Coup de gueule

Education : Motus... Ya rien à voir !


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georges zeter
Jeudi 4 Avril 2019

Allez ! il a 22 ans, plein d’optimisme, après un Master et un Capes, il entre comme stagiaire dans la grande famille de l’éducation nationale ; famille quelque peu dysfonctionnelle s’il en est...En 1ere affectation ? Tout droit dans le « 9.3 » ou autres régions fécondes en « REP », apparemment le bizutage admis depuis des lustres : Débuter sa carrière dans un établissement qualifié de « difficile » devant un « public non coopératif » et des parents « désimpliqués », le tout à l’intérieur de bâtiments délabrés, dirigés soit par un chef à poigne qui tranche dans le vif avant que cela ne s’envenime, ou alors, un chef plus byzantin qui sait gérer sans bruit... Mais qui laisse seul dans la fosse aux lions. Apres 5 ans de ce traitement à 1500 net par mois... S’il a tenu le coup ? Le paradis d’une affectation proche de chez lui est en première place de ses vœux...Et là ? Une grande découverte cher novice, une GRANDE !
Ce qu’il te faut savoir au minimum
Si l’armée est surnommée « la grande muette », l’éducation nationale devrait être dénommée « la grande silencieuse »... Pas un bruit, pas un son, toute vie est éteinte. Mais on entend parfois, comme une morne plainte etc...
Que ce soit les chefs d’établissements, les enseignants, les surveillants, les administratifs, tout ce monde vit dans une atmosphère d’omerta feutré, de non-dits soyeux ; Bien sûr, le rythme de la vie scolaire est ponctué de nombreuses réunions, où bien souvent il n’en sort pas grand-chose, il n’est pas question de se plaindre, sinon, se mettre en maladie, ou donner sa démission, quant aux personnels non-titulaires, les remplaçants, les contractuels, et bien, c’est du marche ou crève : non est exitum
Il y a le chef d'établissement dont la carrière va dépendre du bruit qu'il émet. Moins il fait de tapage, mieux c'est. Si des enseignants portent plainte régulièrement pour des violences ou trop de conseils de discipline, l'inspecteur d'académie et le recteur seront sollicités et les problèmes des chefs et des enseignants deviendront leurs problèmes...Et ils n’aiment pas ça du tout, ceux d’en haut, là où l’air est raréfié.
Lors d'entretiens professionnels, les supérieurs fixent des objectifs : la carrière dépendra de la capacité à les atteindre. Pour cela, aucun conflit ne doit venir entacher l’action, il ne faut avancer qu’en silence. S’il est demandé comme objectif l'amélioration du climat scolaire ? Pour cela, il suffit de réduire artificiellement le nombre de sanctions et de conseils de discipline dans l’établissement et ainsi, les affaires continueront as usual. Beaucoup de chefs minimisent les incidents et enterrent le maximum d'affaires, car cela ternit la réputation de l'institution. Plus il y a de vagues, plus l’image de la structure est entachée, les enfants des « familles biens » ne viendront plus s’inscrire ; quant à la carrière personnelle ? Cela est très mal vu et est un frein à gros patins.
Pour les enseignants. Bien souvent il est préférable d’enterrer l’affaire du fait que ce sont toujours les mêmes impliqués. Ce sera aussi, passer du temps à téléphoner aux parents pour la ième fois, rédiger un rapport au professeur principal, donner une punition, avec un travail qu’il faudra corriger et noter, et si cela va plus loin, en conseil de discipline ce sera encore du temps, de l’énergie ; donc, se taire, endurer ou craquer. Ceux qui lâchent, font que les élèves s’y habituent, et savent qu’ils pourront toujours s’en tirer et faire n’importe quoi... (pas étonnant que plus tard le système fabrique des Cahuzac). Pour ceux qui poursuivent lors d’incidents, ceux là doivent rédiger un rapport très précis...Et tenter de retranscrire les insultes ou les violences d’un l’élève au mot à mot durant cet incident...A moins que cela ne relève de l’habitude, car, sinon, impossible, car si choquant d’être agressé verbalement et encore pire physiquement par un gamin haut comme trois pommes ; Un tel culot à de quoi en rester coi ! Au final, il y a alors le risque que ce témoignage tombe à l’eau si ce rapport n’est pas assez circonstancié, précis, détaillé....Il y aura aussi la confrontation entre le professeur et l’élève, qui donnera à l’enfant un sentiment de toute puissance car il concentrera l’attention d’un nombre d’adultes ; il sera la « star » dans la cour de récré, alors, qu’il suffirait d’appliquer la loi, à savoir : aucune insulte, aucune violence n’est tolérée et doit être puni séance tenante et de manière très ferme. Au bout du compte, l’enseignant peut être accusé de ne pas savoir tenir sa classe, d’être un mauvais pédagogue, de ne pas être à l’écoute, de ne pas savoir négocier, temporiser, de ne pas avoir de patience... Il est donc recommandé, mais c’est écrit nulle part de bien vouloir composer avec des actes, des mots, des insultes et parfois des violences et faire avec, tout en rasant les murs.
Quant à l’élève renvoyé durant 3 jours ou une semaine ? il reviendra souvent très bravache, car, non content d’être plein de lui-même, il a obtenu quelques jours de vacances supplémentaires ; de retour dans sa classe, où il ne présentera aucune excuse, il recommencera le chahut, sachant qu’il sera gardé de toute manière, et avec une moyenne proche de zéro, passera dans la classe supérieure.
Au cas où il serait renvoyé de son école, un autre, lui-même renvoyé d’ailleurs viendrait le remplacer, parfois, au prix de tractations entre chef d’établissement...
Quant à l’enseignant ? Il devra subir les ricanements et ravaler sa fierté et subir un gamin de 12 ans ou 15 ans sans broncher. Des classes entières sont gâchées, des scolarités sont ruinées par quelques individus seulement là pour nuire à la vie commune.
Lors des conseils de classe, un langage très codifié décrit ces élèves comme « perturbateurs », suit un blablabla d’une demie heure, puis vogue la galère, la galère vogue et silence sur le pont !
L’éducation nationale est devenue un bateau ivre... En perdition !
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

Georges Zeter/avril 2019



Jeudi 4 Avril 2019


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