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En Zunie, l’exécution de concitoyens est une « question politique » non assujettie à l’instance judiciaire


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Paul Craig Roberts
Mardi 16 Novembre 2010

En Zunie, l’exécution de concitoyens est une « question politique » non assujettie à l’instance judiciaire


VDARE, Paul Craig Roberts, 15 novembre 2010


      Dix ans de gouvernance des régimes Bush et Obama ont assuré le repliement de l'état de droit en Zunie. Les médias couvrent-ils cette extraordinaire et menaçante histoire ? Non, les médias s’occupent de l'état de droit en Birmanie (Myanmar).


      Le régime militaire qui dirige la Birmanie vient de libérer de son assignation à résidence surveillée la chef de file pro-démocratique, Aung San Suu Kyi. Les médias ont sauté sur l'occasion de sa libération pour monter l’affaire de l’absence de la primauté du droit en Birmanie. Je suis entièrement pour cette brave dame, mais connaissant la réalité, la Zunie de la « liberté et de la démocratie » a bien plus besoin de la primauté du droit que la Birmanie.


      Je ne suis pas expert es Birmanie mais, d’après l’opposition que je constate au gouvernement militaire, il n’a pas à rendre de compte devant la loi. Ce régime se comporte plutôt comme il le juge bon et publie des décrets qui font avancer son ordre du jour. Il peut être reproché au gouvernement birman de ne pas avoir d’État de droit, mais il ne peut pas être critiqué d’avoir ignoré ses propres lois. Nous n'aimons pas ce que fait le gouvernement birman, mais, pour dire les choses avec précision, il n’agit pas illégalement.


      En revanche, le régime de Zunie prétend régir des lois, pas des hommes, mais quand le pouvoir exécutif viole les lois qui le gênent, les responsables ne sont pas tenus pour responsables de leurs actes délictueux. Comme la nécessité de rendre compte de ses actions est l'essence même de la règle du droit, l'absence de responsabilité signifie l'absence de primauté du droit.


      La liste des actes criminels des présidents Bush et Obama, du vice-président Cheney, de la CIA, NSA, armée et autres branches du gouvernement, est longue et grandissante. Par exemple, le président Bush et le vice-président Cheney ont violé les lois locales et internationales contre la torture. Amnesty International et l'American Civil Liberties Union (ACLU) ont réagi à l’aveu récent de Bush d’avoir autorisé la torture, en exigeant une enquête criminelle sur sa forfaiture.


      Dans une lettre à l’Attorney général [ministre de la Justice (sic)] Eric Holder, l'ACLU a rappelé au ministère de la Justice (sic) qu’« une nation attachée à la primauté du droit ne peut tout simplement pas ignorer la preuve que ses plus hauts dirigeants ont autorisé la torture. »


      Rob Freer d'Amnesty International a déclaré que l'aveu de M. Bush « d'autoriser des actes constitutifs de torture en vertu du droit international » et qui constituent « un crime au regard du droit international, » met le gouvernement zunien « dans l'obligation d'enquêter et de traduire en justice les responsables. »


      L'ACLU et Amnesty International ne veulent pas l'admettre, mais le gouvernement zunien s’est dédouané de son engagement envers la primauté du droit il y a dix ans, quand la Zunie a lancé des agressions non dissimulées -- des crimes de guerre en vertu de la norme de Nuremberg -- contre l'Afghanistan et l'Irak sur la base de mensonges et de tromperies.


      Le mépris du gouvernement zunien envers la primauté du droit a fait un autre pas en avant quand le président Bush a violé la Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) et quand la National Security Agency a court-circuité le tribunal de la FISA et a espionné ses concitoyens sans mandat. Le New York Times monte sur ses grands chevaux au sujet de la primauté du droit en Birmanie, mais quand un patriote lui révèle que Bush viole la loi, ses éditeurs ne s’occupent pas de la fuite pendant un an, pour que Bush ait le temps d’être réélu en toute sécurité.


      Holder ne tentera évidemment pas de tenir Bush pour responsable du crime de torture. En effet, l’Attorney adjoint John Durham vient juste d’affranchir la CIA de sa responsabilité dans le forfait de destruction des bandes vidéo prouvant que des détenus ont été torturés illégalement par l'administration zunienne, un crime selon la loi.


      En février dernier, Cheney a déclaré à l’émission Cette semaine sur ABC, « J'étais grand partisan du waterboarding [supplice de simulation de la noyade]. » La loi zunienne a toujours considéré le waterboarding comme de la torture. Après la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement a exécuté des japonais qui ont soumis des prisonniers de guerre zuniens au waterboarding. Mais Cheney a réchappé à ses responsabilités. Cela veut dire qu'il n'y a pas d’État de droit.


      Le bureau du vice-président Cheney a aussi présidé à une forfaiture, au dévoilement d’un agent secret de la CIA. Pourtant, rien n'est arrivé à Cheney, et le sous-fifre qui a porté le chapeau a vu sa peine commuée par le président Bush.


