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El Baghdadi et l'État islamique ou le dernier triomphe de Marx.


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Le Printemps arabe n'est pas d'inspiration religieuse. Il est une lutte des classes parasitée par l’omniprésence du symbolisme oriental dans lequel l'individu se confond avec sa supposée communauté au détriment de sa classe sociale. Dès lors El Baghdadi et son État islamique sont le plus grand triomphe de la pensée Marxiste en une période ou, à force de gagner chaque jours à la Pyrrhus, le libéralisme montre quelques signaux de faiblesse.


Cide
Dimanche 9 Août 2015

El Baghdadi et l'État islamique ou  le dernier triomphe de Marx.
On ne se lasse jamais de le dire et le répéter. Encore et encore. Le Printemps arabe n'est pas d'inspiration religieuse. Loin s'en faut. Il est en revanche la suite inéluctable et hautement prévisible d'un cheminement socio-politique voué tôt ou tard à l'explosion.
C'est que les injustices sociales sont depuis toujours le catalyseur premier de la roue de l'Histoire avec son lot de drame et malheur, somme toute, salutaires à la longue.

En fait pour comprendre ce qui se passe de l'autre côté de la méditerranéenne c'est Karl Marx qu'il faudra relire et aucunement le Coran. Comme semble aimer de faire pourtant certains, devenus pour des raisons connues de tous les exégètes attitrés de l'islam en France et dans le monde.

Et pour cause, l'homme fut certainement l'un des rares ceux qui, en Occident, ont appréhendé les dynamiques sociétales, mettant de côté tous les oripeaux trompeurs dans lesquels se drapent souvent ses manifestations brutes par mimétisme ou par récupération de classe.
Juste, certes, après Ibn Khaldoun, qui lui doit beaucoup et qui, quelques siècles plutôt , explora lui le sujet sous son angle expérimental préféré concluant logiquement que « les mêmes causes donnent toujours les mêmes effets ». Indépendamment de toute autre considération culturelle, géographique ou religieuse.

Donnant par ce, à juste raison, la primauté déterministe à la condition sociale plus qu'à l'idéologie, à la religion ou à la philosophie d'un individu, groupe, voire même une communauté de destin. Dès lors plus rien d’étonnant d'entendre Karl Marx affirmer haut et fort que :“Ce n'est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience.” (1)
Et, justement, l'existence vécue dans le monde arabe avant son Printemps fut chaotique. Dictatures politiques, répressions policières et appauvrissement généralisé furent en effet le lot de millions d'Irakiens, Syriens, Tunisiens ou Égyptiens et Libyens, pourtant qualifiés souvent académiquement et dignes de respect et d 'estime, comme tout-être humain.
Le tout sous les sanglantes cravaches d'une élite misérable péjorativement occidentalisée et qui, dans son esprit, les valeurs occidentales se résument à la débauche charnelle, l'ivresse alcoolique et l'ego démesuré.
Sans oublier l'humiliation quotidienne que l'occupation militaire et politique de leur patrie nationale, comme en Irak, ou leur patrie collective : la Palestine, impose à l'imaginaire populaire arabe.
C'est donc en réaction à cette violence longtemps à sens unique que ce Printemps s'est installé lentement et s'est mis en mouvement avec la certitude que le chemin sera long et sinueux mais indispensable pour recouvrir les droits : humains, politiques et nationaux.
Jusqu'ici rien de religieux ne spécifie ce processus de ses semblables vécus en Amérique latine, en Asie ou hier en Europe.

Les colorations religieuses que, ici ou là, on donne à certaines insurrections n'en sont en réalité que de la poudre aux yeux.
L'exemple le plus parlant est certainement celui de l’État islamique d'El Baghdadi. En vérité on ne peut pas saisir les tenants et les aboutissants de cette organisation sans rappeler quelques vérités.
D'abord son très restreint cercle de commandement est composé uniquement des jeunes de la ville irakienne de Fallujah, y compris pour leur Calife de circonstance dont d'ailleurs la première arrestation fut justement dans cette ville martyre contrairement aux allégations américaines visant notamment à lui ôter toute légitimité insurrectionnelle.
Cette jeunesse donc qui a survécu aux bombardements américains mais qui a vu ses aînés mourir écrasés, si ce n'est brûlés, sous les bombes d'uranium appauvri (2) et ce, après avoir vu leurs pères sacrifiés dans les deux guerres du Golfe.
Ensuite le confessionnalisme revanchard instauré par l’Amérique, l'Iran et et leurs sbires locaux a tout fait pour les pousser à la rébellion : emprisonnement, torture et même exactions dégradantes sur leurs femmes, sœurs et même dit-on leurs mères (3).
Tout ce que ces irakiens issus des plus honorables tribus arabes, réputées fières et résistantes, n'oublieront et ne pardonneront jamais.
Et c'est en somme cette rage destructrice issue de cette haine démesurée qui est le détonateur de cette action collective sans commune mesure depuis des siècles dans la région.

