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En marge de la vie et l’œuvre du cheikh Mohamed el Karoui : Une conférence sur le soufisme


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Une conférence portant sur Le cheikh Mohamed el Karoui (1847-1941) et « l’islam moderniste » s’est tenue le samedi 9mai dernier à l’espace « Fadhel Ben Achour » à la Marsa, donnée par l’essayiste et spécialiste en Tunisie dans le créneau du roman historique en langue française Hatem el Karoui. Cette conférence fait suite à la publication par le même auteur début 2015 d’un livre au titre de « Le Drogman » qui raconte l’itinéraire du grand-père de l’écrivain.
Cette rencontre a attiré l’intérêt d’une assistance composée d’une cinquantaine de personnes alors qu’une chaîne de télévision privée l’a enregistrée.
Notons enfin que l’Association des Anciens Elèves du Collège Sadiki a activement concouru à l’organisation de cette manifestation culturelle.


Hatem Karoui, écrivain
Jeudi 14 Mai 2015

En marge de la vie et l’œuvre du cheikh Mohamed el Karoui : Une conférence sur le soufisme

En commençant, l’orateur à indiqué qu’il avait placé sur une table adjacente l’ensemble des livres qu’il a écrits à ce jour en vue de les dédicacer aux acquisiteurs potentiels à la fin de la présentation.
Hatem el Karoui a donné initialement un aperçu sur l’environnement éducatif , culturel , privé et professionnel dans lequel le cheikh Emiralay a grandi et évolué : Islam acharite sunnite malékite ou hanéfite modéré ouvert sur le progrès. Poursuite du travail de Ben Dhiaf après décès ce dernier en 1874 par l’élaboration de l’historiographie de la famille beylicale.
En même temps, ayant des origines de chérif (appartenant à Al el Beit), le cheikh était un adepte de la Tarîqa chedlia.
Il a tenu à indiquer que l’appellation de l’ouvrage « Le drogman » vient du fait que l’objet de la biographie a consacré une grande partie de sa vie professionnelle à l’interprétariat.
L’écrivain a donné ensuite aperçu de la vie des principaux saints ayant vécu en Tunisie où l’ayant utilisé comme point de passage vers l’orient en s’inspirant d’ouvrages qu’il a lus sur le sujet, dont Sidi Belhassen bien sûr, mais encore sidi Marhez, sidi Ben Arous, Sidi Bou Saïd et Lalla Manoubia et s’est attardé plus tard sur Ibn Arabi qui avait qualifié la Tunisie en 1190 de « vaste terre de Dieu ».
Il est passé ensuite dans la description de l’atmosphère politique et culturelle de l’époque : Les principaux acteurs et actrices ont été la famille Bouhajeb (Salem et Khalil), la princesse égyptienne Nazli et sa sœur Rokaya, descendantes de Mehmet Ali, les Ben Ayed, Bouchoucha, Hassine, Rostoum, Lasram, Sfar, Abdou, al Afghani, Zaghloul, Bach Hamba, Thaâlbi, Zaouche.
L’essayiste a derechef enchaîné sur les principales œuvres de l’Emiralay traduisant son appartenance au courant soufi : «Touhfatou al Ikhouan » abordant l’astronomie, les milieux sous marins et « la lettre sur le secret caché dans les états de sommeil ». Où il s’adonne à explication scientifique des phénomènes physiques et psychologiques en critiquant les «pseudo-miracles », et la biographie de Kheireddine où il est assez critique vis-à-vis de son mentor, publiée après sa mort.
En citant notamment le cheikh Khaled Ben Tounès et de Bruno et Romana Solt «Le soufisme au cœur de l’islam », la docteure Claude Addas dans son « son voyage sans retour », le livre condensé du professeur Eric Geoffroy « Le soufisme» et « La foi et la loi» d’Ibn Khaldoun, il a indiqué le mode opératoire des saints pour introduire les « mourides » dans la voie. Deux idées maîtresses sont pour cela : le passage du novice par un maître et l’action progressive sur l’égo qui est au départ surdimensionné.
Pour cela également, les rites surérogatoires (Naouafels) comme le Dhikr, el Samaâ, le Ward…sont importants et font passer le fakir (indigent) à un état second qui pousse à l’accès à la spiritualité.
Hatem el Karoui est passé ensuite aux différents niveaux d’interprétation des règles charaïques par la voie soufie. Ainsi en est-il des cinq piliers de l’Islam (Tawhid ou unicité de Dieu, Prière, jeûne du Ramadan Aumône (Zakat) et Pèlerinage).
Pour l’auteur, le livre fait apparaître indirectement la sensibilité soufie de l’Emiralay qui montre qu’à travers certaines démonstrations scientifiques (décodage des sourates du coran, infiniment grand et infiniment petit, phénomènes de télépathie et d’hypnose, origines de l’homme…) on se dirige clairement et ouvertement vers une foi renforcée en Allah. Il montre ainsi que le darwinisme n’est pas contradictoire avec l’Islam et que Nietzsche bien qu’il soit très critique envers le christianisme et plus particulièrement vis-à-vis du catholicisme est un défenseur de l’Islam.
Il conclue en disant des livres comme « le Drogman », sont susceptibles de contribuer à une véritable connaissance des idées modernistes de l’Islam. Ce véritable Islam qui se distingue par son profond humanisme des clichés que certains lui collent les rigoristes obscurantistes.
La présentation est suivie par un débat animé où les intervenants stigmatisent le wahhabisme et son opposition à l’islam modéré, moderniste et éclairé pratiqué en Tunisie. Enfin l’auteur a procédé à la séance des dédicaces. Une bonne après midi culturelle du samedi qui rompt avec la superficialité !
 


Jeudi 14 Mai 2015


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