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De « conférence de la paix » en « conférence de la paix», jusqu'à l'extinction finale du peuple palestinien !


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Mourad Benachenhou
Vendredi 27 Janvier 2017

De « conférence de la paix » en « conférence de la paix», jusqu'à l'extinction finale du peuple palestinien !

«La Cour estime que la Quatrième Convention de Genève est applicable dans les territoires palestiniens qui étaient, avant le conflit de 1967, à l'Est de la ligne verte (y compris Jérusalem-Est, nda) et qui ont à l'occasion de ce conflit étaient occupés par Israël…

Les obligations erga omnes (qui s'imposent à tous sans exception, nda) violées par Israël sont l'obligation de respecter le droit du peuple palestinien à l'autodétermination ainsi que certaines des obligations qui sont les siennes en vertu du droit international humanitaire…Elle (La Cour) souligne en outre l'obligation incombant aux Etats partie à la Quatrième Convention de Genève d'en faire respecter les dispositions… Tous les Etats partis à la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en tant de guerre du 12 Août 1949, ont l'obligation de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans cette convention. » (Avis de la Cour Internationale de Justice, le 9 Juillet 2004,La Haye, Pays-Bas, www.icj-cij.org)

La possibilité de création d'un Etat Palestinien, démocratique, et même désarmé, et vivant en paix côte à côte avec Israël, est une illusion savamment entretenue par la « communauté internationale. » Elle tient à tout prix à maintenir «un espoir de solution pacifique négociée, » par des fleuves de « belles et nobles paroles, » que contredit son appui militaire inconditionnel et illimité à une seule partie au « conflit israélo-palestinien, « et qui n'est certainement pas la victime, dans ce conflit d'un agresseur extérieur non provoqué. Cette « communauté » reconnait à l'agresseur le « droit au rôti, » et interdit à sa victime ne serait-ce que sentir « l'odeur du rôti! »

Un concours d'éloquence diplomatique sans résultats palpables

Un exemple illustratif de cette approche où la victime reçoit le blâme qui doit être réservé au bourreau vient d'être donné encore une fois le 15 Janvier de ce mois. Malgré la note d'optimisme exprimée par les « analystes politiques spécialisés dans les affaires du Moyen Orient, » la toute récente conférence sur la « Paix, la nième depuis 1949, ténue à Paris ne constitue pas une avancée vers la solution « des deux Etats, » pour en finir avec « le conflit israélo-palestinien, mais, au contraire, un message d'encouragement à Israël pour qu'elle parachève son projet génocidaire.

On aurait été encouragé à croire que, finalement la « communauté internationale » avait foi en cette solution, si de la Conférence était sortie une résolution imposant des sanctions contre Israël, y compris l'embargo total, -du type de celui imposé au peuple irakien sous la dictature de Saddam Hussein,-jusqu'à ce que ses dirigeants retrouvent leur sens et se mettent au diapason des critères modernes de maintien d'un ordre international basé sur des institutions et des lois reconnues de tous les Etats, et non sur l'emploi exclusif de la force militaire.

On aurait même cru aux convictions pacifistes et à l'idéalisme du pays hôte, par ailleurs « patrie des droits de l'homme, » s'il : -avait profité de cette conférence pour entamer des poursuites judiciaires et lancer un mandat d'arrêt international , et une demande d'extradition contre Elor Azaria, un de ses citoyens impliqué, avec preuves irréfutables filmées, dans un crime de guerre en territoire palestinien occupé,

-ou si ce pays prenait unilatéralement des mesures pour légaliser sur son territoire la mise en œuvre du »BDS »( Boycotter, Désinvestir, Sanctionner) comme projet citoyen pacifique spontané contre Israël, au lieu de tenter de l'interdire par des décisions judiciaires visiblement politiquement motivées, et -s'il interdisait, sous peine de poursuites judiciaires, à ses ressortissant de servir dans les forces de défense israéliennes, à quelque titre que ce soit. On attendra ces décisions « de création d'une atmosphère de confiance » en la solution pacifique, » sans doute longtemps, probablement pour l'éternité ! Israël Veut Faire Disparaitre le Peuple Palestinien… Avec Son Consentement et L'Appui de la « Communauté Internationale »

