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Égypte: L’Ordre Géopolitique


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La question que l’on se pose est comment l’armée égyptienne a destitué le président Morsi.


F.HAMITOUCHE
Samedi 31 Août 2013

Égypte:  L’Ordre Géopolitique
Il va de soi que ce sont des considérations géopolitiques qui ont fortement contribué à sa chute. Il faut reconnaitre que les forces politiques qui lui sont hostiles n’ont pas la puissance nécessaire pour précipiter l’Egypte dans une impasse. De la sorte, l’élite peu représentative socialement et faiblement implantée au sein des couches populaires a du user du subterfuge statistique pour s’allier à l’armée afin de justifier un coup d’Etat que les caciques de l’ancien régime ont soigneusement préparé dans les coulisses.

Cette frange de la société qui regroupe une pléiade de figures libérales n’a jamais accepté la victoire des Frères Musulmans aux élections. La concomitance de leurs intérêts avec le complexe politico-militaire conforte l’idée d’une restauration d’un système dominé par des considérations géostratégiques.

La situation géographique de ce pays et l’idéologie panarabe ont fortement influencé les relations internationales surplombées par le conflit israélo-palestinien. Certainement la place de l’Egypte est prépondérante dans la problématique conflictuelle du proche orient. Plus que tout autre pays, l’Egypte est liée par des accords bilatéraux et internationaux qui conditionnent l’accès au pouvoir de l’Etat. Et à notre avis c’est là que ce pays a un statut particulier dans la géopolitique du proche et moyen orient.

Les accords égypto-israéliens signés par le président Sadate et son homologue israélien imposent à tout pouvoir en Egypte des conditions de l’exercice de la souveraineté. Or, du fait de la persistance des cadres de l’ancien régime dans les structures de l’Etat et leur influence politique qui est restée intacte, les Frères Musulmans au pouvoir ne pouvaient transgresser les règles préétablies de l’’exercice de la souveraineté.

En ce sens, le passage outre par du président élu et de son équipe en établissant des relations amicales avec l’Iran et un soutien au Hamas parti palestinien dominant la bande de Gaza, ont refroidit l’ardeur des défenseurs des droits de l’homme en Occident. Donc, cela revient à dire que la position occidentale envers les événements tragiques du Caire et d’autres villes égyptiennes est conditionnée par des intérêts géostratégiques. La création de l’Etat d’Israël a été une tactique panoptique de la géostratégie inaugurée juste après la deuxième guerre mondiale qui consiste à établir des zones de contrôle de l’économie pétrolière et d’un interventionnisme permanent sur les champs de bataille.

Les puissances occidentales n’ont plus besoin de mobiliser des forces et de l’accord de l’opinion publique pour intervenir, une puissance sur performante est à leur service en cas de besoin à tout moment.

Ces considérations géostratégiques ont fortement contribué à la destitution du président Morsi et expliquent en partie les positions diplomatiques timorées des différents gouvernements en Occident.

Certes, notre propos ne consiste pas à disculper les Frères Musulmans de leur part de responsabilité qui a permis la mise en échec de leur politique générale par leurs adversaires et en premier lieu, l’armée mais de rappeler l’indifférenciation domestiquée par les pouvoirs politiques qui administrent l’opinion publique.

Habituellement, les plateaux de télévision sont occupés sans discontinuité par toute sorte de stratèges civils et militaires et de quelques penseurs de l’éphémère qui ressassent des avis loufoques d’un autre temps qui quelque part rappellent que parmi ceux-ci des récriminations moyenâgeuses.

Quoiqu’il en soit, l’islam politique fait partie du paysage actuel de la réalité partisane et pose un problème non résolu de son rapport à l’Etat et à l’exercice de la souveraineté.

Il demeure que l’irrésolution du problème reste en suspend depuis la grande satisfaction averroïste et du conservatisme raisonné d’Ibn Khaldoun, et ce n’est pas par le truchement de la ruse élective que cessera la malédiction démocratique dans les pays musulmans.

C’est une grande épreuve qui nécessite des traversées décennales et d’ultimes entrechocs du pouvoir et de l’opposition, sinon la Mihna continue de sévir.


Samedi 31 Août 2013


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