RELIGIONS ET CROYANCES

De l’urgence d’une jurisprudence de libération musulmane.


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Cette religion dont la profession de foi, il n y a de Dieu que Dieu, est le plus grand cri de souveraineté et défiance que l’humanité ait jamais connu est devenu un outil de répression et de soumission aux mains de certains individus à vision courte et aux desseins obscurs.


Cide
Vendredi 3 Août 2012

De l’urgence d’une jurisprudence de libération musulmane.
Il n’est secret pour personne que les rapports entre les Musulmans et leurs autorités politiques furent, tout au long des mille ans qui viennent de s’écouler, aussi conflictuels que confus. Car à peine le Prophète repose dans sa tombe, que les dissensions et les divergences vont bon train afin de trouver le légitime successeur de cette Personne hors norme qui vient de disparaitre. Les choses s’envenimeront même par la suite au point de prendre une tournure carrément théologique avec le grand schisme islamique qui a fait suite au fameux conflit entre les deux vénérables Compagnons Ali et Muawiya.
Ce même schisme qui fut l’origine de la séparation entre Sunnites et Chiites avec son lot de malheur toujours de triste actualité dans le monde musulman.
Raison de plus de ne pas sous estimer la gouvernance et ses méfaits. En fait, c’est de cette dernière et surtout de ses aléas que, tout compte fait, les Nations islamiques ont été, tour à tour, lésées et assujetties et ce, qu’il soit par un ennemi externe combattant sous une autre bannière religieuse ou par un ennemi interne se revendiquant, lui, de la même religion mais qui s’est révélé à fort penchant despotique destructeur. Et si pour le premier la jurisprudence islamique est à la fois claire et abondante, elle l’est malheureusement rare et confuse quant au second.
Et cela s’explique aisément par la sensibilité de la question pour les dynasties régnantes qui se sont succédées sur la gouvernance du monde islamique. Car, qu’ils soient Omeyyades, Abbasides ou Ottomans, pour ne citer que les meilleurs, les législateurs royaux ont, en effet, toujours veillé à ce que l’absolue obéissance en tout sujet et en tout lieu leur soit accordée à vie. Ils sont allés même jusqu’à user de l’anathème et de l’excommunication contre toute personne qui ne se soumet pas à cette injonction presque divine appuyés dans cette exégète liberticide par des Lettrés soumis risquant à tout moment leurs têtes à la moindre incartade de la ligne de vénération quasi-idolâtrique de leur seigneur de prince, roi ou Calife.

De ce fait, cette religion dont la profession de foi, il n y a de Dieu que Dieu, est le plus grand cri de souveraineté et défiance que l’humanité ait jamais connu est devenu un outil de répression et de soumission aux mains de certains individus à vision courte et aux desseins obscurs.

Ainsi, cette insuffisance fut la cause principale de la fissure dans le bouclier juridique et par conséquent moral de laquelle l’ennemi s’est tranquillement faufiler pour nuire ou assujettir les masses musulmanes. Et cette brèche est devenue tellement célèbre avec le temps que même les puissances occidentales contemporaines s’en sont engouffrées à l’instar de l’Allemagne qui, durant la première guerre mondiale, imprime et distribue des fatwas faisant obligation à tout bon musulman de s’inféoder à son Calife, autrement dit à l’Allemagne par l’intermédiaire de son allié Ottoman. Plus ridicule encore, ces fatwas allemandes furent contrées par d’autres françaises plus sournoises et manipulatrices encore portant, cette fois-ci, sur le droit d’outrepasser cette tutelle khalifale afin que leurs soldats maghrébins et africains, majoritairement musulmans, s’en émancipent allégrement. Notons-ici particulièrement que les titres élogieux à connotations religieuses comme par exemple Commandeur des croyants ou Serviteur des lieux saints dans lesquels certains se pavanent aujourd’hui encore furent en réalité conseillés par certaines officines étrangères voyant, cyniquement, dans les assises de ces pouvoirs familiaux et despotiques ses intérêts politiques et économiques.
En vérité les origines du mal qui, aujourd’hui encore, rumine les sociétés musulmanes prend racine dans cette carence d’une jurisprudence de libération islamique claire et reconnue autour de la quelle les Musulmans se ressemblent et se référent pour réclamer leur droit. Cette jurisprudence sera certainement très difficile à établir, vu, d’une part, les forces obscures en face qui, internes comme externes, feront tout pour la subvertir et vu aussi, de l’autre, les différences entre les écoles juridiques ainsi qu’entre les influences culturelles diverses et variées dans le monde musulman. Seulement, son urgence et sa nécessité devront faire que des hommes, ou des femmes, dignes de ce défi millénaire s’attèleront sans tarder pour élaborer un corpus-noyau basé uniquement sur les textes de référence- comme le Coran, les Hadiths et les faits du Prophète et ses Califes bien guidés- permettant au début de dessiner les contours de la table des matières d’un livre qui, avec le temps, s’écrira lentement selon le consensus et les accords sur son contenu. Table des matières qui se doit exhaustive et englobante traitant de l’esclavage jusqu’à la répression coloniale en passant par le statut de la femme, de l’ouvrier, de l’enfant jusqu’à celui du citoyen, bref un bréviaire de libération dans le quel toute âmes tourmentée trouve une réponse suffisante et définitive lui permettant de s’émanciper dignement de son oppresseur. Bien évidement ce défi est de taille et sa complexité est la résultante de mille ans de complaisance envers les oppresseurs de l’intérieurs plus néfastes et dangereux que ceux de l’extérieurs.
Cela dit les Ulémas musulmans se doivent de se montrer à la hauteur des attentes et des aspirations de leur jeunesse qui, à mains nues, combat aujourd’hui cette oppression inhumaine qui sévit contre les Musulmans partout de par le monde.