On ne peut certainement pas régler un problème si on passe sous silence sa donnée de base, c'est-à-dire la prétention par les Sionistes qu'Israël serait une nécessité métaphysique qui n'obéirait pas aux lois humaines, internationales ou autres, et que la « communauté internationale » devrait accepter sans conditions. Dés lors que cette « nécessité, de caractère purement théologique» n'est ni discutée, ni remise en cause, comme fondement de la légitimité d'un projet politique appuyé par des actes concrets de cette « communauté,» l'échange de la reconnaissance d'Israël comme état juif contre la création de cet état palestinien, ressortit de la fiction savamment entretenue, car laissé à la merci des convictions religieuses sionistes, et de la politique du fait accompli poursuivie par Israël, -qui prétend avoir « Jéhovah de son côté. »

C'est une « mystification » qui ne tient pas la route. Un fois les fondements théologiques sur lesquels Israël base son droit à l'existence acceptés comme « indiscutables et irréfragables, donc non négociables, » la solution des « deux états, » serait basée sur la reconnaissance par les Palestiniens de l'illégitimité « religieuse » tant de leurs revendications sur la terre de Palestine, et donc de leur droit à l'existence comme peuple , que de leurs droits nationaux passés, présents et futurs , comme de leur droit légitime de continuer à se battre pour exister politiquement en tant qu'Etat national. Il faudrait qu'Israël renonce à mettre en avant ses droits « théologiques » sur la Palestine historique pour que cette solution des deux états soit réaliste et viable, et qu'elle se donne une autre source de légitimité que l'idéologie sioniste, ce qui est simplement impossible pour elle.

Ce que veut Israël ne peut être que la confirmation de la source sacrée de son droit, et donc la reconnaissance par le peuple palestinien qu'il serait étranger à la terre de Palestine, et que sa lutte pour son existence constituerait une série d'actes terroristes criminels sans justifications théologiques, politiques ou morales, et qu'il ne devrait son droit à l'existence qu'à un acte unilatéral de miséricorde- et de toute évidence révocable unilatéralement à tout moment- de la part des Sionistes ! Pendant combien de temps Israël aura-t-elle à chercher un partenaire pour négocier une paix par laquelle il aurait le choix entre se faire massacrer ou se suicider ? Et combien de beaux esprits auraient à « se triturer la cervelle » et à se « tourner en bourriques » sur les écrans et par écrit, pour faire avaler ce marché de dupes tant au peuple palestinien qu'aux peuples qui soutiennent sa juste lutte ?

Israël exige des dirigeants palestiniens une chose et son contraire : elle leur impose qu'ils reconnaissent que leur peuple n'a jamais existé, et qu'il n'a pas le doit à l'existence, et en contre-partie, elle reconnaitrait son existence ! C'est là l'incohérence enveloppée dans l'absurdité et cuite dans la sauce du paradoxe et arrosée d'une dose mortelle de mauvaise foi!

Les accords d'Oslo détournés de leurs objectifs et exploités pour « Goulaguiser » le peuple palestinien

On a vu comment, en totale cohérence avec le projet sioniste, les autorités israéliennes ont détourné, à leur profit, les infâmes « accords d'Oslo, » accords pourtant « a minima, »- et qui continuent à être présentés comme « un pas vers la paix et l'émancipation du peuple palestinien »- en annexant simplement les zones qui devaient donner lieu à un accord de paix final, et en maintenant leur occupation militaire totale des bouts de terre- isolés les uns des autres et dont des parcelles entières font l'objet de confiscations unilatérales par ces autorités occupantes- pour le reste des zones définies pourtant par cet accord comme « sous administration palestinienne. » Ces accords ont donné à Israël la légitimité possessoire et la couverture politique internationale pour qu'elle continue sa politique de liquidation du peuple palestinien, en l'enfermant, dans une phase transitoire avant « la solution finale, » dans des goulags que même les Staliniens purs et durs auraient hésité à mettre en œuvre.

Un « Etat palestinien » laissé à « la miséricorde d'Israël »

