Sciences et croyances

Elfes, farfadets et jets bleus


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Stephen Smith
Jeudi 23 Juillet 2015

Elfes, farfadets et jets bleus

Éclair de foudre dans les nuages de Saturne.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/SSI
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The Thunderbolts Project, Stephen Smith, 22 juillet 2015
 

    Des elfes peuvent être découverts dans l’atmosphère des planètes géantes gazeuses.
 

    La plasmasphère de Saturne est extrêmement chargée en énergie. L’orbiteur Cassini y a découvert de la foudre jusqu'à un million de fois plus puissante que sur Terre. Cette découverte ne surprend guère, puisque Saturne émet 2,3 fois plus d'énergie qu'elle n’en reçoit du Soleil : 90 mégawatts de rayons X ont été détectés par Cassini.
 

    Un communiqué de presse de l'époque avait signalé que Cassini avait découvert des particules chargées « portées par l’accélération à des énergies extrêmes ». L'impulsion subie par les ions avait été dite semblable à celle des particules chargées qui sont théoriquement « accélérées » par les ondes de choc des supernovae. Toutefois, comme cela a été débattu maintes fois dans le passé, les particules chargées sont accélérées plus facilement par les champs électriques. Les expériences de laboratoire le confirment.
 

    Dans un Univers électrique, Saturne plongée dans la plasmasphère du Soleil interagit avec son champ électrique. Les planètes et les lunes du Système solaire sont des corps chargés ; elles ne sont pas isolées dans l'espace « vide ». Les lunes Encelade, Dioné et Téthys sont toutes en orbite au sein de la plasmasphère saturnienne, il est donc prévisible qu'elles aient des échanges électriques avec leur planète mère. La plus simple, la plus manifeste explication à l'accélération des particules chargées, c’est la décharge électrique.
 

    Les spécialistes des sciences planétaires sont conscients que l'univers visible est fait à plus de 99% de plasma, mais il leur reste encore à étudier le rôle de la distribution des charges électriques dans le plasma spatial. Une annonce récente a d’ores et déjà signalé qu’il se peut que les planètes géantes gazeuses des autres systèmes stellaires se comportent comme Saturne : produisent des structures découlant des forces électriques.
 

    Sur Terre, coïncidant avec les banals coups de foudre, d’immenses phénomènes de décharge diffus se produisent au-dessus de l’activité orageuse. Ces manifestations peuvent être simples ou multiples, avec au-dessus et en dessous, des filaments s’étendant souvent jusqu’à des altitudes proches des 100 kilomètres. Connus sous le nom de « farfadets », quelques-uns de ces phénomènes les plus grands, d’une ampleur horizontale de 50 km et d’un volume de 10.000 kilomètres cubes, contiennent des dizaines de petits farfadets isolés.
 

    Les « jets bleus », une autre manifestation de la décharge électrique, se produisent au-dessus du centre des orages. Distincts des farfadets, ils se propagent vers le haut en formant des cônes étroits qui disparaissent à environ 50 km d’altitude. Du fait que ces décharges électriques sont confinées dans un petit volume spatial, elles sont aussi plus puissantes. Les géophysiciens commencent à réaliser que les farfadets et les jets bleus font partie de chaque système orageux, moyen ou grand, et sont une composante essentielle du circuit électrique de la Terre.
 

    Au début des années 1990, le plus grand phénomène surplombant les nuages a été découvert dans la partie supérieure de l'atmosphère de la Terre. Des elfes apparaissent à la limite de l'espace sous la forme d’immenses halos rouges. Filmée d'abord depuis la navette spatiale Discovery, la lueur pouvait atteindre 500 kilomètres de diamètre pendant une milliseconde. Des elfes se produisent quand, dans les champs électrique et magnétique, la foudre d’un orage déclenche une perturbation appelée impulsion électromagnétique (EMP). Cette impulsion s’étend dans les couches supérieures de l'atmosphère terrestre et se dilate vers l'extérieur en donnant un choc aux électrons et en excitant les molécules d'azote, qui émettent alors une lueur rouge pâle. Le rayonnement du phénomène donne la raison de son acronyme fantasque : Emissions of Light and Very low frequency perturbations due to Electromagnetic pulse Sources [ELVES est traduit par ELFES en français, au lieu de ELTSE, pour Émissions de Lumière et de perturbations à Très basse fréquence dues à des Sources d’impulsions Électromagnétiques, NdT].
 

    Du fait que de la foudre a été détectée sur Jupiter et Saturne, les auteurs de l'annonce précitée utilisent des modélisations informatiques à grande vitesse pour tenter de déterminer si des elfes peuvent se propager à travers l’environnement de ces deux planètes. Leurs modèles disent que, là-bas, les elfes seront plus grands, environ 4000 kilomètres de diamètre, que sur Terre. Ces résultats leur indiquent que des elfes peuvent aussi être découverts sur les exoplanètes, mais qu’importe l’endroit où ils sont, étant donné qu’étoiles et planètes géantes gazeuses devraient révéler des exemples d'interaction similaires.
  Original : www.thunderbolts.info/wp/2015/07/22/electrical-hierarchy/
Traduction Petrus Lombard

 

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Jeudi 23 Juillet 2015


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