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Earth Hour : un petit geste symbolique pour le developpement durable


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"Le premier objectif de la gouvernance, est «d’apprendre à vivre ensemble et à gérer pacifiquement la maison commune ; d’y assurer les conditions de la survie, de la paix, de l’épanouissement et de l’équilibre entre l’humanité et la biosphère".

Pierre Calame


vdida2003@yahoo.fr
Lundi 30 Mars 2009

Earth Hour : un  petit geste symbolique pour le developpement durable
A l’initiative de WWF, l’Organisation mondiale de protection de la nature, samedi 28 mars 2009 entre 20h30 et 21h30 les Terriens étaient appelés à éteindre les lumières. Pour l’histoire, l’opération Earth Hour (l’heure pour la planète), initiée par (WWF), a débuté le samedi 21 mars 2007 à Sydney en mobilisant 2,2 millions de ménages et entreprises. Une année plus tard, Earth Hour a été suivie par 370 villes dans plus de 35 pays à travers 18 fuseaux horaires. Cette campagne est passée d’un événement local à Sydney à un événement mondial. On estime qu’entre 50 à 100 millions de personnes ont participé à Earth Hour en 2008. Le 1er février 2007, des millions de ménages coupaient symboliquement une partie de leurs appareils et éclairages électriques pendant 5 minutes. Pour le Gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité en France, la consommation a diminué de 800 MW.(1)

Pour cette année, sous l’impulsion du WWF-Australie, l’opération Earth Hour se veut encore plus ambitieuse pour relayer puissamment un message d’urgence. Une heure pour la planète, une heure pour réaffirmer l’urgence d’un accord post-Kyoto. L’accord qui sortira de Copenhague doit être ambitieux, équitable, efficace et reposant sur de solides bases scientifiques, a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour qui «L’heure de la planète» est l’occasion pour tous les citoyens du monde d’envoyer un message clair sur les mesures concrètes qu’ils réclament contre les changements climatiques. «Il est possible d’agir contre le réchauffement climatique» et «il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre, à court et long terme». Nobuo Tanaka, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (IEA), a appelé les gouvernements du monde entier à garantir que les paquets de relance, visant à restaurer la croissance, englobent également les technologies propres. «Dans la plupart des pays en développement, il faut que les investissements dans le secteur énergétique dépassent les niveaux actuels pour pouvoir répondre aux objectifs dans les domaines de la croissance économique, de l’environnement et du développement social.»

Le 28 mars 2009, à 20h30, 2 848 villes dans 83 pays dont 9 des 10 plus grandes métropoles mondiales ont participé à cette heure symbolique : New-York, Londres, Beijing, Moscou, Berlin, Rome, Le Caire, Rio de Janeiro, Paris, Toronto, Sydney,...sont quelques-unes des métropoles qui se sont engagées. On remarquera au passage que l’Algérie ne figure pas dans le listing des pays qui s’engagent. Earth Hour 2009 sera un appel pour chaque individu, chaque gouvernement et chaque entreprise : il s’agit de prendre ses responsabilités et de contribuer à un avenir durable. En 2009, l’objectif est une mobilisation mondiale de près d’un milliard de Terriens. Le mot d’ordre «Eteignons nos lumières, allumons nos consciences !» Un geste symbolique en cette année 2009, comme l’explique Serge Orru, directeur général de WWF-France. Au total, WWF espère mobiliser 1 milliard de Terriens selon les fuseaux horaires respectifs. Des lieux de légende seront plongés dans le noir sur les 5 continents, tels l’opéra de Sydney, le stade national de Pékin, le Table Mountain d’Afrique du Sud, le Christ rédempteur de Rio...la statue de la Liberté et Big Ben.

Sauf en cas de très large succès, l’opération ne devrait donc pas avoir d’impact outre-mesure sur les variations de consommation, ce d’autant plus que l’éclairage ne représente qu’une faible part de la consommation d’électricité, Sur une carte satellitaire on remarque que la nuit est noire partout dans les PVD sauf en bordure des côtes. Pour le scientifique danois Bjorn Lomborg, directeur du centre de réflexion Consensus Center à Copenhague, en dehors de la dimension éminemment symbolique, l’usage de bougies pendant une heure produirait même davantage d’émissions de gaz carbonique que des lumières électriques ! «Même si un milliard de personnes éteignaient les lumières samedi, cela reviendrait à couper les émissions de la Chine pendant seulement six secondes», estime-t-il. Pourquoi se focaliser sur l’électricité? Une action du type «ma voiture au garage» ou «je ne fais pas le plein pendant une semaine» aurait eu un impact bien plus intéressant au niveau de l’effet de serre et de nos dépendances énergétiques. Pour en revenir à la symbolique du WWF , si dans le meilleur des cas 1 milliard de personne ont éteint chacun deux lampes ( 100 W) cela fait 100 milliardsde Watt heure soit encore 100 millions de KWh ou encore 30. 000 tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère. C’est modeste comme démarrage, mais c’est une impulsion nouvelle qu’il faut donner à la nécessité de repartir du bon pied comme le promet miraculeusement l’administration américaine du président Obama. Tout en rappelant que pendant les Huit ans de Bush l’adminsitration américaine a envoyé dans l’atmosphère près de 48milliards de tonnes de CO2 !!!!