      Le président Obama s'est rendu complice des crimes de son prédécesseur en refusant de mettre la règle du droit en vigueur. Obama a en fait dépassé Bush par sa criminalité. Bush est le président de la torture extrajudiciaire, de la détention extrajudiciaire, de l'espionnage et des violations de la vie privée extrajudiciaires, mais Obama a coiffé Bush au poteau. Obama est le président de l’exécution [assassinat] extrajudiciaire.


      Non seulement Obama viole la souveraineté d'un allié, le Pakistan, en envoyant des drones et des équipes des forces spéciales assassiner des civils pakistanais, mais en plus Obama a une liste de concitoyens qu’il a l'intention de zigouiller sans arrestation, présentation de preuves, procès ou condamnation.


      Le changement le plus énorme apporté par Obama est dans son affirmation du droit de l'exécutif à assassiner n’importe qui à son gré, sans aucune interférence du droit local et international. Le monde n'avait pas vu un gouvernement aussi criminel que celui d’Obama depuis Joseph Staline et Hitler.


      Le 8 novembre, le ministère de la Justice (sic) a dit à John Bates, juge fédéral de tribunal d’instance, que la résolution du président Obama d’assassiner des concitoyens est l'un des « pouvoirs au cœur même de la présidence. » Par-dessus le marché, le ministère de la Justice (sic) a déclaré que l’exécution de concitoyens est une « question politique » non assujettie à l’instance judiciaire.


      En d'autres termes, l’existence des tribunaux fédéraux n’a qu’un seul but : jouer la comédie d’approuver les actions de l'exécutif.


      Connaissant la vérité, il y a plus de justice en Birmanie sous régime militaire qu’en Zunie. Le régime militaire a assigné Aung San Suu Kyi à résidence surveillée dans sa propre maison.


      Le régime militaire ne l’a pas jetée dans une oubliette et ne l’a ni violée ni torturée sous couvert de fausses allégations, ni détenue indéfiniment sans inculpation. En outre, les « tyrans » militaires l’ont libérée soit en signe de bonne volonté, soit sous la pression des groupes internationaux des droits de l'homme, soit sous la contrainte des deux.


      Si seulement une bonne volonté comparable existait dans le régime de Zunie ou si la pression des groupes internationaux des droits de l'homme avait autant de force ici qu’en Birmanie.


      Mais hélas, en Zunie, les durs machos approuvent la fouille virtuelle de leurs femmes et filles dénudées avec des détecteurs à balayage corporel et le regroupement d’enfants de trois ans hurlant de terreur par les voyous de l’Administration de la sécurité des transports.


      Contrairement à la Birmanie, où Aung San Suu Kyi se bat pour les droits de l'homme, les moutons de Zunie se soumettent à la violation totale de leur vie privée et à l’abolition complète de leurs libertés civiles pour nulle autre raison que leur état de mort cérébrale et parce qu’ils croient sans preuve être à la merci de « terroristes » de terres lointaines qui n'ont ni armée, ni marine, ni force aérienne et sont armés d’AK-47 et d’engins explosifs improvisés.


      Terrée dans la crainte propagée par un ministère de la Vérité, la population ignorante de la « grande superpuissance zunienne » acquiesce à l’abolition complète de sa Constitution et de ses libertés civiles.


      Un peuple moutonnier comme celui-là ne jouit d’aucun respect partout sur la face de la Terre.



      Paul Craig Roberts a été secrétaire adjoint au Trésor durant le premier mandat du Président Reagan et rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal. Il a occupé de nombreux postes universitaires et reçu la Légion d'Honneur sous François Mitterrand. Il est l'auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington ; Alienation and the Soviet Economy et de Meltdown: Inside the Soviet Economy. Il est coauteur avec Laurent M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Son tout dernier livre est How The Economy Was Lost.



Original : vdare.com/roberts/101114_burma.htm
Traduction copyleft de Pétrus Lombard



Mardi 16 Novembre 2010


Commentaires

1.Posté par Intellecterroriste le 16/11/2010 17:26 | Alerter
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Hahaha, et pas un mot sur les violations constantes du droit du commerce aux USA, qui font elles aussi des milliers de morts chaque année!

Ben quand même, il allait pas s'attaquer à ceux qui l'font bouffer!

2.Posté par Apocalypse le 16/11/2010 20:27 | Alerter
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Après avoir instauré leur terreur en Russie, aux états Unis, et vu qu'ils sont déjà les maitres en Europe et particulièrement en France, combien de temps faudra t il pour que nous ayons des assassinats extra judiciaires ?

Ahh ces talmudistes rien ne les arrête. Bien au contraire, les lois qu'ils ont par leur puissance imposé partout, font que le monde détourne le regard, tandis qu'ils massacrent plus ailleurs qu'en Palestine. Triste humanité, qui n'a après tout que le sors qu'elle mérite, a force de se soumettre.

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