S'ils sont laissés libres par diktat de « la communauté internationale » d'agir comme ils l'entendent pour accomplir les commandements de Jehovah, que feraient, donc, les dirigeants d'Israël d'un traité de paix solide et définitif avec un Etat palestinien, de plus formé de goulags, désarmés et sans continuité territoriale, et ne disposant pas des alliances militaires et politiques hyper-puissantes pouvant contre-balancer leur appui inconditionnel à cet Etat « parallèle, et en paix » légitimité par un traité international et qui serait finalement « l'Etat Juif et Démocratique d' Israël, » selon la terminologie utilisée par ses soutiens extérieurs et ses propres dirigeants ? Combien de temps durerait cet « Etat palestinien » laissé à la libre discrétion d'Israël, et dont la seule mention constitue un blasphème inacceptable pour les Sionistes ? Les dirigeants palestiniens ont toutes les raisons de se méfier « d'un partenaire de paix », qui veut la disparition de leur peuple-pour enfin accomplir le devoir que donne à Israël son livre sacré,- cet état qui, jusqu'à présente refuse même, pour des motifs de caractère religieux, de respecter la moindre des lois internationales, et l'accord a minima d'Oslo, et fait de chaque Palestinien un prisonnier dans les couloirs de la mort israéliens, pour que le commandement de Jehovah soit enfin accompli ! Israël veut forcer les dirigeants palestiniens à affirmer une chose et son contraire : se battre pour exister et reconnaitre qu'ils n'a pas le droit d'exister, ou, plus précisément, de survivre, et pour combien de temps? Si ce n'est par un acte de « miséricorde blasphématoire,» consenti par les Sionistes, qui se considèrent comme seuls habitants légitimes de la Palestine historique, et ne font pas faute de l'affirmer dans leurs livres d'histoire et de géographie, et d'y trouver confirmation par leurs « découvertes archéologiques !»

Dans la novlangue sioniste : les « modérés » : ceux qui appuient le génocide du peuple palestinien, les « antisémites » : ceux qui s'opposent à ce génocide

Israël et ses soutiens ont conçu, pour camoufler le projet génocidaire sioniste, un vocabulaire nouveau qui donne aux mots un sens opposé à leur sens originel. Ainsi, les « Etats modérés » seraient, paradoxalement, ceux qui reconnaissent le droit sacré imprescriptible, et le devoir religieux d'Israël, au génocide du peuple palestinien. Sont qualifiés « d'antisémites, » tous ceux qui considèrent que le génocide du peuple palestinien est un crime contre l'humanité proscrit par les lois internationales, que les justifications que se donnent les partisans de ce génocide soient de caractère ethnique ou religieux. Dans la même veine est appelé « terroriste, » le Palestinien qui refuse « de se laisser génocider en paix » sur son propre territoire, et exerce son droit légitime d'auto-défense contre l'occupant. (voir l'article 51 de la Charte des Nations Unis établissant le droit de peuples de se défense contre les agresseurs extérieurs.)

C'est de la «novlangue » qu'on croirait directement tiré du fameux roman de Georges Orwell sur la dictature dans le pays nommé « Oceania, » et publié en 1946 : « 1984 ! »On sait que la technique de la « novlangue » est de donner à un mot un sens contraire à son sens original pour l'adapter aux objectifs politiques du moment. La novlangue cherche à créer la confusion dans l'esprit de l'auditeur ou du lecteur, en lui faisant soutenir des actes et des paroles que les règles morales coutumières tiennent comme abhorrant, et en le convaincant de rejeter des actes hautement appréciés par ces mêmes règles morales ; le génocidaire devient un « brave gars, » et celui qui s'oppose au génocidaire est transformé en criminel, et reçoit les qualificatifs dérogatoires « d'anti-sémite, » ou/et de « soutien des terroristes » même s'il ne fait qu'affirmer le droit sacré du peuple palestinien à l'auto-défense

Les Sionistes sont passés maitres dans la novlangue, embrassée par ailleurs par tous les médias lourds du « monde civilisé. » Ainsi, au lieu d'avoir une description de la réalité du sort réservé au peuple palestinien sur sont propre territoire, on reçoit une image inversée qui le transforme en agresseur, tandis que ceux qui planifient et mettent en œuvre son génocide deviennent des « innocents inoffensifs et au bord de l'annihilation ! »

En conclusion :« L'exceptionnalisme théologique » dont jouit Israël, lui permet d'ignorer les lois internationales et les institutions qui les incarnent, a fait une mascarade de tous les principes sacro-saints qui caractérisent les « états modernes, » et leurs relations mutuelles , - que certaines puissances, qui prétendent les incarner, veulent universaliser par la violence extrême.

