Une action de protestation au Pakistan ne peut pas être qualifiée d’événement sans précédent. Dans les médias du monde les informations faisant état de l’élimination de tel ou tel autre combattant d’Al-Qaïda au moyen d’une nouvelle frappe de drones américains au Pakistan sont habituelles. Comme on le sait, à la frontière afghane de ce pays se trouve une zone dite tribale, où en effet des chefs des talibans afghans recherchés trouvent parfois refuge. Mais la justice sommaire expédiée par les Américains sur le territoire d’un Etat étranger souverain, c’est autre chose.

Selon un rapport d’Amnesty International, les Etats-Unis violent au Pakistan le droit international, et dans certains cas « il est possible de parler de crimes de guerre ».

Le portail EUobserver et certains autres médias écrits et électroniques ont annoncé que les ministres de la Défense de 7 pays européens – Allemagne, France, Espagne, Italie, Grèce, Pays-Bas, Pologne – se sont entendus pour lancer à partir de 2020 la planification commune de la fabrication de drones civils et militaires.

Actuellement, les Européens achètent des petits avions sans pilote de fabrication américaine ou israélienne. Selon Les Echos, des consortiums tels que le géant européen EADS, le groupe français Dassault Aviation et Finmeccanica italien pourraient développer et produire des drones. Ce nouveau club ne deviendra-t-il pas en paraphrasant l’auteur du « Club du suicide » (Robert Stevenson), le club des « assassins silencieux » ?

Cette « guerre télécommandée » a encore un aspect – les opérateurs de drones au sol souffrent autant de syndromes post-traumatiques que de vrais pilotes de guerre. Le Pentagone a récemment avoué éprouver un déficit de tels spécialistes. Et il y a rien de surprenant « le matin ils tuent, et le soir ils emmènent leurs enfants voir un match de football», - c’est ainsi que l’hebdomadaire allemand Die Zeit a titré son entretien avec un médecin psychologue. La députée des « Verts » au Parlement européen Francisca Keller se propose de lever le voile du secret sur les drones.

« En fait, notre tâche est d’attirer l’attention de l’opinion sur ce problème, car l’information sur l’utilisation de petits avions sans pilote, disons par les gardes-frontières est pratiquement classifiée, - a dit Mme Keller. – Nous ne voyons pas ce qui se passe ni où. Et donc, nous cherchons à faire appel à l’opinion publique. »

Les médias font état de la formation en Europe d’un « club » de concepteurs de « prédateurs volants », qui va regrouper la Grande-Bretagne, l’Autriche, la Pologne et la République tchèque. Y en aura-t-il d’autres d’ici le sommet de décembre des ministres de la Défense de l’UE ? T