Un fils des Almoravides qui, en 1086, se sont empressés pour secourir leurs frères Musulmans d’Espagne en contrant une percée creusée sous les coups de boutoir des soldats du roi Alphonse à savoir le Cheikh Mohamed Elhacen Ould Dedew est, à ne pas en douter, l’un de ces rares hommes, dans tout le monde islamique, à la hauteur de cette périlleuse gageure millénaire.
C’est à espérer, donc, que, mille ans après ben Tachefin, le fils viendra colmater une autre brèche de laquelle les Musulmans sont depuis longtemps saignés à mort. A ceci près, celle-ci est beaucoup plus difficile et dangereuse que la précédente, et en conséquent plus lucrative pour Dieu.


Vendredi 3 Août 2012


Commentaires

1.Posté par muslim le 03/08/2012 19:50 | Alerter
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Ils stratégient mais Allah est le plus grand stratège. Hier les barbares croyaient en leur supériorité par la manipulation de quelques individus naïfs ou vils et aujourd'hui, ils font lois sur lois afin de se donner l'illusion de mainmise et de contrôle des évènements.

Le problème n'est peut-être pas chez les musulmans mais chez ceux qui voient des puissants là où il n'y en a pas.

2.Posté par Omar Mazri le 05/08/2012 16:30 | Alerter
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Qu'un non musulman se pose des questions sur l'existence ou l'inexistence de lois pour se libérer est compréhensible, mais qu'un musulman qui a lu le Coran, les récits des Prophètes et tout particulièrement Moïse, et les Sounanes d'Allah dans l'Histoire et les Civilisations, est incompréhensible.

Est-ce que la biographie (sira) du Prophète n'est pas une méthodologie pour se libérer?

Ce ne sont pas les lois qui font défaut et le dire c'est sous entendre que le Coran et la Sunna sont imparfaits et incomplets. La solution la plus urgente et la plus efficace est le retour à l'Islam tel qu'il est dans ses sources originales avec une sincérité, un scrupule et un savoir qui permettent de comprendre et de tirer leçon.

Enfin il faut être efficace : qu'entend par libération et liberté ? Libération de quoi et de qui?

Ensuite sous entendre que la civilisation islamique n'a jamais connu de liberté ou de bonne gouvernance c'est aller vite en besogne. Il ne faut pas tomber de l'excès de l'apologie à celui du nihilisme sous prétexte qu'un vent de folie souffle sur le monde arabe.

3.Posté par Philippe Stg le 13/08/2012 15:49 | Alerter
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Les gouvernants ne sont que le reflet du peuple, puisqu'ils sont issu du peuple!
Que les hommes qui se disent musulmans, commencent par appliquer les préceptes de la religion; lorsque je vois le triste comportement de la grande majorité des musulmans, je me demande où est le bien fondé cette religion... des hommes et des femmes plus intéressés par l'argent que par la parole donnée, des hommes et des femmes prés à toutes les bassesses pourvu que l'on ne touche pas au porte monnaie!!! Des "savants" appelant au massacre d'autres musulmans pour servir les intérêts de leurs maîtres occidentaux!!!
Assez d'hypocrisie!
N'oubliez pas ces ces paroles du Coran:
Ar-Ra'd 13.11. Des anges sont attachés à chaque être humain et, placés devant et derrière lui, le protègent sans cesse, sur ordre du Seigneur. En vérité, Dieu ne modifie point l'état d'un peuple dans lequel il se trouve, tant que les hommes qui le composent n'auront pas modifié ce qui est en eux-mêmes. Et quand Dieu décide de punir un peuple, nul ne peut L'en empêcher, car les hommes en dehors de Lui n'ont nul protecteur.
"Hud 11.57. Et si vous vous détournez, je vous aurai du moins transmis le message que j'étais chargé de vous faire parvenir, et mon Seigneur vous remplacera par un autre peuple, sans que vous puissiez Lui nuire, car mon Seigneur est de toute chose le Gardien vigilant.»
Hud 11.101. Et ce n'est pas Nous qui avons été injustes envers ces peuples. Ce sont eux qui ont été les propres artisans de leur ruine. Quant aux divinités qu'ils invoquaient en dehors de Dieu, non seulement elles ne leur furent d'aucun secours, lorsque l'ordre de ton Seigneur fut lancé, mais elles n'ont fait qu'ajouter à leur malheur.

4.Posté par Mohamed Salem le 23/07/2013 01:55 | Alerter
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@ Philippe Stg

Ce n'est pas à travers les hommes qu'on reconnaît la vérité, c'est à travers la vérité que l'on reconnaît les hommes.

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