Diplomatie et relation internationale

Dans quel monde voulons-nous vivre ?


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En introduction au débat du Café Politique.


François Saint Pierre
Jeudi 6 Mars 2014

Dans quel monde voulons-nous vivre ?
Après une élection municipale basée sur des enjeux locaux et avant l’élection des députés qui vont siéger, avec des pouvoirs très limités, au Parlement européen, le Café Politique se propose de prendre un peu de recul en s’intéressant à notre citoyenneté mondiale.

L’impact de l’homme sur la nature a des effets globaux et les grands enjeux écologiques nous rendent solidaires des 7 milliards d’humains qui peuplent la terre. L’humanité est constituée de nombreux peuples qui ont tous vocation à devenir nation par l’établissement d’une constitution, l’espace national ainsi constitué définit l’appartenance fondamentale qui permet de construire l’essentiel de la citoyenneté. Pendant longtemps le monde a été globalement géré suivant le principe "charbonnier est maître chez lui", la diplomatie internationale ayant pour fonction de gérer les rapports entre nations. Quand la diplomatie n’y suffit pas, la régulation se fait par la guerre, mais en général sans remettre en cause le principe de souveraineté nationale, même si celui-ci impliquait des alliances et des rapports de dépendance des petits pays envers les puissances dominantes.

Ce modèle de gouvernance mondiale montre de plus en plus ses limites. L’ONU, sans moyens économiques et militaires, n’a pas réussi à avoir une légitimité suffisante pour élaborer un droit international applicable. Le bilatéralisme entre nations ou entre blocs reste de fait la norme diplomatique dominante. Si les grands enjeux planétaires sont souvent invoqués de manière pertinente dans les enceintes internationales (climat, eau, pollution, sols, réserves halieutiques....) peu de décisions concrètes peuvent être prises. Plus inquiétant, la montée au niveau mondial d’une économie globalisée, financiarisée et très autonome par rapport à la régulation politique, a conduit à mettre en place des règles commerciales qui s’imposent aux États. Ce rétrécissement de la souveraineté nationale va de pair avec la montée en puissance des grands groupes économiques et financiers.

Ce modèle économique qui s’est adapté à tous les régimes politiques accroît les inégalités entre les individus. Le développement récent de la Chine ou de l’Inde a donné l’impression d’une baisse des inégalités moyennes entre pays, mais cela s’est traduit par de très fortes disparités internes. Le rapport des fortunes entre les plus riches et les plus pauvres atteint des sommets inégalés, écarts que les États ne sont plus capables de tempérer par la pression fiscale, car les grandes fortunes n’ont plus de patrie.

La démocratie ne peut être réduite au choix de quelques représentants, procédure indispensable, mais qui est bien loin de donner le pouvoir au peuple. Cette condition minimale qui permet de parler de démocratie est en train de se vider de son sens, en effet nous ne votons pas pour la plupart de ceux qui sont les décideurs les plus influents. Nous avons même, sous la pression de l’économie, perdu le principe de subsidiarité qui autorise une autonomie locale : charbonnier est de moins en moins maître chez lui, il ne sait même plus très bien où sont les limites de son chez lui.

Le monde n’a jamais été parfait et le constat d’une triple crise économique, écologique et politique pour l’humanité ne fait pas l’unanimité, surtout du côté de ceux qui sont les gagnants du système économique. Certains espèrent que le retour de la croissance nous fera oublier nos difficultés. D’autres, persuadés que la crise est mondialement finie, proposent de libéraliser un peu plus l’économie française qu’ils jugent archaïque pour retrouver des lendemains qui chantent. Les plus optimistes comptent une fois de plus sur les progrès de la science pour redonner, comme par miracle, du tonus à tous, mais même s’il est difficile de renoncer au mythe d’un progrès linéaire, la majorité des français est convaincue que les générations à venir auront du mal à maintenir la qualité de vie actuelle. Après l’illusion de la fin de l’Histoire et la victoire à la Pyrrhus de la société de consommation, portée par la démesure d’un capitalisme financier débridé, il est peut- être temps de retrouver une démarche utopique et de se demander modestement comment faire en sorte que le monde soit à peu près conforme à nos attentes ?

http://lecafepolitique.free.fr/spip.php?rubrique116



Jeudi 6 Mars 2014


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