Cet « exceptionnalisme de source divine » va-t-il aller jusqu'à faire accepter sans réserves aucunes, et soutenir par tous moyens, y compris les armes de destruction massive, le droit pour Israël d'éliminer le peuple palestinien de la surface de la terre, au nom de la paix « à visage sioniste ? » L'avenir seul pourra répondre à cette question dont l'expression met en cause toutes les valeurs dont se prévaut le monde « civilisé » et qui justifient ses interventions militaires, au nom des «libertés démocratiques, des droits de l'homme et de la lutte contre le fanatisme religieux et pour la « laïcité, » » contre ceux des Etats qui rejettent ces « valeurs universelles. » La toute récente conférence « sur la Paix au Proche-Orient » (Paris, 15 Janvier)n'a débouché sur rien d'autre que l'affirmation « de la nécessité pour les deux parties au conflit de négocier, » c'est-à-dire la continuation de la ligne politique maintes fois affirmée par « la communauté internationale » « d'égalité des deux parties dans la responsabilité du blocage du processus de paix,» version démentie par les faits sur le terrain( ce ne sont pas les Palestiniens qui confisquent des « terres juives » pour y construire des colonies, ou qui appliquent 5500 règlements de polices à la « population juive, » ou qui détruisent les « maisons de Juifs » ayant assassiné des Palestiniens, ou forcent les Juifs à des contrôles à des centaines de barrages de sécurité, ou divisent des « territoire juifs » par une muraille de 530kms de long et 8 mètres de hauteur, ou tuent en masse « des juifs » dans des bombardements sauvages, ou mettent en état de siège « 4 millions de Juifs » qui refusent de reconnaitre le peuple palestinien, etc.) etc. !).

Cette conférence est loin d'avoir fait avancer le processus de paix. Au contraire, elle en éloigne les perspectives, car elle a donné à Israël, et sans réserve, la confirmation de l'appui de la « communauté internationale, » à son objectif religieux d'achèvement du génocide du Peuple Palestinien. Cette conférence constitue, contrairement à l'avis des « experts, » plus ou moins stipendiés, une victoire éclatante pour Israël et pour ses appuis. Malgré leurs cris d'indignation feinte, et leurs protestations, Netanyahu, les « associations de soutien au génocide du peuple palestinien, » et leurs « philosophes, » qui ont pignon sur rue dans la « patrie des droits de l'homme »ne peuvent que se féliciter des résultats de cette conférence ! Merci donc à la « communauté internationale » pour ce « show » de haute volée qui contredit le titre qu'on lui a collé ! A défaut de résultats politiques concrets, on a passé un bon moment à le suivre en direct, ou presque ! Y-en-aura-t'il dans le futur de « conférences sur la paix, » encore plus distrayantes ? Sans aucun doute. Il faut bien amuser les peuples pour les détourner du drame génocidaire que vit au jour le jour le peuple palestinien pour que la cause de Jéhovah finisse par vaincre !

Finalement combien de « conférences pour la paix » supplémentaires la « communauté internationale » doit-elle convoquer pour que, sous son couvert, Israël fasse disparaitre le dernier Palestinien sur le territoire qu'elle occupe ? Si cette »communauté » voulait sincèrement « une paix juste et durable » donnant finalement au peuple palestinien le droit à un Etat, elle sait ce qu'elle doit faire pour forcer Israël à renoncer à ses prétentions théologiques, et accepter les règles de « l'ordre légal international » que cette « communauté » déclare vouloir maintenir : utiliser contre Israël les mêmes méthodes que celle qu'elle a mise en œuvre, avec détermination et sans état d'âme, ni réserves morales, contre des Etats récalcitrant à ses ordres, et dont le minimum est l'imposition de sanctions économiques.

Les multiples violations par Israël, non seulement des décisions du Conseil de Sécurité, qui se chiffrent par centaines, comme des avis pertinents de la Cour International de Justice (voir citation en en-tête de cette contribution), mais également des Conventions Internationales dont elle est partie, justifient largement la mise de ce pays sous embargo international total.

Pour moins que ces violations systématiques de « l'ordre mondial, » des Etats ont été simplement effacés de la carte du monde, livrés au terrorisme « islamiste radical, » suscité, financé, et armé de l'extérieur, leurs territoires criblés de trous de bombes, leurs villes et villages réduits en cendres et en ruines, et leurs habitants menacés d'annihilation, tués en masse, ou transformés en refugiés sans droits, sans toits, et sans pain! Si la « communauté internationale » est sincère dans sa volonté de mettre en œuvre une paix basée sur deux Etats, qu'elle commence donc à forcer Israël à respecter l'ordre international, ou à subir les conséquences économiques dirimantes (telles que proposés par le mouvement citoyen international: « Boycotter, Désinvestir, Sanctionner, » connu sous le sigle « BDS ») de sa violation des règles fondamentales de cet ordre !

Mourad Benachenhou


Vendredi 27 Janvier 2017


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