Or rien de ce qui précède n'est proprement islamique ni dans les causes beaucoup moins dans les conséquences. On peut même dire que, théologiquement, El Baghdadi a fortement bataillé contre toutes les doctrines islamiques établies depuis des siècles dans l'espace sunnite. Notamment celles qui incitent, si elles n’imposent pas carrément, la soumission au Roi, au Prince et surtout au Consensus islamique. Ce dernier étant souvent au service de deux premiers, il leur permettra sans façon d'obtenir les fallacieuses interprétations avantageuses du célèbre verset coranique:
« ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement »(4). En fait cette soumission concédée par certains lettrés intéressés est la source intarissable de tous les « despotismes islamiques » qui, aujourd’hui encore, endeuille le monde musulman.
C'est en effet elle qui, dans l'Égypte d'el Sisi, a ouvert par son silence complice ou par sa bénédiction déclarée un sillon sanguinaire causant la répression meurtrière qui s'abat sur le pays.
Pourtant, ce qui se passe actuellement au Caire ou dans la péninsule du Sinaï est porteur d'un avenir sombre pour le monde entier.
Et, comme pour les années 70, les prisons militaires égyptiennes verront naître une fois encore des doctrines sicaires et pernicieuses vis-à-vis du droit islamique et bien-sur vis-à-vis aussi des droits de l'homme, comme celles d'al-Qaida d'hier ou d'autres Takfiristes d'avant hier.

Quoiqu'il en soit pour l’État islamique, pas un seul savant musulman de renom n'a entériné ni ses agissements, ni ses lectures religieuses en conflit ouvert et irréconciliable avec tous les principes fondateurs de l'islam, n'en parlons même pas de la légitimité de son Califat.
Tandis qu'en revanche, tout au long de son parcours, ce processus confirme clairement, pour ceux qui en doutaient encore, que l'on est bien la résultante sociale de son existence et sa condition humaine indépendamment de la conscience politique ou religieuse que l'on peut avoir.

On peut ainsi conclure que le Printemps arabe n'est rien d'autre qu'une lutte des classes parasitée par l’omniprésence du symbolisme oriental dans lequel l'individu se confond parfois avec sa supposée communauté au détriment souvent de sa classe sociale. Dès lors El Baghdadi et son État islamique sont le plus grand triomphe de la pensée Marxiste en une période ou, à force de gagner chaque jours à la Pyrrhus, le libéralisme montre quelques signaux de faiblesse.





(1) Karl Marx, Œuvres économiques.

(2)http://www.alterinfo.net/A-Fallujah-en-Iraq-l-uranium-appauvri-et-le-phosphore-blanc- continuent-de-tuer-les-enfants_a36445.html

(3)http://www.solidariteirak.org/spip.php?article138

(4)Quran, Annisa, 59.


Dimanche 9 Août 2015


Commentaires

1.Posté par Mila le 09/08/2015 16:30 | Alerter
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Le vrai nom de Abou Bakr Al-Baghdadi est « Simon Elliott », de père et mère juifs.
Le prétendu « Eliott » a été recruté par le Mossad israélien pour une année au cours de laquelle il a été formé à l’espionnage et sur le terrain pour conduire une stratégie destructrice des sociétés arabes et islamiques.

2.Posté par Mila le 09/08/2015 16:34 | Alerter
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Le plan sioniste : rentrer dans le cœur militaire et civil des pays qui sont déclarés comme une menace pour Israël afin de les détruire pour faciliter, par la suite, la prise de pouvoir de l’État sioniste sur toute la zone du Moyen-Orient afin d’établir le Grand Israël.

3.Posté par Mila le 09/08/2015 16:38 | Alerter
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Le sujet important est que le vrai nom de Abu Bakr Al-Baghdadi est «Simon Elliott », né de père et mère juifs.
Le soi-disant calife « Eliot » a été recruté dans le Mossad israélien durant une année au cours de laquelle il a combattu et suivi des nombreux exercices militaires et passé de nombreux de tests même sur le terrain pour pouvoir conduire une action dévastatrice sur la vie et la pensée arabe et islamique.

4.Posté par Vivio le 09/08/2015 16:53 | Alerter
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Le Marxisme c'est détruire la religion, abolir la propriété, détruire la famille, complété par la destruction de toute morale .Plus de 100 - cent - millions de morts passés et actuels, ce n'est rien, juste des "sous races"

5.Posté par yukof le 09/08/2015 20:17 | Alerter
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@ Mila
ça fait belle lurette que cette théorie idiote a été démentie ... l'existence de Daesh est une réponse à l'extremisme des milices chiites , les sunnites qui l'a subissent depuis des années suite à la chute de saddam hussein ne pouvaient que tombés à leurs tours dans le takfirisme , et le coup du califat est un bon coup pour réunir tout les ignorants et prendre la tete du "djihadisme mondiale "

6.Posté par ange le 09/08/2015 21:12 | Alerter
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Pour ma part, je compare ces sociétés arabes jeunes, alertes avec l'envie d'autre chose qui se retrouvent hélas immolées à la guerre, un peu comme l' Amérique des années 60, une jeunesse vive, désobéissante, l'envie de nouveaux droits lutte pour l'égalité des droits noirs-blancs , de liberté,d'une nouvelle société portant plus d'espoir et plus d'avenir puis finalement se fait assassiner par la généralisation de la guerre du Vietnam . 2 215 000 furent appelés contre leur gré et environ 9 millions s'engagèrent. Jean-Baptiste Ngô Đình Diệm et JFK assassiné, la voie était libre pour agrandir le conflit. Les pauvres sont toujours perdants dans toutes les sociétés. je ne pense pas que les jeunes veulent la guerre et le fascisme, ils veulent probablement retrouver de l'authenticité ou de la mémoire mais pas du fanatisme. la société est comme un organisme qui évolue, une chenille qui devient papillon mais on veut déguiser le papillon en autre chenille.

7.Posté par ange le 09/08/2015 21:38 | Alerter
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Ces sociétés sont comme des gros animaux que les intérêts spéculatifs, géopolitiques, personnels de quelques groupes mènent à l'abattoir pour se repaître de leur chair.

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