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Dieu : une réalité concrète, non une idée abstraite


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Muhammad Ismâ'îl
Lundi 29 Juillet 2013

Dieu : une réalité concrète, non une idée abstraite
DIEU : UNE RÉALITÉ CONCRÈTE, NON UNE IDÉE ABSTRAITE


Nombreux sont ceux qui, partout dans le monde, croient en Dieu. Seulement, leur croyance est le plus souvent fondée sur une idée plutôt que sur une réalité. Ils pensent que le fait de croire à l'existence de Dieu revient à croire à l'idée de divinité qu'ils trouvent belle en elle-même : tant que l'homme conçoit l'idée de Dieu, y croit et s'y soumet, il est enclin à s’éloigner du mal et à se rapprocher du bien. Puisque l'idée de Dieu est une contrainte intérieure bien plus efficace que la contrainte extérieure, ils estiment que l'on doit croire en Dieu et encourager une telle croyance. Ce, pour que les individus demeurent bons et soient toujours portés au bien par ce mobile interne que l'on appelle la barrière religieuse.

Mais force est de constater que ceux qui conçoivent ainsi la foi en Dieu ont tendance à basculer facilement dans l'athéisme. Ils abjurent purement et simplement leur croyance pour peu qu'ils se mettent à réfléchir en cherchant à percevoir le bien-fondé de leur idée de Dieu. Il suffit en effet qu'ils n'en perçoivent pas le fondement ou les manifestations pour qu'ils renient l'existence de Dieu et apostasient. En outre, la croyance en Dieu en tant qu'idée et non en tant que réalité relativise fatalement le bien et le mal : chacun devient lui aussi une idée et non une réalité. Dès lors, l'individu accomplira des actes en fonction du bien qu'il y voit, et en évitera d'autres en fonction du mal qu'il y voit.

Si d'aucuns adoptent ce genre de croyance, c'est simplement parce qu'ils ne font pas usage de leur raison pour parvenir à la foi en Dieu. Ils ne sont pas arrivés à résoudre, de façon rationnelle, le problème majeur chez l’homme. Problème qui consiste à s'interroger tout naturellement sur l'univers, l'homme et la vie, sur l’avant-vie et l’après-vie, ainsi que sur le rapport de la vie ici-bas avec cette avant-vie et cette après-vie. Autrement dit, ces gens-là n'ont pas trouvé les réponses à des questions aussi évidentes que celles-ci : Qui suis-je ? Pourquoi suis-je venu ? Où vais-je ? Au lieu de cette recherche rationnelle et personnelle, ils se sont fiés à la solution voulue par leur maître à penser et s'en sont contentés sans aller plus loin. Ils ont ainsi admis le dogme qui leur a été dicté et sont restés croyants, sans toutefois percevoir consciemment l'existence de Dieu. D'ailleurs, à ceux d'entre eux qui essaient d'examiner les choses de façon rationnelle, on répond toujours que la religion est au-dessus de la raison, les obligeant ainsi à garder le silence.

Le fait est que Dieu est une réalité, non une imagination de l'esprit, même si Son essence reste impénétrable. En effet, quand nous entendons le bruit d'un avion dans les airs, nous sentons la présence de cet appareil : nous percevons son existence même si nous ne le voyons pas et ne sentons pas son essence, c'est-à-dire le type d'avion dont il s'agit ; nous croyons fermement, en raison du bruit, qu'il y a un avion au-dessus de nos têtes, c'est-à-dire que nous avons la certitude absolue de l'existence de cet appareil. Ainsi, il y a une différence entre le fait de percevoir l'existence de l'avion et le fait d'en percevoir l'essence : nous n'en percevons pas l'essence car nous n'avons pu la sentir, mais nous en percevons à coup sûr l'existence grâce au bruit que nous entendons. L'existence de l'avion est donc une réalité, non une imagination.

Il en va de même pour toutes les choses sensibles : leur existence est certaine car elles sont visibles et perceptibles. La dépendance de ces choses sensibles par rapport à un agent extérieur est également certaine car visible et perceptible : les corps célestes dépendent du système qui les régit ; pour pouvoir brûler, le feu dépend d'un combustible ; il en va ainsi de toutes les choses sensibles. Or une chose dépendante ne peut être éternelle car si tel était le cas, elle se passerait de tout agent extérieur ; le fait qu'elle soit dépendante d'un agent extérieur signifie qu'elle n'est pas éternelle. Par conséquent, il est certain que toutes les choses sensibles et perceptibles sont créées car tout ce qui n'est pas éternel ne peut être que l’œuvre d'un créateur. La sensation que l'on a des choses créées est aussi sûre que celle que l'on a du bruit de l'avion ; l'existence de l'auteur de ces créatures est aussi certaine que celle de l'avion qui a généré le bruit ; l'existence d'un générateur du monde est donc irréfutable. L'homme perçoit ainsi les créatures grâce à ses sens et à sa raison, et la sensation qu'il en a l'amène à percevoir l'existence du Créateur, qui les a indéniablement générées. L'existence du Créateur n'est donc pas une imagination de l'esprit, mais une réalité tangible que l'homme peut percevoir et sentir.

Ce Créateur ne peut être qu'éternel car s'il ne l'était pas, il serait dépendant et donc créé. Or la nature n'est pas éternelle vu qu'elle est soumise à des rapports et des conditions auxquels elle ne peut qu'obéir : elle est dépendante d'un agent extérieur ; la matière, non plus, n'est pas éternelle vu qu'elle ne peut se transformer d'un état à un autre sans une certaine croissance et des rapports déterminés qui sont autant de lois auxquelles elle ne peut qu'obéir : elle est dépendante. Il s'ensuit que ni la nature ni la matière ne peuvent être des créateurs car elles ne sont pas éternelles. Le Créateur ne peut donc être que Dieu absolu, c'est-à-dire cet Eternel qui n'a ni commencement ni fin, et que l'on appelle Allah, God, Ilohim, ou par tout autre nom désignant la même réalité.

Ainsi, Dieu est une réalité dont l'existence est perceptible à travers celle de ses créatures. De ce fait, quand l'homme craint Dieu, adore Dieu ou cherche à gagner l'agrément de Dieu, il a affaire, dans chacune de ces attitudes, à une essence qui existe réellement et dont il constate concrètement l'existence. C'est pourquoi dans sa crainte de Dieu, son adoration de Dieu et sa recherche de l'agrément de Dieu, l’homme agit par conviction.

Muhammad Ismâ’îl, al-Fikr al’ilâmî (La Pensée islamique), Maktabat al-waie, Beyrouth, 1958, pp. 3-4.
Extrait traduit par S.Ch.


Lundi 29 Juillet 2013


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