et le conseil d’administration a démissionné dans la foulée. L’Etat venait d’apporter 4,5 milliards à la banque, nationalisée le 9 mai, et l’ardoise s’élève donc à 23,5 milliards, chiffre certifié. 

Le gouvernement n’a pas trop le choix, car cette banque représente 10% du marché. Autant dire que si elle tombe, tout part avec. Les clients ont retiré de leurs comptes un milliard la semaine dernière...

Une impasse de 23,5 milliards qu’on découvre soudain… Pour situer, je lis que ce chiffre est comparable au budget du ministère de l’éducation, aux intérêts annuels de la dette ou au montant des allocations chômage… Autre élément de comparaison : le plan de rigueur présenté par le nouveau gouvernement prévoit 27,3 milliards d'euros d'économies et de nouvelles recettes….

Les mauvaises nouvelles s’accumulent. D’après le quotidien El Mundo, il va falloir aussi trouver 30 milliards pour sauver trois établissements bancaires déjà placés sous tutelle : CatalunyaCaixa, NovacaixaGalicia et Banco de Valencia.

Vendredi, Artur Mas, le président de la Catalogne, la première région du pays, avait  mis l’ambiance en évoquant un défaut de paiement d'ici à la fin mai et en demandant l’aide de l'État : « Peu importe comment on y arrive, mais nous avons besoin de pouvoir effectuer des paiements à la fin du mois. On ne peut pas redresser son économie si on ne peut pas payer ses factures… ». Certes. La Catalogne est en tête, mais le besoin de refinancement des régions est estimé 36 milliards pour 2012, avec déjà les plus grandes difficultés à payer les fournisseurs. espagne,banques,euro

Oki. Mais où trouver l’argent ? et à quel coût ? et comment gérer sans affoler le système ? Car il va falloir payer en juillet les 19 milliards en juillet pour sauver Bankia.

Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a expliqué hier que l’Espagne ferait face, toute seule comme une grande, mais je vois que la plus part des journaux n’y croient guère.

En 2009, l’Espagne avait créé un instrument de recapitalisation des banques, le Frob, mais celui-ci n’aurait en caisse que 4 à 5 milliards d’euros. Il peut emprunter jusqu'à 90 milliards d'euros avec la garantie de l'Etat, mais pour des prêts sur 10 ans, l’Espagne doit supporter un taux d'intérêt dépassant les 6%. Ca devient intenable.

Le gouvernement étudie d’apporter ces 19 milliards d'euros directement sous forme de dette publique, contre des actions, mais les objectifs gestionnaire de l'Etat ne seraient plus tenus et ça pourrait coûter très cher en ces temps où la discipline budgétaire est surveillée à la loupe. Autre option, le recours au mécanisme européen de stabilité, qui entre en vigueur le 1er juillet. Le gouvernement dément, mais ça semble la moins mauvaise solution.

En tout cas, on redoutait qu’après l’Irlande, le Portugal, la Grèce, il faille ouvrir le dossier Espagne. Eh bien, c’est fait. 90 milliards à trouver, 24% de demandeurs d’emplois, et un PIB qui a reculé de 0,3% au premier trimestre. Certes, mais il faut payer les banquiers.

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Mardi 29 Mai 2012


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