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Coronavirus: Macron et le gouvernement sont en train de «sacrifier le peuple français», selon Philippe Pascot


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Dimanche 5 Juillet 2020 - 01:24 Misère de la presse française


Emmanuel Macron fait face à la plus grave crise de son quinquennat. Avec un bilan dépassant les 1.000 morts, la France souffre fortement de l’épidémie de coronavirus. Le confinement devrait être prolongé sous peu, aggravant davantage les conséquences économiques et sociales. Le Président est-il à la hauteur? Pas pour l’écrivain Philippe Pascot.


Fabien Buzzanca
Jeudi 26 Mars 2020

«Nous sommes en guerre.»

C’est la mine sévère et le ton grave qu’Emmanuel Macron s’était présenté à la Nation le 16 mars dernier afin d’annoncer le confinement du pays. Répétant à plusieurs reprises que la France était «en guerre» contre l’épidémie de coronavirus, le locataire de l’Élysée s’est placé dans les chaussures du général de Gaulle. Avec quel succès? Si l’on en croit le dernier baromètre mensuel Le Point-Ipsos, le chef de l’État a séduit: +14 points en un mois pour une cote de confiance qui s’établit à 44% d’opinions favorables, presque son plus haut niveau atteint en juin 2017, juste après son élection (45%).


Mais Emmanuel Macron est également sous le feu des critiques d’une partie de l’opinion, à l’instar d’Édouard Philippe, son Premier ministre, et d’autres membres du gouvernement. Leur sont notamment reprochés leur manque d’anticipation face à une crise sanitaire responsable désormais de plus de 1.000 morts dans l’Hexagone.

«Non seulement Macron n’est pas à la hauteur, mais il est au troisième sous-sol. Aujourd’hui, les autorités improvisent au jour le jour, car ils ne savent pas quoi faire. Ils déclarent une chose un jour et une autre le lendemain. Ils sont en train de sacrifier le peuple français», lance l’écrivain et soutien des Gilets jaunes Philippe Pascot. Il se dit «très en colère», car des gens «meurent» autour de lui.

D’après le dernier bilan rendu public le 24 mars par le ministère de la Santé, la France compte 22.302 cas de contamination au Covid-19 et 1.100 personnes sont décédées de la maladie, un chiffre qui ne comprend que les morts à l’hôpital. Martin Hirsh, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a tiré le 25 mars la sonnette d’alarme sur France info:

«Hier en Ile-de-France, nous avons passé le cap des 1.000 patients graves pris en charge dans les réanimations des hôpitaux», a-t-il déclaré, avant d’ajouter: «Dans mes interventions précédentes, je savais devant moi que j’avais une visibilité d’une semaine sur la capacité d’en prendre davantage. Là, j’ai une visibilité de trois jours.»

«On a besoin de toutes les équipes, de tous les personnels, qu’ils soient volontaires ou qu’on fasse appel à la réquisition», a lancé Martin Hirsh, qui dit désormais craindre un risque d’«épuisement» et demande des «milliers de personnes supplémentaires».

«La France, au contraire d’autres pays, ne met pas en place de dépistage à grande échelle. De plus, les autorités savent pertinemment que les hôpitaux ne sont pas prêts à faire face à une épidémie de masse et qu’il n’y a pas assez de masques. En politique, gouverner c’est prévoir. Apparemment, ceux qui nous dirigent ne sont pas au courant», peste Philippe Pascot.

Pour le moment, se faire dépister relève du chemin de croix. Afin de ne pas surcharger les services de santé, les tests concernant le covid-19 sont réalisés en priorité sur les patients à risque. «Ce n’est pas du tout systématique», expliquait récemment à nos confrères de Capital l’infectiologue François Bricaire, ancien chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris.
Bientôt des dépistages à grande échelle?

«Pour être clair, ce n’est uniquement en cas de suspicion de forme sévère du virus, ou bien pour préciser un diagnostic qui émet des doutes au médecin que la personne sera passera le test», ajoutait le médecin.


