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Conte de Noël (estival) Madelin et Devedjian, ces pieds nickelés


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Olivier Bonnet
Jeudi 24 Décembre 2009

Conte de Noël (estival) Madelin et Devedjian, ces pieds nickelés
Au pied du sapin, ce texte de Jérôme Bonnet, qui réserve à plumedepresse ce qu’il ne publie pas dans Siné Hebdo, son habituel canal (historique) d’expression. Joyeux Noël à tous les plumonautes  !

Il était une fois deux jeunes garçons, pas très finauds, qui s’ennuyaient ferme dans leur fac de Droit parisienne. Un bel été, ils décidèrent d’aller faire un tour sur la côte d’azur, histoire de rigoler un peu. Ils n’allaient pas être déçus.

coupure

La nuit du 5 au 6 août, le bon maire de La Croix-Valmer, riant village du golfe de Saint-Tropez, surprit deux individus en flagrant délit de siphonnage de son réservoir d’essence. Devant ses cris, les ombres prirent leurs jambes à leur cou et disparurent dans la nuit provençale, abandonnant derrière eux une voiture qui, en fin de co(n)mpte, s’avèrera n’être pas tout à fait leur propriété légitime.

La maréchaussée locale, prestement mise en branle par le Premier magistrat, ne tarda pas à les débusquer un peu plus loin. Occupés à tenter de mettre en route un autre carrosse, tout aussi autochtone, ayant eu le malheur d’être parqué sur leur chemin. Mais les pandores ne parvinrent à mettre la main que sur l’un d’entre eux, le second leur filant à nouveau entre les doigts. Ce n’est que le lendemain matin qu’ils mirent un terme à la battue, ayant pris le second, « dans un état lamentable, les pieds ensanglantés, les vêtements déchirés », dans leur filet. Dans un éclair de génie, le compère leur demanda de le raccompagner jusqu’à son bateau, ancré non loin de là, à Cavalaire-sur-mer. Les avait-il confondus avec des capitaines de soirée ?

Toujours est-il qu’obligeants, les policiers ne se firent pas prier pour l’y accompagner séance tenante. Et tant qu’à s’y être déplacés, à procéder à une perquisition en règle de l’embarcation, des fois que s’y trouvât également la sardine qui bouchait le port de Marseille. De clupéiforme géant, il n’y avait point, mais la fouille ne fut pas exempte d’intérêt. Ils y dénichèrent « des pièces de voitures, des papiers d’identité volés ainsi qu’un pistolet 6,35 garni de 5 cartouches ». Autant de délits auxquels vinrent s’ajouter, au terme de l’enquête rondement menée, le vol à Saint-Cyr le 2 août de la première voiture, abandonnée le réservoir à sec, d’une autre à Laréol le 19 juillet, l’usage de fausses plaques d’immatriculation, ainsi que l’emprunt d’un moteur de bateau le 23 juillet à Villefranche-Laranguais.

La morale de cette histoire ? C’est que la société, qu’on dit pourtant vindicative, sait fermer les yeux et oublier bien vite les erreurs de jeunesse, puisque la condamnation qui s’ensuivit, plutôt clémente au vu de l’équipée, fut d’un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve. Qu’aujourd’hui, pd amplus de quarante ans après, les faits sont couverts par la prescription. Et qu’avoir été jeune et con n’empêche pas de connaître un avenir radieux et une brillante carrière, car les deux barbares qui semèrent ainsi le désordre sur le littoral méditerranéen avaient pour nom Alain Madelin, ex-ministre du tourisme de Chirac, et Patrick Devedjian, actuel ministre de… la Relance.

Jérôme Bonnet

PS  : Tous les faits énoncés dans ce conte sont tirés de l’édition du 11 novembre 1965 du Petit Varois, authentifiés par la rédaction – actuelle – de Nice-Matin.

 

