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Confessions d’un espion sud-coréen qui a volé des missiles russes



Kirill Odintsov
Dimanche 7 Avril 2013

Confessions d’un espion sud-coréen qui a volé des missiles russes

Les réalisations militaro-techniques de la République de Corée sont pour beaucoup basées sur les technologies russes, dont certaines ont été piratées. Cette conclusion découle des aveux sensationnels faits par un homme d'affaires sud-coréen au journal Chosun Ilbo.

« Sur l’ordre des services de renseignement de mon pays, j'ai réussi à sortir de Russie plusieurs missiles balistiques intercontinentaux et cinq moteurs qui leur sont destinés. Ces dispositifs étaient déclarés comme de la ferraille. J'ai réussi à les amener à la Corée du Sud et les remettre à nos éclaireurs. On m’a récompensé pour cela, mais ensuite les autorités m’ont oublié. Je ne sais pas quoi faire. On ne me laisse pas entrer en Russie où j’avais plusieurs sociétés », explique l’entrepreneur sud-coréen dans une interview accordée au journal sud-coréen Chosun Ilbo .

Le quotidien a annoncé que les informations fournies par l’homme d’affaires ont été confirmées par les représentants du Service national de renseignement (NIS), qui note que les missiles étaient en effet « de la ferraille ». Les journalistes russes ont découvert que les forces de l’ordre du pays sont au courant de cette histoire et en confirment la véridicité, notant que ce n'est pas une première « mission » des entrepreneurs coréens en Russie à la demande de leurs services de renseignement.

Quant à l'homme d'affaires que le quotidien sud-coréen a nommé K., il a commencé son activité commerciale en Russie en 1996. Sa société, basée à Petropavlovsk-Kamtchatski était spécialisée dans l'exportation de la ferraille en Corée du Sud. Il s’agissait des navires qui ont été radiés de la flotte. En 1997, l’entrepreneur a reçu l’autorisation du ministère de la Défense russe pour procéder au recyclage des missiles balistiques intercontinentaux déployés au Kamtchatka. Ces missiles devaient être recyclés en vertu de l’accord russo-américain sur la réduction des armements stratégiques offensifs. C’est alors que cette histoire d’espionnage a commencé.

Les services de l’intelligence sud-coréens ont entendu parler de l’activité de leur compatriote et s’y sont intéressés. Les représentants de l'Agence pour la planification de la sécurité nationale, ex-NIS, ont rencontré K. et lui ont demandé de sortir de Russie un missile en bon état. Normalement les missiles sont coupés en morceaux en présence d’un représentant des Etats-Unis. Mais K. s’est lié d’amitié avec le commandant de la base et plusieurs officiers du renseignement militaire russe qui ont fermé les yeux sur cette affaire en échange de 700.000 dollars. C’est ainsi que K. a réussi à exporter en Corée du Sud les principaux éléments du missile et ses moteurs. Un peu plus tard, il est rentré en Corée du Sud. Le 13 mars 1999 cet « espion en herbe » a reçu une médaille « Pour une contribution exceptionnelle à la sécurité du pays et un prix de 10.000 dollars de la part du directeur des services de renseignement.

K. a réalisé ce genre de transactions à la demande des services de renseignement à deux reprises : en décembre 2000 et en novembre 2001. Il a exporté en Corée du Sud trois autres moteurs pour missiles et une série de nouveaux qui les accompagnent.

« J’ai appris que le missile a été assemblé, étudié et les technologies obtenues ont été utilisées pour la création d’un satellite coréen », déclare K. dans l’entretien. Les services de renseignement ont fait appel à lui pour sortir d’autres missiles de Russie, mais K., craignant pour sa sécurité, a refusé de collaborer.

Il s’est reconverti dans le tourisme avec la Russie, mais en 2007, on lui a refusé le visa russe pour la première fois - sur des soupçons d’espionnage, comme il a pu apprendre auprès des militaires russes. Chosun Ilbo explique que le refus d’accorder un visa à K. est lié avec un autre scandale d’espionnage russo-coréen. L’entrepreneur possède toujours des actifs en Russie et 20 millions de dollars de fonds. Le refus d’entrer en Russie était donc fatal pour son activité commerciale. K. a demandé de l'aide au NSI, mais les services secrets sud-coréens ne l’ont pas aidé.

C’est pourquoi K. s’est adressé à la presse qui a publié son histoire.

http://french.ruvr.ru



Dimanche 7 Avril 2013


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