Coup de gueule

Conférence de macron : « Ridicule 2 » : Le film


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georges zeter
Samedi 27 Avril 2019

La France ne sortira jamais de son coté monarchique, pompeux, et tout ça arrosé de petites phrases qui font glousser... Et ainsi, rien n’en sort, à part des mesurâtes qui se veulent contenter chacun, sans trop contrarier tout le monde. En comparant cette république tiédasse, nous sommes loin des gros sabots à la Trump, et des conférences de presse de la Maison Blanche : là bas, ça fuse de tous coté et ça insiste, insiste, ici ? c’est policé, complice, respectueux au possible car les ors et titres impressionnent, surtout ceux qui n’ont pas l’habitude d’être conviés, à l’exemple d’un Rémy Buisine, reporter de Brut, la plate-forme de vidéos en ligne prisée des « gilets jaunes » qui n’a pas élevé le ton, alors que c’était le moment ; comme la bande des supporteurs de BFM, venus en surnombre : Apolline de Malherbe, Camille Langlade, Bruno Jeudy, Thierry Arnaud ; bref, que du beau linge, mais comme aurait dit le grand Napoléon « de la merde dans des bas de soie »...
Cela commence toujours comme dans Gotha. En détail est décrit en guise d’introduction le décorum, refait à neuf, mais sans rappeler le prix du grand salon de l’Elysée : « Les lieux, on le sait, ont été rénovés dans les grandes largeurs par Emmanuel et Brigitte Macron. Fini le rouge vulgaire. Place au gris chic sous les lustres en cristal. » C’est écrit dans Le Nouvelle Observateur, ex organe de le presse de gauche. A signaler dans la formulation : « les lieux ont été rénovés par le couple présidentiel »...Et non pas : que ça a été rénové selon les vœux du couple...On est chez les Ceausescu, qui eux aussi savaient « rénover », et même « reconstruire » dixit macron qui veut restaurer en 5 ans Notre Dame. Des bâtisseurs quoi, dignes des pharaons !
Ensuite, vient la liste de ceux « qui en sont », les happy few, appelés aussi courtisans en d’autres temps. Assis sur les chaises empire, ça bruisse de sourires gourment, d’air gourmé, ca se rengorge, il y en a même qui font la roue, ils/elles sont 300, invités avec leur carte de presse ; dehors les manants non-encartés, ici, ce sont les pros, qui seront assis 3 heures à entendre plus qu’ils n’écoutent le monarque, assit lui aussi...
Le Monde décrit « la scène » ou plutôt « La Cène »... « Au milieu de la salle trône un objet en phase avec les canons plus anciens de la Ve République : un bureau. Le chef de l’Etat a choisi de répondre aux questions de la presse assis, comme pouvaient le faire en leur temps Charles de Gaulle, Georges Pompidou ou François Mitterrand. » Quant au Nouvel Obs. « Le faste républicain a inspiré le couple présidentiel. Un bureau a été placé sur le devant du plateau afin que le chef de l’Etat paraisse à sa tâche, tel un prof donnant une leçon à une classe studieuse. C’est assis que le général de Gaulle donnait ses conférences à la presse. » Quitte a être laudatif, yaka y aller de son de Gaule, ce minus qui n’a fait qu’imiter notre grand emmanuel d’Amiens, surnommer Jupiter à juste titre ; un murmure bruissait où on pouvait presque entendre « macron on t’aime »... Mais aussi des langues de chipies se gaussaient en ricanant sous cape « Rien n'est plus normal ma chère, on confie le sérail à l'eunuque. »
« Le spectacle peut alors commencer. Les membres du gouvernement font leur entrée, tel le chœur du théâtre antique. Ils prennent place de part et d’autre de la scène, concentrés, autour d’un Edouard Philippe bronzé après un week-end de Pâques qu’on devine au grand air. »... Madame Schiappa était habillée par Patou d’une robe taffetas rouge carmin, le ministre Castaner baisait la main de son Altesse Brigitte en s’en mordant les doigts, le DJ, KissmyAss, mixait sur ses platines la marseillaise en zouk, et...Désolé, je m’égare...C’est d’un ennuyeux ces raouts que mon ti esprit querelleur se met en mode déconnade. Désolé, je reviens à nos moutons.
- « Assis sur son fauteuil scandinave design, le président entame son « propos liminaire » en suivant d’un œil le discours posé sur le bureau.
L’écoute est religieuse. Les journalistes pianotent sur leurs lap tops, twittent en direct ou grattent des pages de notes. Les ministres, impassibles, ont-ils reçu la consigne de ne pas sortir leurs Smartphones ? Les plus studieux n’ont qu’un bloc-notes ou un cahier Moleskine sur les genoux. Comme prévu, le président prononce une allocution d’une heure, alors qu’il s’était engagé devant ses équipes à ne discourir que 30 minutes. » (et il s’est contenu)
Viennent les « questions ». « A ce stade, le rédacteur de base est surtout travaillé par une question :« comment le micro est-il attribué à l’un(e) plutôt qu’à l’autre alors que des dizaines de bras se lèvent pour demander la parole ? ». Par quelques messes basses, l’Obs. établit que la décision appartient au service de presse de l’Elysée, discrètement joint par SMS, qui n’en fait qu’à sa guise et tend à privilégier les têtes connues… Résultat des courses : les télévisions ont été toutes honorées, les titres de presse écrite, bien servis (« le JDD », « le Figaro », « l’Express », « Frankfurter Allgemeine Zeitung »…), et les radios, un tantinet négligées (seules « RTL » et « France Info » eurent voix au chapitre) ». En fait un remake du « grand débat », question, questions ; et un monologue de 3 heures au lieu de 6...Tout ça saupoudré de l’ambiance du film Ridicule, non pas dans sa forme achevée d’art du septième art, mais dans sa bouffonnerie de la comédie humaine.
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Mais au fait que s’est-il dit, qu’en est-il sorti de cette conférence ? Est-ce si important ? Car le roi a parlé, il a dit...Quoi ?

Georges Zeter/avril 2019



Vendredi 26 Avril 2019


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