Le grain de sel de plumedepresse

tm"C’est une connerie de jeune voilà tout" a déclaré le député UMP Thierry Mariani à Nice-Matin, osant ajouter : "Qui n’a jamais volé un paquet de bonbons ?" Rappelons-lui qu’il s’agit entre autres du vol de deux voitures, d’un moteur de bateau et de détention illicite d’arme à feu ! La comparaison avec un vol de friandises est particulièrement insupportable venant du camp idéologique de la tolérance zéro, des peines planchers, de l’atténuation de l’excuse de minorité, de ce pouvoir qui remplit les prisons françaises à en dégueuler de surpopulation et de suicides. Pour ainsi recontextualiser la virée de nos pieds nickelés futurs ministres hérauts de la guerre à l’insécurité, le webzine toulonnais Cuverville ironise perfidement : "C’était à une époque où la comparution immédiate n’existait pas... Quand nos deux « jeunes dévoyés  » étudiaient à Assas et émargeaient à Occident..." coupure2Cuverville exhume un autre article de presse de l’époque traitant de l’affaire que celui du Petit Varois, contenu dans l’édition de Nice-Matin du 11 novembre 1965 : « Patrick-Roland Devedjian, âgé de 21 ans, et Alain-Louis Madelin, 19 ans, demeurant tous deux dans l’agglomération parisienne, sont éudiants en droit et appartiennent à des familles aisées. (...) Devedjian et Madelin opposèrent tout d’abord d’impossibles dénégations et même des allégations fantaisistes. Devedjian fit même état d’un personnage nommé Gérard, que tous deux auraient connu dans des réunions d’un groupement politique et qui, les ayant rencontrés au Lavandou, leur avait confié le véhicule dont ils se servaient, de même qu’un pistolet qui avait également été trouvé dans le bateau de Devedjian. Ce n’est qu’après de multiples interrogatoires que les deux étudiants en rupture de ban se décidèrent enfin à reconnaître les faits, non sans s’être auparavant montrés arrogants et insolents à souhait. (...) Dans une véhémente apostrophe, le substitut Nalbert stigmatisa cette attitude de jeunes gens à qui la vie ne refuse pas grand-chose et qui se sont livrés à des malhonnêtetés extravagantes, n’hésitant pas, pour s’excuser, à se moquer de la justice. (...) Il appartenait au bâtonnier Guillaume Barles de prendre la défense des deux jeunes délinquants. Il le fit avec un extrême doigté, faisant valoir que l’on jugeait des enfants plutôt que des hommes faits. Après avoir rappelé que la justice devait, d’une façon humaine, envisager toute chose, le défenseur appela sur ses jeunes clients la compréhension du tribunal ». Les deux malfrats à la petite semaine de 1965 avaient respectivement 19 et 21 ans et leur avocat a plaidé "que l’on jugeait des enfants" : à mettre en parallèle avec la volonté UMPiste de réformer l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs pour en accroître la sévérité. Comment Madelin et Devedjian seraient-ils jugés aujourd’hui ? N’écoperaient-ils que d’un an de prison avec sursis ? Malgré le durcissement des textes répressifs, l’hypothèse n’est pas incongrue : le collimateur sécuritaire de la Sarkozie ne viserait-il pas davantage les racailles de banlieue que les petits voyous de bonne famille ?



Jeudi 24 Décembre 2009


Commentaires

1.Posté par pistache le 24/12/2009 12:44 | Alerter
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les petits voyous de bonnes familles , en l'occurence madelin et devidjian , n'ont en fin de compte pas beaucoup changé de mentalité ; ce sont , à ce jour , toujours des voyoux , en col blanc ; pas plus honnêtes qu'en leur jeunesse et protégés de toute punition ; seule la connerie , chez eux , a évolué ;

2.Posté par ABel du PonT le 24/12/2009 15:13 | Alerter
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Pour MARIANI ,Un vol de vehicule avec détention d'armes commis par des jeunes "de bonne famille",( lorsqu'ils sont estampillés UMP) est comparable à un vol de bonbons par des jeunes "racailles" de banlieux; On passe l'éponge pour les premiers et le Kârcher pour les seconds.Le délit de fuite avec scooter après dégradation de vehicule est traité de la même façon: impunité pour le fils à Nicolas responsable, et amende salée pour la victime.

3.Posté par TVT le 24/12/2009 17:49 | Alerter
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c'étaient des petits fachos "d'ordre nouveau" et " d'occident", deux mouvement d'extrème-extrème-droite adorateurs d'Hitler. Ils étaient anticommuniste, antilibéraux et évidement antisémites. Madelin fut le trou du cul de ministre de l'industrie qui annonça officielement que le nuage de tchernobyl s'était arrêté à la frontière française et que l'on pouvait continuer à consomer normalement...A l'époque son chef de cabinet s'appelait Hervé Novelli, également ancien d'Ordre Nouveau et actuel sous-ministre au tourisme et aux PME-PMI.
En fait le néoconservateur américain d'origine hongroise avec papiers français qui nous sert de président fossoyeur de la cinquième république a capté le pouvoir en france en s'appuyant pour ce faire sur les réseaux des néo-nazis français des années 60...Minable et suicidaire...

4.Posté par Madame Marie Adélaïde DUGLAN le 26/12/2009 20:03 | Alerter
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C'est un " POINT DE DETAIL " de la grande histoire de la classe politique française.

5.Posté par pistache le 27/12/2009 11:49 | Alerter
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quand je pense que c'est toute cette racaille nauséabonde qui est à la tête du pays avec un chef cupide et pourri au delà de la normale , je me dis que l'on est dans une sacrée galère ;

6.Posté par Lebernardec le 27/12/2009 13:29 | Alerter
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Excellent exercice du "devoir de mémoire". A consommer sans modération.

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