Le 24 mars, le conseil scientifique sur le Covid-19 a rendu un avis consultatif. Le confinement pourrait être prolongé jusqu’à la fin avril. «Le confinement est actuellement la seule stratégie réellement opérationnelle, l’alternative d’une politique de dépistage à grande échelle et d’isolement des personnes détectées n’étant pas pour l’instant réalisable à l’échelle nationale», ont expliqué les experts. Le dépistage massif de la population reste cependant un scénario envisagé.

«Je rappelle que les membres du gouvernement se font dépister alors que c’est un luxe pour la population. Qui sont ces gens qui se servent avant le peuple?», s’interroge Philippe Pascot.

Du côté de l’économie, qui souffre dans des proportions catastrophiques de cette crise, l’exécutif a fait plusieurs annonces. C’est ce 25 mars qu’entrent en fonction les prêts à taux préférentiels garantis à hauteur de 300 milliards par l’État et BPI France.

Destinés aux entreprises, ils ont pour but de soutenir les trésoreries en cette période difficile. Toujours ce 25 mars, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé l’adoption de 25 ordonnances, un record sous la Ve République, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. «C’est l’urgence sanitaire qui anime tous les esprits aujourd’hui, mais c’est aussi, et ce sera de plus en plus, un choc économique, un choc social: nous ne sommes qu’au début de la crise», a lancé le locataire de Matignon.

Parmi les mesures-chocs: un aménagement temporaire du droit du travail afin de «permettre l’organisation d’une véritable économie de guerre dans les secteurs vitaux et sous conditions», d’après Édouard Philippe. En d’autres termes: «les entreprises pourront déroger temporairement et avec des compensations ultérieures aux durées maximales du travail et aux règles de repos hebdomadaire et dominicale», a précisé le Premier ministre.

Concernant les petites entreprises, en première ligne face à la crise, le gouvernement a annoncé «la création du fonds de solidarité doté d’un milliard d’euros», notamment à destination des «très petites entreprises, microentreprises et indépendants». «Cela ne suffira pas. Et l’on met 300 milliards pour les entreprises, mais que donne-t-on au peuple? à quoi sert-il d’aider les entreprises si les citoyens ne peuvent plus consommer? Aujourd’hui, tout est bloqué. C’est avec ce plan que le gouvernement pense sauver l’économie?», s’exaspère Philippe Pascot, pas convaincu par l’arsenal dégainé par le gouvernement.

«Une fois que les entreprises vont être à genoux, qui va venir les racheter dans le cadre d’un libéralisme effréné? Une fois la crise terminée, des pays dominants comme les États-Unis vont venir racheter des entreprises françaises en difficulté, comme nous l’avons vu avec Alstom. Ce sera le résultat de la politique mise en place par monsieur Macron», prévoit-il.

Le 25 mars, Emmanuel Macron était en visite à Mulhouse, dans le Haut-Rhin. La ville se situe dans une région particulièrement touchée par l’épidémie de coronavirus et accueille un hôpital militaire de campagne, érigé à proximité de l’hôpital de Mulhouse, totalement saturé par un grand nombre de malades.


Pour Philippe Pascot, le Président devrait avoir d’autres priorités: «Il est urgent de fournir des masques et de mettre en place un système de dépistage à grande échelle. Je connais personnellement des gens atteints du coronavirus que l’on n’a pas gardés à l’hôpital et que l’on a renvoyés chez eux, peste-t-il avant de poursuivre:

Mais qu’est-ce que c’est que ces consignes? Vous avez des personnels soignants sans masques, tout comme des policiers qui pourtant effectuent des contrôles. Mais quelle est cette politique?»

Quant à savoir si cette crise est de nature à infléchir la politique du gouvernement, l’écrivain, soutien des Gilets jaunes, n’y croit pas une seconde:

«Il ne fera aucun virage. Il est bien trop imbu de sa personne. D’après les informations que m’ont fournies quelques amis, il est surnommé “Napoléon” dans les couloirs du pouvoir. L’empereur ne se remettait pas en cause. Il est incapable d’écouter un avis divergeant.»

En attendant, la crainte monte en flèche chez les Français. D’après un sondage Elabe diffusé le 25 mars, 73% des Français estiment que le pays n’est pas prêt face au coronavirus. Pour près de 9 Français sur 10, la propagation du virus est un motif d’inquiétude. C’est six points de plus en une semaine.




Jeudi 26 Mars 2020


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