Pour autant, cette initiative mondiale n’est bien sûr pas suffisante et c’est au quotidien que nous devons tous être plus raisonnables sur nos consommations énergétiques et nos émissions en gaz à effet de serre. Malheureusement, tous les indicateurs montrent que les ménages consomment toujours plus d’électricité et émettent davantage de gaz à effet de serre...(2)

En 2007, les gouvernements et les chercheurs qui ont concouru à la préparation du Quatrième rapport d’évaluation annuel du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont conclu que le réchauffement de la planète était sans équivoque, déjà en cours et très probablement causé par les activités humaines. «Le changement climatique est un problème monumental», a dit l’envoyé spécial des États-Unis pour l’environnement, M.Todd Stern, lors de sa visite en Chine. «Les chercheurs nous mettent en garde contre cette menace depuis de nombreuses années. Et les preuves qui s’accumulent suggèrent que les chercheurs avaient sous-estimé l’étendue du danger plutôt qu’ils ne l’avaient exagérée.»

Dans le tout dernier rapport, les experts indiquent avoir trouvé, depuis 2001, de nouvelles preuves plus solides de l’impact du réchauffement planétaire sur des systèmes écologiques uniques et vulnérables et les conséquences néfastes augmentent au fur et à mesure que les températures montent. Ils ont également trouvé de nouvelles preuves plus solides de l’impact vraisemblable, sur les sociétés et les systèmes naturels, de phénomènes météorologiques inhabituels qui deviennent de plus en plus probables en raison du changement climatique. «Plus nous en savons sur ce problème, et plus sévère et rapproché semble le danger», a dit Michael Oppenheimer, coauteur du rapport et professeur de sciences géologiques et d’affaires internationales à l’université Princeton, dans des remarques le 23 février à Stanford. «Réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre est le moyen le plus sûr d’amenuiser le danger, et c’est de cette façon que les gouvernements doivent réagir.» Le coût de ce plan strict d’atténuation, a dit M.Pachauri, ne dépasserait pas 3% du produit intérieur brut mondial en 2030.(2)

Et en Algérie, par nos comportements, nous donnons la fâcheuse impression de vivre sur une autre planète ! En Algérie, on ne se sent pas concernés. Nos calculs montrent que si les 6 millions de familles algériennes dans un geste écocitoyen, éteignaient pendant une heure les lampes à raison de trois lampes de 75 W par famille, cela leur ferait gagner 1200 millions de Wh soit 1,2 million de KWh cela éviterait l’envoi dans l’atmosphère de 1200 tonnes de CO2 pendant cette heure. Ce geste symbolique revêt sa pleine signification s’il était multiplié au quotidien.

Savons-nous à titre d’exemple que la moyenne en Algérie est de 1 Tep/an (1 tonne de pétrole /habitant /an)? Cependant, il y a de profondes disparités. Un Algérois vit à l’européenne (4 Tep/an), il gaspille à l’européenne ne payant pas le même prix pour l’énergie (l’essence est gratuite : cinq fois moins chère qu’en Europe où elle était 8 fois moins chère) Certains Algérois vivent à l’américaine avec 8 Tep/hab/an. Certains Algériens ont moins de 0,5 Tep/an !

Savons- nous qu’un vol Alger-Montréal c’est une tonne de kérosène de passagers ! A tous nos voyageurs, il serait bon qu’ils fassent leur bilan carbone. A titre d’exemple, quel est le bilan carbone des hommes politiques? A ce jour, il existe peu ou pas de bilans carbones des édiles de ce monde. A titre d’exemple, en France, l’agenda public de la Présidence révèle que Nicolas Sarkozy a effectué 89 déplacements entre le 26 octobre 2007 et le 26 octobre 2008. Bilan : 7100 tonnes 325.000 km. Il y a un an, à l’appel d’un collectif d’associations, le palais de l’Elysée a symboliquement éteint ses lumières «cinq minutes pour la planète». Estimation : 7 kilogrammes de CO2 économisées, soit un millionième du bilan CO2 du président de la République française

Qu’en est-il des homologues européens de Monsieur Sarkozy? Le journal britannique The Independant a publié, en 2007, une estimation du bilan carbone de Tony Blair sur l’année 2006. The Independent a estimé les émissions des déplacements du chef du gouvernement à 8127 tonnes équivalent CO2 en seulement 55 voyages ! Autre exemple : le Premier ministre britannique Gordon Brown a réalisé en 2008 un périple de 150.000 km et aurait lâché 8400 tonnes de CO2 dans l’atmosphère, Angela Merkel 7400 tonnes, 175.000 km. Le record de pollution est détenu par le président François Mitterrand qui courait le monde en Concorde. Chic mais extrêmement polluant. Le supersonique émettait en effet environ 95 kilos éq.CO2 au kilomètre. Ainsi, le 28 septembre 1983, le président Mitterrand s’est rendu à New York et son avion a émis quelque 551 tonnes éq.CO2. (3)

