Néolibéralisme et conséquences

Compétitivité, piège à salariés !


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Résistance
Dimanche 11 Novembre 2012

Compétitivité, piège à salariés !
Qu’elle doive s’imposer par un « choc » (Laurence Parisot) ou progressivement (François Hollande), elle fait consensus au Medef et à l’UMPS.

Le raisonnement est simple : si la casse de l’emploi (notamment industriel) s’accélère en France (où 500. 000 postes d’ouvriers ont déjà disparu sous Sarkozy…), c’est parce que la force de travail y est trop chère. Les entreprises ne peuvent donc pas faire face à la concurrence.

Ce raisonnement présuppose que nous sommes en compétition – ce qui est indéniable en économie capitaliste. Il suppose également que cette compétition est complètement ouverte, et qu’il est impossible, par exemple, de protéger la production nationale aux frontières – ce qui est indéniable dans l’Europe des traités supranationaux.

Il oublie soigneusement un détail : c’est que la première cause du « manque de compétitivité » des entreprises françaises est la surévaluation de l’euro, dont toutes les économies d’Europe souffrent – sauf celle de l’Allemagne, dont l’industrie assemble des produits achetés en Europe centrale… hors zone euro !

« Modèles »

Sans compter que le Kapital d’outre-Rhin a tellement comprimé les salaires que 25% des travailleurs y touchent moins de 9 € 15 de l’heure (brut !). Sans parler de la précarité, qui y a littéralement explosé. Tout cela sans qu’on l’accuse de concurrence déloyale – l’Allemagne est intouchable, et l’inénarrable Montebourg, ministre du « redressement productif », préfère faire diversion avec la Corée…

Au passage, économistes et journalistes osent maintenant vanter les progrès réalisés en matière de compétitivité par l’Italie et… l’Espagne (mais oui !). Il faut dire que dans ce dernier pays, le taux de chômage officiel dépasse maintenant les 25 % : l’arme absolue contre les salaires ! D’ici à ce qu’on nous vante le modèle grec…

Le cri d’alarme sur la « compétitivité » n’est donc rien d’autre que la remise au goût du jour du refrain de la « concurrence » entonné par les capitalistes dès le 19ème siècle, transposé dans l’économie mondialisée : les patrons de tous les pays sont d’accord pour se livrer à une concurrence effrénée, qui les oblige à casser les salaires – c’est-à-dire que la concurrence entre patrons s’impose aux salariés. Dans cette compétition, le travailleur de France (qu’il soit français ou immigré d’ailleurs), est sommé d’accepter une amputation de son salaire et de sa retraite, une dégradation de son statut et de ses conditions de travail, etc., pour rester « compétitif » avec les travailleurs allemands, italiens, espagnols, polonais, chinois…

« Naïveté »

Remarquons au passage que lesdits Chinois dopent leurs exportations – donc leur production – qvec une monnaie non-convertible et administrée par eux-mêmes. Ce qui fait dire à nos économistes en vue : « nous avons été naïfs… », et d’ajouter tout bas : « … et nous le resterons ! ». Car la mise en concurrence soi-disant « libre et non faussée » de produits vendus dans une monnaie sous-évaluée comme le yuan avec des produits vendus dans une monnaie surévaluée comme l’euro est d’une redoutable efficacité pour laminer les salaires en Europe.

Ce qui se cache derrière la « compétitivité », c’est donc la guerre. Non pas une guerre de l’Europe contre la Chine, ni de la France, contre la Pologne, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne. Non : c’est la bonne vieille guerre du capital contre le travail.

Ce n’est pas nous qui le disons, c’est Warren Buffet, l’homme d’affaires multimilliardaire étasunien : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. » (25 mai 2005, sur CNN).

Et tant que la France sera dans la zone euro, qui plombe ses exportations et sa production ; tant qu’elle sera dans l’Union Européenne, qui organise la « concurrence libre et non faussée » (en réalité : forcée et truquée) entre les salariés d’Europe et du monde entier, les travailleurs de France se feront écraser dans cette guerre de classe.

Mais pour qu’ils la gagnent, il faudra qu’ils cessent d’être perpétuellement sommés d’accroître leur « compétitivité », et donc qu’ils mettent fin à la compétition… c’est-à-dire au capitalisme.

Didas Kalos

http://www.resistance-politique.fr/article-competitivite-piege-a-salaries-112308444.html


Dimanche 11 Novembre 2012


Commentaires

1.Posté par BOB le 11/11/2012 13:36 | Alerter
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« Coût du travail » au lieu de « salaires » ; « charges » au lieu de « cotisations » : trente années de convergence politique entre la droite et la gauche de gouvernement ont banalisé ces expressions, la vision du monde qu’elles véhiculent, les conséquences sociales qu’elles induisent. Cette métamorphose du langage n’est pas anodine. Aussi sûrement qu’un coût appelle une réduction, la charge, qui « pèse » (sur le travail), « écrase » (les chefs d’entreprise) et « étouffe » (la création), suggère l’allégement ou, mieux encore, l’exonération.

voir:
http://2ccr.unblog.fr/2012/11/09/vous-avez-dit-baisser-les-charges/

2.Posté par toto le 11/11/2012 13:52 | Alerter
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Tout est dans le titre.
Les travailleurs n'ont pas réalisés que leurs richesses (ou leurs vies plus agréables) n'est pas dû à la compétition ou à la production mais au prix de l'énergie.
Une énergie abondante et bon marché engendre un confort social pour le peuple, le fait de travailler fort ou pas n'a rien à voir, un être humain ne peut de toute manière pas produire un surplus de plus de 2ou 3000kcal par jour ce qui en équivalent énergétique représente un petit quart de litre de pétrole.
C'est ce que tout le monde vaut réellement en ce moment, c-à-d moins de 50 centimes d'euro par jour en force de travail et quand je dis force cela inclus les intellectuel.

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