Diplomatie et relation internationale

Drones de combat : nouvel imbroglio entre l’Allemagne et les USA


Dans la même rubrique:
< >

Mardi 16 Avril 2019 - 00:25 U.S.A : Ne sont plus des « Tovarishch »



Oleg Severguine
Jeudi 10 Avril 2014

Drones de combat : nouvel imbroglio entre l’Allemagne et les USA

 

« L’emploi de drones dans les combats aurait été impossible sans l’Allemagne » : cet aveu de l’ex-opérateur américain de commande de drones Brandon Bryant est repris ces derniers jours, notamment dans les médias allemands. M. Bryant a fait cette déclaration dans une interview au journal allemand Suüddeutsche Zeitung, ainsi que sur les chaînes de télévision NDR et WDR.

Cependant, les journalistes allemands qui ont interviewé M. Bryant se sont intéressés en premier lieu à son aveu concernant le rôle authentique de la base de l’aviation de guerre américaine à Rammstein, à Rheinland-Pfalz.

Süddeutsche Zeitung cite M. Bryant signalant avec ironie la naïveté excessive du gouvernement allemand, dans la mesure où les Etats-Unis abusent de la confiance de leur allié.

Selon le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seifert, Berlin examine sérieusement les données fournies par les médias allemands concernant l’exploitation de la base à Rammstein en tant que centre de commande de vols des drones de combat. Berlin a vécu douloureusement, après les révélations de Snowden, ce nouveau témoignage de la perfidie du partenaire atlantique. La partie américaine avait assuré précédemment que de tels actes ne seraient plus entrepris depuis les bases militaires américaines en Allemagne. Selon M. Seifert, le gouvernement va exiger des explications de Washington.

Révélatrice est à cet égard la réponse de Brandon Bryant à la question des journalistes : les vols des drones en Somalie étaient-ils guidés depuis la base à Stuttgart, où siège le Commandement africain des forces armées des Etats-Unis, Africom ? Washington avait nié précédemment l’éventualité de tels actes. « Il ne faut pas croire tout ce qu’on dit à la Maison Blanche, a répondu M. Bryant, ironique, cité par Süddeutsche Zeitung. Si les commandes d’attaques aériennes en Afrique n’étaient pas données par l’Africom, c’est-à-dire de Stuttgart, cela n’aurait alors rien à voir avec la logique militaire ».

Il est sans doute peu probable que les politiciens allemands soient naïfs. Les alliés « cadets » ont peu de possibilités de faire face au partenaire « aîné », a dit le vice-directeur de l’Institut d’analyse politique et militaire Alexandre Khramtchikhine.

« Je ne parviens pas à comprendre les prétentions si les Allemands mettent cette base à la disposition des Américains. Ces derniers y font ce qu’ils estiment nécessaire. L’emploi des drones est une sorte de zone parallèle. C’est un problème très compliqué sur le plan juridique. »

Le journaliste et écrivain Dimitrios Kisoudis, qui habite en Allemagne, juge sévèrement le partenaire atlantiste :

« Les Etats-Unis, leader du monde occidental, se comportent en Europe en hégémons. En plus de surveiller nos politiciens, ils enlèvent les gens, les torturent, mènent des guerres secrètes. L’Occident est pour l’Europe un allié de raison. Son ère est en déclin et le principe d’existence est de plus en plus clair : l’hégémonie et l’espionnage. Il est temps de réinterpréter le monde. »

Faîtes comme si vous étiez chez vous, dit-on, mais n’oubliez pas que êtes chez quelqu’un d’autre. Il convient de rappeler cette expression à quiconque souhaite s’installer durablement chez un autre et faire comme s'il était chez lui.

http://french.ruvr.ru/2014_04_09/Chez-soi-ou-chez-quelqu-un-9332/



Jeudi 10 Avril 2014


Nouveau commentaire :

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale


Publicité

Brèves



Commentaires