Sciences et croyances

Cramons sous la pluie


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Stephen Smith
Jeudi 9 Octobre 2014

Cramons sous la pluie

Illustration d’artiste montrant les molécules d'eau électriquement chargées interagissant avec l'ionosphère de Saturne.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute/University of Leicester.
Agrandissement.


Thunderbolts, Stephen Smith, 7 octobre 2014


    Les anneaux de Saturne balancent une pluie d’ions sur la planète géante.


    Étant un environnement électrique, la plasmasphère de Saturne engendre toutes sortes de décharges de plasma, du mode obscur jusqu’aux coups de foudre qui illuminent le plan de ses anneaux. Quand la sonde Cassini s’est placée en orbite autour de la planète géante, les spécialistes de la mission ont été choqués de découvrir la puissance colossale de la foudre, jusqu'à un million de fois plus violente que ce que l’on peut voir sur Terre.


    Saturne émettant presque trois fois plus d'énergie qu'elle n'en reçoit du Soleil, il va de soi qu'elle est aussi alimentée par une autre source. Des articles antérieurs de notre série Picture of the Day, rapportent que le pôle sud de Saturne est plus chaud que ne pourrait en rendre compte la lumière solaire relativement faible qu'il reçoit. L'anomalie calorique au pôle sud ne pouvant être élucidée du point de vue des forces mécaniques, les promoteurs de l’Univers électrique suggèrent que l’« autre source » d'énergie de Saturne est l'électricité.


    En 2013, un communiqué de presse de la NASA a annoncé qu'il y a une « pluie » de molécules d'eau chargées tombant dans la haute atmosphère de Saturne à partir du plan de ses anneaux. D’après James O'Donoghue, de l’université anglaise de Leicester :

    Saturne est la première planète montrant l'importante interaction entre son atmosphère et son système d’anneaux. Principal effet de la pluie provenant des anneaux, elle « éteint » l'ionosphère de Saturne. Dit autrement, cette pluie réduit considérablement la densité des électrons dans les régions où elle tombe.


    Il est vrai que les anneaux de Saturne sont faits de morceaux de glace dont la taille varie de quelques dixièmes de millimètres à la taille d'une maisonnette. Toutefois, il y a aussi un composant poudreux qui contribue à l'ionisation de l'ensemble de la structure annulaire.


    Lors des missions spatiales Pioneer et Voyager, et jusqu’au cours de l’actuelle Cassini, d’étranges phénomènes inexpliqués ont été observés : rayons « planant » au-dessus des anneaux, tournoiement autour de la planète ; prétendues « hélices » [propellors] ; et arêtes perpendiculaires au plan des anneaux, s’élevant jusqu’à une hauteur de quatre kilomètres. L’épaisseur des anneaux ayant été longtemps estimée d’une vingtaine de mètres, les formations métastables anormales de cette taille ont été une surprise totale pour l'équipe de Cassini.


    Autre constatation inhabituelle, la découverte de « particules rayonnantes » dans une formation torique encerclant la planète. Elle est particulière, car non symétrique. Autour de la Terre existe un tore de particules similaire, dans lequel les électrons se déplacent vers l'est, les ions positifs allant vers l'ouest. Ces particules chargées sont en réalité un plasma, et le mouvement circum-terrestre des charges constitue une circulation électrique. Autour de Saturne, le tore a le même effet. Sa distorsion du côté ensoleillé, révèle qu’il y a un effet électrique (non mécanique) entre Saturne et le Soleil.


    Comme mentionné, l'eau pleuvant depuis les anneaux de Saturne est électriquement chargée. De ce fait, elle influence les champs électromagnétiques de la planète. La densité des électrons étant plus faible que prévu dans les hautes et basses latitudes de l'ionosphère saturnienne, on en conclut logiquement que les charges positives neutralisent partiellement les charges négatives dans les couches atmosphériques.


    En 2005, les données des instruments de Cassini, Ion and Neutral Mass Spectrometer (INMS) et Plasma Spectrometer (CAPS), ont révélé la présence d’une « atmosphère » d'oxygène moléculaire autour des anneaux de Saturne. L'oxygène est ionisé, bien que les spécialistes de la mission aient suggéré que la chimie des « ions neutres » à basse température et la photodissociation expliquent sa présence. Cependant, les molécules d'oxygène ionisées positivement semblent être au moins partiellement responsable de la raréfaction des électrons dans l'ionosphère de Saturne.


    Il a été écrit ailleurs que 90 mégawatts de rayons X sont émis par Saturne et ses anneaux. Grâce à leur champ magnétique, les planètes peuvent capturer les particules ionisées et former des magnétosphères électrifiées géantes. Quelle que soit la façon de triturer et de manipuler le concept, nul effet mécanique ne peut expliquer ce rayonnement à haute fréquence. De même, aucune pluie aqueuse ne peut mécaniquement « éteindre » [neutraliser, ndt] les charges dans l'ionosphère de Saturne.


    Maintes et maintes fois, les astrophysiciens parlent d’effets électriques évidents en utilisant la terminologie de la cinétique ou des descriptions de la thermodynamique. Le Soleil électrique est ce qui actionne les phénomènes dynamiques sur Saturne (et les autres planètes). Des circuits électriques alimentent le Soleil et initient la « chaleur anormale » constatée sur Saturne et sur les autres planètes gazeuses qui ont été étudiées. C’est la redistribution de la charge électrique des anneaux de Saturne vers son ionosphère de charge opposée, qui est à l'origine de ce que voient les astronomes.



Original : https://www.thunderbolts.info/wp/2014/10/06/im-singeing-in-the-rain-2/
Traduction Petrus Lombard



Dernier article apparenté traduit

Champ de gravitation & champ électrique : Espace et temps ne se courbent ni ne se déforment.




Jeudi 9 Octobre 2014


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