En Algérie, l’énergie, l’eau, l’environnement n’ont pas la place qu’il faut dans les programmes des candidats. Les campagnes électorales sont étonnamment discrètes sur le développement durable et sur les solutions concrètes à apporter pour mettre fin au tout-pétrole. Le respect de l’environnement et des individus s’associe à la notion de responsabilité sociétale. Pour rappel, le Rapport Brundtland a défini en 1987 le développement durable «comme un développement qui répond aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs». Un tel développement doit prendre en compte 3 dimensions indissociables : une économie plurielle et responsable, une dimension sociale à travers une nouvelle gouvernance comme vecteur de cohésion sociale, et un environnement. Du point de vue social, il s’agit de satisfaire les besoins humains (en matière de santé, logement, éducation, consommation...) tout en répondant à un objectif d’équité sociale.

Le pilier social repose notamment sur la satisfaction des besoins essentiels des populations, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la réduction des inégalités, le respect des cultures. Du point de vue économique il nous faudra graduellement privilégier une «économie verte», basée sur l’économie sociale et solidaire, l’éco-conception, le biodégradable, le bio, la dématérialisation, le réemploi-réparation-recyclage, les énergies.

L’adoption de politiques gouvernementales appropriées dans le cadre d’une stratégie d’ensemble. On l’aura compris, ceci ne peut s’orchestrer sans une bonne gouvernance. Le premier objectif, écrit Pierre Calame de la gouvernance, est «d’apprendre à vivre ensemble et à gérer pacifiquement la maison commune ; d’y assurer les conditions de la survie, de la paix, de l’épanouissement et de l’équilibre entre l’humanité et la biosphère». Pour Kofi Annan «la bonne gouvernance est le chemin le plus sûr pour en finir avec la pauvreté et soutenir le développement».

Le pilier environnemental repose sur la gestion durable des ressources naturelles, nos deux grandes ressources, les hydrocarbures et l’eau ne doivent plus être gérés au fil de l’eau mais doivent faire l’objet d’une stratégie impliquant tous les acteurs et la société dans son ensemble Le maintien des grands équilibres écologiques (climat, diversité biologique, océans, forêts...). La réduction des risques et la prévention des impacts environnementaux. Parmi les outils identifiés, nous citons la gestion des ressources naturelles : gestion des déchets, normes sociales et environnementales, politique de transports ; la nécessité des économies d’énergie : l’urbanisme... la recherche et le développement des énergies renouvelables dans le cadre d’un modèle énergétique.

Plus qu’un concept, le développement durable est un vrai choix de société. Il nous faut arriver à renforcer l’accès à l’essentiel en termes de vie et d’équilibre par une meilleure protection et valorisation des ressources, un meilleur usage de tous les temps de la vie une valorisation du don facteur de bien-être dans les relations aux autres et à la nature. Car la société actuelle c’est une société du mimétisme ravageur qui copie l’Occident dans ce qu’il a de plus pervers et de plus dangereux. C’est la société de toujours plus, notamment plus de biens matériels pour consommer plus, aller toujours plus vite, de plus en plus individualiste, toujours plus (d’argent) pour soi-même...et qui a perdu le goût du vivre ensemble et de partager.

Plus qu’un choix de société ; il nous faut être conscients des actes que l’on pose, assumer et réduire leurs impacts. Il nous faut graduellement promouvoir la responsabilité individuelle et collective. Il nous faut arriver en définitive à respecter la diversité : l’urgence d’un développement durable avec sa pleine signification est incontournable car nous sommes confrontés à...des changements climatiques et à une raréfaction inéluctable des combustibles fossiles, à des difficultés croissantes d’accès à l’eau potable, à une aggravation des inégalités entre les plus pauvres et les plus riches, et des tensions croissantes du local au global, à une augmentation des maladies liées à l’environnement, à une perte de la biodiversité, à l’artificialisation de l’espace, la déconnexion avec la nature...Une chaîne de télévision sur l’éducation au développement durable et sur les savoirs est plus que jamais indiquée pour éduquer nos enfants à la non-violence, à la paix, au dialogue et au partage. C’est cela le vrai défi qui nous permettra de vaincre la mentalité de rentier et de former des écocitoyens hypnotisés par l’avenir, bien dans leur tête, bien dans leur travail, bien dans leur âge...

1.Earth Hour 2009, samedi 28 mars 20h30 : une heure pour la planète contre les changements climatiques AP 27/03/2009

2.Les changements climatiques seront bien pires que prévu...24/03/2009 http://www.notre-planete. info/actualites/lireactus.php?id=1931

3.Terra eonomica 23 octobre 2008

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger






Lundi 30 Mars 2009


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