MONDE

Crise turque : Erdogan est-il prêt à faire des compromis ?


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 28 Juin 2018 - 02:04 UNE OBSESSION MALÉFIQUE



Amour Gadjiev
Vendredi 7 Juin 2013

Crise turque : Erdogan est-il prêt à faire des compromis ?
Les manifestations des habitants d’Istanbul contre la destruction du parc Gezi ont dégénéré en actions de protestation massives avec comme revendication principale la démission du gouvernement turc et du premier ministre.

Ce genre d’actions de protestation n’est jamais sans retombées sur la vie socio-politique du pays dans lequel elles se déroulent. L’ex-vice-premier ministre de Turquie et ancien ministre des Finances Abdullatif Sener explique dans un entretien accordé à La Voix de la Russie quelles seront les conséquences de ces manifestations pour le pays.

« Il faut noter que ces actions sont dirigées principalement contre la politique anti-démocratique du gouvernement en place aujourd’hui en Turquie. Cela fait déjà plusieurs années que les libertés fondamentales sont violées en Turquie. La liberté de la presse est inexistante. Aucune chaîne de télévision, aucun journal ne diffusent d’informations qui déplaisent au gouvernement. Nous sommes témoins aujourd’hui de la réaction des citoyens aux méthodes anti-démocratiques appliquées par le gouvernement », explique M. Sener.

Le mécontentement populaire a dégénéré en colère qui s’est répandue dans les rues. A l’exception d’une ou deux chaînes de télévision, les diffuseurs ont ignoré dans leur majorité ces actions ou ont essayé de les minimiser. Mais grâce à Internet, les citoyens ont pu voir les manifestations qui se sont étendues à toute la Turquie. Ils ont vu la brutalité avec laquelle la police a réprimé ces rassemblements pacifiques à l’aide des véhicules blindés, des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

« Notre peuple s’est rendu compte pour la première fois qu’il est victime d’un véritable blocus de l’information », explique Abdullatif Sener. « Les autorités ont perdu leur crédibilité. Difficile de dire à quoi tout cela va conduire, mais nous nous trouvons au seuil de changements majeurs. C’est incontestable ».

Le vice-premier ministre turc Bulent Arinc a présenté ses excuses au nom du gouvernement pour l’usage excessif de la force par la police. Mais les gens continuent d’exiger la démission du gouvernement et du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, attendant aussi des excuses de sa part. Le chef du gouvernement turc est-il prêt à faire des concessions?

« A en juger par les déclarations du premier ministre, il n’a pas l’intention de céder pour l’instant », analyse l’ex-vice-premier ministre. « Au contraire, les chaînes de télévision et les journaux ont reçu un coup de fil du gouvernement avec des directives sur la manière de commenter ces événements. C'est l'une des vieilles habitudes du gouvernement actuel. Son comportement montre qu’aucun changement n’est envisagé. Le premier ministre Erdogan ne pourra pas remporter les élections sous un régime démocratique normal. Il a remporté la victoire uniquement parce qu’il a commencé à opprimer la démocratie dans le pays et a muselé la presse. Mais le système qu’il a formé est en train de se déliter aujourd'hui. Une période difficile attend le gouvernement et Erdogan. Je prévois des changements radicaux ».

http://french.ruvr.ru/2013_06_06/Erdogan-est-il-pret-a-faire-des-compromis-6299/


Manifestations en Turquie: est-ce que l’armée interviendra ?

турецкая армия турция парад праздник турецкие солдаты

Malgré les excuses du vice-premier ministre turc pour les brutalités policières, la situation au centre-ville d’Istanbul reste tendue. Les syndicats se sont joints aux manifestants. Les experts parlent d’une éventuelle intervention de l’armée même si cette dernière n’a fait aucune déclaration.

Quelle décision sera prise par les forces armées turques, si la situation continuer à s’aggraver ? Est-ce que les militaires sauront garder la neutralité ?

La Voix de la Russie a demandé au général de brigade en retraite Haldun Solmaztürk, ancien responsable de la direction de sécurité internationale de l’Etat-major turc, de parler de la position des généraux et de sa vision des manifestations d’Istanbul.

« En déclarant qu’il retient avec difficulté des millions de personnes prêtes à écraser les manifestants à Istanbul, Erdogan s’est comporté de manière très irresponsable. C’est comme s’il était fou. Bien évidemment, tous l’ont vu et les généraux ne sont pas une exception. A l’heure actuelle il y a des procès contre un millier de militaires haut placés accusés d’une tentative de coup d’Etat. Cela fait plusieurs années que la majeure partie d’entre eux se trouvent en prison. Plus de trois cents personnes ont été condamnées à des peines d’emprisonnement de 16 ou 18 ans. L’armée est aujourd’hui passive, comme si elle n’existait pas.

Est-ce que l’armée va intervenir dans ce qui se passe à Istanbul ? Elle n’en a absolument pas besoin. Quant au gouvernement, ses positions sont compromises et il ne pourra être sauvé que par les déclarations mystérieuses sur un coup d’Etat éventuel. Dès les premiers jours des manifestations à Istanbul, certains politiques dont le vice-premier ministre Mehmet Ali Sahin, ont affirmé que tous ces protestations avaient été organisées dans le but de préparer le terrain pour une intervention militaire. L’armée voit pourtant le piège qu’on lui prépare. Elle est déterminé de ne pas faire de pas qui aideraient le gouvernement de sortir de la situation difficile que celui-là avait lui-même créé. Personne ne veut donner au gouvernement le prétexte de dire au peuple qu’il y avait une menace d’une intervention militaire. Tout porte à croire que les dirigeants des forces armées sont de ce même avis. L’armée comprend qu’agir de manière brutale dans une période aussi délicate, ne pourra que nuire à son image ».

C’était une interview du général de brigade en retraite Haldun Solmaztürk qui a parlé des manifestations en Turquie.



Vendredi 7 Juin 2013


Commentaires

1.Posté par mcfr le 14/06/2013 17:57 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Les manifestants sont manipulés par les fascistes dans le but de provoquer un coup d'Etat. Les démocrates en Turquie c'est l'AKP. Ce parti devrait néanmoins cesser de semer la division en Syrie et favoriser une solution négociée entre régime et rebelles.

Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS


Publicité

Brèves



Commentaires